<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">

 <title>Nicolas Sauret</title>
 <link href="https://nicolassauret.net/atom.xml" rel="self"/>
 <link href="https://nicolassauret.net/"/>
 <updated>2024-11-28T17:43:34+00:00</updated>
 <id>https://nicolassauret.net</id>
 <author>
   <name></name>
   <email></email>
 </author>

 
 <entry>
   <title>Ça se joue aux interstices</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2019/04/26/ca-se-joue-aux-interstices"/>
   <updated>2019-04-26T20:30:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2019/04/26/ca-se-joue-aux-interstices</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Aujourd’hui s’est tenue la seconde séance du séminaire interne du projet &lt;a href=&quot;http://revue20.org&quot;&gt;Revue 2.0&lt;/a&gt;. Susan Brown a fait une présentation introductive aux web sémantique et aux données liées, dans une approche pédagogique ciblant les éditeurs des revues savantes partenaires du projet. Dans une deuxième partie, Susan a présenté les grandes lignes de l’article &lt;em&gt;“An Entity By Any Other Name: Linked Open Data as a Basis for a Decentered, Dynamic Scholarly Publishing Ecology”&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;https://src-online.ca/index.php/src/article/view/212&quot;&gt;version anglaise&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;https://via.hypothes.is/https://stylo.ecrituresnumeriques.ca/api/v1/htmlArticle/5cc1d219972e5900191acd92?preview=true&quot;&gt;version française&lt;/a&gt;), co-écrit avec John Simpson.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cet article fait le point sur les enjeux du web sémantique pour les données de la recherche et identifie les problématiques à adresser ces prochaines années pour réellement interconnecter les données entre elles.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Comment alors les données liées peuvent-elles conduire à une meilleure écologie de la publication pour l’érudition et, en particulier, permettre aux publications savantes d’interagir avec les ensembles de données produites par les bibliothèques et les musées, d’une part, et les entreprises de publication officielle, d’autre part, et de les améliorer et de les enrichir ? Ici, l’accent sera mis sur plusieurs avantages qui n’épuisent aucune possibilité : 1) l’interconnexion et, au moins au niveau de l’interface, l’intégration des ressources ; 2) la mise à disposition d’informations contextuelles et relationnelles comme base pour une environnement riche de connaissances ; 3) les boucles de rétroaction qui améliorent la qualité des données, en particulier ceux qui sont fournies par les fournisseurs d’information à grande échelle ; et 4) l’incorporation d’une diversité de discours, de méthodologies, et de données y compris des ontologies nuancées et des ensembles de données qui respectent le local et le particulier avec les valeurs aberrantes même si elles peuvent apparaître comme du « bruit » dans de grands ensembles.&lt;sup id=&quot;fnref:trad&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:trad&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;La discussion qui a suivi a permis de soulever plusieurs aspects dont certains résonnent avec mes réflexions récentes. Je ne retiens ici que ces derniers.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;diversité&quot;&gt;Diversité&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;L’un des problèmes soulevé par l’interconnexion des données liées est celui d’une double homogénéisation des données : d’une part lors de la conformation des données à des ontologies contrôlées, et d’autre part lors de l’alignement d’une ontologie à l’autre dans un soucis d’interopérabilité. Cette tension entre hétérogénéité et homogénéisation est bien connue. Dans le cas des ontologies et des données sémantiques, le problème est celui de la modélisation, qui impose par principe une réduction du sujet dans un modèle aux propriétés finies et limitées. Cela revient ailleurs à considérer qu’une description ne pourra jamais épuiser son sujet. Le pari de la modélisation est que les données finies et strictement caractérisées peuvent devenir manipulables et calculables, ouvrant alors tout un champs de possible (traitements, statistiques, visualisations) qui ne seraient pas envisageables sans passer par cette simplification de la réalité. C’est à proprement parlé le principe technique du numérique, qui consiste à échantilloner un signal analogique pour le simplifier (le réduire), et le rendre ainsi stockable et manipulable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’interconnexion des bases de données sémantiques ajoute alors un degré d’homogénéisation puisque l’alignement d’une ontologie à l’autre vient encore réduire l’expressivité de l’une ou l’autre. Autrement dit, à des fin d’interopérabilité, une donnée richement décrite dans un environnement donné risque très certainement d’être pauvrement “traduite” pour être compréhensible (ou adressable) dans un environnement sémantique plus limité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais revenons à notre idée et à la question posée lors de la discussion : comment assurer une certaine diversité de vocabulaire, de description, mais aussi de modèle ? Chaque discipline, chaque laboratoire, chaque producteur de données ne devraient-ils pouvoir développer ses propres modèles pour décrire le monde&lt;sup id=&quot;fnref:guy&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:guy&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ? Peut-on vraiment sacrifier la richesse du langage naturel sur l’autel de la manipulabilité et de l’interopérabilité ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À cette question, Stéphane Pouyllau, directeur d’Human-Num et ingénieur du moteur de recherche &lt;a href=&quot;http://isidore.science/&quot;&gt;Isidore.science&lt;/a&gt;, botte en touche. Non, malgré l’enjeu considérable, les algorithmes et les ontologies du moteur de recherche actuel n’adressent pas cette question, « on ne sait pas faire ». Isidore, &lt;a href=&quot;https://humanum.hypotheses.org/4784&quot;&gt;dans ses récents développements&lt;/a&gt;, a davantage parié sur l’outillage de la communauté pour valider les informations, les liens générés, les enrichissements proposés par l’algorithme, avec cette idée d’un &lt;em&gt;“cyber-approval”&lt;/em&gt; sur les données (« validées par la communauté »).&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;écologie&quot;&gt;Écologie&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;L’article de Susan Brown et de John Simpson nous donne une autre piste que je trouve inspirante, celle de l’écologie.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;L’application d’un cadre écologique met l’accent sur [l’idée selon] laquelle toute tentative de modification des communications et des discours scientifiques doit être comprise en termes de diversité et de systématisation, car elle implique de modifier les liens entre les personnes et les conditions matérielles et institutionnelles dans lesquelles elles travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;En considérant ces ensembles de données liées sous l’angle écologique, les auteur·e·s proposent de s’intéresser aux interfaces entre deux écosystèmes distincts, dénommées par Hedge des « écotones »&lt;sup id=&quot;fnref:hedge&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:hedge&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Ce concept n’est pas sans rappeler la réflexion de Romain Lalande sur la notion de lisière entre deux communautés, qu’il rapproche encore de la créolisation d’Edouard Glissant :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Ce que produit [cette] mise en relation consciente et inconsciente de deux cultures « valorisées égales ou inégales », c’est ce qu’Edouard Glissant appelle Créolisation. La créolisation se distingue du métissage par l’impossibilité de distinguer les éléments constitutif du tout : les traces des cultures se transforment l’une et l’autre en étant en relation pour proposer une culture nouvelle, libre de toute appartenance atavique.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Avec moins de poésie mais tout autant de justesse, les naturalistes pourraient parlent ici de lisières, qui constituent un espace neutre de relation entre deux écosystèmes, et dont la caractéristique principale est d’abriter une diversité plus riche que la somme des écosystèmes en présences.&lt;sup id=&quot;fnref:romain&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:romain&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Il me semble que tout est là lorsque se pose le problème de la diversité au sein des données liées et de leur interconnexion. L’enjeu ne se situe pas nécessairement dans l’expressivité de la description même des données, mais plutôt dans l’interstice de ces jeux de données, à la lisière entre deux écosystèmes, là où les données doivent dialoguer et s’interprêter. Ainsi, la richesse et les particularités qui auraient pu être effacées lors du processus de modélisation et d’alignement pourront à nouveau se manifester, sous une autre forme, déplacées, mais toujours créatrices de diversité.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;interprétation&quot;&gt;Interprétation&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Cet interstice, j’avais pu le retrouver aussi dans les écrits de Louise Merzeau, que j’interprêtais alors comme désignant plutôt la distance qui sépare deux fragments de sens associés ensemble pour produire un nouveau fragment de sens. C’est le principe du montage, &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Koulechov&quot;&gt;l’effet Koulechov&lt;/a&gt;, qui identifie la création de sens justement dans ce raccord de plan, raccord qui rapproche autant qu’il marque une séparation, un interstice prolifique, où se loge, il me semble, le principe d’interprétation.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;[Louise Merzeau] invoque ainsi la culture anthologique (Doueihi, 2008) pour préciser la nature particulière de cette glose qui fonctionne par des associations sans cesse reconfigurées à partir de fragments. Mais l’association n’est pas fusion et entre les fragments de sens se loge toujours un espace interstitiel, matérialisant à la fois le rapprochement nécessaire à l’interrogation, et la distance propice à la critique. Finalement, ces interstices sont les lieux mêmes de l’interprétation.&lt;sup id=&quot;fnref:conversation&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:conversation&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Je reviens alors à mon obsession, celle de la circulation et de l’appropriation. Alors que les auteur·e·s de l’article et la présentation de Susan mettaient l’accent sur la validation des données grâce des boucles de rétroactions (&lt;em&gt;feedback loop&lt;/em&gt;) permettant de corriger, de créer ou d’enrichir les données sémantiques, je préfèrerais pour ma part parier sur des éditorialisations favorisant les dynamiques de circulation et d’appropriation des données, aussi  pauvres ou erronées soient ces dernières. Ce sont évidemment deux aspects fortement complémentaires et l’un ne peut remplacer l’autre, cependant, il me semble qu’investir sur des dispositifs de conversation sur et avec les données est susceptible de produire davantage de richesse, de diversité et de nouveauté. C’est un peu la stratégie proposée par Isidore.science en ouvrant &lt;a href=&quot;https://humanum.hypotheses.org/5320&quot;&gt;un service de veille ou de collection&lt;/a&gt;, qui rappelle à nouveau la culture anthologique, et l’idée que l’appropriation des ressources embarque toujours une part de réécriture et donc d’interprétation.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:trad&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Traduit de l’anglais par Jasmine Drudge-Willson. &lt;a href=&quot;#fnref:trad&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:guy&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir à ce sujet l’article de Jean-Guy Meunier « Humanités numériques ou computationnelles : Enjeux herméneutiques » sur la modélisation des humanités, publié sur &lt;a href=&quot;http://www.sens-public.org/article1121.html&quot;&gt;Sens Public&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:guy&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:hedge&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Hegde, Medha. (2012). Ecotones: the transitional zones. Biotech Articles, 12. URL: http://www.biotecharticles.com/Biology-Article/Ecotones-The-Transitional-Zones-2191.html [July 17, 2015]. &lt;a href=&quot;#fnref:hedge&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:romain&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir l’article de Romain Lalande « Les récits des Communs se nourrissent d’ailleurs. De l’importance de cultiver nos lisières » en cours d’écriture et &lt;a href=&quot;https://via.hypothes.is/https://stylo.ecrituresnumeriques.ca/api/v1/htmlArticle/5bfd580e560a91001754d4f7?preview=true&quot;&gt;publié en édition continue&lt;/a&gt; sur Sens Public dans le cadre du dossier &lt;a href=&quot;http://sens-public.org/article1383.html&quot;&gt;« Écrire les communs : au devant de l’irréversible »&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:romain&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:conversation&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir l’article &lt;a href=&quot;https://www.cairn.info/revue-sciences-du-design-2018-2-page-57.htm&quot;&gt;« Design de la conversation scientifique : naissance d’un format éditorial »&lt;/a&gt; dans Sciences du design 2018/2 (n°8). &lt;a href=&quot;#fnref:conversation&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Un peu d&apos;utopie pour rigoler</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2019/04/01/un-peu-d-utopie-pour-rigoler"/>
   <updated>2019-04-01T21:46:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2019/04/01/un-peu-d-utopie-pour-rigoler</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Pas mécontent qu’on soit le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; avril, ça me permet de prendre ce billet un peu moins au sérieux que la veille.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le 28 mars dernier, s’est tenu &lt;a href=&quot;http://seminaire.sens-public.org/spip.php?article80&quot;&gt;la 6&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; séance&lt;/a&gt; du séminaire Écritures numériques et éditorialisation. L’intervention de Benoît Epron s’intitulait « Face aux collections numériques : l’enjeu de l’éditorialisation des collections quasi-infinies dans le domaine culturel ». Benoît E. y a présenté une réflexion intéressante sur la recherche de contenu et d’information en bibliothèque, prise en étau entre d’une part des collections qui tendent vers l’infini, et d’autre part des pratiques de recherches et une littératie numérique des usagers qui s’alignent sur l’ergonomie des grandes plateformes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette problématique n’est pas sans rappeler celle que se pose l’équipe d’Isidore, qui a récemment conclut que les données structurées n’étaient pas (plus) si pertinentes dans un contexte d’usage qui justement s’en détourne, prenant ainsi fait et cause pour un certain tournant algorithmique (algorithmic turn ?). Il faudra que je revienne sur ce paradoxe très peu bibliothéconomique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;https://demo.codimd.org/s/HJ06ODcuE#&quot;&gt;Une prise de note collective&lt;/a&gt; est accessible, ainsi que l’enregistrement vidéo.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La discussion qui a suivi s’est révélée très riche, abordant pêle-mêle l’homothétie grandissante entre l’espace de la connaissance et l’espace du monde, et la pertinence de spatialiser la connaissance pour mieux l’appréhender, la question de la valeur (et des valeurs) que la bibliothèque en tant que modèle insitutionnel est susceptible d’ajouter à des modèles plus silicon-vallonés, ou encore la reconnaissance par l’Etat des initiatives de bibliothécaires pour investir et enrichir Wikipédia et Wikidata.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quelques heures après son intervention, Benoît Epron a souhaité revenir sur la discussion par courriel (confirmant au passage le fait que la conversation scientifique « se porte bien, mais hors de la sphère institutionnelle : les lieux et les formes de la controverse et du consensus échappent de plus en plus à cette institution »&lt;sup id=&quot;fnref:conversation&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:conversation&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je me permets de publier ici quelques éléments de son message pour introduire des éléments de réponse rapidement rédigés et qu’on pourra développer ultérieurement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Benoît E. est notamment revenu sur le status des bibliothécaires et de leurs initiatives lorsqu’ils outrepassent leur fonction professionnelle en investissant Wikipédia. On sait que ces initiatives agissent à plusieurs niveaux, en permettant tout à la fois d’animer leur communauté et public, faire circuler des éléments de leurs collections, diffuser des connaissances, et enrichir une encyclopédie collective. Autant de fonctions qui semblent s’aligner avec la mission des bibliothèques.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Sur le points soulevé par Nicolas sur le rôle des bibliothécaires dans la construction de l’environnement documentaire des individus je pense que l’enjeu est autour de l’organisation de cette fonction.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Pour le moment c’est une activité des bibliothécaires qui est largement en dehors de leur feuille de route avec des initiatives personnelles fortes. La motivation est surtout basée sur la participation des bibliothèques au développement d’un espace du savoir ouvert à tous et auquel les bibliothécaires peuvent apporter une vraie plus-value .&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Il me semble quand même que cela ne passe pas la barre des objectifs ou ambitions des bibliothèques en tant qu’institutions qui ne peuvent pas vraiment tirer de cette activité un indicateur.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Mais il me semble qu’il ne peut en être autrement actuellement. Car la question sous-jacente est celle d’un changement radical de modèle social et économique. J’ai la faiblesse de croire que ce changement est possible, puisqu’il est déjà présent et opérationnel dans d’innombrables initiatives à différentes échelles, petites et grandes. Effectivement, ces initiatives sont hors-radar (des institutions), et demander aux institutions de les intégrer reviendrait à leur demander de se démanteler pour se reconstruire ailleurs et autrement. Ça demande une force politique immense. Tout l’enjeu est de savoir si ca se passera avant une rupture majeure du système, ou après.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plusieurs expériences existent dans le sens “avant rupture” ; ce sont des aventures humaines&lt;sup id=&quot;fnref:bonheur&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:bonheur&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; assez extraordinaires à l’échelle d’un ministère, d’une institution, d’une entreprise. Et de manière plus ordinaires, ce sont ainsi que fonctionnent beaucoup de lieux et actions auto-géré·e·s. Ca peut paraitre très utopique, mais il va en falloir de l’utopie pour sortir ce monde de sa folie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ces initiatives de bibliothécaires hors-mission institutionnelle anticipent déjà sur ce·s modèle·s, et préparent le terrain à une autre façon de vivre, produire, gérer. Ces initiatives ne sont ni isolées, ni dérisoires, et encore moins négligeables. Elles opèrent simplement sur un autre plan, un plan qui échappe aux institutions qui n’ont pas été conçues pour les appréhender (hors-radar). Il n’est même pas certain que leur organisation soit souhaitable, tant ce qui les tient ensemble, ce qui leur permet d’atteindre un tel seuil critique performatif sur la société, c’est d’abord l’appareillage technique et juridique sur lequel elles reposent : des protocoles de communication ouverts, des formats et standards ouverts et partagés, des licences copyleft.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On revient ainsi au concept d’architecture que &lt;a href=&quot;http://seminaire.sens-public.org/spip.php?rubrique15&quot;&gt;ce cycle de séminaire souhaitait questionner&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;De plus, cet enrichissement se fait sans organisation au sein d’une communauté ou d’un réseau d’acteurs qui essaierait d’optimiser cette production (spécialisation par bibliothèques en fonction d’une discipline ou d’une période ou d’une zone géographie…).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;On peut au contraire considérer que l’« optimisation » fait partie d’un paradigme qui n’a plus lieu d’être si l’on adopte des processus plus organiques, et qu’il y a davantage de richesse à trouver dans une production multiple et non dirigée. Ici, une certaine rationalité doit s’effacer au profit d’une diversité d’approches qui a déjà montré sa force pour la résolution de problèmes complexes.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Enfin, si l’on part de l’hypothèse que le rôle des bibliothèques comme acteur du savoir et de la culture est de participer à la diffusion et à l’accès, leur approche actuelle est peu dans la mutualisation.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;À nouveau, il me semble que la mutualisation doit se passer sur un autre plan. L’idée de tout centraliser pour mieux redistribuer n’est pas forcément le plus efficace. Par contre, mutualiser sur les supports (juridiques, techniques, formats) permet d’anticiper sur une circulation qui peut rester potentielle, qui n’a pas à se réaliser si personne ne la trouve pertinente, mais qui se fera s’il y a un appel d’air, une demande, une requête. C’est tout l’enjeu de &lt;a href=&quot;http://www.sens-public.org/article1375.html&quot;&gt;la documentation des actions&lt;/a&gt; qui se généralise chez les &lt;em&gt;commoners&lt;/em&gt;. Leur réflex n’est pas tant de diffuser, que de permettre une diffusion potentielle. En quelque sorte, ils créent les conditions de l’appropriation de leurs connaissances.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;C’est le même aspect pour les services de questions/réponses comme Eurekoi ou InterroGE ici. Il en existent plusieurs, certains ou déjà disparu, et en tout cas, la dématérialisation de ce service fait qu’il pourrait largement être mutualisé. J’ajoute que la structuration de la ressource documentaire produite à cette occasion est très peu structurée et rend donc quasi impossible une aggrégation ou un moissonnage.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Sur la notion d’espace public numérique évoquée par Marcello, je pense encore une fois que la difficulté pour les bibliothèques d’y trouver leur place est liée à une question de dispersion et de morcellement. De fait, elles offrent à leurs usagers des espaces publics, chacun différents et ouverts à une communauté précise. Cette multitude se trouve confrontée à un layer numérique qui se caractérise par une forme d’unicité. Cette unicité se retrouve dans la logique de plateformes qui prévaut quasi-exclusivement sur le Web aujourd’hui (un espace documentaire, Google, un espace de publicisation de soi, Facebook, un espace de construction et de diffusion du savoir, Wikipédia, un espace de commerce, Amazon…). C’est ce mismatch entre la couche Web comme espace de l’unicité et la couche des bibliothèques comme espaces de communautés qui me semble un obstacle majeur dans la projection des bibliothèques dans le Web…&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;En effet, on retrouve cette problématique un peu partout, que ce soit les musées qui ont tenté de générer de l’engagement à travers des applis dédiées, ou les grands médias qui se sont pris les pieds dans le tapis de la &lt;em&gt;social tv&lt;/em&gt; et les applis de &lt;em&gt;second écran&lt;/em&gt;. Ça demande une analyse très fine de son public, de ses besoins. Ce ne sont pas les études qui manquent à ce sujet.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ça demande aussi de déplacer son regard, de considérer que l’espace public ne se joue pas au niveau de la plateforme, du site ou de l’application, comme on pouvait identifier un espace public au parvis d’une place. Dans notre environnement imprégné de numérique, l’espace public commence avec le protocole http, la licence d’utilisation des contenus, une authentification OAUTH., etc.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il ne faut voir ici &lt;a href=&quot;https://www.worldcat.org/title/to-save-everything-click-here-the-folly-of-technological-solutionism/oclc/891068581&amp;amp;referer=brief_results&quot;&gt;un solutionnisme technologique&lt;/a&gt;, ces éléments ne sont rien sans une communauté qui les utilisent, les critiquent et les font évoluer. Comme la constitution d’un pays en fait..&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:conversation&quot;&gt;
      &lt;p&gt;selon la formule que je reprends régulièrement pour envisager un nouveau format éditorial de communication scientifique (voir par exemple &lt;a href=&quot;/carnet/2017/05/17/communication-au-colloque-la-publication-savante-en-contexte-numerique-acfas&quot;&gt;cette communication&lt;/a&gt;). &lt;a href=&quot;#fnref:conversation&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:bonheur&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir ce documentaire de Martin Meissonnier &lt;a href=&quot;https://www.filmsdocumentaires.com/films/4844-le-bonheur-au-travail&quot;&gt;&lt;em&gt;Le bonheur au travail&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, autour duquel Arte a produit &lt;a href=&quot;https://info.arte.tv/fr/le-bonheur-au-travail&quot;&gt;plusieurs contenus&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:bonheur&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>La conversation comme processus, dispositif et format</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2018/06/04/la-conversation-comme-processus-dispositif-et-format"/>
   <updated>2018-06-04T22:20:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2018/06/04/la-conversation-comme-processus-dispositif-et-format</id>
   <content type="html">&lt;h1 id=&quot;conversation-sur-sp&quot;&gt;Conversation sur SP&lt;/h1&gt;

&lt;p&gt;Dans Sens Public, ce qu’on appelle «la conversation» sera tout à la fois un processus, un dispositif et un format.&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;un processus: c’est celui de la dynamique d’écriture, de réécriture, d’interprétation, de controverse, on pourrait parler d’une herméneutique collective, si construction du collectif il y a.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;un dispositif: ce sont les différents procédés qui sont mis à &lt;em&gt;disposition&lt;/em&gt; pour écrire, lire et réécrire.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;un format: c’est l’idée d’une certaine formalisation de la conversation basée sur l’hybridation de plusieurs modèles : le microblogging (twitter), l’agrégation de ressources (storify), la recommandation communautaire (reddit ou stackoverflow). Ce format est appelé à devenir au sein de la revue un objet éditorial au même titre que l’article ou le dossier thématique.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Mais au-delà de la conversation formalisée dans &lt;a href=&quot;/carnet/2018/01/18/la-conversation-experimentation-dun-format-editorial&quot;&gt;un nouvel artefact de communication scientifique&lt;/a&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:article&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:article&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, c’est toute la revue qui doit incarner ce dispositif conversationnel, dans la mesure où on souhaite que l’espace de la revue devienne un espace d’échange autant que de publication, et ce en multipliant les formes d’écritures, et en en fluidifiant les protocoles. Il doit y en avoir pour tous les goûts, toutes les formes et toutes les temporalités. C’est pourquoi il ne doit pas y avoir &lt;em&gt;un&lt;/em&gt; dispositif conversationnel, mais plusieurs, multipliant les lieux et les possibilités de la conversation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On pourrait alors localiser celle-ci à plusieurs endroits dans la revue, concrétisés par des dispositifs précis :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;en marge d’un article, à travers les annotations d’article&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;sur la page utilisateur, à travers les posts de blog des utilisateurs (lecteurs, auteurs, éditeurs).&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;les “conversations” formalisées, intégrant elles-mêmes plusieurs formes d’écritures et d’éditorialisation : microblogging, aggregating, tagging, voting, collecting.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Finalement, ce qu’on appelle conversation relève d’une dynamique de circulation et de réécriture. La circulation consiste pour un fragment (ou une ressource) à être extrait de son contexte pour être recontextualisé ailleurs (processus de redocumentarisation). Accompagné ou non d’un commentaire, d’un mot-clé, ou en général d’une glose, ces circulations sont effectivement des réécritures.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est exactement ce que décrit Louise Merzeau dans ses articles sur le dispositif d’éditorialisation collaborative d’un évenement&lt;sup id=&quot;fnref:Louise&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:Louise&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, et ce que j’ai tenté d’analyser dans un article à paraître, où j’introduis l’idée d’une herméneutique collective.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, ce qui semble devoir primer lorsque l’on conçoit «la conversation sur Sens Public», c’est la possibilité même de circuler, c’est-à-dire d’extraire des fragments et de les republier &lt;em&gt;ailleurs&lt;/em&gt;, que ce soit dans une conversation formalisée, dans un post de blog, dans un tweet, dans une &lt;em&gt;collection&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le design de la conversation passe avant tout par celui de la segmentation, indexation et circulation, au sens de la republication. Il faut imaginer une sorte de &lt;em&gt;copier-coller&lt;/em&gt; capable de conserver le lien à la source. Hypothes.is remplit exactement cette fonction dans le cas d’un texte publié en ligne. Le modèle de Storify est également inspirant, car il intègre dans un même environnement les fonctions de &lt;em&gt;search&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;select&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;cut&amp;amp;paste&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;comment/annotate/storytelling&lt;/em&gt; à partir de plusieurs types de ressources : tweets, instagram, etc.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La conception et l’implémentation de ce super &lt;em&gt;cut&amp;amp;paste&lt;/em&gt; accomplira déjà une moitié du chemin dans la mise en place d’un espace conversationnel, et sans doute la moitié la plus importante. La seconde moitié relève de l’organisation de la conversation, c’est-à-dire de la définition des modalités de circulation et de réécriture. La conversation formalisée, ou la conversation en tant qu’objet éditorial au même titre qu’un article ou qu’un dossier, est une forme d’organisation de la conversation parmis un “archipel” d’autres dispositifs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:article&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Deux articles en cours d’évaluation développe cet aspect-là. &lt;a href=&quot;#fnref:article&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:Louise&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir Merzeau, Louise. 2013. “Éditorialisation collaborative d’un événement.” Communication et organisation, no. 43: p.105–22. https://doi.org/10.4000/communicationorganisation.4158. &lt;a href=&quot;#fnref:Louise&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>L&apos;écriture collaborative en recherche et création</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2018/03/23/l-ecriture-collaborative-en-recherche-et-creation"/>
   <updated>2018-03-23T20:45:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2018/03/23/l-ecriture-collaborative-en-recherche-et-creation</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Avec Servanne Monjour, nous intervenons vendredi 23 mars dans une table ronde intitulée &lt;em&gt;L’écriture collaborative en recherche et création&lt;/em&gt;, organisée par la &lt;a href=&quot;https://tribunelittco.wordpress.com/&quot;&gt;Tribune des étudiant(e)s en littérature comparée&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/tribuneAffiche.png&quot; alt=&quot;Affiche Table Ronde Tribune&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est l’occasion pour nous d’évoquer plusieurs aspects des travaux que nous menons à la Chaire, que ce soit &lt;a href=&quot;/carnet/2018/01/18/la-conversation-experimentation-dun-format-editorial&quot;&gt;le chantier en cours&lt;/a&gt; sur la conversation, en tant que format éditorial de communication scientifique, ou nos réflexions sur le statut de la revue savante en SHS, pour lesquelles la Chaire &lt;a href=&quot;http://ecrituresnumeriques.ca/fr/Activites/Projets/2018/3/22/Revue-twozero&quot;&gt;vient tout juste d’être financée&lt;/a&gt; par le CRSH (programme Développement Partenariat).&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;écriture-collaborative&quot;&gt;Écriture collaborative&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;L’écriture collaborative dans la recherche, est une pratique déjà présente et bien implantée : les blogs, les listes de diffusion, le micro-blogging, sont des formes de communication scientifique, certes non institutionnelles, mais largement répandues. Elles ont toutes un caractère collaboratif.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Par collaboratif, nous entendons surtout l’idée d’un espace, investi par un collectif ou une communauté et dédié à une tâche effectuée de manière collaborative.
Ainsi, la tâche principale d’une liste de diffusion n’est pas d’écrire de manière collaborative, mais d’échanger sur la vie d’une communauté et si nécessaire d’en débattre certains aspects, voire de prendre des décisions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les protocoles et les outils sous-jacents ne sont pas anodins bien évidemment. En tant que protocoles, standards ou formats, ils structurent l’espace de rencontre et prédisposent les actions que l’ont peut y faire. Cependant, il est important de garder à l’esprit que ces artefacts techniques n’en sont pas pour autant déterministes. Ils participent d’un milieu susceptible d’être transformé par la communauté, et par l’écriture elle-même.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;milieu-et-écriture&quot;&gt;Milieu et écriture&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Pour nous, deux concepts ici sont nécessaires pour appréhender ce dialogue entre un collectif d’écriture et son environnement. Le concept de &lt;em&gt;milieu&lt;/em&gt; est forcément problématique, tant il est traversé par différents courants, que ce soient les &lt;em&gt;media studies&lt;/em&gt;, l’intermédialité ou même la médiologie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Malgré tout, la notion de milieu est commode (un peu comme peut l’être la notion de dispositif). Commode car elle a une &lt;em&gt;fonction&lt;/em&gt;. Debray nous rappelle que le milieu permet de penser un environnement non pas comme un simple présent à observer, mais comme la somme d’une histoire à prendre en compte&lt;sup id=&quot;fnref:debray&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:debray&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Et en matière d’écriture, l’histoire est féconde. Il nous oblige aussi à « remplace[r] l’entité par la relation », dans une démarche similaire à l’intermédialité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En quoi ce milieu est-il intéressant et nécessaire à notre réflexion ? C’est sans doute au détour de notre travail toujours en cours sur le Général Instin que le milieu s’est imposé pour réconcilier ensemble plusieurs de nos &lt;em&gt;objets&lt;/em&gt; : un collectif d’écriture, des pratiques d’écriture, des dispositifs d’écriture. Sans rentrer &lt;a href=&quot;http://nicolassauret.net/behindinstin/&quot;&gt;dans le détail&lt;/a&gt;, Instin s’est révélé être « un corpus emblématique d’une production collective dont la matrice est à trouver autant dans les dispositifs d’éditorialisation qui la supportent que dans la production elle-même. Autrement dit, le Général Instin suggère l’idée d’un milieu, dont l’écriture en réseau est elle-même devenue milieu, ce que Rongier (2017) exprime par une &lt;em&gt;écriture-milieu&lt;/em&gt; »&lt;sup id=&quot;fnref:champ1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:champ1&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;virtualiser-les-revues&quot;&gt;Virtualiser les revues&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Mais nous aurions pu commencer par la question des revues, avec l’idée avancée par Marcello Vitali-Rosati de &lt;a href=&quot;http://blog.sens-public.org/marcellovitalirosati/quest-ce-quune-revue-scientifique-et-quest-ce-quelle-devrait-etre/&quot;&gt;« virtusaliser les revues »&lt;/a&gt;. Il s’agit de déplacer la mission et la fonction des revues telles qu’on l’a connaît aujourd’hui. Il s’agit de considérer la revue comme un espace public, un espace d’écriture qui soit avant tout un espace de dialogue et de débat, et non un simple &lt;em&gt;vecteur de capital symbolique&lt;/em&gt; pour chercheur ambitieux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bien sûr, les articles de revues sont en dialogue (parfois), ou plutôt, ils se font échos, mais est-ce qu’ils se parlent vraiment ? S’agit-il d’une conversation, d’une construction collective de savoir ? L’espace est-il aussi public qu’il en a l’air ? La réponse n’est pas si évidente. Du côté du lectorat, on érige des murs (paywall) et des barrières (mobiles), pour l’empêcher d’accéder trop tôt aux publications. Et du côté des auteurs, un numéro de revue se limite souvent à une poignée de personnes, évaluées par une autre poignée de personnes. En terme d’espace public, on a déjà vu mieux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il s’agit donc de réinventer une forme de communication savante. Une forme de communication où l’écriture devient collaborative, poursuivant un objectif commun, très simple, celui de constituer un espace public capable d’accueillir la conversation scientifique dans ses formes les plus libres. Alors seulement, la revue pourrait accéder à ce que Marcello appelle « un réseau d’intelligence ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est ce à quoi nous travaillons à la CRC-EN en élaborant ce nouveau format éditorial, au cœur de la revue &lt;a href=&quot;http://sens-public.org&quot;&gt;Sens Public&lt;/a&gt;, celui d’une conversation scientifique.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;pourquoi-un-format-éditorial-de-la-conversation&quot;&gt;Pourquoi un format éditorial de la conversation ?&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Parce qu’il existe un lien très fort entre format et institution. Et qu’une nouvelle forme de communication scientifique ne peut rentrer dans les radars de l’institution académique que si celle-ci en reconnaît le format. C’est exactement ce que nous apprend l’histoire des premiers périodiques savants&lt;sup id=&quot;fnref:vittu&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:vittu&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, et de la formalisation progressive des textes en articles, et de tout l’appareil éditorial qui s’est stabilisé puis institutionnalisé, notamment d’un point de vue juridique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il n’en demeure pas moins que l’écriture collaborative constitue encore une écriture relativement à la marge, ou en expérimentation. Non pas qu’elle soit peu pratiquée, mais parce qu’elle continue de s’inventer et que ses normes juridiques sont encore largement absentes.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;crystal-of-knowledge&quot;&gt;&lt;em&gt;Crystal of knowledge&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;“Let us transmute the “frozen moments” […] into a slightly more material metaphor, that of “Crystals of knowledge”. Crystals of knowledge should be an important part of how to frame the Great Conversation. Multi-carat crystals are quite acceptable, of course. In fact, defining the range of these “crystals” will be important, and it will require empirical testing.” &lt;sup id=&quot;fnref:crystal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:crystal&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Un concept nous a aidé à concevoir ce que serait une conversation, celui de “cristal de connaissances” introduit par Jean-Claude Guédon. Le cristal est une image pour entrevoir un format très fluide dans le temps et dans l’espace, dotée de différentes temporalités et d’une spatialité mouvante, au gré des intérêts, des contributions et des ressources extérieures. La conversation cristallise lorsqu’une problématique suscite une dynamique d’agrégation : agrégation de personnes, de contributions, sous formes de discussions, d’articles, d’annotations, de fragments de texte, disposés ensemble et formant en quelque sorte un réseau d’intelligence temporaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Temporaire car la problématique, partagée par la communauté, a vocation à être éphémère ou persistante, le principe étant que le cristal puisse émerger, cristalliser, puis se dissoudre au fil du temps et des questions traitées par la communauté.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;éditorialisation&quot;&gt;Éditorialisation&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;De cette écriture-milieu ou de la métaphore du cristal, il faut finalement retenir que l’écriture ne se résume plus seulement à écrire. Écrire collaborativement ou écrire dans l’environnement numérique participent l’un et l’autre d’une dynamique d’édition. L’acte d’écriture s’accompagne nécessairement d’un acte d’édition, qui est sans doute une des conditions nécessaires à l’établissement d’une véritable écriture collaborative.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De ce point de vue, Arthur Perret a bien cerné l’enjeu au-delà de la polémique&lt;sup id=&quot;fnref:polemique&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:polemique&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; lancée par Marcello sur &lt;em&gt;The Conversation&lt;/em&gt;, &lt;a href=&quot;https://theconversation.com/les-chercheurs-en-shs-savent-ils-ecrire-93024&quot;&gt;&lt;em&gt;Les chercheurs en SHS savent-ils écrire  ?&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot; data-lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;p lang=&quot;fr&quot; dir=&quot;ltr&quot;&gt;Pour moi, l&amp;#39;enjeu est moins l&amp;#39;écriture que la dynamique nouvelle entre écrire et éditer. Et ce sont moins les pratiques que les outils qui me posent question : face à Word, avec quels outils peut-on généraliser une vraie culture de l&amp;#39;éditorialisation ?&lt;/p&gt;&amp;mdash; Arthur Perret (@arthurperret) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/arthurperret/status/973327915592101888?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;12 mars 2018&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Cette « vraie culture de l’éditorialisation » n’est rien d’autre selon nous que la littératie numérique qui ajoute au savoir-lire-et-écrire la maîtrise du milieu d’écriture, une capacité à inscrire l’espace autant qu’à le structurer :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot; data-lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;p lang=&quot;fr&quot; dir=&quot;ltr&quot;&gt;Il s&amp;#39;agit plus d&amp;#39;un écosystème que d&amp;#39;outils à mon sens. La littératie dont il est question doit permettre 1) d&amp;#39;evoluer dans cet environnement (habiter) 2) de le faire évoluer (designer). 1/3&lt;/p&gt;&amp;mdash; nicolasauret (@nicolasauret) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/nicolasauret/status/973525569617977346?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;13 mars 2018&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot; data-lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;p lang=&quot;fr&quot; dir=&quot;ltr&quot;&gt;En ça il ne peut plus être question que d&amp;#39;écriture, n&amp;#39;en déplaise aux lettrés, mais bien d&amp;#39;écriture et d&amp;#39;édition en effet. 2/3&lt;/p&gt;&amp;mdash; nicolasauret (@nicolasauret) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/nicolasauret/status/973525829513875456?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;13 mars 2018&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot; data-lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;p lang=&quot;fr&quot; dir=&quot;ltr&quot;&gt;À moins qu&amp;#39;éditer/editorialiser soit devenu aussi une forme d&amp;#39;écriture. Ça marche dans les deux sens, écrire revient à éditer. C&amp;#39;est à ça qu&amp;#39;il faudrait former les chercheurs. 3/3&lt;/p&gt;&amp;mdash; nicolasauret (@nicolasauret) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/nicolasauret/status/973526390317383680?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;13 mars 2018&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;écrit collaborativement par Servanne Monjour et Nicolas Sauret&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:debray&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Debray Régis, « Histoire des quatre M », &lt;em&gt;Les cahiers de médiologie&lt;/em&gt;, 1998/2 (N° 6), p. 7-25. DOI : 10.3917/cdm.006.0007. URL : https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-mediologie-1998-2-page-7.htm &lt;a href=&quot;#fnref:debray&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:champ1&quot;&gt;
      &lt;p&gt;extrait du &lt;a href=&quot;/carnet/2017/11/28/projetthese&quot;&gt;“champ 1”&lt;/a&gt; de mon dossier de synthèse. &lt;a href=&quot;#fnref:champ1&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:vittu&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir les travaux de Vittu, que j’ai commenté &lt;a href=&quot;/carnet/2017/11/28/projetthese&quot;&gt;ailleurs&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:vittu&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:crystal&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Stern, Niels, Jean-Claude Guédon et Thomas Wiben Jensen. « Crystals of Knowledge Production. An Intercontinental Conversation about Open Science and the Humanities ». &lt;em&gt;Nordic Perspectives on Open Science 1&lt;/em&gt;, no 0 (23 octobre 2015), 1‑24. doi:10.7557/11.3619. &lt;a href=&quot;#fnref:crystal&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:polemique&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Dans ce billet volontairement polémique, Marcello reprochait aux chercheurs en sciences humaines leur pratiques numériques d’écriture, trop souvent limitées à Microsoft Word. Cette polémique a généré une série de posts, notamment ceux de &lt;a href=&quot;https://histnum.hypotheses.org/2769&quot;&gt;F. Clavert&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.boiteaoutils.info/2018/03/sspq/&quot;&gt;E. Ruiz&lt;/a&gt;, ou &lt;a href=&quot;http://blog.sens-public.org/marcellovitalirosati/les-chercheurs-en-shs-savent-ils-ecrire-quelques-reponses-aux-commentaires-des-lecteurs/&quot;&gt;M. Vitali-Rosati&lt;/a&gt; et de multiples échanges sur Twitter. &lt;a href=&quot;#fnref:polemique&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>La conversation, expérimentation d&apos;un format éditorial</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2018/01/18/la-conversation-experimentation-dun-format-editorial"/>
   <updated>2018-01-18T10:08:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2018/01/18/la-conversation-experimentation-dun-format-editorial</id>
   <content type="html">&lt;style&gt;
  p {text-align:justify}
&lt;/style&gt;

&lt;p&gt;Le projet suivant a été présenté à &lt;a href=&quot;http://www.crihn.org/nouvelles/2017/09/17/vitrine-humanites-numeriques-dh-showcase-2018/&quot;&gt;la Vitrine DH 2018&lt;/a&gt;, à l’Université de Montréal. Je publie ici le texte et la présentation qui reprend dans un format de 3 minutes les éléments de &lt;a href=&quot;/carnet/2017/05/17/communication-au-colloque-la-publication-savante-en-contexte-numerique-acfas&quot;&gt;la fabrique Sens Public&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_1.png&quot; alt=&quot;Slide1 - Conversation : expérimentation + format éditorial = communication scientifique&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;un-double-chantier&quot;&gt;Un double chantier&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_2.png&quot; alt=&quot;Slide2 - Un double chantier&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le projet d’expérimentation s’inscrit en fait dans un double chantier, au sein de la revue &lt;a href=&quot;http://sens-public.org&quot;&gt;Sens Public&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;une refonte complète de la chaine éditoriale et du site web de la revue, tant du point de vue technique qu’éditorial&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;une expérimentation, comprenant la conception et l’implémentation d’un nouveau format éditorial : la conversation.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;h2 id=&quot;pourquoi-un-format-éditorial-conversationnel-&quot;&gt;Pourquoi un format éditorial conversationnel ?&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_3.png&quot; alt=&quot;Slide3 - Pourquoi un format éditorial conversationnel&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;artefacts-académiques-vs-pratiques-réelles&quot;&gt;Artefacts académiques vs. pratiques réelles&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_4.png&quot; alt=&quot;Slide4 - Artefacts académiques / Pratiques réelles&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous sommes partis du constat d’un certain déphasage entre les pratiques de lecture et d’écriture des chercheurs en humanités, qui, elles, sont largement passées au numérique, et les formats traditionnels de communication scientifique, que ce soit l’article, la monographie ou la communication en conférence. Ce déphasage est double :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;
    &lt;p&gt;institutionnel : du fait que les institutions sont dans l’incapacité de prendre en compte dans l’évaluation des chercheurs les nouvelles formes d’écriture et de communication propre à l’environnement numérique (blogs, micro-blogging, listes de diffusion, contributions multiples sur les plateformes, etc.). Ici les verrous sont économiques, juridiques et idéologiques, l’évaluation de la recherche reposant entièrement sur le &lt;em&gt;Science Citation Index&lt;/em&gt;, sur le leitmotiv &lt;em&gt;“publish or perish”&lt;/em&gt;, ce qui a eu pour effet d’indexer l’évaluation sur le prestige des revues  et non sur la qualité scientifique (avec tous les travers de concentration des pouvoirs), et de positionner les revues comme des vecteurs de carrières plutôt que de conversation et de partage.&lt;/p&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;
    &lt;p&gt;éditorial : avec des chaînes de l’écrit, et des chaînes éditoriales encore largement attachées aux paradigmes du papier. Certes des formats, des standards et des plateformes numériques sont apparus (la TEI, JATS, Article Erudit, etc.), mais l’article lui-même a très peu évolué en tant que forme de communication scientifique.&lt;/p&gt;
  &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Finalement, les artefacts traditionnels de la communication scientifique peinent à prendre en compte toutes les potentialités du texte numérique et de son environnement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On pourrait penser que la conversation scientifique en pâtit. Or celle-ci se porte bien, mais hors de l’institution. En fait, les lieux et les formes de la conversation scientifique semble échapper à l’institution.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;crystal-of-knowledge&quot;&gt;Crystal of knowledge&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_5.png&quot; alt=&quot;Slide5 - Crystal of knowledge&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un concept nous a aidé à concevoir ce que serait une conversation. C’est le concept de « cristal de connaissances » introduit par Jean-Claude Guédon.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon ce concept de cristal, la conversation consiste en une problématique qui cristallise par agrégation : agrégation de personnes, agrégation de contributions, sous formes de discussions, d’articles, d’annotations, de fragments de texte, disposés ensemble et formant en quelque sorte un &lt;em&gt;réseau d’intelligence&lt;/em&gt; temporaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Temporaire, selon la temporalité propre à chaque problématique dans la communauté qui la discute. Elle pourra être éphémère ou persistante, le principe étant que le cristal puisse émerger, cristalliser, puis se dissoudre au fil du temps et des questions traitées par la communauté.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;deux-espaces&quot;&gt;Deux espaces&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_6.png&quot; alt=&quot;Slide6 - 2 espaces&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;la revue aura donc deux espaces : 1) documentaire, axé sur les articles, et 2) conversationnel, axé sur les échanges sociaux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais il s’agit bien d’un même espace informationnel, comme les deux faces d’une même pièce, l’une alimentant l’autre, puisqu’en effet, les articles deviennent des supports et des prétextes à discussion et à conversation, tandis que les conversations peuvent &lt;em&gt;infiné&lt;/em&gt; aboutir à des publications plus classiques sous la forme d’article.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La dynamique change : d’un dossier de revue à une conversation, ce n’est plus une poignée d’auteurs traitant individuellement d’une thématique proposée de manière unilatérale, mais plutôt une communauté élaborant collectivement une problématique et des tentatives de réponses.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;design-de-la-conversation&quot;&gt;Design de la conversation&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_7.png&quot; alt=&quot;Slide7 - Design de la conversation&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La conversation fonctionne sur le paradigme du flux. Or pour faire “format” ou pour faire “document”, il nous faut articuler la dimension temporelle de la conversation avec une dimension spatiale documentaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette dimension spatiale nous sera donnée par des visualisations de la conversation, permettant de la synthétiser : timeline des controverses, cartographie de la communauté impliquée, ou encore cartographie des fragments de connaissances agrégés.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;merci-&quot;&gt;Merci !&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/conversationVitrineDH2018_8.png&quot; alt=&quot;Slide8 - Merci&quot; width=&quot;80%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;La présentation complète est à retrouver ci-dessous :&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://nicolassauret.net/s_VitrineDH2018/&quot; style=&quot;width:150%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;http://nicolassauret.net/s_VitrineDH2018/&quot; title=&quot;Conversation :  expérimentation + format éditorial = communication scientifique&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-eye&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir les slides
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Projet et problématique de thèse</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/11/28/projetthese"/>
   <updated>2017-11-28T00:00:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/11/28/projetthese</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Avertissement: ce texte constitue le “premier champ” du dossier de synthèse en préparation de l’examen de synthèse (novembre 2017). Il développe mon sujet de thèse, présente sa problématique ainsi que ses axes théoriques et pratiques.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dispositifs d’éditorialisation en environnement numérique&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:titre&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:titre&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Vers un renouvellement des pratiques d’écriture et de lecture en lettres et sciences humaines ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;h1 id=&quot;introduction-vers-une-épistémé-numérique&quot;&gt;Introduction : vers une épistémé numérique ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;En quelques dizaines d&apos;années, les pratiques de lecture et d&apos;écriture des chercheurs se sont progressivement installées dans l&apos;environnement numérique, au point que ce nouvel environnement de travail s&apos;est pratiquement substitué au support papier dans le quotidien des chercheurs. L&apos;histoire longue de l&apos;écriture, qui est aussi celle de ses supports, nous montre que tout changement de propriété du support d&apos;inscription induit un changement des modalités d&apos;écriture, de lecture et finalement une évolution dans les modes de pensée &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Goody &lt;a href=&quot;#ref-goody_raison_1979&quot;&gt;1979&lt;/a&gt;; Jacob &lt;a href=&quot;#ref-jacob_quest-ce_2014&quot;&gt;2014&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; et formation des savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face à ce nouvel environnement, certaines institutions du savoir ont amorcé des adaptations conséquentes. Du côté des institutions para-académiques d&apos;édition et de diffusion de la production scientifique, les éditeurs scientifiques, les librairies et les bibliothèques universitaires ont mis en route plusieurs chantiers dans le sens d&apos;une plus grande accessibilité aux connaissances. Dans la continuité de l&apos;informatisation des catalogues de bibliothèque, de la numérisation des imprimés ou encore de l&apos;adoption de formats numériques standardisés, le mouvement de l&apos;Open Access a pu se développer et gagner progressivement un terrain technologiquement plus favorable. Pourtant, si ces mesures ont su améliorer l&apos;accès et la diffusion, elles restent encore de l&apos;ordre de l&apos;ajustement au regard d&apos;une part des potentialités réelles de l&apos;environnement numérique&lt;a href=&quot;#fn1&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref1&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, et d&apos;autre part, des pratiques émergentes de la communauté académique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;désintermédiation-des-institutions-et-nouveaux-acteurs&quot;&gt;Désintermédiation des institutions et nouveaux acteurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En effet dans le même temps, de nouveaux acteurs se sont progressivement &lt;em&gt;institués&lt;/em&gt; dans le champs de la production, de la légitimation et de la diffusion de contenus, en proposant des outils et appareils numériques d&apos;écriture, d&apos;édition et de publication susceptibles de supplanter les canaux institutionnels. Ces acteurs viennent directement du secteur privé et plus particulièrement de la Silicon Valley, dominante sur le marché des OS&lt;a href=&quot;#fn2&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref2&quot;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, des logiciels et des algorithmes &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Mounier et Dacos &lt;a href=&quot;#ref-mounier_edition_2012&quot;&gt;2012&lt;/a&gt;; Vitali-Rosati &lt;a href=&quot;#ref-vitali-rosati_edition_2016&quot;&gt;2016&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;. Or, si les GAFAM&lt;a href=&quot;#fn3&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref3&quot;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; ont pu fournir au monde un écosystème d&apos;écriture, d&apos;édition, de publication et de communication, c&apos;est qu&apos;elles ont pleinement exploité les potentialités du numérique, c’est-à-dire tout à la fois, celle du &lt;em&gt;processeur&lt;/em&gt; comme technologie de calcul, du &lt;em&gt;réseau&lt;/em&gt; comme technologie de communication, et du &lt;em&gt;web&lt;/em&gt; comme technologie de publication.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;hybridation-des-pratiques&quot;&gt;Hybridation des pratiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le monde académique a largement adopté cet écosystème dans ses pratiques scientifiques, que ce soit pour la recherche d&apos;information et de contenu scientifiques (Google Search, Google Scholar), la consultation de ces contenus (tablettes sous IOS, Android, Windows, navigateurs Chrome, Safari), mais aussi pour la publication et la diffusion de ses travaux (réseaux sociaux spécialisés ResearchGate, Academia), ainsi que pour la communication (Gmail, Facebook) et la collaboration (Google Drive, Microsoft 360).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les réseaux sociaux sont ainsi utilisés par les chercheurs pour communiquer sur leurs travaux, partager leur veille scientifique, commenter et annoter les travaux de pairs, voire pour nourrir quelques controverses. C&apos;est aussi un moyen d&apos;élargir son cercle d&apos;échange et de s&apos;ouvrir à des communautés non-académiques.&lt;a href=&quot;#fn4&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref4&quot;&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les blogs de chercheurs se sont également multipliés dans une démarche de publication continue des travaux et des réflexions d&apos;un chercheur ou d&apos;une équipe. Cette mise en circulation génère des cercles particulièrement vertueux tant pour la communication, la visibilité que pour la recherche elle-même &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Blanchard &lt;a href=&quot;#ref-blanchard_ce_2010&quot;&gt;2010&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;. Cette pratique tend d&apos;ailleurs à s&apos;institutionnaliser en sciences humaines avec la plateforme Hypothèses.org&lt;a href=&quot;#fn5&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref5&quot;&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; qui accueille essentiellement des carnets de recherche, des carnets de projets, des blogs de laboratoire, de chercheurs, de séminaire, et auxquels la BNF attribue un numéro ISBN&lt;a href=&quot;#fn6&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref6&quot;&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Malgré tout, ces écrits ne constituent pas aux yeux de l&apos;institution des connaissances certifiées, c&apos;est-à-dire issues d&apos;un processus de production soumis au jugement des pairs. La correspondance par mail et sur les listes de diffusions est un autre exemple d&apos;écrits parfaitement intégrés au travail de recherche, mais relevant malgré tout d&apos;une hybridation des pratiques des chercheurs, dont une large production échappe ainsi à l&apos;institution.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;déphasage-des-artefacts-académiques&quot;&gt;Déphasage des artefacts académiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgré ces pratiques de communication, les circuits de légitimation de l&apos;institution académique reposent encore principalement sur les formes les plus traditionnelles de la publication et de la communication, à savoir : la monographie, la communication de colloque et de conférence, et bien entendu l&apos;article publié en revue scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces artefacts académiques fonctionnent sur des chaînes de production et de certification largement héritées de l&apos;ère pré-numérique dont certains préceptes techniques, juridiques et économiques continuent de déterminer les processus institutionnels. On peut y faire le constat d&apos;un déphasage institutionnel entre les artefacts de communication académiques et la réalité des pratiques de communication. Processus et artefacts sont au cœur d&apos;un modèle épistémologique ancien remontant aux fondements de la science moderne au 17&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; et au 18&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la transformation radicale du support d&apos;écriture et de lecture vient bouleverser tant les processus que les artefacts, et in fine le modèle épistémologique. C&apos;est dans ce contexte que je prendrai la revue scientifique comme objet d&apos;étude, parce qu&apos;elle est à la fois le dispositif institutionnel par excellence (au sens où les revues focalisent les formes de légitimation et de certification reconnues par les institutions académiques), mais aussi parce qu&apos;elle reste un lieu d&apos;innovation éditoriale. Ce dernier point me permet pour ma thèse de considérer la revue tout à la fois comme l&apos;objet et le lieu de la réflexion&lt;a href=&quot;#fn7&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref7&quot;&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. En revisitant l&apos;artefact et ses processus de fabrication et de légitimation, il m&apos;est permis de questionner le rôle de l&apos;institution académique dans ces processus, et plus largement de préfigurer les contours de cette &lt;em&gt;épistémè numérique&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;h1 id=&quot;problématique-réflexivité-paradoxale-de-linstitution-académique&quot;&gt;Problématique : réflexivité paradoxale de l&apos;institution académique&lt;/h1&gt;

&lt;p&gt;Dans un tel contexte, la question qui est posée est celle du rôle des institutions de savoir sur la construction même de ce savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le fait que les lieux et les formes de la controverse et du consensus échappent de plus en plus à cette institution nous questionne sur la nature et les lieux même du savoir. Entre le savoir autorisé et stabilisé dans les formes traditionnelles de l&apos;édition scientifique, et les échanges non-institutionnalisés de communication et de collaboration propre à l&apos;environnement numérique, on peut légitimement se demander si cette nouvelle fluidité dans les échanges n&apos;a pas permis de gagner en richesse. Mais la question est en fait plus profonde : en abandonnant (aux GAFAM) la réflexion sur les supports et les techniques de l&apos;écriture et de la lecture, au moment-même où les pratiques des chercheurs se transforment et s&apos;adaptent au nouvel écosystème, l&apos;institution s&apos;écarte de sa mission première, à savoir de prendre autant soin de l&apos;écrit de que de la chaîne de production de l&apos;écrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, l&apos;institution académique n&apos;est pas complètement démissionnaire sur la construction de cet écosystème, dans la mesure où elle est partie prenante aux côtés de l&apos;industrie d&apos;un certain nombre d&apos;instances décisionnaires sur l&apos;innovation et l&apos;évolution des protocoles et des formats qui régissent Internet et le web&lt;a href=&quot;#fn8&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref8&quot;&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Pousser plus en avant la réflexion nous amènera d&apos;ailleurs à mesurer combien la définition de ces protocoles et formats reste décisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les retards accumulés en matière de production et d&apos;édition laissent penser que, dans cette phase de transition où les modèles papier et numérique cohabitent et s&apos;hybrident, l&apos;institution ne cherche pas à réexaminer ses processus et souhaite conserver les formats traditionnels alors même que ceux-ci ralentissent les processus de production et de circulation des connaissances. En tentant de conserver un paradigme plus ancien, elle perd le moyen de poursuivre correctement sa mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les institutions en général existent par et pour les inscriptions qu&apos;elles sont censées garantir : registres, rapports, mémoires, archives, catalogues, index, inventaires, nomenclatures, formulaires, etc. L&apos;écrit est au cœur du fonctionnement de l&apos;institution, c&apos;est à la fois &lt;em&gt;ce sur quoi elle repose&lt;/em&gt; (sa condition d&apos;existence), et &lt;em&gt;ce qu&apos;elle certifie&lt;/em&gt; (sa raison d&apos;être). À cela s&apos;ajoute, pour l&apos;institution scientifique, &lt;em&gt;ce qu&apos;elle étudie&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là où certaines institutions trouvent leur stabilité et pérennité dans une nécessaire inertie vis-à-vis de ses écrits et inscriptions, l&apos;institution académique a cette particularité de devoir adopter une position réflexive sur ses écrits, d&apos;une part, mais aussi sur la chaîne de production de l&apos;écrit, dont les processus contribuent à la légitimation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assumer cette réflexivité revient à consolider la légitimité des écrits et de l&apos;institution elle-même. Au contraire, abandonner cette dernière préoccupation équivaut en quelque sorte à couper son cordon d&apos;alimentation. En tant que garante des écrits et de l&apos;écrit, elle ne peut légitimement exister que si elle accompagne les pratiques et les techniques d&apos;écritures, les analyse, et en prescrit de nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que pour toute autre institution, la recherche sur la chaîne de production de l&apos;écrit scientifique constitue ensemble sa mission, sa raison d&apos;être et la condition de sa survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&apos;est ainsi, en tout cas, que nous considérerons l&apos;institution, dans cette vision idéale et paradoxale d&apos;une institution garante des écrits qu&apos;elle assure en les stabilisant, les analysant et les interprétant, mais qui dans le même temps ne peut exister que dans la dynamique d&apos;une remise en question de l&apos;écrit, de sa chaîne de production et des techniques intellectuelles qui lui sont associées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réflexivité intrinsèque de cette démarche est nécessairement une mise en danger de l&apos;institution, dans la mesure où elle se doit de constamment remettre en question ce qui la structure. C&apos;est la condition pour ne pas confondre la conservation &lt;em&gt;des&lt;/em&gt; écrits avec la conservation &lt;em&gt;de l&lt;/em&gt;&apos;écrit, autrement dit de ne pas confondre une approche &lt;em&gt;conservatrice&lt;/em&gt; de protection jusqu&apos;à l&apos;&lt;em&gt;enclosure&lt;/em&gt; des écrits et des techniques intellectuelles de l&apos;écrit, et une vision basée sur le soin (« prendre soin »), le doute, la remise en cause, et tendue nécessairement vers l&apos;évolution et l&apos;innovation de l&apos;écrit, de son milieu et de ses techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet constitue donc pour l&apos;institution un projet continu, autrement dit un champ de recherche, qui ne peut passer que par l&apos;expérimentation et la conception de nouveaux processus de production. Confronté à l&apos;introduction de l&apos;informatique au prestigieux département de Lettres de l&apos;ENS&lt;a href=&quot;#fn9&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref9&quot;&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, Eric Guichard considère l&apos;expérimentation (dans son cas d&apos;étude, la conception et l&apos;édition d&apos;un site web scientifique) comme le moyen de « rapprocher le document [l&apos;écrit] des outils et méthodes qui en ont permis la conception ». Pénétrant péniblement l&apos;ENS en 1998, Internet, en tant que milieu technique numérique, venait « réhabilite[r] les aspects obscurs, non-dits, de la production scientifique que sont les outils et méthodes ». &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Guichard &lt;a href=&quot;#ref-guichard_linternet:_2002&quot;&gt;2002&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, c&apos;est dans cet effort de réflexion et de conception d&apos;une « chaine de production de l&apos;écrit » que pourra s&apos;esquisser l&apos;élaboration d&apos;un modèle épistémologique articulant l&apos;édition, la publication, la recommandation (légitimation, certification), l&apos;évaluation, l&apos;écriture et la consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon projet s&apos;inscrit donc dans cette démarche théorique de description et de définition du paradigme numérique au sein de l&apos;institution académique, et dans une démarche pratique et expérimentale de conception et d&apos;implémentation d&apos;un nouvel artefact de communication savante numérique.&lt;/p&gt;
&lt;h1 id=&quot;contexte-historique-naissance-dun-format-éditorial&quot;&gt;Contexte historique : naissance d&apos;un format éditorial&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Remonter l&apos;histoire de la chaîne de production de l&apos;écrit nous éclaire sur les enjeux actuels de la relation entre l&apos;institution et ce que devient son support d&apos;inscription. Du point de vue de l&apos;institution et de ses processus, l&apos;histoire de la revue scientifique nous permet dans un premier temps de penser le tournant numérique non pas comme rupture, mais comme continuité.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-journal-des-savants&quot;&gt;le &lt;em&gt;Journal des Savants&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier périodique scientifique est le &lt;em&gt;Journal des Savants&lt;/em&gt;, lancé en 1665 par Denis de Sallo qui fréquentait différents cercles de savoir : lettrés, savants et « curieux » &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Vittu &lt;a href=&quot;#ref-vittu_formation_2002&quot;&gt;2002&lt;/a&gt;, 181‑82)&lt;/span&gt;. L&apos;entreprise naît dans le contexte intellectuel hérité de la République des lettres, communauté de savants et de lettrés attachés à cultiver le savoir mais aussi à le communiquer, le transmettre et le diffuser &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Tony Volpe et Joachim Schopfel &lt;a href=&quot;#ref-tony_volpe_dissemination_2013&quot;&gt;2013&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;. Jusqu&apos;à la seconde moitié du 17&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;, la &lt;em&gt;République&lt;/em&gt; perdure en Europe grâce à une intense correspondance personnelle entre les membres des cercles savants. Dans un esprit de partage et d&apos;ouverture caractéristique de cette communauté, l&apos;information scientifique transitait alors essentiellement par voie postale, au travers des frontières linguistiques et géographiques, mais transgressant aussi les frontières sociales, politiques et religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&apos;initiative de Denis de Sallo est d&apos;abord une entreprise privée avant de progressivement s&apos;institutionnaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pendant anglophone du &lt;em&gt;Journal des Savants&lt;/em&gt; est lancé quelques mois plus tard au sein de la Royal Society de Londres par Henry Oldenburg&lt;a href=&quot;#fn10&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref10&quot;&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Le &lt;em&gt;Philosophical Transactions&lt;/em&gt; institue dès sa création quatre missions, dont les modalités évolueront avec le temps, mais qui resteront jusqu&apos;à aujourd&apos;hui les principales fonctions éditoriales des revues scientifiques dans l&apos;élaboration des connaissances : l&apos;enregistrement, la certification, la diffusion et l&apos;archivage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si l&apos;apparition du périodique fut dans un premier temps le moyen d&apos;élargir ces correspondances à de très nombreux lecteurs, il devient aussi rapidement le moyen de s&apos;assurer (et de protéger) la primeur d&apos;une découverte ou d&apos;une invention, et ce, bien plus rapidement que les actes des académies dont la temporalité ne peut rivaliser avec la fréquence de publication des &lt;em&gt;périodiques&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Témoin du succès des tous premiers titres, la contrefaçon, en particulier hollandaise&lt;a href=&quot;#fn11&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref11&quot;&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, permit notamment au &lt;em&gt;Journal des savants&lt;/em&gt; d&apos;élargir considérablement sa diffusion en Europe centrale et en Europe de l&apos;Est, dès la première année de parution. L&apos;histoire de cette contrefaçon est intéressante à plus d&apos;un titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premièrement sur le plan juridique, où l&apos;on comprend que le privilège royal accordé au rédacteur et au libraire ne pouvait protéger ces derniers que sur un territoire limité, puisque des contrefaçons apparaissent également en Aquitaine. Hors de la juridiction du Roi, à Amsterdam par exemple, tout contrefacteur était considéré dans son bon droit lorsqu&apos;il entreprenait la réimpression et la vente de nouveaux textes. À tel point que le premier contrefacteur s&apos;emparant d&apos;une œuvre ou d&apos;un périodique s&apos;en assurait l&apos;exclusivité, absolument respectée par ses confrères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxièmement sur le plan économique, ce sont les limites matérielles (un petit nombre de presses) et financières de l&apos;imprimeur (Cusson) qui empêcha la diversification des formes éditoriales telle que la pratiquait l&apos;imprimeur hollandais, ainsi qu&apos;une plus large circulation, limitées aux grands centres universitaires d&apos;Europe de l&apos;Ouest et du Sud et aux canaux diplomatiques. La création d&apos;un second centre de production dans une ville marchande comme Amsterdam eut pour effet une circulation du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; sur des réseaux marchands bien plus vastes, moins érudits et à moindre coût. Par ailleurs, sur le plan éditorial, le format adopté pour le journal contrefait consistait en des recueils annuels, dans une édition plus petite (&lt;em&gt;in-douze&lt;/em&gt; habituellement au lieu des coûteuses éditions parisiennes &lt;em&gt;in-quarto&lt;/em&gt;), transformant l&apos;instrument d&apos;information éphémère qu&apos;était le périodique dans le Royaume en un ouvrage de références à l&apos;extérieur &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Vittu &lt;a href=&quot;#ref-vittu_formation_2002&quot;&gt;2002&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la conversion éditoriale du format périodique en recueil annuel n&apos;est pas le simple fait d&apos;une contrefaçon différée. Elle vient s&apos;inscrire dans le projet initial des fondateurs des revues pour une véritable construction de connaissances. Les travaux de Vittu montrent ainsi comment le &lt;em&gt;Journal des savants&lt;/em&gt; avait dès le début adopté une pagination continue d&apos;un numéro à l&apos;autre, préfigurant la constitution de recueils de numéro. Vittu décrit également l&apos;instauration progressive d&apos;instruments éditoriaux entièrement tournés vers la structuration des connaissances facilitant la recherche et la découverte : index, différentes tables de matière, sommaires, formalisation des références. Les méthodes d&apos;indexation utilisées par l&apos;éditeur parisien et les contrefacteurs hollandais divergent d&apos;ailleurs, le premier proposant avec des tables analytiques une vision davantage encyclopédique d&apos;accès aux savoirs, les second une approche bibliographique &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Vittu &lt;a href=&quot;#ref-vittu_quest-ce_2001&quot;&gt;2001&lt;/a&gt;, 148)&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;larticle&quot;&gt;L&apos;article&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&apos;apparition du terme &lt;em&gt;article&lt;/em&gt; pour identifier les parties de texte de périodique date du milieu des années 1680, lorsque Pierre Bayle intitula « article » chacun des segments numérotés de ses &lt;em&gt;Nouvelles de la République des Lettres&lt;/em&gt;. Les libraires d&apos;Amsterdam l&apos;imitèrent rapidement pour leur contrefaçon du &lt;em&gt;Journal des savants&lt;/em&gt;. Les rédacteurs du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; vont progressivement adopter une formalisation de l&apos;article, mais sans en adopter le terme. Il faut attendre 1711 pour que le terme rentre dans le langage courant et désigne une partie de périodique scientifique &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Vittu &lt;a href=&quot;#ref-vittu_quest-ce_2001&quot;&gt;2001&lt;/a&gt;, 148)&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, les contributions sont définies par le type de composition et de structure, que ce soit un &lt;em&gt;extrait&lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;#fn12&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref12&quot;&gt;&lt;sup&gt;12&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; ou un &lt;em&gt;mémoire&lt;/em&gt;, ainsi que par une « autorité » venant cautionner la contribution de l&apos;auteur. Les éléments éditoriaux qui accompagnent les contributions sont minimaux. Le périodique est alors une simple suite continue de textes, segments simplement séparés par un titre non normalisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&apos;étude des titres de segments dans le &lt;em&gt;Journal des savants&lt;/em&gt; est éloquente sur la progression vers une formalisation et une professionnalisation de la référence, intégrant par étapes tout ce qui constitue aujourd&apos;hui une notice bibliographique : auteur de l&apos;&lt;em&gt;extrait&lt;/em&gt;, mention du lieu et de la date d&apos;édition, indication du nombre de pages de l&apos;ouvrage, son format et le nom de son éditeur. Des trois lignes de titre souvent accrocheur en 1665 et reflétant les pratiques épistolaires entre lettrés, on passe en 1714 à huit lignes en moyenne. Une première explication est d&apos;ordre commercial, le rédacteur essayant de s&apos;attirer les faveurs des libraires pour obtenir les derniers ouvrages. Une autre explication est d&apos;ordre éditorial, la formalisation participant à la construction sur le temps long d&apos;une matière scientifique mieux référencée et mieux exploitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’émergence du format « article » s&apos;accompagne ainsi d&apos;une explosion et d&apos;une normalisation des éléments éditoriaux que l&apos;on va progressivement retrouver dans les périodiques de l&apos;époque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;autorité&quot;&gt;Autorité&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On touche ici à l&apos;imbrication très fine entre édition comme dispositif (marqueurs éditoriaux), normalisation, institutionnalisation, au cœur de la construction de l&apos;autorité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop facilement attaquable (et régulièrement attaqué), le rédacteur du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; est &lt;em&gt;épaulé&lt;/em&gt; en 1687 par un « bureau de rédacteurs », composé de lettrés et de savants. Décision du Chancelier pour répondre aux critiques de partialité dont faisait l&apos;objet le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt;, le &lt;em&gt;bureau&lt;/em&gt; attribue au périodique, d&apos;un côté, une position plus neutre que celle, controversée, du rédacteur unique, et de l&apos;autre, une responsabilité éditoriale plus engagée que celle, diffuse, de la « compagnie des gens de lettres » qui venait cautionner les contributions par l&apos;intérmédiaire d&apos;un membre reconnu de la République des lettres. Neutralité et responsabilité, les ingrédients de la fonction éditoriale scientifique se mettent en place et s&apos;&lt;em&gt;inscrivent&lt;/em&gt; dans le dispositif de la revue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la formalisation de l&apos;article comme objet éditorial, à travers à la fois la normalisation de la référence bibliographique, mais aussi l&apos;engagement de la responsabilité éditoriale, on assiste à une évolution de l&apos;autorité, depuis la légitimation du travail de rédacteur et du journal lui-même dans un premier temps, puis une fois cette légitimité reconnue, la légitimation des auteurs et des articles eux-mêmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À ce stade, deux citations de Vittu font ressortir des éléments de continuité entre la naissance au 17&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; d&apos;un nouveau dispositif de communication scientifique, et l&apos;émergence aujourd&apos;hui de nouvelles formes d&apos;écriture et d&apos;édition :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« D&apos;un point de vue éditorial, l&apos;article est un segment d&apos;un imprimé. Il est produit rapidement, soumis à la loi de la nouveauté, accède au marché de long terme par l&apos;adjonction de plusieurs appareils d&apos;indexation. L&apos;ouvrage clos se transforme alors en un magasin de matériaux ouvert au choix du lecteur. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« le mot article rend bien compte de cette articulation d&apos;une rhétorique acceptée par la communauté savante et d&apos;un appareil offrant la possibilité d&apos;une lecture aléatoire du journal savant en plus de sa lecture séquentielle. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On a dans cette formulation tous les éléments d&apos;une maîtrise des flux informationnels par l&apos;indexation et le traitement de l&apos;information : fragmentation, métadonnées, diversification des parcours de lecture. L&apos;analogie avec les pratiques éditoriales actuelles est frappante et l&apos;on pourrait rapprocher l’émergence de ces nouveaux objets éditoriaux que sont l&apos;article et la revue comme une réponse à la saturation attentionnelle consécutive de l&apos;imprimerie. Alors qu&apos;émergent aujourd&apos;hui de nouvelles pratiques et formats éditoriaux, dans le sens notamment d&apos;une fragmentation des artefacts institués, on peut légitimement envisager une institutionnalisation de ces formats, de la même manière que le périodique s&apos;est imposé et a légitimé et institutionnalisé le format épistolaire caractéristique de la République des lettres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;institutionnalisation&quot;&gt;Institutionnalisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C&apos;est donc notamment par l&apos;inscription (et par sa normalisation) et par le dispositif éditorial qu&apos;a pu se construire une nouvelle autorité, celle du &lt;em&gt;Journal des savants&lt;/em&gt;, en tant qu&apos;acteur central dans le paysage savant de l&apos;époque. Mais cette autorité du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; est aussi une autorité de format, l&apos;objet éditorial périodique ayant démontré son efficacité et sa légitimité. Elle peut alors s&apos;appliquer par extension à toute revue adoptant les mêmes principes éditoriaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la fin du 17&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle, le nombre de revues scientifiques explose. Vingt ans seulement après les premiers numéros du &lt;em&gt;Journal des Savants&lt;/em&gt;, Pierre Bayle écrit dans la préface de la première édition du périodique &lt;em&gt;les Nouvelles de la république des lettres&lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;#fn13&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref13&quot;&gt;&lt;sup&gt;13&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« On a trouvé si commode &amp;amp; si agréable le dessein de faire sçavoir au Public, par une espèce de Journal, ce qui se passe de curieux dans la République des Lettres, qu’aussitôt que Monsieur Sallo, Conseiller au Parlement de Paris, eut fait paroître les premiers essais de ce Projet au commencement de l’année 1665, plusieurs Nations en témoignèrent leur joye, soit en traduisant le Journal qu’il faisoit imprimer tous les huit jours, soit en publiant quelque chose de semblable. Cette émulation s’est augmentée de plus en plus depuis ce temps-là ; de sorte qu’elle s’est étendue non seulement d’une Nation à une autre, mais aussi d’une science à une autre science. Les Physiciens, &amp;amp; les Chymistes ont publié leurs Relations particulières ; la Jurisprudence, &amp;amp; la Médecine ont eu leur Journal ; la Musique aussi a eu le sien ; les Nouvelles Galantes diversifiées par celles de Religion, de Guerre, &amp;amp; de Politique ont eu leur Mercure. Enfin on a vu le premier dessein de Monsieur Sallo executé presque par tout en une infinité de manières. » (Pierre Bayle, Nouvelles de la République des Lettres. Préface. mars 1684) &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Vittu &lt;a href=&quot;#ref-vittu_formation_2002&quot;&gt;2002&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;h2 id=&quot;nouvelles-entités-et-nouvel-agencement&quot;&gt;Nouvelles entités et nouvel agencement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&apos;histoire de la revue, en tant qu&apos;élément d&apos;un système épistémologique, fait clairement apparaître l&apos;intime imbrication de différents facteurs, techniques, économiques, juridiques, éditoriaux, qui mettent directement en tension les entités constitutives du modèle épistémologique prénumérique :&lt;/p&gt;
&lt;ol style=&quot;list-style-type: decimal&quot;&gt;
&lt;li&gt;le support d&apos;inscription (notamment le papier),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les techniques intellectuelles (par exemple l&apos;écriture),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les dispositifs (par exemple la revue scientifique),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l&apos;institution (par exemple l&apos;université, mais aussi toutes les instances participant à la normalisation des formats).&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Considérer la fabrique d&apos;une revue scientifique native de l&apos;environnement numérique nous oblige à revisiter ces entités ainsi que leurs interactions. Car il n&apos;est pas évident que ces différentes entités du processus soit strictement conservées en tant que telles. Mon hypothèse est que les propriétés, les valeurs et les fonctions qui leur étaient associées dans l&apos;univers du papier puissent en partie être redistribuées entre elles, voire transférées à de nouvelles entités propre à l&apos;environnement numérique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de l&apos;édition numérique, et plus spécifiquement de la fabrique de revue scientifique, permet d&apos;affiner cette modélisation en entités. L&apos;état en cours de l&apos;expérimentation qui constitue le volet pratique de mon projet a notamment mis à jour les interactions entre :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;les protocoles techniques d&apos;Internet et du web&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les algorithmes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les formats et les standards du web et de l&apos;édition scientifique&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les dispositifs&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les protocoles institutionnels&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les processus qui en découlent&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les formes de discours.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La modélisation s&apos;est peut-être complexifiée, mais ses entités ont surtout changé de nature, opérant un transfert ou un déplacement de leurs fonctions traditionnelles qu&apos;il reste à identifier et à décrire.&lt;/p&gt;
&lt;h1 id=&quot;cadre-théorique-la-nature-environnementale-du-numérique&quot;&gt;Cadre théorique : la nature environnementale du numérique&lt;/h1&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-numérique-comme-milieu&quot;&gt;Le numérique comme milieu&lt;/h2&gt;
&lt;h3 id=&quot;éditorialisation&quot;&gt;Éditorialisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La revue scientifique « nativement numérique » constitue un objet d&apos;étude idéal pour adresser la question de l&apos;éditorialisation telle que définie par &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Vitali Rosati (&lt;a href=&quot;#ref-vitali_rosati_quest-ce_2016&quot;&gt;2016&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; qui propose avec l&apos;éditorialisation une conceptualisation des processus de production, de légitimation et de circulation des connaissances dans l&apos;environnement numérique. Ce qui pourrait apparaître comme une théorie de l&apos;édition numérique, dépasse en fait largement l&apos;édition comme pratique ou comme secteur d&apos;activité. L&apos;éditorialisation prend ainsi une portée culturelle en s&apos;appliquant potentiellement à tous les processus d&apos;écriture dans l&apos;environnement numérique, et une portée philosophique en proposant une pensée de l&apos;espace numérique, de sa structuration et consécutivement de l&apos;autorité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&apos;éditorialisation me permet de dépasser la notion de dispositif et sa conception foucaldienne. On retrouve cette même conception de l&apos;éditorialisation chez Louise Merzeau dont l&apos;approche héritée de la pensée médiologique considère le numérique comme &lt;em&gt;milieu&lt;/em&gt; &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Merzeau &lt;a href=&quot;#ref-merzeau_ceci_1998&quot;&gt;1998&lt;/a&gt;; Merzeau &lt;a href=&quot;#ref-merzeau_editorialisation_2013&quot;&gt;2013&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;. La notion de milieu nous sera particulièrement utile ici pour aborder ce glissement de valeurs depuis des entités bien identifiées dans le monde pré-numérique vers des entités qui tendent justement à devenir environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id=&quot;écologie-médiatique&quot;&gt;Écologie médiatique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette approche, qui rejoint celle de l&apos;écologie médiatique &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Bardini &lt;a href=&quot;#ref-bardini_entre_2016&quot;&gt;2016&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;, intégre la nature environnementale du numérique et nous permet en effet de revisiter ces entités, support, dispositif ou encore technique intellectuelle, et de les considérer comme partie prenante de l&apos;environnement ou du milieu.&lt;/p&gt;
&lt;h4 id=&quot;causalité-circulaire&quot;&gt;Causalité circulaire&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le milieu nous amène notamment à sortir du déterminisme technologique associé généralement au support technique d&apos;inscription, et à une conception linéaire de la causalité &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Bardini &lt;a href=&quot;#ref-bardini_entre_2016&quot;&gt;2016&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; entre par exemple support et pensée, ou entre inscription et technique intellectuelle. De la causalité &lt;em&gt;formelle&lt;/em&gt; &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(McLuhan &lt;a href=&quot;#ref-mcluhan_formal_1976&quot;&gt;1976&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; à la causalité &lt;em&gt;circulaire&lt;/em&gt; &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Merzeau &lt;a href=&quot;#ref-merzeau_mediologie_2006&quot;&gt;2006&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; ou &lt;em&gt;récursive&lt;/em&gt; &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Lévy &lt;a href=&quot;#ref-levy_place_1998&quot;&gt;1998&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;, l&apos;écologie médiatique inscrit les supports dans une boucle rétroactive entre technique et usage, permettant d&apos;envisager autrement les interactions entre des entités en partie dissoutes dans le milieu. Or, il se trouve que le numérique, caractérisé notamment par sa récursivité, adhère particulièrement bien à cette conception de la causalité. Parce qu&apos;il est un milieu écrit (codes, protocoles, dispositifs), le numérique intègre de manière récursive des valeurs qui se reproduisent dans les écritures qu&apos;il supporte et génère.&lt;/p&gt;
&lt;h4 id=&quot;écriture-milieu&quot;&gt;Écriture-milieu&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte théorique, l&apos;étude de cas du corpus littéraire contemporain &lt;em&gt;Général Instin&lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;#fn14&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref14&quot;&gt;&lt;sup&gt;14&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; viendra illustrer comment l&apos;écriture littéraire elle-même devient constitutive du milieu&lt;a href=&quot;#fn15&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref15&quot;&gt;&lt;sup&gt;15&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; . Dans cette idée de glissement et de dilution des fonctions et des valeurs, on pourrait qualifier cette écriture de &lt;em&gt;dispositive&lt;/em&gt; dans la mesure où elle véhicule tout autant un discours qu&apos;une série de valeurs transmises dans les formes et supports. Dans le cas d&apos;Instin, ce n&apos;est pas strictement le numérique qui produit cette récursivité de l&apos;écriture sur elle-même, mais il la permet. En quelque sorte, il la &lt;em&gt;prédispose&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id=&quot;fonction-éditoriale-dilution&quot;&gt;Fonction éditoriale (dilution)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec la dilution du dispositif dans le milieu, s&apos;opère un autre glissement notable, celui de la fonction éditoriale. Traditionnellement assurée par des acteurs humains, maîtrisant des opérations d&apos;identification, de sélection, d&apos;agencement et de fixation du texte, la fonction éditoriale se trouve distribuée dans le milieu numérique et répartie entre différents acteurs. En effet, le support d&apos;écriture et de lecture s&apos;imbrique avec des dispositifs intégrant en eux-mêmes de nouvelles instances de décision : les algorithmes, la communauté de lecteurs. Dans le sens d&apos;une co-construction de l&apos;espace de savoir, ces algorithmes de décision viennent outiller les acteurs humains, éditeurs et communautés de lecteurs. Avec la fonction éditoriale, c&apos;est tout le processus de légitimation qui se trouve lui aussi dilué et réparti entre différents acteurs, humains, dispositifs et supports.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;le-texte-numérique-comme-milieu&quot;&gt;Le (texte) numérique comme milieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le glissement de la fonction éditoriale se joue également dans la nature du texte numérique, devenu à la fois support, dispositif et milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Kittler (&lt;a href=&quot;#ref-kittler_logiciel_2015&quot;&gt;2015&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;, les inscriptions numériques se distinguent des inscriptions sur support physique par le fait qu&apos;elles ne sont plus perceptibles par la vue humaine. Du visible, elles sont passées à un ordre de grandeur nanométrique hors d&apos;atteinte des capacités sensibles de l&apos;être pensant. Nous pouvons interpréter cela dans le sens de la médiologie en disant que le texte s&apos;est simplement dissout dans son milieu, se confondant avec les autres écritures qui produisent ce même milieu (à savoir les codes, les protocoles, les inscriptions sur silicone - circuits imprimés et et puces, qui sont en fait des instructions). C&apos;est en ce sens aussi que l&apos;on peut concevoir le texte numérique comme une écriture-milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Écriture-milieu également dans la dénaturation ultime du signe alphabétique dans un système de signes binaire, lui-même traduit par la machine par des impulsions électriques. Cette déconstruction radicale du texte &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Kittler &lt;a href=&quot;#ref-kittler_logiciel_2015&quot;&gt;2015&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; revient à une dissolution de l&apos;unité d&apos;inscription (la lettre) en unités plus petites, le bit. Ces bits de nature binaire &lt;em&gt;supporte&lt;/em&gt; à la fois le texte inscrit, le code qui le manipule, la puce qui &lt;em&gt;traite&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;process&lt;/em&gt;) le code. Le bit, et son équivalent physique (l&apos;impulsion électrique) constituent finalement les briques élémentaires du milieu numérique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, si l&apos;inscription sort du domaine du visible, l&apos;intelligibilité du texte n&apos;est pas perdue. Sa dissolution est à tout moment réversible grâce au calcul, tant que les conditions sont réunies pour opérer ce calcul. C&apos;est justement le milieu qui assure la faisabilité de ce calcul, où l&apos;on voit bien ici comment le milieu est coproduit à la fois par les couches matérielles (à commencer par la présence d&apos;énergie électrique), logicielles et environnementales&lt;a href=&quot;#fn16&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref16&quot;&gt;&lt;sup&gt;16&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Cette faisabilité est également dépendante des multiples standards sous-jacents à la production de texte : de l&apos;encodage de caractère à l&apos;encodage du texte, mais aussi de la police d&apos;affichage, des feuilles de styles, etc. C&apos;est l&apos;ensemble de ces éléments qui permettent au texte numérique, doublement inintelligible, car encodé et imperceptible, de se laisser voir et lire par l&apos;être humain alphabétisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L&apos;ensemble de ces éléments&lt;/em&gt; constituent d&apos;après &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Bachimont (&lt;a href=&quot;#ref-bachimont_nouvelles_2007&quot;&gt;2007&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; une étape d&apos;« interprétation » qui se glisse entre l&apos;inscription et son intelligibilité par le lecteur. Cette interprétation calculée&lt;a href=&quot;#fn17&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref17&quot;&gt;&lt;sup&gt;17&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; de l&apos;inscription numérique échappe au lecteur, et révèle une autre conséquence directe du caractère computationnel du milieu numérique : ces écritures ou inscriptions sont capables de « lire et d&apos;écrire par elles-mêmes » &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Kittler &lt;a href=&quot;#ref-kittler_logiciel_2015&quot;&gt;2015&lt;/a&gt;, 30)&lt;/span&gt;. Plus exactement, le milieu est susceptible de produire de nouvelles écritures à partir d&apos;écritures existantes. On peut se demander alors s&apos;il est possible (et nécessaire) de distinguer différents niveaux d&apos;écriture selon sa provenance et sa fonction dans le milieu, qu&apos;elle soit machinique ou humaine, mais aussi qu&apos;elle soit code, données, métadonnées, discours, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le milieu numérique est en effet régi par une succession d&apos;écritures programmatives (logiciels, protocoles, mais aussi pourquoi pas cartes imprimées et puces électroniques) qui élaborent ensemble un espace d&apos;action (et d&apos;écriture). Ces écritures sont en quelque sorte structurelles ou architecturales et procure un cadre rigide et structurée.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id=&quot;liquidité&quot;&gt;Liquidité&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Or, la dissolution du symbole évoque la nature liquide du texte numérique. Cette métaphore de la liquidité vient illustrer l&apos;instabilité de l&apos;inscription numérique, par essence altérable et modifiable à tout moment, que ce soit du fait d&apos;une action humaine ou d&apos;un process informatique. Tout un chacun (humain ou machine) ayant le contrôle sur le processus d&apos;écriture peut &lt;em&gt;éditer&lt;/em&gt;, au sens de modifier, un texte numérique. Cette liquidité est une métaphore potentiellement féconde pour penser l&apos;inscription numérique, mais elle doit être nuancée pour plusieurs raisons. D&apos;une part comme on l&apos;a vu avec l&apos;idée d&apos;écritures architecturales, toutes les écritures informatiques n&apos;ont pas le même niveau de liquidité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&apos;est ce qui fait que malgré le fait que le texte soit par nature modifiable, les dispositifs d&apos;écriture (éditeurs ou traitements de texte) sont programmés pour contraindre les droits et accès &lt;em&gt;en écriture&lt;/em&gt; à certaines inscriptions. Car si le support de mémoire numérique est effectivement réinscriptible à volonté, il n&apos;en demeure pas moins qu&apos;il est strictement contrôlé et maîtrisé par des couches logiciels qui s&apos;assurent que les données soient correctement manipulées, et en premier lieu qu&apos;elles soient conservées intègres.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;invariant-textuel&quot;&gt;Invariant textuel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On peut avancer que l&apos;invariant textuel &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Biasi &lt;a href=&quot;#ref-de_biasi_papier_1997&quot;&gt;1997&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; que lui assurait le support papier demeure dans l&apos;environnement numérique d&apos;une certaine façon. Il n&apos;est certes plus assuré par le support lui-même, mais par le dispositif, c&apos;est-à-dire ici par tous les mécanismes garantissant le traçage des accès au texte notamment &lt;em&gt;en écriture&lt;/em&gt;. Ce transfert fonctionnel est sans doute l&apos;une des clés de l&apos;épistémé numérique tant il porte à conséquence sur la fonction d&apos;autorité du texte et par extension de son.ses auteur.s. et des institutions qui en sont responsables. Car dans la graphosphère, c&apos;est sur la base de cette stabilité du support (le papier), que pouvait exister la stabilité du dispositif (le livre), sur laquelle reposait la stabilité de l&apos;institution (la bibliothèque), et finalement tout le régime de sens depuis l&apos;imprimerie d&apos;après &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Biasi (&lt;a href=&quot;#ref-de_biasi_papier_1997&quot;&gt;1997&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;. Dans l&apos;environnement numérique, les repères de stabilité (ou encore les signes d&apos;autorité) se sont radicalement déplacés, produisant de fait une impression d&apos;instabilité du texte, érodant la notion même de &lt;em&gt;référence&lt;/em&gt; et avec lui tout le système bibliographique qui s’est mis en place pour l’institutionnaliser. Or, cette référence et son institutionnalisation sont les conditions du partage d’un socle commun de connaissances au sein d’une communauté de savoir. La possibilité de s’y référer procure au texte stabilisé une autorité et une authenticité nécessaires à une réflexion commune.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id=&quot;calculabilité-et-système-de-référence&quot;&gt;Calculabilité et système de référence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une autre approche pour questionner cette apparente liquidité est de la considérer comme une fluidification et accélération des processus d&apos;écriture et de réécriture. Cette accélération est permise par le calcul, et c&apos;est par le calcul que se résoud également la complexité de manipulation du texte et de ses états successifs. Il est en effet possible de mettre en place des dispositifs et des protocoles associés capable de gérer cette liquidité apparente du texte numérique, pour recréer des conditions de stabilité, ou tout du moins pour abaisser la complexité native à une complexité appréhendable par la cognition humaine, qu&apos;elle soit individuelle ou collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les instructions informatiques élémentaires de gestion de fichiers, avec son nommage, son extension, son encodage, sa date de création ou de modification, etc., les dispositifs d&apos;édition et de publication n&apos;ont cessé d&apos;améliorer leur gestion du texte numérique et de reproduire un tant soit peu une certaine stabilité, jusqu&apos;à assurer aujourd&apos;hui une panoplie de fonctions qui n&apos;étaient pas envisageables avec le support papier, telles que le &lt;em&gt;versionning&lt;/em&gt;, le multi-auteur (asynchrone), le collaboratif (synchrone), l&apos;annotation, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du wiki, donnant accès à toutes les versions antérieures du texte et aux modifications successives par auteur, en est l&apos;exemple le plus emblématique. Github proposent un protocole de contribution différent à partir duquel émergent des dispositifs d’écriture collaborative&lt;a href=&quot;#fn18&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref18&quot;&gt;&lt;sup&gt;18&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; (Burton). On peut également citer le principe de la blockchain&lt;a href=&quot;#fn19&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref19&quot;&gt;&lt;sup&gt;19&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, conçue comme un registre distribué assurant la comptabilité des écritures et de leurs auteurs (machines et humains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exemples montrent bien qu&apos;il serait possible, en théorie, de reconstruire un système bibliographique, c&apos;est-à-dire un système fiable de référence, dans le sens d&apos;un modèle épistémologoqie embrassant pleinement cette liquidité du texte. Or, on voit bien que les différentes fonctions traditionnellement assurées par l&apos;institution, le dispositif ou le support (respectivement la bibliothèque, le livre ou le papier), ne sont plus distinctes et séparées, mais sont parfois transférées à d&apos;autres entités, ou diluées entre elles, autrement dit, assumées par un milieu tout à la fois support, dispositif et institution.&lt;/p&gt;
&lt;h1 id=&quot;méthodologie-et-corpus-détude&quot;&gt;Méthodologie et corpus d&apos;étude&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Après avoir insisté avec Eric Guichard sur l&apos;importance de l&apos;expérimentation de « la chaîne de production de l&apos;écrit » pour mener à bien une réflexion théorique sur celle-ci, il va de soi que mon travail de thèse se doit d&apos;articuler un volet expérimental au volet théorique. Il y a là un ancrage nécessaire aux aspects techniques qui viennent contraindre les aspects éditoriaux et épistémologiques autant que ceux-ci en retour contraignent les décisions techniques. Cette circularité de contraintes ou de conditionnement illustre parfaitement la causalité circulaire dont parle &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Merzeau (&lt;a href=&quot;#ref-merzeau_mediologie_2006&quot;&gt;2006&lt;/a&gt;; Bardini &lt;a href=&quot;#ref-bardini_entre_2016&quot;&gt;2016&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;.  J&apos;adopte là une démarche proche de celle d&apos;un « design de la connaissance » ou &lt;em&gt;knowledge design&lt;/em&gt; tel que proposé par &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Schnapp (&lt;a href=&quot;#ref-schnapp_knowledge_2013&quot;&gt;2013&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, la thèse entretiendra avec son corpus d&apos;étude une relation particulière dans la mesure où il s&apos;agira de l&apos;étudier autant que de le façonner, ou encore, de le lire et d&apos;en comprendre la structure pour mieux l&apos;éditer et l&apos;éditorialiser. Ainsi, l&apos;expérimentation projettera la thèse nécessairement dans l&apos;ordre de la proposition, du prototype et de la preuve de concept. Prouver par la démonstration l&apos;idée d&apos;un format éditorial savant inédit et la faisabilité de son éditorialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prendrai appuie sur deux corpus distincts permettant d&apos;éclairer ma problématique sous des angles complémentaires :&lt;/p&gt;
&lt;ol style=&quot;list-style-type: decimal&quot;&gt;
&lt;li&gt;la revue &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;, revue de sciences humaines nativement numérique et porteuse d&apos;un projet éditorial particulier,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l’œuvre collective &lt;em&gt;Général Instin&lt;/em&gt;, qui prend naissance dans la revue littéraire &lt;em&gt;Remue.net&lt;/em&gt;, au projet éditorial lui-aussi caractéristique du web qui l&apos;a vu naître.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;On pourrait questionner le fait que ces deux revues ne relèvent pas exactement de la publication savante institutionnalisée. Et en effet, l&apos;histoire respective de &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;Remue.net&lt;/em&gt; nous montre que ces revues se sont davantage institués comme des « réseaux d&apos;intelligence » &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Vitali-Rosati &lt;a href=&quot;#ref-vitali-rosati_les_2014&quot;&gt;2014&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;, dont la vocation première n&apos;est plus d&apos;enregistrer, de certifier et de diffuser &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Tony Volpe et Joachim Schopfel &lt;a href=&quot;#ref-tony_volpe_dissemination_2013&quot;&gt;2013&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;, mais de « produire un réseau de personnes et d&apos;idées »&lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Vitali-Rosati &lt;a href=&quot;#ref-vitali-rosati_les_2014&quot;&gt;2014&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;. C&apos;est justement cette caractéristique qui nous intéresse et qui nous semble porteuse d&apos;une nouvelle forme de communication savante. L&apos;aspect expérimental de la thèse me permet une tentative de réconciliation entre des pratiques éditoriales savantes nées hors de l&apos;institution académique et une possible institutionnalisation, pas tant des revues, mais d&apos;un format éditorial embrassant ces pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux corpus ancrent nécessairement ma réflexion théorique dans le champ francophone de l&apos;édition et de la communication scientifique, que ce soit sur le plan historique, ou sur le plan critique. Sur le plan épistémologique, il pourrait apparaître nécessaire de cibler précisemment telle ou telle discipline de sciences humaines, tellement les pratiques d&apos;écriture, d&apos;édition ou même d&apos;évaluation peuvent différer d&apos;une discipline à l&apos;autre. La revue &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt; avec sa liberté éditoriale, sa diversité de communauté et surtout son engagement dans l&apos;interdisciplinarité et dans le dialogue entre communautés de savoir, m&apos;incite plutôt à considérer un resserrement disciplinaire comme un frein pour imaginer des modèles nouveaux reposant sur un environnement numérique devenu universel. Il y a là une tension intéressante entre l&apos;universalité des éléments normatif comme les formats et des protocoles, et l&apos;extrême diversité des pratiques et des usages. La réflexion reste à mener sur une proposition éditoriale susceptible de porter justement une certaine universalité propre à rapprocher les disciplines dans le dialogue, tout en respectant leurs singularités.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;la-revue-sens-public&quot;&gt;La revue &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier corpus constitue pour la thèse un terrain d&apos;analyse et d&apos;observation. Il tient lieu dans le même temps de terrain d&apos;expérimentation, devenant à la fois l&apos;objet et le lieu de la réflexion. En effet, la Chaire de Recherche du Canada sur les écritures numériques mène le chantier de refonte de la revue &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;, offrant une excellente opportunité d&apos;expérimenter des formes alternatives de publication scientifique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;, en tant que revue, a porté dès son origine une vision tout à fait unique dans le paysage de l’édition savante périodique. Née hors de l’institution académique, la revue a acquis une certaine liberté de ton et de forme et a pu inscrire dans son ADN une mission et des valeurs qui résonnent aujourd’hui avec notre problématique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue a été créée en 2003 directement en ligne sur le web, sans passer par la publication papier, ce qui fait d’elle une revue &lt;em&gt;nativement numérique&lt;/em&gt;. Mais la singularité de ce &lt;em&gt;pure player&lt;/em&gt; réside davantage dans sa « conception particulière de la production et de la circulation du savoir dans l’espace public à l’ère numérique ». &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt; entend participer à la conversation scientifique en constituant une communauté active d’auteurs et de lecteurs aux horizons disciplinaires et géographiques pluriels, soucieuse d’adresser le monde contemporain dans toute sa complexité &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Wormser &lt;a href=&quot;#ref-wormser_sens-public_2004&quot;&gt;2004&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Créée sous l’impulsion de Gérard Wormser, la revue s’est en effet donné plusieurs horizons:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;la transdisciplinarité et approches hybrides,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;le multilinguisme et pluralité des langues, avec l’idée de dresser des ponts entre territoires de savoir, d’intégrer des voix et des opinions plus lointaines,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;une conscience et une réflexion sur les transformations de l’espace public, travaillé notamment par les supports d’écriture et de lecture numérique.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Résultat de ces horizons, &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt; se distingue aujourd’hui par une forte communauté d’auteurs et de lecteurs, riche de sa diversité et de son engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En expérimentant un modèle épistémologique alternatif, le projet actuel de refonte éditoriale n’intervient donc pas donc &lt;em&gt;hors-sol&lt;/em&gt; et ne vient pas bouleverser le projet ou la philosophie de la revue. Au contraire, il s’en nourrit, et par un effet de miroir et de renforcement mutuel, on pourrait dire que la refonte cherche à revitaliser les valeurs initiales de la revue, au moment où la revue se réinstitutionnalise&lt;a href=&quot;#fn20&quot; class=&quot;footnoteRef&quot; id=&quot;fnref20&quot;&gt;&lt;sup&gt;20&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Dans une approche similaire à une recherche-action &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Catroux &lt;a href=&quot;#ref-catroux_introduction_2002&quot;&gt;2002&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;, la communauté de &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt; sera évidemment un atout majeur pour initier et faire fonctionner une communication scientifique basée sur la conversation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la Chaire de Recherche du Canada sur les écritures numériques, la démarche est donc double :&lt;/p&gt;
&lt;ol style=&quot;list-style-type: decimal&quot;&gt;
&lt;li&gt;implémenter les opportunités du numérique en proposant un modèle alternatif d’édition savante,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;implémenter les valeurs de la revue dans son dispositif d’écriture, d’édition et de diffusion.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Constitutif du volet expérimental de ma thèse, ma contribution au projet consiste en la conception et l&apos;implémentation en équipe d&apos;une part d&apos;une nouvelle plateforme d&apos;édition et de publication pour la revue, mais aussi de nouveaux formats éditorials à même d&apos;intégrer des pratiques émergentes en matière de communication et de controverse scientifique. Des échanges épistolaires de la République des lettres aux pratiques de partage, d&apos;annotations et de (micro-)blogging, ce volet pratique a l&apos;ambition de s&apos;inspirer de ce que le périodique du 17&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle a instauré puis institutionnalisé : un nouveau format éditorial directement modelé par et pour les formes de communication scientifique de l&apos;époque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chantier pratique permettra également d&apos;expérimenter et peut-être de confirmer certaines hypothèses sur le milieu-dispositif et sur les glissements fonctionnels que j&apos;évoquais.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id=&quot;général-instin&quot;&gt;&lt;em&gt;Général Instin&lt;/em&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le corpus &lt;em&gt;Général Instin&lt;/em&gt; est un objet littéraire énigmatique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Hinstin, c&apos;est d&apos;abord le nom d&apos;un général du XIX&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle, mort et enterré en 1905 et dont la tombe, au cimetière du Montparnasse, est ornée d&apos;un vitrail sur lequel le portrait photographique du défunt est lui-même en train de se décomposer. En 1997, la photographe Juliette Soubrier saisit plusieurs clichés de ce portrait fantomatique. La même année, Patrick Chatelier, écrivain français, reprend cette photo pour la proposer comme contrainte créative lors d&apos;une soirée de performance au squat artistique de la Grange aux belles (Paris). Cette photo du Général va inspirer les artistes présents, et marquer le début d&apos;un collectif relativement informel (bien que très pro-actif), qui donnera lieu à quelques publications papier - et à différents atelier littéraires. Entre temps, &lt;em&gt;Hinstin&lt;/em&gt; a perdu son « H » qui le faisait personnage historique, pour devenir un matériau narratif, platisque, sémiotique. Il devient ainsi &lt;em&gt;« Général Instin »&lt;/em&gt;, souvent abrégé « GI ». Rapidement, GI insvestit la plateforme &lt;em&gt;Remue.net&lt;/em&gt;, qui va jouer un rôle d&apos;agrégateur des productions consacrées à &lt;em&gt;Instin&lt;/em&gt; : poèmes, récits, beaucoup d&apos;images, des vidéos et des enregistrements (car beaucoup de lectures et d&apos;ateliers commencent à être archivés). Désormais, GI a pris racine dans l&apos;hypertexte, et commence à hanter le web. Ainsi, il se permet des incursions sur d&apos;autres plateformes, à travers certaines expériences qui gagnent leur autonomie - nous avons nommés &amp;quot;Spin-off&amp;quot; ces expériences. &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Monjour, Sauret, et Vitali Rosati &lt;a href=&quot;#ref-monjour_editorialisation_2017&quot;&gt;2017&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il nous intéresse pour deux raisons. Tout d&apos;abord, nous retrouvons dans le fonctionnement de la revue littéraire Remue.net le « réseau d&apos;intelligences » qui caractérise les revues nées sur le web. &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Vitali-Rosati (&lt;a href=&quot;#ref-vitali-rosati_les_2014&quot;&gt;2014&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; décrit ces initiatives éditoriales comme des « lieu[x] de rencontre et de discussion, de partage, de mise en question, d’échange, mais aussi, [...] un lieu qui fait ressortir et qui rend publics les résultats des rencontres et des échanges ». &lt;em&gt;Remue.net&lt;/em&gt; dans le registre littéraire, a su, comme &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt; dans un registre critique et socio-politique, investir le web en imaginant une véritable « édition en réseau » &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Mounier et Dacos &lt;a href=&quot;#ref-mounier_edition_2012&quot;&gt;2012&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;. En tant que production littéraire ouverte et continue, le corpus &lt;em&gt;Général Instin&lt;/em&gt; vient ainsi illustrer l&apos;impact de l&apos;éditorialisation sur le fait littéraire &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Monjour, Vitali Rosati, et Wormser &lt;a href=&quot;#ref-monjour_fait_2016&quot;&gt;2016&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;, en écho à celui de l&apos;éditorialisation sur les modalités de la production scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point m&apos;amène à la seconde raison d&apos;introduire un tel corpus littéraire au regard d&apos;un champ qui relève de l&apos;édition et de l&apos;épistémologie scientifique. Car Instin semble un corpus emblématique d&apos;une production collective dont la matrice est à trouver autant dans les dispositifs d&apos;éditorialisation qui la supportent que dans la production elle-même. Autrement dit, le Général Instin suggère l&apos;idée d&apos;un milieu, dont l&apos;écriture en réseau est elle-même devenue &lt;em&gt;milieu&lt;/em&gt;, ce que &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Rongier (&lt;a href=&quot;#ref-rongier_general_2017&quot;&gt;2017&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; exprime par une « écriture-milieu ». Je perçois ici une piste pertinente pour réintroduire les apports de la médiologie et de l&apos;écologie médiatique, tout en reposant la question du dispositif et du support sous un angle nouveau &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;(Mayer et Sauret &lt;a href=&quot;#ref-mayer_lautorite_2017&quot;&gt;2017&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les processus d&apos;écriture et de légitimation des champs littéraire et scientifique divergent, demeurent malgré tout une constante de milieu et d&apos;écosystème susceptible de nous indiquer quelques pistes à suivre en matière d&apos;édition numérique, que ce soit pour la constitution de communautés de savoir ou de création.&lt;/p&gt;

&lt;h1 id=&quot;bibliographie&quot;&gt;Bibliographie&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;refs&quot; class=&quot;references&quot;&gt;
&lt;div id=&quot;ref-bachimont_nouvelles_2007&quot;&gt;
&lt;p&gt;Bachimont, Bruno. 2007. « Nouvelles tendances applicatives : de l’indexation à l’éditorialisation ». In &lt;em&gt;L’indexation multimédia: description et recherche automatiques. Paris, Lavoisier, Hermès sciences&lt;/em&gt;, édité par Patrick Gros, Lavoisier, Hermès sciences. Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-bardini_entre_2016&quot;&gt;
&lt;p&gt;Bardini, Thierry. 2016. « Entre archéologie et écologie ». &lt;em&gt;Multitudes&lt;/em&gt;, nᵒ 62 (avril): 159‑68. &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/revue-multitudes-2016-1-page-159.html&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://www.cairn.info/revue-multitudes-2016-1-page-159.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-de_biasi_papier_1997&quot;&gt;
&lt;p&gt;Biasi, Pierre-Marc de. 1997. « Le papier, fragile support de l’essentiel ». &lt;em&gt;Les cahiers de médiologie&lt;/em&gt; 4 (2): 7‑17. doi:&lt;a href=&quot;https://doi.org/10.3917/cdm.004.0007&quot;&gt;10.3917/cdm.004.0007&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-blanchard_ce_2010&quot;&gt;
&lt;p&gt;Blanchard, Antoine. 2010. « Ce que le blog apporte à la recherche ». In &lt;em&gt;Read/Write Book : Le livre inscriptible&lt;/em&gt;, édité par Dacos Marin, 157‑66. Read/Write Book. Marseille: OpenEdition Press. &lt;a href=&quot;http://books.openedition.org/oep/172&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://books.openedition.org/oep/172&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-catroux_introduction_2002&quot;&gt;
&lt;p&gt;Catroux, Michèle. 2002. « Introduction à la recherche-action : modalités d’une démarche théorique centrée sur la pratique ». &lt;em&gt;Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité. Cahiers de l’Apliut&lt;/em&gt;, nᵒ Vol. XXI N° 3 (mars): 8‑20. doi:&lt;a href=&quot;https://doi.org/10.4000/apliut.4276&quot;&gt;10.4000/apliut.4276&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-goody_raison_1979&quot;&gt;
&lt;p&gt;Goody, Jack. 1979. &lt;em&gt;La Raison graphique. La domestication de la pensée sauvage.&lt;/em&gt; Le sens commun. Les Editions de Minuit. &lt;a href=&quot;http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-La_Raison_graphique-2096-1-1-0-1.html&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-La_Raison_graphique-2096-1-1-0-1.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-guichard_linternet:_2002&quot;&gt;
&lt;p&gt;Guichard, Eric. 2002. « L’internet: mesures des appropriations d’une technique intellectuelle ». Thèse de doctorat. &lt;a href=&quot;http://www-sop.inria.fr/axis/personnel/Eric.Guichard/theseEG/theseEG.html&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://www-sop.inria.fr/axis/personnel/Eric.Guichard/theseEG/theseEG.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-jacob_quest-ce_2014&quot;&gt;
&lt;p&gt;Jacob, Christian. 2014. &lt;em&gt;Qu’est-ce qu’un lieu de savoir ? - OpenEdition Press&lt;/em&gt;. Open Editions Press. Encyclopédie numérique. Marseille. &lt;a href=&quot;http://books.openedition.org/oep/423&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://books.openedition.org/oep/423&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-kittler_logiciel_2015&quot;&gt;
&lt;p&gt;Kittler, Friedrich. 2015. « Le logiciel n’existe pas ». In &lt;em&gt;Mode Protégé&lt;/em&gt;, Les presses du réel, 29‑45. Labex.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-levy_place_1998&quot;&gt;
&lt;p&gt;Lévy, Pierre. 1998. « La place de la médiologie dans le trivium ». &lt;em&gt;Les cahiers de médiologie&lt;/em&gt;, nᵒ 2: 43‑58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-mayer_lautorite_2017&quot;&gt;
&lt;p&gt;Mayer, Ariane, et Nicolas Sauret. 2017. « ‪L’autorité dans Anarchy. Les constructions de l’autorité et de l’auctorialité dans un dispositif de production littéraire collaborative : le cas de l’expérience transmédia Anarchy.fr‪ ». &lt;em&gt;Quaderni&lt;/em&gt;, nᵒ 93 (juin): p.63‑73. &lt;a href=&quot;https://www.cairn.info/revue-quaderni-2017-2-page-63.htm&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;https://www.cairn.info/revue-quaderni-2017-2-page-63.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-mcluhan_formal_1976&quot;&gt;
&lt;p&gt;McLuhan, Marshall. 1976. « Formal causality in Chesterton ». &lt;em&gt;The Chesterton Review&lt;/em&gt; 2 (2): 253‑59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-merzeau_ceci_1998&quot;&gt;
&lt;p&gt;Merzeau, Louise. 1998. « Ceci ne tuera pas cela ». &lt;em&gt;Les cahiers de médiologie&lt;/em&gt;, nᵒ 6: 27‑39. &lt;a href=&quot;https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-mediologie-1998-2-page-27.htm&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-mediologie-1998-2-page-27.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-merzeau_mediologie_2006&quot;&gt;
&lt;p&gt;———. 2006. « Médiologie : une arme à double tranchant ». &lt;em&gt;merzeau.net&lt;/em&gt;. &lt;a href=&quot;https://web.archive.org/web/20060216143300/www.merzeau.net/txt/mediation/guerre.html&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;https://web.archive.org/web/20060216143300/www.merzeau.net/txt/mediation/guerre.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-merzeau_editorialisation_2013&quot;&gt;
&lt;p&gt;———. 2013. « Éditorialisation collaborative d’un événement ». &lt;em&gt;Communication et organisation&lt;/em&gt;, nᵒ 43 (juin): 105‑22. doi:&lt;a href=&quot;https://doi.org/10.4000/communicationorganisation.4158&quot;&gt;10.4000/communicationorganisation.4158&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-monjour_editorialisation_2017&quot;&gt;
&lt;p&gt;Monjour, Servanne, Nicolas Sauret, et Marcello Vitali Rosati. 2017. « Éditorialisation et littérature : le cas du Général Instin ». Colloque. Cerisy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-monjour_fait_2016&quot;&gt;
&lt;p&gt;Monjour, Servanne, Marcello Vitali Rosati, et Gérard Wormser. 2016. « Le fait littéraire au temps du numérique ». &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;, décembre. &lt;a href=&quot;http://sens-public.org/article1224.html&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://sens-public.org/article1224.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-mounier_edition_2012&quot;&gt;
&lt;p&gt;Mounier, Pierre, et Marin Dacos. 2012. « Édition électronique ». &lt;em&gt;Communications&lt;/em&gt;, nᵒ 88 (janvier): 47‑55. &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/revue-communications-2011-1-page-47.htm&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://www.cairn.info/revue-communications-2011-1-page-47.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-rongier_general_2017&quot;&gt;
&lt;p&gt;Rongier, Sébastien. 2017. « Le Général Instin, les vies multiples du littéraire ». &lt;em&gt;Fabula Colloques&lt;/em&gt;, février. &lt;a href=&quot;https://www.fabula.org:443/colloques/document4184.php&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;https://www.fabula.org:443/colloques/document4184.php&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-schnapp_knowledge_2013&quot;&gt;
&lt;p&gt;Schnapp, Jeffrey. 2013. « Knowledge Design Incubating new knowledge forms / genres / spaces in the laboratory of the digital humanities ». Lecture. Hannover. &lt;a href=&quot;https://www.volkswagenstiftung.de/en/news/news-details/news/detail/artikel/herrenhausen-lecture-knowledge-design-1/marginal/4296.html&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;https://www.volkswagenstiftung.de/en/news/news-details/news/detail/artikel/herrenhausen-lecture-knowledge-design-1/marginal/4296.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-tony_volpe_dissemination_2013&quot;&gt;
&lt;p&gt;Tony Volpe, et Joachim Schopfel. 2013. « Dissemination of knowledge and copyright: an historical case study ». &lt;em&gt;Journal of Information, Communication and Ethics in Society&lt;/em&gt; 11 (3): 144‑55. doi:&lt;a href=&quot;https://doi.org/10.1108/JICES-06-2013-0018&quot;&gt;10.1108/JICES-06-2013-0018&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-vitali_rosati_quest-ce_2016&quot;&gt;
&lt;p&gt;Vitali Rosati, Marcello. 2016. « Qu’est-ce que l’éditorialisation ? » &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;, mars. &lt;a href=&quot;http://www.sens-public.org/article1184.html&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://www.sens-public.org/article1184.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-vitali-rosati_les_2014&quot;&gt;
&lt;p&gt;Vitali-Rosati, Marcello. 2014. « Les revues littéraires en ligne : entre éditorialisation et réseaux d’intelligences ». &lt;em&gt;Études françaises&lt;/em&gt; 50 (3): p.83‑104. doi:&lt;a href=&quot;https://doi.org/10.7202/1027191ar&quot;&gt;10.7202/1027191ar&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-vitali-rosati_edition_2016&quot;&gt;
&lt;p&gt;———. 2016. « Édition GAFAM et édition savante : une bataille en cours ? » &lt;em&gt;The Conversation&lt;/em&gt;. &lt;a href=&quot;http://theconversation.com/edition-gafam-et-edition-savante-une-bataille-en-cours-68754&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;http://theconversation.com/edition-gafam-et-edition-savante-une-bataille-en-cours-68754&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-vittu_quest-ce_2001&quot;&gt;
&lt;p&gt;Vittu, Jean-Pierre. 2001. « Qu’est-ce qu’un article au Journal des Savants de 1665 à 1714 ? » &lt;em&gt;in Revue Française d’Histoire du Livre&lt;/em&gt;, nᵒ 112-113: p.129‑148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-vittu_formation_2002&quot;&gt;
&lt;p&gt;———. 2002. « La formation d’une institution scientifique : le Journal des Savants de 1665 à 1714 [Premier article : d’une entreprise privée à une semi-institution] ». &lt;em&gt;Journal des savants&lt;/em&gt; 1 (1): 179‑203. doi:&lt;a href=&quot;https://doi.org/10.3406/jds.2002.1653&quot;&gt;10.3406/jds.2002.1653&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ref-wormser_sens-public_2004&quot;&gt;
&lt;p&gt;Wormser, Gérard. 2004. « Sens-Public : Editorial n°1 ». Revue en ligne. &lt;em&gt;Sens Public (archive)&lt;/em&gt;. &lt;a href=&quot;https://web.archive.org/web/20040811094758/http://www.sens-public.org:80/article.php3?id_article=68&quot; class=&quot;uri&quot;&gt;https://web.archive.org/web/20040811094758/http://www.sens-public.org:80/article.php3?id_article=68&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id=&quot;fn1&quot;&gt;&lt;p&gt;C&apos;est le constat que faisaient également &lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Mounier et Dacos (&lt;a href=&quot;#ref-mounier_edition_2012&quot;&gt;2012&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; en décrivant le secteur de l&apos;« édition numérique » : « Dans l&apos;édition numérique,le réseau n&apos;intervient qu&apos;en fin de chaîne, au niveau de la diffusion des contenus. Il n&apos;y est utilisé que marginalement et dans un seul sens : afin de les faire parvenir à ses lecteurs. »&lt;a href=&quot;#fnref1&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn2&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Operating System&lt;/em&gt;, ou système d&apos;exploitation « qui dirige l&apos;utilisation des ressources d&apos;un ordinateur par des logiciels applicatifs » (Wikipédia.fr).&lt;a href=&quot;#fnref2&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn3&quot;&gt;&lt;p&gt;du nom des cinq principales entreprises Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.&lt;a href=&quot;#fnref3&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn4&quot;&gt;&lt;p&gt;comme l&apos;initiative de &lt;a href=&quot;https://twitter.com/EnDirectDuLabo&quot;&gt;@EnDirectDuLabo&lt;/a&gt; sur Twitter.&lt;a href=&quot;#fnref4&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn5&quot;&gt;&lt;p&gt;http://hypotheses.org/&lt;a href=&quot;#fnref5&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn6&quot;&gt;&lt;p&gt;En tant que numéro d&apos;identification unique, l&apos;ISBN est un marqueur important de l&apos;institutionnalisation d&apos;un document, dans la mesure où il est délivré par une institution dont l&apos;autorité vient légitimer l&apos;entrée du document dans l&apos;écosystème professionnel des publications&lt;a href=&quot;#fnref6&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn7&quot;&gt;&lt;p&gt;cf. Méthodologie&lt;a href=&quot;#fnref7&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn8&quot;&gt;&lt;p&gt;En premier lieu le W3C qui définit les standards du web, véritable entreprise de normalisation de l&apos;écrit, de ses formats et de ses langages&lt;a href=&quot;#fnref8&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn9&quot;&gt;&lt;p&gt;l’École Normale Supérieure&lt;a href=&quot;#fnref9&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn10&quot;&gt;&lt;p&gt;Henry Oldenburg (1619-1677), diplomate et homme de sciences d&apos;origine allemande&lt;a href=&quot;#fnref10&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn11&quot;&gt;&lt;p&gt;Par Daniel Elzevier (1626-1680), de la célèbre famille de typographes et d&apos;imprimeurs néerlandais.&lt;a href=&quot;#fnref11&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn12&quot;&gt;&lt;p&gt;l&apos;&lt;em&gt;extrait&lt;/em&gt; désigne un résumé ou une recension d&apos;un ouvrage.&lt;a href=&quot;#fnref12&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn13&quot;&gt;&lt;p&gt;Pierre Bayle (1647-1704) est philosophe et écrivain. Il crée &lt;em&gt;les Nouvelles de la république des lettres&lt;/em&gt; en 1684.&lt;a href=&quot;#fnref13&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn14&quot;&gt;&lt;p&gt;cf. Méthodologie&lt;a href=&quot;#fnref14&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn15&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;citation&quot;&gt;Rongier (&lt;a href=&quot;#ref-rongier_general_2017&quot;&gt;2017&lt;/a&gt;)&lt;/span&gt; parle d&apos;« écriture-milieu »&lt;a href=&quot;#fnref15&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn16&quot;&gt;&lt;p&gt;on peut penser aux protocoles du réseau lorsque le calcul fait appel à des ressources externes&lt;a href=&quot;#fnref16&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn17&quot;&gt;&lt;p&gt;à considérer comme une médiation technique.&lt;a href=&quot;#fnref17&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn18&quot;&gt;&lt;p&gt;voir notamment l&apos;outil Penflip https://www.penflip.com/&lt;a href=&quot;#fnref18&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn19&quot;&gt;&lt;p&gt;sur Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEne_de_blocs&lt;a href=&quot;#fnref19&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li id=&quot;fn20&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt; a obtenu des fonds institutionnels canadiens du Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH) et québecois du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC)&lt;a href=&quot;#fnref20&quot;&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:titre&quot;&gt;
      &lt;p&gt;La problématique et l’orientation de la thèse se sont légerement déplacées depuis que ce titre avait été élaboré avec Louise Merzeau. Il reste cependant pertinent et continue de m’accompagner dans ma réflexion. &lt;a href=&quot;#fnref:titre&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>L&apos;intelligence des traces, de Louise Merzeau</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/11/23/l-intelligence-des-traces-de-louise-merzeau"/>
   <updated>2017-11-23T15:53:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/11/23/l-intelligence-des-traces-de-louise-merzeau</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article de Louise Merzeau a été publié initialement dans la Revue &lt;a href=&quot;http://intellectica.org/fr/numeros/de-la-trace-la-connaissance-l-ere-du-web&quot;&gt;Intellectica&lt;/a&gt;. Il est reproduit ici à des fins de recherche dans le cadre du séminaire &lt;a href=&quot;http://seminaire.sens-public.org/&quot;&gt;«Écritures numériques et éditorialisation»&lt;/a&gt; (voir &lt;a href=&quot;http://seminaire.sens-public.org/spip.php?article70&quot;&gt;l’atelier #2&lt;/a&gt; proposé par Servanne Monjour et Matteo Treleani).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour citer cet article :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Louise Merzeau. L’intelligence des traces. &lt;em&gt;Intellectica&lt;/em&gt; - La revue de l’Association pour la Recherche
sur les sciences de la Cognition (ARCo), Association pour la Recherche sur la Cognition, 2013, 1 (59),
p.115-135. &lt;a href=&quot;https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01071211&quot;&gt;&amp;lt;halshs-01071211&amp;gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Résumé :&lt;/strong&gt; Comprendre la traçabilité numérique, c’est d’abord mesurer l’impact des procédures de personnalisation, qui modifient les protocoles de publication et inversent la priorité entre les types et les singularités. Dans cet environnement, l’utilisateur aménage ses espaces plus qu’il ne produit des contenus inédits. Automatiquement générées par la moindre de ses activités, les traces qu’il dépose sont pour la plupart non intentionnelles. Traitées comme symptômes, elles le dépossèdent du sens de ses agissements. Traitées comme données quantitatives, elles se détachent et le désagrègent dans le jeu des calculs algorithmiques. Ainsi indexé, l’individu-data se retrouve dans un monde sans oubli, où tout est documenté. La réappropriation va consister à transformer cette logique du stockage en écriture mémorielle. Cela suppose que soit d’abord restauré un droit de désactiver les traces afin de les soustraire aux effets de la décontextualisation. Doivent ensuite se développer des pratiques d’adoption, par lesquelles les utilisateurs transforment les traces déposées en traces récoltées.Afin de ne pas se laisser enfermé dans sa propre traçabilité, l’individu doit enfin recourir à la médiation de collectifs mémoriels pour donner aux traces une dimension documentaire ou patrimoniale. Développer cette compétence numérique revient à anticiper sa traçabilité au lieu de la subir: faire trace, pour substituer à l’identité le plein exercice d’une présence.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mots-clés :&lt;/strong&gt; Trace, traçabilité, Internet, réseaux sociaux, usage, identité, symptôme, calcul, réappropriation,
mémoire, médiation, anticipation&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ol class=&quot;sommaire&quot;&gt;
  &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#personnalisations&quot;&gt;Personnalisations&lt;/a&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#publication&quot;&gt;Publication&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#singularités&quot;&gt;Singularités&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#aménagements&quot;&gt;Aménagements&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#calculs&quot;&gt;Calculs&lt;/a&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#intentionnalités&quot;&gt;Intentionnalités&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#déliaisons&quot;&gt;Déliaisons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#indexations&quot;&gt;Indexations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#réappropriation&quot;&gt;Réappropriation&lt;/a&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#désaffections&quot;&gt;Désaffections&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#adoptions&quot;&gt;Adoptions&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#médiations&quot;&gt;Médiations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#anticipations&quot;&gt;Anticipations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#références-biblio-sitographiques&quot;&gt;Références biblio-sitographiques&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;h1 id=&quot;lintelligence-des-traces&quot;&gt;L’intelligence des traces&lt;/h1&gt;

&lt;p&gt;La question des traces laissées par les usagers des réseaux est le plus souvent ramenée à une
opposition entre protection et exhibition de la vie privée. Qu’elle soit envisagée sous l’angle
éthique, juridique, sociétal ou stratégique, cette tension sert de cadre à la plupart des discours,
restreignant du même coup le concept de trace numérique aux seuls problèmes de traçage. Dans
cette perspective, les dispositifs sécuritaires et les logiques de visibilité sont envisagés comme les
deux versants opposés de la présence en ligne, recoupant peu ou prou des clivages économiques
(consommateurs vs firmes) ou générationnels (générations X vs Y). D’un côté, on cherche les
moyens (techniques, contractuels, légaux) de garantir la &lt;em&gt;privacy&lt;/em&gt; et de veiller à la e-réputation des
personnes et des entreprises. De l’autre, on revendique des comportements décomplexés de libre-
échange, relationnels ou marchands. Outre qu’elle confine la problématique de la traçabilité dans
un registre conflictuel stérile, une telle structuration du champ laisse de côté plusieurs enjeux
importants. D’une part, la focalisation sur les comportements (protéger, exposer, manager ses
traces) ne rend pas compte d’un certain nombre de caractéristiques des traces numériques, qui leur
confèrent justement une efficacité au-delà ou indépendamment de nos agissements. En second
lieu, la référence au clivage entre espaces public et privé conduit en général à penser que la
traçabilité numérique n’intéresserait que le profilage individuel et ne concernerait le collectif
qu’en tant que graphe social. Enfin, alors que trace et mémoire ont toujours été entrelacées par la
philosophie, l’art et l’anthropologie, la dimension mémorielle des traces est singulièrement
absente des considérations sur la présence numérique.
Prenant le contre-pied de ces conceptions, cette contribution se propose de raccorder la
problématique de la traçabilité numérique aux enjeux de la transmission, au sens de processus
sociotechnique d’organisation du collectif dans le temps. Après être revenu sur les mécanismes de
personnalisation et de calculabilité de l’information, on s’attardera sur les logiques de
réappropriation, pour envisager les conditions d’une intelligence des traces. Ainsi repensée, la
traçabilité ne relèvera plus seulement d’une indexation plus ou moins maîtrisée de soi, mais d’une
construction d’espaces communs de connaissance et de mémoire.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;personnalisations&quot;&gt;Personnalisations&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;L’un des aspects marquants de l’histoire d’Internet est la personnalisation croissante des accès, des
contenus et des services. D’épiphénomène réservé aux juristes et aux spécialistes de sécurité des
réseaux, les traces numériques laissées par l’utilisateur ont ainsi été amenées à jouer « un rôle
majeur comme facteurs pertinents d’intermédiation des contenus en ligne » (Diallo, 2011). C’est
d’abord cette inversion de perspective qui doit être mise en lumière : comment ce qui relevait de
l’insignifiant, de l’infinitésimal ou de l’irréfléchi en est venu à occuper une place centrale dans
l’économie, l’architecture et les représentations de l’environnement numérique ?&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;publication&quot;&gt;Publication&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Par sa structure réticulaire, Internet se confond avec la publication des traces produites par ceux
qui l’utilisent. C’est le principe du milieu associé, que Stiegler emprunte à Simondon pour
qualifier « les cas où l’utilisateur devient un élément de paramétrage du dispositif technique par
l’usage » (Stiegler, 1997). Cette co-construction de l’environnement par les pratiques a conduit les
innovateurs, les décideurs et les experts à s’intéresser de plus en plus aux données de l’usager,
jusqu’à les placer au cœur des enjeux économiques, technologiques et sociétaux du réseau. À
l’heure où « le lieu des liens » se transforme en un vaste système de recommandation sociale, il va
de soi qu’il n’y a pas de vie numérique sans capture, enregistrement et mise en circulation des
traces d’usage.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les initiatives pour repenser la médiation de ces données personnelles se multiplient. Parmi
elles, on en mentionnera deux qui sont significatives de deux tendances importantes. La première,
Priv.ly, est une solution libre destinée à permettre à l’internaute de contrôler les données qu’il
échange sur les réseaux sociaux. Conçue sous la forme d’un &lt;em&gt;add-on&lt;/em&gt; pour les navigateurs Firefox et
Google Chrome, cet outil convertit les contenus partagés en simples liens, les masquant ainsi aux
fournisseurs qui en assurent la propagation pour en réserver la lisibilité aux seuls détenteurs de
l’extension. Avec cette solution, l’utilisateur redevient le médiateur de ses traces, en ayant la
possibilité d’en accorder ou d’en révoquer l’accès. Si l’on se place du seul point de vue de la
protection, de telles contributions représentent de toute évidence une avancée. Mais, du point de
vue qui est le nôtre, elles circonscrivent également cette avancée dans les limites de la sphère
individuelle, menaçant même de renforcer la logique de silos qui caractérise l’économie
concurrentielle du Web : « à la balkanisation du Net entre les géants du secteur, répond d’un coup
une possible balkanisation par les utilisateurs, qui pourrait s’avérer encore plus fragmentaire »
(Guillaud, 2012 a).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La seconde initiative qu’on voudrait mettre en exergue est celle des projets MiData&lt;sup id=&quot;fnref:1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:1&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; soutenu
par le gouvernement britannique et MesInfos&lt;sup id=&quot;fnref:2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:2&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; initié par la Fing en 2011. Leur principe consiste à
engager les entreprises à partager les données qu’elles détiennent sur les individus avec les
personnes concernées. Cette ouverture des données non plus publiques mais privées est présentée
par les promoteurs de ces programmes comme une clé pour restaurer une confiance numérique
encore défaillante. Les échanges se font de fait aujourd’hui dans un climat de méfiance peu
propice au développement de nouvelles formes d’implication des consommateurs, parce que
l’alternative se réduit pour eux à verrouiller leurs traces ou à les abandonner. Cette aporie, on le
sait, conduit au &lt;em&gt;paradoxe de la privacy&lt;/em&gt; : se dévoiler sur Internet n’empêche pas de redouter les
effets d’une telle exposition, et la redouter n’empêche pas de laisser toujours plus de traces.
Déplacer et inverser la problématique en envisageant la restitution des données aux utilisateurs
ouvre donc une perspective intéressante. C’est en pensant la traçabilité non plus comme un
système à sens unique où l’usager &lt;em&gt;perd ses empreintes&lt;/em&gt; à mesure qu’il les dépose, mais comme un
système de recyclage et de portabilité que l’on pourra dépasser les actuels clivages entre
protection et exposition. Ces initiatives, cependant, maintiennent la médiation des traces dans une
logique marchande. Leur objectif est toujours d’ajuster au mieux une offre et une demande en
permettant aux clients de cibler eux-mêmes leurs besoins. « Ceux qui sauront exploiter les
données personnelles libérées seront assurément les prochains Google et Facebook » (Guillaud,
2012 b), mais il n’y aura véritablement restitution que lorsqu’on pourra parler de réappropriation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sur les bénéfices que l’utilisateur peut tirer de ses propres traces, tout reste à inventer, mais ce
ne sera possible qu’à la condition de passer à des formes collaboratives ou collectives
d’appropriation, pour que leur exploitation ne soit pas seulement commerciale ou personnelle,
mais sociale. Appréhendés dans cette perspective, les effets souvent constatés de brouillage entre
les sphères publiques et privées pourraient être envisagés sous un angle nouveau : la mise en
circulation des traces relèverait moins de l’intrusion ou de l’exposition que d’un processus
d’individuation collective (Stiegler, b). C’est l’hypothèse que nous développons en considérant
que la publication des traces n’est pas une dérive ou un dysfonctionnement, mais bien ce qui
caractérise l’hypersphère comme milieu (Merzeau, 2007). Il n’y a pas de trace proprement
individuelle et toute trace est toujours médiée par un groupe. Sous l’emprise d’un certain discours
de promotion des plateformes du Web dit « social », cette médiation est aujourd’hui assimilée au
seul registre du relationnel (contact ou amitié). Parallèlement, la « gestion » des traces fait l’objet
d’une injonction de plus en plus pressante, tendant à imposer la logique marketing à travers le
modèle du &lt;em&gt;personal branding&lt;/em&gt; et de l’e-réputation. Opposer à cette acception publicitaire une
fonction publicatoire des traces représente un enjeu politique et culturel majeur. Le diagnostic
établi par Bomsel (2010) sur la confusion des régimes jusque là opposés de la correspondance et
de la publication est à ce titre éclairant. Loin de se réduire à un phénomène d’expressivité, Internet
encourage la convergence de toutes les traces vers un espace hybride, qui remet fortement en
question les protocoles d’autorisation par lesquels le régime publicatoire s’est toujours défini.
Aujourd’hui, ces protocoles sont confisqués par des acteurs comme Google et Facebook, qui ont
autorité pour éditer et rendre nos traces publiques. Plus encore que sur leur accessibilité et leur
propriété, c’est sur les dispositifs qui servent à légitimer, prescrire et cadrer nos données que
l’exigence de réappropriation devrait se concentrer. La personnalisation de l’information, où tout
est personnel &lt;em&gt;et&lt;/em&gt; publié, a jusqu’à maintenant été comprise comme désintermédiation. On peut au
contraire la repenser comme méta-protocole, susceptible d’encadrer de nouvelles formes
d’adhésion, de constitution de savoirs et de documentations partagées.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;singularités&quot;&gt;Singularités&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;La première étape du processus de personnalisation a consisté dans la démassification de la
réception, produite par la mutation des industries de programme. La fragmentation des audiences
et la multiplication des bouquets ont contraint celui qui se tenait à la place du récepteur non
seulement à chercher ses contenus, mais à les organiser dans ses propres grilles. L’utilisateur se
retrouve ainsi confronté à un monde &lt;em&gt;on demand&lt;/em&gt;. D’un côté, les individus subissent l’injonction
croissante de se construire, de se réaliser et de conquérir leur autonomie. De l’autre,
l’environnement informationnel se reconfigure, pour gagner en plasticité, en modularité et en
mobilité. Dans ce nouvel ordre de valeurs, l’usager est sommé d’apprendre à exploiter –
économiquement, socialement et symboliquement – l’irréductible singularité de ses mondes
propres.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Aménagés de façon à soutenir cette fabrique des individualités, les dispositifs techniques et
médiatiques promettent à chacun la possibilité de façonner à sa guise d’abord l’accès aux
connaissances, puis les connaissances elles-mêmes. Ajustés aux centres d’intérêt, les contenus
s’adaptent au contexte, aux préférences et aux besoins de chacun. Le développement des langages
de balisage facilite la migration des données d’une interface à une autre et la recomposition des
informations à la demande. Il n’y a plus un document maître et des copies, mais des cascades
d’états où l’information s’adapte à chaque utilisation. Cette logique fait du Web 2.0 moins un
tournant technologique qu’une nouvelle modalité de médiation, qui reconfigure peu à peu tous les
systèmes d’accès, de partage et de participation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au fil de ces évolutions, la raison communicationnelle change de paradigme. Là où la culture
de masse fabriquait des dénominateurs communs, l’environnement numérique privilégie les
informations &lt;em&gt;sur mesure&lt;/em&gt; (Merzeau, 2009) : à chacun son habillage, son journal, son réseau. Au
lieu d’évacuer les particularismes pour dégager codes, stéréotypes, routines ou « mythologies »
(Barthes) – comme à l’ère du structuralisme dominant –, le traitement des traces calibre finement
des différentiels de consommation, d’action et d’opinion. Dans l’échelle des plus-values, le &lt;em&gt;type&lt;/em&gt;,
stable et rééditable, cède la place au &lt;em&gt;token&lt;/em&gt;, idiosyncrasique et contingent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sollicité, traqué, indexé, notre double numérique est livré au jeu des profilages et des
modélisations. Pour tailler les messages sur mesure, les systèmes d’information doivent traiter la
personne avant de traiter les contenus. Dans les sites marchands, les moteurs de recherche, les
réseaux sociaux, l’individu est traduit en &lt;em&gt;profil&lt;/em&gt;, c’est-à-dire en grappes de données calculables par
des machines. C’est ainsi qu’il se redéfinit : il est le dénominateur commun de ses propres traces.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;aménagements&quot;&gt;Aménagements&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à ce qu’on avait diagnostiqué au début de l’explosion de la blogosphère, la
personnalisation de l’information ne conduit pas au développement d’îlots séparés où chacun se
replierait sur un univers autarcique. L’accent mis sur les singularités dissémine les traces plus qu’il
ne les circonscrit dans des espaces coupés de l’extérieur. En ce sens, la privatisation des accès
comme des contenus se manifeste plutôt par une expansion que par un repli, même si on verra plus
loin que cette expansion recèle elle-même un risque de contraction des horizons informationnels.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour l’utilisateur, la vaporisation de ses données dans les dispositifs le contraint à un processus
ininterrompu d’aménagement des procédures et des interfaces. Téléchargement et agencement de
ses applications, paramétrage de ses préférences, gestion de ses autorisations et droits d’accès ou
renseignement de ses multiples profils : l’usager passe de plus en plus de temps dans des tâches
d’installation et de réglage des espaces qu’il pratique. Souvent très en deçà d’une production de
contenus, sa participation consiste beaucoup plus à &lt;em&gt;customiser&lt;/em&gt; ses points d’accès qu’à élaborer des
documents ou diffuser des informations. Cette dimension de l’usage, et sa relation étroite avec la
nouvelle économie des traces, a été oblitérée au profit d’une promotion, plus prescriptive que
descriptive, des &lt;em&gt;user generated contents&lt;/em&gt; (UGC). Mais, on le sait, la part des contributions relevant
de la critique ou de la création arrive très loin derrière celle des collectionneurs ou simples
suiveurs&lt;sup id=&quot;fnref:3&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:3&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.
Être « spectateur » sur le Web ne revient pas pour autant au même que devant un écran
de télévision. Même dans les usages les moins productifs, l’utilisateur ne peut demeurer passif. Il
doit au pire concéder, au mieux négocier ou administrer sa traçabilité, afin de rendre praticables
les plateformes auxquelles il se connecte.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La métaphore de l’habitat peut servir à préciser la nature de cette activité. C’est sous forme
d’aménagement d’espaces à vivre plutôt que d’expression, d’échanges ou de représentation que se
traduit d’abord la personnalisation, même si la première n’exclut pas les autres formes de
participation. Parallèlement à la sélection des informations rendues publiques (pseudos, noms,
adresses, photos, avatars, contacts, &lt;em&gt;playlists&lt;/em&gt;, etc.), l’usager est souvent invité à intervenir sur
l’habillage de ses interfaces. Choix des images de fond, des gabarits graphiques, des modes de
rangement : autant de manières d’assembler une identité émiettée en un espace de familiarité. À
l’inverse de ce qu’on observait dans le Web 1.0, cet art d’habiter n’est pas celui de propriétaires
qui fabriquent entièrement leur site personnel, mais de locataires, qui choisissent le papier peint
(&lt;em&gt;wallpaper&lt;/em&gt;) dans une gamme qu’on leur impose et s’arrangent avec un logement qu’ils n’ont pas
conçu. On reconnaît là la description que Certeau fait du lecteur : « son lieu n’est pas &lt;em&gt;ici&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;là&lt;/em&gt;,
l’un ou l’autre, mais ni l’un ni l’autre, à la fois dedans et dehors, perdant l’un et l’autre en les
mêlant, associant des textes gisants dont il est l’éveilleur et l’hôte, mais jamais le propriétaire »
(Certeau, 1980, p.292). C’est toute l’ambiguïté de la logique de personnalisation : derrière le
discours omniprésent du management de soi, il est rare que soient donnés aux utilisateurs les
moyens de constituer leurs traces en un « &lt;em&gt;lieu&lt;/em&gt; susceptible d’être circonscrit comme un &lt;em&gt;propre&lt;/em&gt; »
(Certeau, p.85). Ces lieux aménagés sont plus des espaces animés par des pratiques et des
trajectoires que des enceintes d’où s’exerce un pouvoir gestionnaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est à ce titre significatif que l’habitat numérique ne soit plus vécu sur le modèle du site ou de
la maison (&lt;em&gt;home page&lt;/em&gt;), mais de la simple surface : mur, ligne (&lt;em&gt;timeline&lt;/em&gt;), tableau (&lt;em&gt;board&lt;/em&gt;). Le
concept de « plateau » que Deleuze et Guattari empruntent à Bateson (1975) s’avère ici
particulièrement pertinent. Défini comme « plan de consistance local des rhizomes », le plateau
désigne une mise en forme de l’espace en deçà de la cognition, qui agit au niveau des habiletés
pratiques. « Les plateaux agissent du point de vue des formes moléculaires, qui ne relèvent pas de
catégories instituées, publiques, officielles, mais de modes d’action, de compréhension, d’être qui
se diffusent implicitement, par contamination, rencontres, contiguïtés, mais n’en sont pas moins
les conditions de possibilités de toute institution, donc aussi de tout partage » (Forestier, 2012).
L’emprise actuelle des &lt;em&gt;plateformes&lt;/em&gt;, dont Doueihi (2011) souligne l’importance pour penser le
nouvel urbanisme numérique, résume cette culture de l’aménagement des traces. À mesure que
sites, pages, documents et données prolifèrent, leur force d’attraction se fait plus impérative pour
ramener la masse toujours croissante des traces à des configurations humainement négociables.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;calculs&quot;&gt;Calculs&lt;/h2&gt;

&lt;h3 id=&quot;intentionnalités&quot;&gt;Intentionnalités&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;« On ne fabrique pas une trace, on la laisse, et ce sans intention aucune. […] À la différence du
signe que nous créons, la signification d’une trace existe au-delà de l’intention de celui qui la
génère. C’est justement ce qui échappe à notre attention, à notre contrôle ou à notre vigilance qui,
à partir de nos actes, prend la forme d’une trace » (Krämer, 2012). Cette constatation qui relève du
sens commun classe les traces du côté du paradigme indiciaire défini par Ginzburg (1986).
Manifestation observable d’un impensé, c’est parce que la trace est laissée à son insu par l’animal
ou par l’homme qu’elle appelle un art interprétatif comme celui du chasseur, du critique d’art, du
psychanalyste ou du devin pour faire sens. Plus la trace sera involontaire, plus elle aura valeur de
preuve, de symptôme ou d’attestation.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On pourrait penser que la trace numérique relève de ce paradigme au vu de la proportion
toujours croissante du non intentionnel dans les données que nous essaimons. Rappeler
l’importance de cette dimension inconsciente, imperceptible ou incontrôlée de la traçabilité aide à
comprendre qu’elle ne se résume pas au changement de support de nos inscriptions. Contrairement
à tout autre message écrit ou oral, les traces numériques produisent de l’information sur nos
comportements avant même qu’un message-cadre vienne les « intentionnaliser » par une
métacommunication. Enregistrement sismographique de nos connexions, navigations et
dispositions, elles échappent pour une bonne part à toute énonciation et se prêtent moins à
l’interprétation proprement dite qu’au forage et au moissonnage. Transactions, transports,
communications, parcours : toute activité met désormais en œuvre une traçabilité qui démultiplie
les couches où s’enregistrent nos données. Pour s’en tenir à celle qui s’exerce sur le Web :
conservation de l’adresse IP par le fournisseur d’accès, stockage des cookies envoyés par les
serveurs, enregistrement de l’historique de navigation dans le cache du navigateur, mémorisation
des ordres adressés au serveur dans les journaux de connexion, archivage des requêtes et des
données de localisation par les moteurs, etc. Entièrement automatisée, cette traçabilité n’est pas
une couche documentaire qui se greffe après coup. Elle est la condition même de la performativité
numérique. De la même façon qu’on ne peut pas ne pas communiquer, &lt;em&gt;on ne peut pas ne pas
laisser de traces&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De là à leur conférer la même valeur symptômale que le lapsus ou l’empreinte laissée par le
criminel ou l’animal traqué, il n’y a qu’un pas. Cette conception qui fait des traces numériques
non un attribut ou un actif, mais une manifestation &lt;em&gt;qui me trahit&lt;/em&gt;, est celle qui préside aux discours
invitant à la prudence, voire à la méfiance à l’égard des réseaux sociaux. Les mass media sont
particulièrement friands de ces cas (en fait plutôt rares proportionnellement à la fréquence des
échanges) où les internautes sont rattrapés par leurs traces comme on le dit d’un méfait : images de
beuveries publiées sur Facebook ressorties lors d’un entretien d’embauche, propos négatifs sur son
employeur postés sur Twitter qui provoquent un licenciement, etc. Dans cette version
stigmatisante des traces, ce n’est plus l’empreinte qui est non intentionnelle, mais la lecture
seconde qui en est faite par des récepteurs non destinataires – schéma classique de
dysfonctionnement analysé depuis longtemps par les théories de la communication.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plus conséquente est la conception symptômale des traces qui préside au marketing
comportemental. Dans ce cas, les traces ne sont pas censées me trahir mais &lt;em&gt;me mesurer&lt;/em&gt; par la
vertu d’une neutralité statistique. L’historique de mes parcours, le graphe de mes liens et le
nombre de clics, de hits et de &lt;em&gt;like&lt;/em&gt; sont les données brutes qui serviront de base à l’élaboration de
profils, lesquels détermineront la distribution des publicités. Dans ce traitement, peu importe que
les traces soient intentionnelles ou non : c’est le nombre qui fait sens. Tous les niveaux de
traçabilité sont donc écrasés, superposant les identités déclarative, navigationnelle, agissante et
calculée (Georges, 2009) : ce que je dis de moi (qui je suis), où je vais (comment je me comporte),
ce que j’édite ou publie (ce que je pense) et ce que les plateformes calculent à partir de mes
activités (ce que je vaux). Du symptôme, on arrive ainsi à l’autre versant des traces numériques :
leur calculabilité, et « l’algorithmie ambiante » qu’elles contribuent à alimenter.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;déliaisons&quot;&gt;Déliaisons&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Appréhender la traçabilité numérique à l’aune du seul paradigme indiciaire empêche de saisir cette
autre dimension par laquelle elle relève tout aussi fondamentalement d’une raison
computationnelle (Bachimont, 2004). « Objets politiques et non sémantiques » (Melot, 2006,
p.14), les traces sont en deçà du procès de communication comme le sont les indices issus du
monde objectal, mais elles participent en même temps de visées stratégiques qui n’ont rien à voir
avec « l’écriture aveugle de la causalité » (Krämer). Pour Barthes, si la photographie est un
message sans code qui résiste aux interprétations de la sémiologie, c’est parce que son essence est
dans « l’entêtement du référent à être toujours là » (Barthes, 1980, p.17) et que cet entêtement est
&lt;em&gt;intraitable&lt;/em&gt;. Ce &lt;em&gt;noème&lt;/em&gt; de la photographie permet de voir combien les traces numériques relèvent
d’une autre logique. Car tout en elles est au contraire matière ou produit d’un &lt;em&gt;traitement&lt;/em&gt;.
Traitement informatique des instructions, traitement algorithmique des données, traitement
économique et stratégique des bases d’intentions. Là où la trace photographique reste prise dans la
présence dont elle est l’empreinte, les traces numériques se signalent à l’inverse par leur déliaison.
Dès leur production, elles sont agrégées à d’autres données, stockées dans des réservoirs distants,
disséminées dans quantité de sites et font l’objet de calculs qui produisent à leur tour d’autres
données.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plus que la multiplication des masques (avatars et pseudos) ou l’intrusion dans la vie privée,
c’est cette manipulation algorithmique des traces qui désagrège nos doubles numériques. Objet de
toutes les appétences concurrentielles, l’« identité calculée » (Georges, 2009) constitue la première
couche de cette traçabilité déliée. Fabriquée par les algorithmes implémentés dans les plateformes,
les item qui la composent n’émanent pas d’une énonciation, mais de calculs effectués à partir des
traces déposées par nous-mêmes ou les autres, sur la base de critères quantitatifs. Horodatage des
publications, nombre de contacts ou d’« amis », nombre d’équipes (Pearltrees), de groupes
(LinkedIn) ou de listes (Twitter), nombre de &lt;em&gt;boards&lt;/em&gt; (Pinterest), de photos (Flickr) ou de vidéos
(YouTube) postées, nombre de &lt;em&gt;like&lt;/em&gt;, de retweets, de commentaires, etc. Ces comptabilités ne visent
pas qu’une gestion en &lt;em&gt;back office&lt;/em&gt; des services offerts aux utilisateurs. Traduites en scores, elles
fonctionnent comme indices d’influence ou de sociabilité. Elles sont donc non seulement rendues
publiques, mais socialisées ou éditorialisées. Des applications comme Klout se chargent même de
reconvertir ces données quantitatives en qualitatif : calculée à partir d’indicateurs prélevés dans les
réseaux sociaux, la mesure d’influence est ensuite traduite en « style » : &lt;em&gt;curator&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;observer&lt;/em&gt;,
&lt;em&gt;conversationalist&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;celebrity&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;explorer&lt;/em&gt;, etc. Ainsi, la calculabilité des traces ne documente pas
seulement les individus : elle les catégorise et les qualifie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dès lors qu’elles sont ainsi industriellement mesurées, les données enregistrées ne se
distinguent plus de celles que produisent les applications. Une fois le profil activé, les plateformes
cherchent de fait à l’enrichir en multipliant automatiquement les traces qui lui seront associées.
Suggestions de nouveaux contacts à partir des habitudes ou de la géolocalisation, duplication et
transfert des données vers d’autres sites, profils factices d’acheteurs similaires, etc. Les API
accélèrent et banalisent cette déliaison, érigée en système par le protocole &lt;em&gt;Open Graph&lt;/em&gt; de
Facebook. Dans ce dispositif, à chaque fois qu’un internaute s’enregistre auprès d’une nouvelle
application en utilisant les données de son compte, il doit l’autoriser à exploiter son graphe social
ou à « publier en son nom ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Écrites par les agents logiciels chargés de les agencer et de les diffuser, les traces se détachent
ainsi de la personne pour mener une existence autonome, hors de notre contrôle ou de notre
assentiment. Séparées de toute énonciation, elles radicalisent le principe de coupure propre à toute
écriture et façonnent une sociabilité qui n’est pas l’effet de rapports sociaux, mais d’une délégation
machinique de nos relations.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;indexations&quot;&gt;Indexations&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Pour les prestataires de services comme pour les individus, la déliaison n’a d’utilité que parce
qu’elle permet une indexabilité généralisée des identités. Affranchies des contingences du corps et
du contexte, les traces font de chaque individu un signifiant discrétisé, disponible pour les fouilles
de données, les requêtes, les agrégations et, bien sûr, les monétisations. Indéfiniment
redocumentarisé, l’homme devient ainsi « un document comme les autres » Ertzscheid (2009), ou
plus exactement un &lt;em&gt;individu-data&lt;/em&gt; : un assortiment de ressources pour de possibles agencements.
Googlisé, rubriqué (123People ou Webmii), échantillonné (Intellius), géolocalisé (Foursquare)
ou recommandé (Meetic ou LinkedIn), l’utilisateur fait l’objet d’une multitude de lectures
algorithmiques qui le rendent assimilable aux réseaux eux-mêmes. À la fois étiquette et étiqueté, il
sert à valoriser les contenus qui lui sont associés, tout en étant lui-même référencé et évalué. Dans
ces traitements, les indices de sa présence ne sont plus les empreintes d’un &lt;em&gt;ça-a-été&lt;/em&gt; (Barthes),
mais les indicateurs de transactions possibles. Les traces qu’il laisse et qui témoignent de sa
navigation, de ses lectures, de ses achats ou de ses relations sont reconverties en unités
documentaires utilisables par autrui. La généralisation des accès mobiles accentue encore le
phénomène. Les informations autrefois assignées à l’espace clos de nos disques durs et qui
n’avaient d’utilité qu’individuelle (aide-mémoire, astuces, raccourcis…) sont désormais reversées
dans des espaces semi-publics accessibles de partout, d’où elles ne tardent pas à se propager pour
réapparaître comme documents. Voyant ses traces remonter dans les résultats des moteurs de
recherche, l’utilisateur s’habitue alors au nivellement et à la contamination généralisée des
couches documentaires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Incité à nourrir toujours plus les bases de données, il se prête alors au jeu de l’indexation, en
consignant lui-même ses activités. Les sédimentations auxquelles il se prête renforcent son degré
de &lt;em&gt;searchability&lt;/em&gt; (Boyd, 2007) et densifient les connexions entre ses données, assurant réplication
et interopérabilité. Synchronisation de ses statuts (Pearltrees et Twitter), intégration de ses écoutes
(Spotify et Facebook), publication de ses &lt;em&gt;playlists&lt;/em&gt; (iTunes et Genius) : chaque information
produite ou consommée &lt;em&gt;ici&lt;/em&gt; se répercute &lt;em&gt;ailleurs&lt;/em&gt;, passant avec fluidité de son monde propre à ses
cercles et de ses cercles à l’ensemble du réseau. L’individu se retrouve ainsi dans un monde où,
pour la première fois, tout est susceptible d’être documenté. Ce principe d’hyperdocumentation
(Martel, 2011) redimensionne les contours mêmes de la personne à l’échelle des &lt;em&gt;big data&lt;/em&gt;.
Produisant une infinité de notations infinitésimales, la traçabilité numérique fait de chaque
individu un personnage borgésien : tel Funes&lt;sup id=&quot;fnref:4&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:4&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; , l’usager des réseaux enregistre d’innombrables
détails aussi exacts que futiles, alimentant une anti-mémoire sans oubli.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Initié en 1998, le programme de Gordon Bell &lt;em&gt;MyLifeBits&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:5&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:5&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; a été l’un des premiers à anticiper
cette évolution. Conçue comme un projet de stockage intégral de toutes les données composant
une vie, cette entreprise signifie moins par son gigantisme quelque peu naïf que par la réflexivité
qu’elle introduit dans la traçabilité. Opposé au partage des données sur les réseaux sociaux,
Gordon Bell ne conçoit cependant cette réflexivité que dans le cadre d’une usage strictement privé
des traces, ignorant la dynamique des propagations réticulaires. Plus récemment, le courant du &lt;em&gt;self
quantified&lt;/em&gt; réalise quant à lui la synthèse entre hyperdocumentation et publication. Témoignant
d’une intériorisation de la calculabilité, le &lt;em&gt;lifelogging&lt;/em&gt; intègre la logique qui veut que toute
information enregistrée soit reversée au profit d’une communauté. Les données factuelles
(dépenses effectuées, nutrition, évolution d’une maladie, fréquence des rapports sexuels,
changements de poids, nombre d’heures de sommeil, etc.) ne sont pas seulement consignées : elles
sont analysées, éditorialisées et mises en commun. Un marché s’est développé pour appareiller le
traitement et la circulation de ces comptabilités, comme en témoigne la multiplication des
applications mobiles dédiées à la surveillance de soi. Quelle que soit leur finalité, ces pratiques
attestent d’une mutation dans la relation de l’homme à ses traces. Au sentiment intérieur de soi,
s’est substituée une croyance dans la mémoire des données brutes (la mémoire brute des données),
d’autant plus parlantes qu’elles sont insignifiantes et récoltées en masse.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;réappropriation&quot;&gt;Réappropriation&lt;/h2&gt;

&lt;h3 id=&quot;désaffections&quot;&gt;Désaffections&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;L’enjeu, on l’aura compris, porte sur le passage du stockage des données à la constitution de
mémoires. Qui a les moyens d’assurer la conversion des traces en documents ? Est-ce du ressort
des firmes, des individus, du collectif ? Pour le moment, nos données font l’objet d’une
expropriation menée par les principaux acteurs du Web. Même quand nous en sommes
juridiquement propriétaires, elles nous sont confisquées par les conditions générales d’utilisation
des plateformes. « Les CGU tirent leur force du fait qu’elles ne sont pas négociables par les
utilisateurs des services en ligne et qu’une fois acceptées, l’utilisateur se trouve lié à ces règles par
sa propre volonté ». Il a ainsi suffi à Twitter de changer ses CGU « pour obtenir rétroactivement
des droits très étendus sur les contenus de ses utilisateurs et revendre deux ans d’archives à des
sociétés anglaises de &lt;em&gt;datamining&lt;/em&gt; (Maurel, Fradin et Boucharlat, 2012).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les réseaux sociaux ne peuvent toutefois fonctionner que si nous cédons au prestataire de
service les droits nécessaires au partage et à la connectivité. Entre économie marchande et
économie de la contribution, la sociabilité numérique appelle en fait une réflexion sur les
mécanismes d’appropriation des traces plus encore que sur les régimes de propriété. La migration
des données vers le &lt;em&gt;Cloud&lt;/em&gt; rend d’autant plus urgente cette réflexion. Sorte de paradis fiscal
numérique, le nuage échappe aux lois des sociétés et ne peut être réglementé par des verrous
législatifs ou des principes coercitifs contraires à la circulation des flux. C’est d’une régulation par
les usages qu’il faut attendre les solutions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La première forme d’expropriation, on l’a vu, ce sont les rétentions non anticipées et non
désirées que les firmes pratiquent hors de toute négociation. La traçabilité numérique contredit
alors le fonctionnement de la mémoire, dont Halbwachs a montré qu’elle a besoin de plasticité :
mémoriser, c’est défigurer ses souvenirs en fonction de son histoire, de ses croyances, de son
milieu. Inversant le rapport séculaire entre mémoire et oubli, la documentation intégrale des
identités prive les individus comme les collectifs d’une fonction essentielle : celle d’organiser le
mémorable. L’enregistrement s’effectuant par défaut, c’est désormais l’effacement des traces et
non leur conservation qui exige volontarisme, dépense et savoir faire. Après avoir réclamé un
devoir de mémoire, les sociétés modernes se préoccupent donc aujourd’hui d’un droit à l’oubli.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En France, c’est ce droit qui sert de principe à la loi « Informatique et Libertés », mais il n’a
pas encore de définition juridique précise. En 2010, le secrétariat d’État chargé de la Prospective
et du Développement de l’économie numérique a cherché à en renforcer la mise en œuvre, en
proposant des « chartes du droit à l’oubli numérique » aux acteurs impliqués dans la publicité
ciblée, les sites collaboratifs et les moteurs de recherche. Les signataires étaient censés s’engager à
mettre en place des dispositifs de révision ou d’effacement des traces (délais de conservation
limités, suppression du cache de pages indexées, etc.). Contrariant les stratégies de monétisation
des profils, ces dispositions légales se sont logiquement révélées peu applicables. Nul ne s’est
d’ailleurs étonné que les deux principales firmes concernées par la demande sociale de régulation,
Google et Facebook, n’aient pas signé ces chartes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans les entreprises et les administrations, cependant, l’idée d’une purge régulière des données
fait son chemin. Outre l’obligation réglementaire de proportionner les délais de conservation à la
finalité, la suppression des traces peut servir les exigences de sécurité et de productivité.
« L’obésité des bases de données est un phénomène général qui grève les coûts et fait chuter les
performances. La purge des données serait ainsi à la fois au service des droits des individus et de
la seine gestion des entreprises » (Belleil, 2004). Les progrès permanents du &lt;em&gt;datamining&lt;/em&gt; poussent
toutefois les responsables marketing à conserver toujours plus de données en vue du ciblage
comportemental. La persistance et la prolifération des traces ont par ailleurs suscité l’apparition
d’un marché de l’oubli de plus en plus florissant. Ces nettoyeurs du Net et autres assurances en e-
réputation n’ont guère intérêt à voir se généraliser les pratiques de désherbage dans les entreprises.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’impuissance des solutions strictement techniques ou juridiques incite à penser l’oubli
numérique autrement. Détruire les données ou interdire leur accès reconduit le présupposé qui
veut que toute trace accessible soit exploitable. Relevant d’une mémoire de stockage et non de
commémoration, cette logique maintient l’opposition entre exposition et protection, sans laisser de
place à la dimension sociale de l’amnésie. À l’inverse des politiques d’amnistie qui décrètent
l’oubli pour garantir une appartenance, le nettoyage forcé des traces accentue les tensions entre les
usagers et les pouvoirs algorithmiques qui les traquent. Pour que l’oubli participe d’une véritable
régulation collective de la traçabilité, l’amnésie doit être posée comme « source et instrument de
possibles récalcitrances individuelles à la loi qui, toujours, les présuppose » (Rouvroy et Berns,
2010, p.100). Relevant d’un « métadroit à l’oubli » plutôt que d’une réglementation, le
désamorçage des traces passe en fait par l’usage, au travers de pratiques légales aussi bien
qu’illégales. Bricolages du « hacking citoyen »&lt;sup id=&quot;fnref:6&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:6&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ou abandon de contenus « périmés » par les
jeunes auteurs de skyblogs à chacune de leurs mues identitaires : l’oubli gagne à être pensé en
termes de désactivation sociale des traces plutôt que comme effacement informatique. Quand bien
même elles seraient techniquement indélébiles, rien ne nous oblige en effet à valider
l’interprétation algorithmique de nos traces en-dehors de leur contexte de communication. Pour
l’usager des réseaux sociaux en particulier, les données qu’il expose n’ont de valeur que le temps
d’une conversation ou d’une stratégie relationnelle menée à brève échéance. Ce sont des
« écritures qui sont d’abord là pour dire l’éphémère, qui revendiquent l’éphémère. Des écritures qui
parce qu’elles ne craignent pas de disparaître, […] deviennent progressivement des écritures de la
redondance, des écritures de l’inflation » (Ertzscheid, 2011). La récupération, le traitement différé
et le transfert de ces masses de données vers d’autres contextes ne constituent pas tant une
intrusion dans la vie privée qu’une négation du temps social de l’échange. Car plus que des
identités, ce sont bien des corrélations et des relations qui sont enregistrées, mais sans que le
facteur temps soit pris en considération (ou quand il l’est, c’est plus en fonction d’indices de
fréquence que de &lt;em&gt;vieillissement&lt;/em&gt;). « L’erreur est d’appliquer des raisonnements liés aux modèles de
l’archive à des activités qui n’ont pas vocation à en générer. […] L’usage de la photo sur
Facebook, [par exemple], est un usage relationnel. Une fois qu’elle a rempli sa fonction (créer du
lien, une fonction qui dure entre 24 et 72h), elle n’a plus lieu d’être » (Gunthert, 2010). Plutôt
qu’une protection des données, c’est donc la conversion de certains espaces en &lt;em&gt;friches numériques&lt;/em&gt;
qu’il faudrait peut-être encourager. Zones franches où les traces seraient accessibles mais
désactivées par l’usage, ces friches réintroduiraient dans le réseau l’épaisseur temporelle
nécessaire aux sédimentations de la mémoire que nous reconnaissons presque spontanément dans
notre usage des traces non numériques.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;adoptions&quot;&gt;Adoptions&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Pouvoir désaffecter ses traces ne suffit évidemment pas à en garantir la réappropriation. Pour
restaurer une culture de la mémoire, l’oubli doit s’articuler avec des pratiques d’adoption, par
lesquelles les utilisateurs retrouvent l’exercice d’un droit de sélection. C’est l’un des effets
inattendus des réseaux sociaux que d’avoir révélé la propension des internautes à se livrer à des
formes de cueillette et de collection, plutôt qu’à la publication de contenus inédits. « Révolution
de la consultation plutôt que de la production » (Gunthert, 2010), l’environnement numérique
développe avant tout des activités de lecture et de braconnage, telles que Certeau les a théorisées
comme &lt;em&gt;arts de faire&lt;/em&gt;. Mais à la différence du livre, l’Internet permet que se déposent les traces de
ces activités. C’est ce que proposent les pêle-mêle numériques comme Pinterest, Fffffound ou
visualizeUs. Sur ces plateformes, chacun peut se recréer un lieu propre où agencer les objets
trouvés au gré de sa navigation. Par le système de « l’épinglage », ces services permettent non
seulement de mettre de côté ses trouvailles, mais plus fondamentalement de transformer les traces
déposées en traces récoltées. Le produit de ces extractions n’est pas soustrait à l’espace où se
pratiquent les collectes. Les imports automatiques, l’intégration des médias sociaux (Digg, Flickr,
YouTube, Twitter, Tumblr…) et l’interfaçage 2.0 (&lt;em&gt;endless scolling&lt;/em&gt;, boutons, tags…) maintiennent
ces dépôts dans l’environnement même qu’ils documentent. Loin du modèle de la bibliothèque ou
de l’archive, qui suppose une coupure entre la trace et le flux, l’adoption garde vivant le lien qui
les relie, chaque objet collecté pouvant être à son tour remis en circulation par le jeu des emprunts.
À l’heure où les contenus semblent immédiatement et indéfiniment disponibles, cette « culture
anthologique » (Doueihi, 2008) n’a pas pour objectif de sauvegarder des objets menacés de
disparition. La thésaurisation ne se pense pas ici comme archive, mais bien comme mémoire. La
raison de ces collections est tout entière dans le geste d’élection qui prélève un fragment du flux
pour se l’approprier et le signaler aux autres comme trace identitaire. Les réserves ainsi produites
ne traitent pas du passé, mais du partage et du projet. S’ils paraissent grossir encore les stocks de
données, ces agrégats s’opposent donc en fait à l’hypermnésie numérique, par la réaffirmation
d’un pouvoir de sélection.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si la collection ouvre sur une réappropriation, c’est aussi parce qu’elle implique une
collectivisation des traces. « On échange de petits objets qui ne coûtent pas cher mais dont la
consommation en commun est précieuse, sur le modèle anthropologique du don contre-don »
(Gunthert). Ces cueillettes relèvent en ce sens de l’économie de la souscription généralisée par les
réseaux sociaux. « Après le &lt;em&gt;browsing&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;searching&lt;/em&gt; voici venu le temps du &lt;em&gt;“subscribing”&lt;/em&gt;. On ne
navigue plus, on ne recherche plus, on s’abonne, on “souscrit”. […] La dynamique [de ces
écritures de la souscription] est essentiellement temporelle, sur un rythme ternaire : diachronie,
synchronie, a-synchronie. » (Ertzscheid, 2011). Ces recueils produisent de la mémoire non par un
effet de persistance des traces, mais parce qu’ils assurent d’incessants passages entre intime et
commun, savoir et jeu, pratique populaire et savante. Au stade le plus élaboré, la collection se fait
espace de curation, concourant à la formation de nouveaux lieux théoriques ou esthétiques –
lesquels feront à leur l’objet de cueillettes et d’emprunts. Il est à ce titre significatif que ces
espaces communautaires attirent de plus en plus d’institutions patrimoniales, comme le musée des
Beaux-Arts de Lyon, le Musée des Augustins de Toulouse ou la bibliothèque numérique
Europeana. Même si leur propre activité est encore souvent verticale, leur présence sur ces
plateformes atteste une certaine reconnaissance de la valeur culturelle des échanges qui s’y jouent.
Après avoir longtemps ignoré la dimension mémorielle des réseaux, les fournisseurs de
services ont perçu cette aspiration à mémoriser et recomposer nos traces au sein d’espaces dédiés.
De 1000memories à 109Lab et de memory-life à Memolane, se sont multipliées les applications
prétendant « transformer la mémoire numérique en souvenirs »&lt;sup id=&quot;fnref:7&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:7&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; par assemblage, organisation et
partage des traces. Simples boîtes à souvenirs, frises chronologiques à parcourir ou régies
permettant de gérer toute la chaîne de traçabilité, depuis la numérisation jusqu’à la scénarisation,
les fonctions proposées sont variables. La finalité en revanche est la même : recycler les données
disséminées sur le réseau et assurer une maintenance mémorielle par socialisation des traces. Ces
services n’atteignent cependant pas toujours l’objectif affiché, du fait qu’ils automatisent ce que
les individus aspirent justement à faire d’eux-mêmes. Réintroduisant le traitement algorithmique
dans l’agrégation des traces, les souvenirs qu’ils produisent sont par définition artificiels et
déconnectés de tout contexte. Ce n’est que lorsqu’elles demandent une véritable pratique de
montage de la part des utilisateurs que ces applications jouent pleinement le rôle de
mnémotechnies.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;médiations&quot;&gt;Médiations&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;En se rationalisant, le recyclage des traces modifie peu à peu les modalités d’accès à l’information.
À la saisie d’une url ou d’une requête dans un moteur de recherche, se substitue un « &lt;em&gt;monitoring&lt;/em&gt;
de l’information » (Diallo, 2011), où le paramétrage des outils d’agrégation tient lieu de filtre
d’accès. Promu au rang de modèle exclusif, ce &lt;em&gt;monitoring&lt;/em&gt; risque d’entraîner une contraction des
horizons informationnels aux dimensions des univers individuels. Rivalisant les uns avec les
autres pour proposer l’information la plus personnalisée, les fournisseurs de services vont toujours
plus loin dans l’analyse automatique de nos parcours de vie. Ajustant les modes de recherche, de
navigation et de partage au profil de l’utilisateur, ils l’enferment progressivement dans sa propre
traçabilité. Insensiblement, nous prenons l’habitude de tout traiter à l’intérieur d’environnements
taillés sur mesure par des filtres algorithmiques. « Les images sous le verre ne sont pas
nécessairement des fenêtres vers la connaissance universelle, mais plutôt de simples hublots
donnant sur notre propre bulle digitale » (Kaplan, 2011). Après l’aliénation par déliaison, le
recyclage des traces fait donc peser la menace d’une « épuration identitaire » des communications
numériques : ce n’est plus le sujet qui s’adapte au milieu, mais le milieu qui se configure en
fonction de l’historique du sujet. L’individu se voit ainsi condamné à évoluer dans un « monde
propre » (Bougnoux, 1995) de plus en plus clos : il n’est plus virtuellement relié à la totalité du
réseau. Typiquement, le développement du &lt;em&gt;social search&lt;/em&gt; va dans le sens de cette contraction des
« distances informationnelles » (Rieder, 2010). Filtrant les résultats en fonction des données
associées au compte de l’utilisateur dans l’ensemble des services où il est actif (Gmail, Google
Docs, Groups, Picasa, Maps, Reader, etc.), Google ne remonte pas la même réponse à tous les
usagers. Ne cherchant plus que dans ses propres traces et celles de son graphe social, l’internaute
voit ses opportunités heuristiques se réduire aux contenus classés comme compatibles. S’il gagne
en pertinence, il perd en revanche en probabilité d’être confronté à des formes d’altérité qui
constitueraient un risque intellectuel ou relationnel.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans les plateformes de collecte ou de curation, l’enjeu est donc bien de reprendre la main sur
l’organisation des distances et des proximités. Plus le degré d’éditorialisation, de montage et de
création est élevé, plus les voisinages obéissent à d’autres logiques que celles des algorithmes
affinitaires. Se réapproprier ses traces, c’est passer d’une traçabilité des personnes à une traçabilité
des contenus, en restaurant la diversité des manières de relier : ordre alphabétique, hiérarchie,
filiation, thème, chronologie, projet, préférence, hasard… C’est à ce prix que sera maintenue la
possibilité d’un espace commun, ouvert et non programmable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plutôt que de restreindre ou protéger ses données, l’internaute a donc intérêt à &lt;em&gt;faire trace&lt;/em&gt;, c’est-
à-dire à inscrire ses empreintes dans une communauté, un contexte et une temporalité. Pour
s’affranchir de l’algorithmie profilaire qui cloisonne les univers informationnels, la traçabilité doit
être reconnectée à des collectifs mémoriels. Un temps suspendue par la promesse d’immédiation
des services numériques, la question de la médiation revient ainsi au premier plan. Face à la
massification des données personnelles, l’usager a besoin de « bibliothécaires de soi » pour l’aider
à entrer vivant dans l’archive et développer une nouvelle « science de la mémoire » (Martel,
2011). Le détour par un médiateur n’a pas ici pour but d’augmenter la rentabilité des traces, mais
d’accompagner leur assimilation culturelle. L’enjeu est de résister à la privatisation des mémoires,
en recourant à des agents de dépersonnalisation, garants d’une meilleure transparence dans le
traitement de nos données.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des initiatives individuelles aux politiques institutionnelles, ces médiations peuvent prendre
différentes formes. Les artistes et les écrivains sont logiquement les premiers à avoir proposé des
dispositifs pour transformer la traçabilité en acte mémoriel. Dans &lt;em&gt;My Google Search history&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:8&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:8&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ,
Albertine Meunier fait par exemple de l’archivage intégral de ses requêtes depuis 2006 le principe
d’une autobiographie baroque où le miroitement écrit, sonore et numérique des traces devient
l’œuvre d’une vie. Cécile Portier organise quant à elle des ateliers&lt;sup id=&quot;fnref:9&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:9&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; où elle accompagne des
adolescents dans la transformation des traces en fictions. Jouant des inventaires, des graphes, des
données identitaires ou de géolocalisation, elle fait de la traçabilité numérique la matière première
et le &lt;em&gt;champ&lt;/em&gt; d’une écriture. Transposée dans le registre de l’invention, l’indexation des individus
devient alors libératrice, à la fois source de récalcitrance et d’intelligence.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une autre forme de réappropriation consiste à intégrer les traces d’usage dans des programmes
de redocumentarisation de portée patrimoniale. Le projet &lt;em&gt;PhotosNormandie&lt;/em&gt; initié par Patrick
Peccatte et Michel Le Querrec constitue l’exemple le plus abouti de cette coopération entre
mémoires individuelles et collectives. Basée sur le principe de l’indexation collaborative,
l’initiative consiste à recourir au réseau social Flickr pour documenter un fonds d’images
d’archives relevant de l’histoire commune. L’intelligence des traces vient ici de l’articulation de
degrés d’expertise divers. Programmateurs, iconographes, archivistes, historiens ou simples
témoins, le projet permet à des compétences complémentaires de converger vers une même
production de savoir. Utilisant toutes les ressources disponibles (ouvrages, magazines, forums
spécialisés, moteurs de recherche d’images, plateformes de partage de vidéos, folksonomies), le
collectif permet de repenser la traçabilité comme moyen de connaissance.
Pourtant sollicitées, les collectivités territoriales n’ont malheureusement pas participé à cette
entreprise. C’est le signe d’une absence de maturité des pouvoirs publics sur ces questions, dont
on peut espérer qu’elle sera progressivement corrigée par le renouvellement des personnels et
l’ouverture croissante des administrations aux logiques de réseau. D’autres projets témoignent
d’ailleurs de la disposition d’un nombre toujours plus grand d’institutions culturelles à investir le
web comme outil de transmission du patrimoine. C’est notamment le cas du programme &lt;em&gt;The
Commons&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:10&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:10&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; initié par la Bibliothèque du Congrès, du &lt;em&gt;Steve Project&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:11&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:11&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; associant différents musées
américains et d’un certain nombre de photothèques départementales recourant au &lt;em&gt;croudsourcing&lt;/em&gt;
pour compléter l’indexation de leur fonds.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À un niveau supérieur, le dépôt légal du Web, désormais opérationnel dans plusieurs pays,
engage les communautés nationales dans des programmes de patrimonialisation des flux. Traitées
comme ressources scientifiques et comme bien commun, les données embarquées dans les
contenus archivés échappent alors aux stratégies de traçage où elles étaient prises. À l’Ina,
l’indexation &lt;em&gt;full text&lt;/em&gt; des sites &lt;em&gt;sans ranking&lt;/em&gt; « assure [ainsi] une neutralité des réponses et, par là
même, offre une garantie au chercheur en même temps qu’un contrepoids à la substitution de la
mémoire collective par les monopoles industriels du Web mondial » (Mussou, 2012). Attestée,
datée et temporellement navigable, l’archive renvoie à l’utilisateur une autre image du Web : la
Toile n’est plus une surface sous laquelle opèrent d’invisibles corrélations entre des traces sans
mémoire, mais le produit d’une écriture &lt;em&gt;dans le temps&lt;/em&gt;, qu’il est possible de remonter, d’observer
et d’étudier. Les choix tant techniques que documentaires ou ergonomiques visent en effet à
« coller au plus près à la fréquence de mise à jour des pages, ajuster à la taille des sites les
profondeurs de collecte par les robots, assurer une veille permanente pour suivre l’apparition des
contenus, leur évolution, ou même anticiper leur disparition » (Mussou).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans toutes ces opérations, le passage des traces individuelles au patrimoine concourt à la
formation d’une compétence numérique qui est aussi une &lt;em&gt;littératie&lt;/em&gt; mémorielle. La médiation des
bibliothèques, musées ou archives institutionnelles apporte la garantie d’une traçabilité ouverte,
durable, collective. Combinant science des métadonnées, politique culturelle et présence
numérique, ces hybridations de données personnelles et publiques substituent aux profils des
savoirs &lt;em&gt;incorporés&lt;/em&gt;. Ceux-ci ne sauraient cependant se construire du dehors ou verticalement. Pour
être efficiente, cette mémoire des traces a besoin de se greffer sur des &lt;em&gt;arts de faire&lt;/em&gt; et des bases
communes. Or, usages et représentations du Web peinent encore à se départir d’une utilisation
purement individualiste et consumériste. Si une politique mémorielle du numérique n’investit pas
massivement tous les lieux de médiation, à commencer par l’école, les efforts pionniers de
quelques institutions culturelles n’y suffiront pas. À ce jour, l’immobilisme craintif des
programmes et des règlements, relayé par l’hypocrisie des mass media, empêche de recentrer
l’apprentissage de la lecture et de l’écriture autour de cette culture des traces. Si la méfiance ou
l’inquiétude prédominent encore, un nombre croissants de cadres et d’enseignants manifestent
toutefois le désir de développer une telle intelligence. Gageons que les élèves, de toute façon, les y
obligeront…&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;anticipations&quot;&gt;Anticipations&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Traces désaffectées, adoptées ou médiées, la réappropriation mémorielle appelle toujours une
&lt;em&gt;différance&lt;/em&gt; : on ne passe pas directement des empreintes à la mémoire par &lt;em&gt;mashups&lt;/em&gt; ou API. La
traçabilité doit en ce sens être repensée de manière graduée, en fonction des degrés de partage et
de contribution. En bas de l’échelle, aux indices d’attention et de navigation traités par les
algorithmes correspond une traçabilité aveugle que l’utilisateur ne peut contrôler. À l’échelon
supérieur, ses activités de connexion et de recommandation fabriquent une traçabilité concédée ou
négociée, qui peut relever d’une forme d’intelligence tactique. Enfin, la redocumentarisation
collective des traces, réinvesties comme mémoire, met en œuvre une traçabilité assumée et
habitée. D’un degré à l’autre, il ne s’agit pas seulement de passer de la consommation à la
participation, mais aussi d’une modalité mémorielle à une autre : d’abord simple stockage des
données, l’enregistrement des traces gagne ensuite une dimension éditoriale, puis documentaire et
patrimoniale. Des indices trahissant une présence individuelle, on débouche sur une nouvelle
forme de traces mnésiques, prothèses pour une réflexivité de la communauté.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le défi consiste à se donner les moyens de regagner une expertise mémorielle aujourd’hui
accaparée par quelques firmes, dont l’intérêt est de confiner l’usage dans le présent perpétuel de la
consommation. « Une mémoire dont nous reprendrions le contrôle devrait être avant tout
exportable, et donc s’inscrire dans un format standardisé ouvert. Elle devrait être indépendante des
systèmes et des outils, et pouvoir s’étendre à l’ensemble de nos activités. Elle devrait être
protégeable, interrogeable, configurable et archivable. Son usage ne devrait pas être réservé à des
spécialistes de la gestion de l’information, mais aussi accessible que Facebook ou Google »
(Gunthert, 2012). Pour que puisse s’exercer une telle compétence, plutôt qu’exhorter l’utilisateur
à protéger ses données apprenons-lui à leur affecter des finalités en fonction de ses attentes et des
intérêts de sa communauté.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les formes d’intrusion et de déliaison qu’on a signalées s’inscrivent dans une logique
probabiliste, où le traitement des données vise à prédire le comportement des utilisateurs. Appuyée
par le formalisme du Web sémantique, la raison algorithmique cherche à exclure toute incertitude,
en calculant les variantes et en apportant une réponse avant même que soit formulée la question.
Dans cet univers de probabilités, l’individu voit ses désirs devancés, mais il ne dispose plus du
moindre espace où exercer une liberté. Le droit de se retirer, d’oublier, d’inventer ou de bifurquer
lui est contesté. Quant au corps politique, il est privé de toute action et de toute volonté par le
désamorçage des possibles sursauts de l’histoire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À cette anticipation statistique des manières d’agir, nous devons donc opposer une anticipation
réflexive, où c’est le sujet qui projette l’exploitation de ses traces. Le fonctionnement même de la
traçabilité numérique incite à passer ainsi d’une gestion du passé à une gestion de l’avenir. On l’a
vu, la documentation des individus comme des contenus n’est plus une couche secondaire qui
s’ajoute à des formes stabilisées, mais une fonction qui s’exerce à la volée, dès la publication.
Développer une compétence numérique revient donc de plus en plus à anticiper le devenir trace de
sa présence en ligne. Pour y parvenir, usagers, fournisseurs de service et acteurs économiques ont
besoin que soient mis en place des dispositifs non contraignants, facilitant la circulation des
données tout en limitant les formes d’expropriation. C’est dans cet esprit que nous proposons, sur
le modèle des licences &lt;em&gt;Creative commons&lt;/em&gt;, un système d’&lt;em&gt;identity commons&lt;/em&gt;. Déclinant les
différents degrés de traçabilité, cet outil permettrait à l’utilisateur de flécher lui-même ses données
en fonction du profit qu’il compte en tirer. Implémenté dans l’interface des navigateurs ou des
applications sous forme d’une signalétique, ce dispositif n’impliquerait pas une transformation en
profondeur des processus d’inscription. Le principe n’est pas de verrouiller l’exploitation des
traces, mais d’en restaurer l’intelligence en incitant les acteurs à respecter certains principes de
proportionnalité. Dans un esprit similaire, les licences imaginées par Thomas Saint-Aubin, sous le
nom de &lt;em&gt;Design your privacy&lt;/em&gt;, proposent un référentiel de permissions et de contraintes destiné à
s’insérer dans un cadre juridique européen renouvelé. L’objectif est ici de « permettre à l’individu
de définir les politiques d’accès, de diffusion et de réutilisation de ses données personnelles, avec
des déclinaisons selon que ces données sont disponibles en stock (permettant le téléchargement
des données) ou en flux (permettant l’utilisation via une API), et que ces données soient
nominatives ou non » (Saint-Aubin, 2012).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On peut donc à ce stade tenter de décrire la répartition des tâches qui reviendraient
respectivement aux usagers, aux prestataires de services et aux institutions pour garantir une
assimilation culturelle de la traçabilité. Aux utilisateurs, revient la responsabilité de déployer des
formes de réflexivité équivalant à &lt;em&gt;écrire ses traces&lt;/em&gt;, avec tout ce que cela implique de partage, de
mémoire et de jeu. Aux intermédiaires – marchands ou non marchands –, revient la charge de faire
évoluer l’offre servicielle et l’interfaçage des traces vers des dispositifs autorisant anticipation et
mémorisation plus que protection ou exhibition. Aux médiateurs institutionnels enfin, revient la
mission de mettre en œuvre des politiques de dépersonnalisation et de mise en commun des traces
au sein d’espaces publics de mémoire et de savoir. Dans chacun de ces registres, des avancées non
négligeables ont déjà été effectuées, mais il reste à les articuler au sein d’une même ambition,
aussi bien sociétale que stratégique ou scientifique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À l’heure où l’ouverture des données devient une dynamique économique et politique,
l’exploitation des empreintes laissées par les utilisateurs ne peut plus se cantonner dans des
logiques de surveillance et de profilage. Sans cesser d’être des ressources essentielles au
commerce et à la sociabilité en réseau, les données personnalisées doivent trouver leur place dans
un nouvel écosystème de services et un nouveau contrat social. Appelées à alimenter des
agencements collectifs d’énonciation, et plus uniquement des combinaisons algorithmiques
d’indices, elles ont besoin que soient mises en place des prothèses mémorielles adaptées à
l’hybridation des espaces et la fluidité des échanges. Dans cette perspective, l’identité numérique
ne doit plus être pensée comme agrégat de traces calculées, mais comme &lt;em&gt;présence&lt;/em&gt;. Ni stock, ni
calcul, la présence se déploie dans le temps : elle est imprévisible et fondamentalement sociale.
Elle s’adosse à une compétence, qui n’est autre que la capacité à convertir les logiques de traçage
en logiques d’intégration, de transmission et d’innovation. À travers les principes d’adoption, de
médiation et d’anticipation, on a tenté d’indiquer quelques-unes des directions que peut prendre
cette réappropriation de nos traces. Reste à généraliser et institutionnaliser ces pratiques encore
expérimentales, si l’on veut que l’environnement numérique nourrisse un nouvel humanisme.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;références-biblio-sitographiques&quot;&gt;Références biblio-sitographiques&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Bachimont B. (2004). Arts et sciences du numérique : ingénierie des connaissances et critique de
la raison computationnelle. Mémoire de HDR, UTC. Compiègne.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Barthes R. (1980). La Chambre claire. Note sur la photographie, Cahiers du cinéma, Gallimard,
Seuil.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Belleil A. (2004). « Archivage électronique et protection des données personnelles »,
Security.com, http://www.cecurity.com/site/html/article_archivage_et_donnees_pers.php&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bomsel O. (2010). L’Economie immatérielle, Industries et marchés d’expérience, Gallimard.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bougnoux D. (1995). La Communication contre l’information, Hachette, 143 p.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Boyd d. (2007). « Why Youth ♥ Social Network Sites : The Role of Networked Publics in Teenage
Social Life », in D. Buckingham (ed.), Youth, Identity and Digital Media, The MIT Press,
pp. 119-142.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bourdieu P. (1980). Le sens pratique, Éditions de Minuit.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Certeau M. de (1980). Arts de faire, L’Invention du quotidien 1, 10/18.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deleuze G., Gattari F. (1975). Mille Plateaux, Seuil.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Diallo M. D. (2011). « L’ingénierie sociale des “traces données” dans le nouvel écosystème de
l’information ». 18e Colloque bilatéral franco-roumain Traces, mémoire et communication,
Bucarest, http://www.cbfr.eu/?page_id=551.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Doueihi M. (2008). La Grande conversion numérique, Seuil.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Doueihi M. (2011). Pour un humanisme numérique, Seuil.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ertzscheid O. (2009). « L’homme est un document comme les autres : du World Wide Web au
World Life Web », Hermes, n°53, p.33-40.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ertzscheid O. (2011). « Les 5 moments de l’écriture en réseau : les moteurs comme scripteurs »,
Affordance.info, 20/02/2011 http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/02/les-5-moments-ecriture-web-reseau.html&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Forestier F. (2012). « Théorie architecturale et bibliothèque », In Architecture et bibliothèque
1992-2012 : 20 ans de constructions (à paraître)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Georges F. (2009). « Représentation de soi et identité numérique. Une approche sémiotique et
quantitative de l’emprise culturelle du web 2.0 », Réseaux, 2009/2, N°154, p. 165-193.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ginzburg C. (1986). Mythes, emblèmes et traces, morphologie et histoire, recueil de textes parus
entre 1961 et 1984, Giulio Einaudi, Turin, traduction Flammarion 1989.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Guillaud H. (2012). « Privly : utiliser les services web sans leur confier nos contenus ».
InternetActu, 12/04/2012 http://www.internetactu.net/2012/04/12/privly-utiliser-les-services-web-sans-leur-confier-nos-contenus/.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Guillaud H. (2012). « Réutilisation des données personnelles : Rendre leurs données aux
utilisateurs (suite de 4 articles) http://www.internetactu.net/2012/06/19/reutilisation-des-donnees-personnelles-14-rendre-leurs-donnees-aux-utilisateurs/&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Gunthert A. (2010). « Internet est une révolution de la consultation plus que de la production »,
entretien avec H. Guillaud, InternetActu.net, 03/02/2010.
http://www.internetactu.net/2010/02/03/andre-gunthert-internet-est-une-revolution-de-la-consultation-plus-que-de-la-production/&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Gunthert A. (2012) « Politique de la mémoire », Totem, 25/02/2012,
http://culturevisuelle.org/totem/1605&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Kaplan Fr. (2011). « Chacun sa bulle digitale », Frédéric Kaplan, 29/11/2011,
http://fkaplan.wordpress.com/2011/11/29/chacun-dans-sa-bulle-digitale/&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Krämer S. (2012), « Qu’est-ce donc qu’une trace, et quelle est sa fonction épistémologique ? État
des lieux », Trivium [En ligne], 10 | 2012, mis en ligne le 30 mars 2012
http://trivium.revues.org/4171&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Martel M. (2011). « L’Hyperdocumentation et la mémoire qui fabrique le futur », Argus, vol. 40, n°1.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Maurel L., Fradin A. et Boucharlat M. (2012). « Conditions générales de mystification », Owni http://owni.fr/2012/04/04/conditions-generales-de-mystification/&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Melot M. (2006). Préface à Roger T. Pédauque, Le document à la lumière du numérique, Caen, C&amp;amp;F éditions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Merzeau L. (2007). « De la vidéosphère à l’hypersphère », Médium, 13 (2007) p.3-15.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Merzeau L. (2009). « Du signe à la trace, ou l’information sur mesure », in Traçabilité et réseaux, Hermès 53, coord. par M. Arnaud et L. Merzeau, CNRS éditions, pp. 23-31.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mussou Cl. (2012). « Et le Web devint archive : enjeux et défis », Le Temps des médias, n°19,
2012/2 – repris dans E-dossiers de l’audiovisuel : Sciences humaines et sociales et patrimoine numérique
http://www.ina-sup.com/ressources/dossiers-de-laudiovisuel/les-e-dossiers-de-laudiovisuel/et-le-web-devint-archive-enjeux-e&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Rieder B. (2010). « Pratiques informationnelles et analyse des traces numériques : de la représen-
tation à l’intervention », Études de communication, n° 35, 2010.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Rouvroy A. et Berns Th. (2010). « Le nouveau pouvoir statistique. Ou quand le contrôle s’exerce
sur un réel normé, docile et sans événement car constitué de corps “numériques” », Multitudes,
2010/1 N° 40.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Saint-Aubin Th. (2012). « Design your privacy : pour une licence de partage des données
personnelles », InternetActu, 22/06/2012, http://www.internetactu.net/2012/06/22/design-your-privacy-pour-une-licence-de-partage-des-donnees-personnelles/&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Stiegler B. (1997). « Perspectives : relations entre besoins, attentes et usages », Évolution des
usages et croissances, Actes du Forum France Télécom Recherche, Memento, n°10.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Stiegler B. (s.d.). Article « Individuation », glossaire d’Ars Industrialis, http://arsindustrialis.org/individuation&lt;/p&gt;

&lt;style&gt;
p {text-align:justify;}
&lt;/style&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:1&quot;&gt;
      &lt;p&gt;http://www.bis.gov.uk/news/topstories/2011/nov/midata &lt;a href=&quot;#fnref:1&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:2&quot;&gt;
      &lt;p&gt;http://fing.org/?-MesInfos-les-donnees-personnelles- &lt;a href=&quot;#fnref:2&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:3&quot;&gt;
      &lt;p&gt;http://forrester.typepad.com/groundswell/2007/04/forresters_new_.html/ &lt;a href=&quot;#fnref:3&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:4&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir J.L. Borgès, « Funes ou la mémoire », Fictions, &lt;a href=&quot;#fnref:4&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:5&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Les résultats de cette expérience ont été publiés par Jim Gemmel et Gordon Bell dans Total Recall (trad. Flammarion 2011). &lt;a href=&quot;#fnref:5&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:6&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir le « kit citoyen anti-surveillance » imaginé par Geoffrey Dorne (http://graphism.fr/prsentation-de-hacking-citoyen-le-1er-juin-paris). &lt;a href=&quot;#fnref:6&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:7&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Accroche de 109lab, http://www.109lab.com/. &lt;a href=&quot;#fnref:7&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:8&quot;&gt;
      &lt;p&gt;http://www.albertinemeunier.net/google_search_history/ &lt;a href=&quot;#fnref:8&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:9&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Projet Traque traces, http://petiteracine.net/traquetraces/node/137 &lt;a href=&quot;#fnref:9&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:10&quot;&gt;
      &lt;p&gt;http://www.flickr.com/commons &lt;a href=&quot;#fnref:10&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:11&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Guggenheim Museum, Cleveland Museum of Art, Metropolitan Museum of Art, San Francisco Museum of Modern Art : http://www.steve.museum/ &lt;a href=&quot;#fnref:11&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Hommage à Louise</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/09/27/hommage-a-louise"/>
   <updated>2017-09-27T04:48:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/09/27/hommage-a-louise</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Ma prise de parole lors de l’hommage &lt;a href=&quot;http://www.dicen-idf.org/180-secondes-pour-louise-ceremonie-hommage-a-louise-merzeau/&quot;&gt;«180 secondes pour Louise»&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Louise était ma directrice de thèse, et bien plus. Notre histoire commence fin 2012 lorsque Louise nous contacte avec Sylvia Fredriksson et Nicolas Loubet pour écrire un article sur &lt;a href=&quot;http://enmi12makingof.tumblr.com/&quot;&gt;un dispositif&lt;/a&gt; que nous avions monté en marge des ENMI&lt;sup id=&quot;fnref:ENMI&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:ENMI&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Pour Louise, ces premières discussions ont été le début d’une série d’articles&lt;sup id=&quot;fnref:serie&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:serie&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; dont le dernier en 2016 sur &lt;a href=&quot;http://merzeau.net/le-profil-une-rhetorique-dispositive/&quot;&gt;la rhétorique dispositive&lt;/a&gt;. Pour moi, c’était un tournant, une prise de conscience. Louise, en théorisant ce qu’on avait réalisé avec Sylvia, Nicolas et une trentaine d’étudiants, a généré une ouverture. C’était le terreau pour une proximité intellectuelle, une proximité d’idées, de projets, de collaboration, et le terreau finalement pour une thèse.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je retiens de Louise son accueil chaleureux lorsque j’évoquais avec elle mon projet et une éventuelle codirection. Je n’avais pas encore mesuré ma chance.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une lumière s’est éteinte, pour la communauté, pour ces multiples réseaux dans lesquels elle s’était investie, mais aussi une lumière particulière pour ses étudiants, avec qui elle entretenait une relation humaine et intellectuelle très investie. Nous perdons un ancrage, un pilier, une lectrice, notre première lectrice, celle à qui on s’adressait en écrivant. Je pense à toutes ces questions qui resteront sans réponse. Questions qu’il faut transformer en autant d’impulsions à poursuivre notre travail, dans le sillage du sien.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je retiens de Louise-directrice-de-thèse une très grande confiance, mais aussi un investissement qui venait contredire le semi-mythe du directeur absent, inaccessible, qui ne lit jamais les travaux. Combien de doctorants peuvent se targuer d’avoir pu improviser une journée entière d’intense réflexion avec son directeur ? Louise faisait ça, ça se passait chez elle, rue des Pyrénées, la thèse n’avait pas commencé, et je m’en rends compte aujourd’hui, c’était sa façon d’initier plusieurs années de projet et de collaboration, sa façon de me mettre sur des rails, où chaque mot pesé ensemble avec soin préfigurait une piste et une direction. Nous avons perdu notre lectrice, mais nous n’avons pas perdu notre direction.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans un autre registre, plus récemment, je me souviens de Louise les pieds dans l’eau tout simplement, sur une plage de Normandie. C’était en juin dernier, nous étions &lt;a href=&quot;http://www.ccic-cerisy.asso.fr/humanitesnumeriques17.html&quot;&gt;en colloque à Cerisy&lt;/a&gt; pour la semaine, et après une journée particulièrement intense de chaleur, nous sommes partis sur un coup de tête à trois avec une collègue de Montréal, partis voir la mer, se tremper les pieds et se rafraîchir. Quelques instants de liberté dans le carcan que peut être Cerisy. Louise nous avait raconté ses origines, sa maison en Charente, sa passion pour les baleines. Avec Marcello Vitali-Rosati, nous l’avions invitée à Montréal pour une conférence cet automne et elle comptait bien en profiter pour aller voir les baleines sur le Saint-Laurent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Marcello d’ailleurs se joint à nous et profite de mes 3 minutes pour exprimer toute sa reconnaissance à Louise.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour finir, je retiendrai de Louise sa liberté intellectuelle, sa capacité à bousculer les cadres, un savoir-être-chercheur et un engagement qu’elle appliquait dans chacun de ses réseaux, et qui s’incarnait, je crois, dans ce souci permanent du collectif, une rhétorique du commun, ce qu’elle appelait «reconstruire le nous».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il faut maintenant reprendre à notre compte ce magnifique projet, pour que la recherche s’inscrive aussi dans les urgences du monde.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;À Bientôt Louise.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:ENMI&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Les entretiens du nouveau monde industriel - &lt;a href=&quot;http://enmi-conf.org/&quot;&gt;http://enmi-conf.org/&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;#fnref:ENMI&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:serie&quot;&gt;
      &lt;ol&gt;
        &lt;li&gt;Louise Merzeau. « Éditorialisation collaborative d’un événement ». Communication et organisation, no 43 (1 juin 2013), 105‑22. &lt;a href=&quot;http://communicationorganisation.revues.org/4158&quot;&gt;&amp;lt;doi:10.4000/communicationorganisation.4158&amp;gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
        &lt;li&gt;Louise Merzeau. « Entre événement et document : vers l’environnement-support ». Les Cahiers de la SFSIC, Société française des sciences de l’information et de la communication, 2014, pp.230-233. http://www.sfsic.org/index.php/services-300085/bibliotheque/publications-de-la-sfsic/720-cahiers-de-la-sfsic-nd9-janvier-2014. &lt;a href=&quot;https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01323224&quot;&gt;&amp;lt;halshs-01323224&amp;gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
        &lt;li&gt;Louise Merzeau. « Le profil : une rhétorique dispositive ». Itinéraires. Littérature, textes, cultures, Pléiade (EA 7338), 2016, Ethos numériques. &lt;a href=&quot;http://dx.doi.org/10.4000/itineraires.3056&quot;&gt;&amp;lt;10.4000/itineraires.3056&amp;gt;&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01340897&quot;&gt;&amp;lt;halshs-01340897&amp;gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;/ol&gt;
      &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#fnref:serie&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Les Instin Studies à Cerisy</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/06/19/les-instin-studies-a-cerisy"/>
   <updated>2017-06-19T17:31:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/06/19/les-instin-studies-a-cerisy</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Notre projet n’en est qu’à ses prémisses. Votre contribution et vos suggestions nous seront précieuses.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plusieurs canaux pour rentrer dans l’engrenage Instin :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;annotez les pages du carnet (pour démarrer, surligner simplement un passage de texte),&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;contribuez sur le pad ci-dessous,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;twittez sur &lt;a href=&quot;https://twitter.com/search?f=tweets&amp;amp;q=%23instinstudies&amp;amp;src=typd&quot;&gt;#instinstudies&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;hackez notre carnet sur &lt;a href=&quot;https://github.com/lakonis/behindinstin&quot;&gt;Github/behindinstin&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;h2 id=&quot;pad-atif&quot;&gt;Pad […]atif&lt;/h2&gt;

&lt;iframe name=&quot;embed_readwrite&quot; src=&quot;https://annuel2.framapad.org/p/InstinStudies_Cerisy2017?showControls=true&amp;amp;showChat=true&amp;amp;showLineNumbers=true&amp;amp;useMonospaceFont=false&quot; style=&quot;width:100%;height:50vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;https://annuel2.framapad.org/p/InstinStudies_Cerisy2017&quot; title=&quot;Contribute to #Instin Studies&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-pencil&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir le pad
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;glissades&quot;&gt;Glissades&lt;/h2&gt;
&lt;iframe src=&quot;https://ecrituresnumeriques.github.io/sInstinCerisy/#/&quot; style=&quot;width:100%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;https://ecrituresnumeriques.github.io/sInstinCerisy/#/&quot; title=&quot;Éditorialisation et littérature - le cas du Général Instin»&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-eye&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir les slides
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Communication au colloque «La publication savante en contexte numérique» (Acfas)</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/05/17/communication-au-colloque-la-publication-savante-en-contexte-numerique-acfas"/>
   <updated>2017-05-17T16:44:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/05/17/communication-au-colloque-la-publication-savante-en-contexte-numerique-acfas</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Je publie ici les slides de ma communication au colloque &lt;a href=&quot;http://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/85/300/317/c&quot;&gt;«La publication savante en contexte numérique»&lt;/a&gt;, organisé par Michael Erbelé Sinatra, Marcello Vitali Rosati (et moi-même) dans le cadre de l’ACFAS 2017.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;fabrique-de-la-revue-sens-public--la-revue-scientifique-comme-espace-public&quot;&gt;Fabrique de la revue Sens Public : la revue scientifique comme espace public&lt;/h2&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://nicolassauret.net/s_SPacfas/&quot; style=&quot;width:100%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;http://nicolassauret.net/s_SPacfas/&quot; title=&quot;Fabrique de la revue Sens Public : la revue scientifique comme espace public&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-eye&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir les slides
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le texte complet sera prochainement publié. Quelques extraits :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sur le constat :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Nous observons donc deux tendances liées d’une manière très paradoxale : l’asphyxie de la publication traditionnelle qui semble coincée dans des priorités différentes de sa mission première, &lt;strong&gt;et par ailleurs l’explosion des formes d’écritures&lt;/strong&gt;, formes qui ne peuvent encore pleinement rentrer dans la sphère institutionnelle, puisqu’elles ne sont pas légitimées par l’institution.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;

  &lt;p&gt;On pourrait penser que la première victime de ce système est la conversation scientifique, pourtant c’est bien l’institution qui en pâtit le plus puisque la conversation, elle, se porte bien, mais hors de la sphère institutionnelle : &lt;strong&gt;les lieux et les formes de la controverse&lt;/strong&gt; et du consensus échappent de plus en plus à cette institution.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Sur le contexte de la refonte :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Sens Public en tant que revue a porté dès son origine une vision tout à fait unique dans le paysage des revues. Née hors de l’institution académique, c’est-à-dire vouée à une certaine liberté de ton et de forme, SP a inscrit dans son ADN une mission et des valeurs qui résonnent aujourd’hui avec les constats que l’on a identifié.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Le projet actuel de refonte n’est pas donc pas hors-sol et ne vient pas bouleverser la philosophie de la revue. Au contraire, il s’en nourrit, et par un effet de miroir et de renforcement mutuel, on pourrait dire que la refonte cherche à revitaliser les valeurs initiales de la revue, au moment où la revue se réinstitutionnalise.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Sur la conversation :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Notre premier objectif consiste finalement à ouvrir au cœur de la revue un espace conséquent pour la conversation. L’espace de la revue serait donc à partager entre les articles, artefacts traditionnels de la revue, et la conversation.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;On pourrait bien-sûr adopter une approche encore plus radicale et imaginer une revue qui ne serait que conversation. La question a été posée d’installer par exemple une instance Mastodon dédiée.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Mais pour le moment, la solution que nous envisageons instaure une cohabitation radicale de deux espaces, l’un documentaire, l’autre conversationnel. Le premier espace est organisé de façon très classique, centré sur les articles, eux-mêmes agencés en dossier et en rubriques. Le second espace, social et conversationnel est agencé autour de problématiques soulevées par la revue.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Pour nous aider à visualiser ces deux modalités de la revue, on peut les penser comme les deux faces indissociables et complémentaires d’une même pièce, qu’il suffirait de retourner dans un sens ou dans l’autre selon la &lt;em&gt;vue&lt;/em&gt; à laquelle on souhaite accéder.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;En fait, on parle bien du même espace, mais selon la porte d’entrée que l’on emprunte, les données s’organisent différemment, les architectures sont différentes. Autrement dit, on accède à deux &lt;em&gt;projections&lt;/em&gt; différentes du même espace, d’un même ensemble de contenus, l’une mettant l’accent sur les échanges sociaux, et l’autre sur les productions documentaires.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Ces deux projections sous-tendent un réseau de données liées et des passerelles jalonnant les interfaces du site pour passer de l’une à l’autre. C’est dans ce maillage que réside tout l’enjeu de cette éditorialisation à double entrée.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Archive vidéo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;div style=&quot;position:relative;height:0;padding-bottom:56.25%&quot;&gt;&lt;iframe src=&quot;https://www.youtube.com/embed/zxPypy5am5w?start=1923&quot; width=&quot;640&quot; height=&quot;360&quot; frameborder=&quot;0&quot; style=&quot;position:absolute;width:100%;height:100%;left:0&quot; allowfullscreen=&quot;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Ouvrir l&apos;espace de la conversation</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/04/23/ouvrir-l-espace-de-la-conversation"/>
   <updated>2017-04-23T22:48:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/04/23/ouvrir-l-espace-de-la-conversation</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;L’un des axe fort de la refonte de la revue consiste à réinstaurer le concept original de la revue scientifique pour lequel l’acte de publication relevait davantage de la conversation au sein d’une communauté plutôt que du jalon professionnel dans une carrière de chercheur. Le biais institutionnel de la publication comme ultime objectif est bien connu, c’est le fameux « Publish or perish » qui ne permet plus de considérer la connaissance pour elle-même. Dans le projet très politique de &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;, il y eu, dès son origine, la volonté de se défaire de la « Communication scientifique » telle qu’instituée et légitimée par l’université, au profit de la « Conversation scientifique ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La réflexion que je souhaite mener ici s’attaque à l’implémentation de cette « nature conversationnelle » dans le dispositif d’éditorialisation de la revue.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;éditorialiser-le-social&quot;&gt;Éditorialiser le social&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Post-intitulée &lt;a href=&quot;http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2017/04/editorialiser-social.html&quot;&gt;« Éditorialiser le social »&lt;/a&gt;, l’intervention&lt;sup id=&quot;fnref:seanceSeminaire&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:seanceSeminaire&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; d’Olivier Ertzscheid lors de &lt;a href=&quot;http://seminaire.sens-public.org/spip.php?article67&quot;&gt;la 6ème séance&lt;/a&gt; du séminaire #Edito17, vient à point nommé :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;« Le résultat lisible et visible des processus d’éditorialisation dans les plateformes (c’est-à-dire ce que nous voyons au final sur nos murs ou nos fils Twitter) se joue “sur”, “au-dessus” et “autour” de l’algorithme, à un niveau “méta” donc, à partir :&lt;/p&gt;

  &lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;des valeurs (au sens informatique mais aussi “moral”) que celui-ci contient,&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;du déterminisme que produisent ses différentes itérations&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;de notre manière d’interagir avec lui.»&lt;/li&gt;
  &lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Dans le cas de la refonte &lt;em&gt;Sens Public&lt;/em&gt;, il n’est pas question de mettre en place une éditorialisation algorithmique complexe et encore moins opaque. L’enjeu est justement ailleurs. Il sera plutôt question d’articuler la dimension sociale de la conversation avec la dimension éditoriale de la revue, et de distribuer en toute transparence la responsabilité des rôles entre la communauté, l’éditorial, et l’algorithme, lui-même au service des deux autres. Il faut ainsi appréhender l’algorithme non pas comme une machine, mais comme une écriture, d’origine humaine, c’est-à-dire censée et porteuse de sens, au même titre que les deux autres, mais dont une des particularités est d’être &lt;em&gt;performée&lt;/em&gt; par la machine.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On retrouve la relation à trois identifiée par Olivier Ertzscheid qu’il schématise ainsi :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/Ertzscheid_Triangle.png&quot; alt=&quot;&amp;quot;Triangulation : communauté - média - technologie&amp;quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;legend&quot;&gt;“Triangulation : communauté - média - technologie” (source : &lt;a href=&quot;https://www.slideshare.net/olivier/editorialisation&quot;&gt;O. Ertzscheid&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;un-site-à-deux-entrées&quot;&gt;Un site à deux entrées&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Revenons alors à la question première : comment &lt;em&gt;exprimer l’ADN&lt;/em&gt; de la revue dans son dispositif d’éditorialisation, ou encore comment &lt;em&gt;y implémenter ses valeurs&lt;/em&gt; ? L’une des valeurs portée par la revue  étant la primauté de la conversation scientifique, notre premier objectif consiste donc à lui ouvrir un espace au cœur de la revue. L’espace de la revue serait donc à partager entre les articles, artefacts traditionnels de la revue, et la conversation, dans un agencement encore à imaginer. Une approche très radicale tendrait sans doute donner à cette dernière &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; l’espace.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La solution que nous envisageons tente d’instaurer une cohabitation radicale de deux espaces différents proposant en quelque sorte deux points d’entrée opposés sur la revue. L’un étant le point d’entrée documentaire, selon une organisation classique centrée sur l’article agencé en dossiers et rubriques. L’autre étant le point d’entrée social et conversationnel, agencé autour de problématiques soulevées par la revue. Pour nous aider à visualiser ces deux modalités de la revue, on peut les penser comme les deux faces indissociables et complémentaires d’une même pièce, qu’il suffirait de retourner dans un sens ou dans l’autre selon la &lt;em&gt;vue&lt;/em&gt; à laquelle on souhaite accéder.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bien entendu, ces deux faces du même site sous-tendent un réseau de données liées et des passerelles de l’une à l’autre jalonnant les interfaces du site. C’est tout l’enjeu de cette éditorialisation à double entrée, dont nous allons tenter d’en dessiner les contours (dans un prochain post).&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:seanceSeminaire&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Olivier Ertzscheid, &lt;em&gt;« Editorialiser le social »&lt;/em&gt;, au séminaire &lt;em&gt;Écritures numériques et éditorialisation&lt;/em&gt;, séance &lt;a href=&quot;http://seminaire.sens-public.org/spip.php?article67&quot;&gt;&lt;em&gt;Plateformes et production de contenu : entre créativité et contrôle&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, Paris/Montréal, 20-04-2017. &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=DcIV3BymM2Q&quot;&gt;Archive vidéo&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:seanceSeminaire&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Entretien avec Jean-Claude Guédon : on «crystal of knowledge»</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/04/12/entretien-avec-jean-claude-guedon-on-crystal-of-knowledge"/>
   <updated>2017-04-12T23:47:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/04/12/entretien-avec-jean-claude-guedon-on-crystal-of-knowledge</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Repenser la revue scientifique nécessite en fait de penser sa dissolution. L’entretien avec Jean-Claude Guédon dans le cadre du projet de refonte de Sens Public a été l’occasion de filer la métaphore du cristal. Précipitation, dissolution, cristallisation, ces différents passages d’un état solide à un état liquide reflètent bien les états du texte et les processus de stabilisation et déstabilisation du texte à l’œuvre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Outre son engagement pour l’Open Access et l’évolution de la communication scientifique, nous avons fait appel à J-C. Guédon pour cet article intitulé &lt;em&gt;« Crystals of Knowledge Production. An Intercontinental Conversation about Open Science and the Humanities »&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:articleCrystal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:articleCrystal&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour J-C. Guédon, la revue et l’article ne sont plus les bons objets et les bons formats pour nourrir la conversation scientifique. Il faut selon lui remettre au centre la communication et non le texte. Le texte doit rester prétexte à la discussion scientifique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans la continuité de ce constat, l’intérêt de la revue réside dans la relative assise qu’elle offre à la communauté, en tant que médium stable, à condition de se penser comme un dérivé de cette communauté, à la géométrie variable et susceptible de se dissoudre. Dans le contexte du web dont un modèle dominant est la plateforme, il faut (re)trouver les modalités de l’instabilité.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;crystal-of-knowledge&quot;&gt;Crystal of knowledge&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Le cristal de connaissance consiste en l’agrégation temporaire d’un certain nombre de contributions, qu’elles soient des textes (les articles), des annotations, des fragments de textes, des discussions, disposées ensemble autour d’une même problématique. Un cristal existerait pour et par cette problématique, dans un temps restreint et un cercle de contributeurs investis. La problématique pourrait être éphémère ou persistante, le principe étant que le cristal puisse émerger, cristalliser, puis se dissoudre au fil du temps et des questions traitées par la communauté. La revue serait ainsi organisée autour de ces points chauds, ces accrétions de fragments et de contributions, et se caractériserait finalement par ces cristaux aux temporalités propres dans un cycle de cristallisation et de dissolution.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;top-downbottom-up&quot;&gt;Top-down/bottom-Up&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Cette instabilité contrôlée (ou stabilité relative) soulève une question de positionnement pour la revue :  la formation et dissolution de ces cristaux relèvent-elle d’une fonction éditoriale, gérée à la fois par une équipe dédiée et pourquoi pas avec l’aide d’algorithmes d’agrégation, de curation et de mise en avant, ou bien, d’une fonction communautaire, avec des mécanismes de décision collective, de consensus ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour J-C. Guédon, cette gestion doit être communautaire, « évidemment ». En reprenant ici le vocable du codage informatique, il imagine même la possibilité de &lt;em&gt;« forker »&lt;/em&gt; les cristaux, c’est-à-dire de permettre à différentes conceptions de s’exprimer en s’emparant d’une problématique et de la porter vers d’autres conclusions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De ce point de vue, il envisage le &lt;em&gt;fork&lt;/em&gt; comme « une révolution conceptuelle ».&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;liquide&quot;&gt;Liquide&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Comme nous l’avions identifié dans le précédent entretien, les technologies de gestion de version (Git, Mercurial, Github, etc.) suffiraient aujourd’hui pour reconstruire un système de référence fiable des différents états du texte. J-C. Guédon voit dans les pratiques de partage de code un modèle à suivre pour les écrits scientifiques. En particulier en ce qui concerne le partage de responsabilité, c’est-à-dire dans une certaine mesure pour le texte, un partage de son auctorialité (la &lt;em&gt;fonction auteur&lt;/em&gt; de Foucault).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi l’attachement aux différents statuts du texte serait transposable dans un système de versionning inspiré des pratiques et techniques de versionning de code. Le verrou, bien entendu, n’est pas technique mais institutionnel. Malgré les initiatives pour « ouvrir » véritablement les textes scientifiques, c’est-à-dire pour traiter les textes publiés comme des work-in-progress, régulièrement mis-à-jour au fil des contributions, l’institution scientifique reste incapable actuellement de reconnaître la nature liquide du texte, et de prendre en considération dans ses évaluations ses états successifs.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour J-C. Guédon, face à cette liquéfaction du texte, il faut gérer des moments de cristallisation et de stabilisation. Il s’agit de sortir d’une conception de l’article comme monument éternel, et de revenir à l’idée de l’académie du 17ème, avec ses salons et ses procédés de validation collective. C’est ce que met en place &lt;a href=&quot;http://f1000.com/&quot;&gt;The Faculty of 1000&lt;/a&gt;, notamment sur la plateforme de publication ouverte &lt;a href=&quot;https://f1000research.com/&quot;&gt;F1000Research&lt;/a&gt; dont les articles sont filtrés (mais non évalués) et publiés pour une évaluation ouverte par système de vote et d’annotation. L’article y acquiert progressivement de la valeur au fil des contributions qui, ensemble, ont fonction de validation.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;animation-de-communautés--jouer-le-dissensus&quot;&gt;Animation de communauté(s) : jouer le dissensus&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Sur une telle plateforme, se pose la question de la rétribution de la participation, ainsi que de la mobilisation communautaire, les deux étant liées. Il y a nécessité de qualifier le lectorat pour qualifier à son tour les contenus, comme un élargissement de la base des pairs susceptibles d’évaluer les articles. On pourrait imaginer par exemple qu’un certain seuil de contribution ou d’interaction avec un texte pourrait signifier devenir co-auteur du texte.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous avions déjà évoqué la question du community management, qui est celle de la gestion de la participation à travers des techniques sociales et éditoriales de mobilisation et de rétribution. Ces techniques articuleront nécessairement des interventions “humaines” avec des opérations algorithmiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour Gérard Wormser, également présent à l’entretien, l’animation de communauté a aussi la responsabilité de repérer des lieux et des territoires de pensée qui n’ont pas été prévu mais qui peuvent devenir pertinents dans la discussion. Il s’agit d’aller à la rencontre de communautés divergentes, venues d’un « ailleurs cartographique ». Gérard W. mobilise ici la notion de carte comme élément de stabilité certes, mais devant rester mobile, ou &lt;em&gt;mobilisée&lt;/em&gt;, c’est-à-dire en fait qui doit être parcourue.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un des enjeux, remarque Marcello V.R., est de savoir reconstituer des territoires dans l’espace du web, et de dresser des structures cartographiques multiples et non institutionnelles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour J-C. Guédon, il serait intéressant de reconstituer des territoires de dissensus, un peu comme ce que l’Académie française appelait les mémoire des savants étrangers (étrangers à l’Académie) qui intégraient ainsi une circulation d’idées à la frange.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;enjeux-politiques&quot;&gt;Enjeux politiques&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;À l’origine des premiers périodiques, le texte imprimé a une fonction d’annexe aux séminaires. J-C. Guédon cite deux exemples emblématiques :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;&lt;em&gt;le Journal des savants&lt;/em&gt; : ce périodique littéraire et scientifique&lt;sup id=&quot;fnref:note1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:note1&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; est initialement pensé en 1665 comme un pur véhicule de connaissances, orienté par un travail de veille et de signalement des idées, et par la circulation de textes. L’évaluation y est alors absente.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;em&gt;Philosophical transaction&lt;/em&gt; : créé trois mois plus tard&lt;sup id=&quot;fnref:note2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:note2&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; en réaction au périodique français, son projet est tout autre avec une tendance monopolistique sur la science, perçue comme moyen de pouvoir. Il s’agissait de récolter les connaissances, toutes les connaissances et d’en contrôler la sélection et la redistribution.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Entre ces deux visions de la science, les anglos-saxons misent sur « la bonne connaissance » (celle qui mérite d’être redistribuée) plutôt que sur le « bon goût », dont les français ont le monopole. Mais les enjeux sont en fait politiques, opposant une communication savante dont l’objectif est avant tout de faire avancer la connaissance, &lt;em&gt;versus&lt;/em&gt; la captation des connaissance et l’établissement de lieux de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:articleCrystal&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Stern, Guédon, et Jensen, &lt;em&gt;« Crystals of Knowledge Production. An Intercontinental Conversation about Open Science and the Humanities »&lt;/em&gt;. Nordic Perspectives on Open Science, 2015 &lt;a href=&quot;http://dx.doi.org/10.7557/11.3619&quot;&gt;http://dx.doi.org/10.7557/11.3619&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;#fnref:articleCrystal&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:note1&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journal_des_savants&quot;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journal_des_savants&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;#fnref:note1&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:note2&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophical_Transactions_of_the_Royal_Society&quot;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophical_Transactions_of_the_Royal_Society&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;#fnref:note2&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Questions de recherche</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/04/11/questions-de-recherche"/>
   <updated>2017-04-11T15:06:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/04/11/questions-de-recherche</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Au terme de trois mois de travail - principalement occupés par la constitution d’un échantillon de corpus suffisamment riche pour réaliser nos premières visualisations - nous commençons à nous familiariser avec le Général. Nous comprenons un peu mieux le projet qui anime la communauté GI - et notre propre recherche peut du coup se préciser.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En particulier, nous sommes parvenus à formuler plus clairement nos principales problématiques et à définir une première stratégie pour tenter de les résoudre.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;quest-ce-que-la-littérature-aujourdhui-question-intermédiale&quot;&gt;Qu’est ce que la littérature aujourd’hui? (question intermédiale)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre intérêt pour le projet Général Instin provient d’une intuition : Instin serait un cas d’étude idéal pour comprendre les formes et les pratiques littéraires contemporaines. La multiplicité comme l’hétérogénéité des médias et des formes d’expression croisés qui sont à l’œuvre dans le projet semblent suggérer un nouveau mode de publication littéraire (le terme “publication” étant compris au sens de “rendre public”). L’écriture littéraire, en ce sens, se conçoit autant à travers une communauté de contributeurs qu’une collection de médias. L’acte de publication, s’il perd une part de l’autorité que lui conférait les institutions littéraires, regagne en vitalité, en diversité et en circulation. La publication se libère de son carcan institutionnel, s’autonomise par rapport à lui et &lt;em&gt;s’autorise&lt;/em&gt;. La mise en circulation se suffit à elle-même, valorisée par les nouvelles dynamiques qu’elle génère, jusqu’à ré-irriguer au passage les circuits traditionnels comme on peut le voir avec les “spins-of” de GI.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deux objectifs de travail se dessinent dans l’immédiat :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;interroger les médias utilisés, en commençant par les recenser, les classer et les analyser. Instin est-il seulement un objet littéraire - ou est-ce plutôt la catégorie même de “littéraire” qu’il faut repenser, en la réinscrivant d’ailleurs dans une histoire et une culture esthétique hors de l’imprimé ? On se doit en particulier de relever l’importance accordée à l’oralité : Instin fait l’objet de nombreuses lectures publiques archivées sur &lt;em&gt;Remue&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:lectures&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:lectures&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Cette forme d’expression, qui s’inscrit notamment dans le registre de la performance, ne doit certainement rien au hasard, aussi faudra-t-il l’interroger plus avant. Les arts visuels jouent eux aussi un rôle majeur : bien évidemment, la photographie du vitrail à l’origine du projet est abondamment reprise et retravaillée dans les publications. Mais d’autres genres ou d’autres tendances esthétiques sont aussi très présentes - ainsi la photo de famille, ou encore le &lt;em&gt;Land Art&lt;/em&gt; et ses œuvres éphémères (elles aussi caractérisées par un aspect performatif). Ces formes d’expression médiatique choisies ont, croyons-nous, une fonction et une signification profonde dans la construction du projet.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;déterminer les dynamiques intermédiales. Puisque ces formes de publications sont en soit significatives, il reste à identifier leurs relations, leurs échanges, leurs tensions. Par exemple, la photographie du vitrail si souvent reprise participe d’une identité graphique propre au GI.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://i.imgur.com/RjS0xMI.jpg&quot; alt=&quot;Vitrail sur la tombe du Général Hinstin&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette identité graphique, peut-elle être mise en lien avec une métaphore littéraire à l’œuvre ? En d’autres termes, est-il possible d’établir une relation de continuité entre un pattern textuel et un pattern visuel (ou inversement) ? Démontrer l’existence de cette écriture intermédiale - par laquelle l’image génère le récit qui, en retour, réécrit l’image - nous permettrait de comprendre comment se construit le GI et comment se fédère la communauté GI (alimentant par ce biais notre réflexion sur ce qu’est l’écriture contributive). Invoquer l’intermédialité semble particulièrement pertinent pour un objet comme Instin, qui ne semble exister qu’entre ses manifestations. Ces manifestations que nous tentons d’archiver consistent finalement en des intersections d’idées, d’acteurs, d’initiatives, dont Instin se pose en vecteur davantage qu’en œuvre. Il y a là tous les ingrédients d’un objet intermédial, qui ne se laisse appréhender qu’en faisant un pas de côté, un déplacement ontologique consistant à considérer les formes d’existence à partir des relations. Instin de ce point de vue se joue à l’&lt;em&gt;inter&lt;/em&gt;, tant entre les médias utilisés, comme ce dialogue entre texte, visuel et parole, et bien sûr entre ses contributions ou manifestations.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;méthodologie&quot;&gt;Méthodologie&lt;/h3&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;recenser les médias&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;les classer : typologie (forme, thématique, rapport au littéraire)&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;identifier des motifs, des récurrences, des évolutions&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;identifier la dynamique à l’œuvre entre les médias&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;h2 id=&quot;pourquoi-le-général-instin--question-littéraire-et-métaphysique&quot;&gt;Pourquoi le général Instin ? (question littéraire et métaphysique…)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Général (H)instin est bien plus qu’un prétexte à l’écriture collective. Pour être ainsi parvenu à fédérer autant de contributeurs, depuis près de 20 ans, c’est qu’il en appelle à des aspects particulièrement sensibles de notre imaginaire et de notre mémoire collective. La question “pourquoi le général ?” peut être comprise doublement. Tout d’abord, quelle est la symbolique du général ? N’y a-t-il pas là une figure martiale et autoritaire un peu contradictoire avec la forme ouverte (anarchique?) du GI ? Ou bien, justement, vient-on jouer de cet imaginaire et détourner la figure : «tous en ordre derrière le général»?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ensuite, à quoi nous renvoie la figure historique d’Hinstin - général totalement passé aux oubliettes, et mort sans laisser de descendance directe ? Que vient, enfin, évoquer ce H perdu ? Enfin, comment s’articule ces deux aspects, à la frontière entre réel et imaginaire ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://i.imgur.com/g0tznWi.png&quot; alt=&quot;Capture sur le profil Facebook du GI&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;méthodologie-1&quot;&gt;Méthodologie&lt;/h3&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;explorer les champs sémantiques : comparer les textes (topic map), voir l’évolution dans le temps des thématiques investies par les contributeurs,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;comprendre comment le Général s’est transformé en objet littéraire, et comment il s’est disséminé (notre Timeline répond en partie à cet objectif).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;h2 id=&quot;comment-agit-lenvironnement-dispositif--question-communication&quot;&gt;Comment agit l’environnement-dispositif ? (question communication)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’absence supposée de dispositif dans Instin permet justement de poser, en creux, la question du dispositif. De même qu’Instin constitue intuitivement un cas d’étude idéal de littérature contemporaine, il pourrait nous éclairer sur la nature d’un environnement-dispositif ouvert à toute forme d’appropriation et de réécriture du Général. Pourtant, assez vite, on se rend compte que non, finalement même Instin n’y échappe pas au(x) dispositif(s), même si un méta-discours perpétue l’idée de l’ouverture et de l’objet insaisissable. Car, nos premiers pas dans la constitution de l’archive GI met à jour des lieux de cristallisation, des acteurs à la centralité plus ou moins prégnante, des formes, elles-mêmes investies de leur dispositif. Et ainsi, ces différentes manifestations produisent ensemble un archipel dont les contours semblent relativement identifiables, et dont la fonction peut être qualifiée de dispositive. Il n’y a certes pas de dispositif formel Général Instin, mais Instin produit un environnement &lt;em&gt;dispositif&lt;/em&gt; dans lequel les actions sont autant d’écritures dites &lt;em&gt;dispositives&lt;/em&gt;. Une réflexion encore à l’état d’hypothèse, qu’il faut maintenant poursuivre, et qui viendra sans doute éclairer et nourrir &lt;a href=&quot;#quest-ce-que-la-littrature-aujourdhui-question-intermdiale&quot;&gt;celle sur l’intermédialité&lt;/a&gt;, et d’une existence aux interstices.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;méthodologie-2&quot;&gt;Méthodologie&lt;/h3&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;produire une.des cartographie.s des manifestations et des acteurs pour en identifier les nœuds et leur centralité : identifier les dynamiques d’autorité à l’œuvre pour éclairer la nature de l’environnement et les modalités qui en découle (et dont découlent les dynamiques d’autorité, simples projections de l’environnement dispositif),&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;caractériser et théoriser cet environnement, “ce qui fait tenir l’archipel”. Il s’agit de le mettre en regard de “dispositifs d’écriture” bien identifiés, le définir en creux par rapport aux objets connus,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;archiver Instin et maintenir le regard critique sur l’archive et son éditorialisation, tant la tension entre l’archive et son objet semble pouvoir nous éclairer sur la nature de l’objet. Notre démarche presque paradoxale ouvre des pistes de réflexion à la fois sur la question première, celle de la littérature contemporaine, et sur ce qui la rend possible, à savoir un dispositif de nature environnemental.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;h2 id=&quot;trois-volets-comme-trois-angles-dune-même-question&quot;&gt;Trois volets comme trois angles d’une même question&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Ces trois volets de notre étude s’articulent pour mettre à jour trois aspects caractéristiques d’Instin :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;sa forme&lt;/strong&gt;, à partir de la question intermédiale&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;ses modalités&lt;/strong&gt;, à partir de la question du dispositif&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;son sujet&lt;/strong&gt;, à partir de la question métaphysique.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Il n’est pas certain que l’on arrive à en épuiser tous les aspects, aussi en viendrons-nous peut-être à ouvrir le chantier à la collaboration. En attendant, la méthode reste reproductible. C’est l’objet de ce carnet.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:lectures&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir par exemple &lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?article3320&quot;&gt;Instin cherche Objet&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?article3108&quot;&gt;l’Électroencéphallusgramme&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:lectures&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Chronologie GI (version bêta)</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/04/10/chronologie-gi-version-beta"/>
   <updated>2017-04-10T22:12:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/04/10/chronologie-gi-version-beta</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Notre première Timeline nous a permis de visualiser un échantillon de l’archive publiée sur remue.net. Cette première visualisation s’est révélée très utile, car elle a mis en évidence un certain nombre de lacunes ou d’erreurs (des item non classés dans leur rubrique d’origine, par exemple) et nous a conduit à affiner et à enrichir notre inventaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous avons donc réalisé une seconde Timeline - certainement pas la dernière - comprenant les enrichissements suivants :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Notre échantillon s’est élargi et précisé : les items non classés ont désormais réintégré leur rubrique, et l’archive de Remue est un peu plus détaillée, bien qu’encore incomplète. La timeline comprend aussi désormais &lt;em&gt;Climax&lt;/em&gt;, un récit signé général Instin, publié en format papier aux &lt;a href=&quot;http://www.lenouvelattila.fr&quot;&gt;Éditions Le Nouvel Attila&lt;/a&gt;. Une partie des archives du projet est en effet disponible en ligne sur un &lt;a href=&quot;http://www.generalinstin.net&quot;&gt;site dédié, au nom du général&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Nous avons ajouté des éléments graphiques - en l’occurrence les captures-écran de chaque item de la timeline. Sous forme de vignettes, ces captures offrent un aperçu de l’archive et, il faut bien le reconnaître, donnent à notre timeline un rendu déjà plus attractif… Les captures ont été réalisées grâce &lt;a href=&quot;https://github.com/EcrituresNumeriques/corpusGI/blob/noTEI/screenshotGI.py&quot;&gt;à ce script Python&lt;/a&gt;, nous permettant de systématiser l’acquisition d’une nouvelle ressource image associée à chaque item de l’archive. Outre la visualisation dans cette chronologie, nous anticipons d’ors-et-déjà un usage des captures lors de l’éditorialisation à venir de l’archive.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Le script de préparation des données &lt;a href=&quot;https://github.com/EcrituresNumeriques/corpusGI/commit/82eb840ab991727064abc51a8bd9a23ad053e220&quot;&gt;s’est enrichi et amélioré&lt;/a&gt;, pour intégrer à la fois les nouvelles données et les évolutions successives du schéma de l’archive.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Voici le résultat :&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;https://cdn.knightlab.com/libs/timeline3/latest/embed/index.html?source=16oIJKX4i2kYM-iSz7SfoGc0f7SZnbDvJ_oxzgGQ0mdI&amp;amp;font=Default&amp;amp;lang=fr&amp;amp;initial_zoom=2&amp;amp;height=650&quot; width=&quot;150%&quot; height=&quot;650&quot; webkitallowfullscreen=&quot;&quot; mozallowfullscreen=&quot;&quot; allowfullscreen=&quot;&quot; frameborder=&quot;1&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;h2 id=&quot;origines-et-spin-off&quot;&gt;Origines et “Spin-off”&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Si elle met un peu d’ordre dans notre archive, la Timeline du GI nous place aussi face à un nouveau défi : où commence le GI ? Où s’arrête-t-il (si seulement il s’arrête) ? Remue nous a servi jusqu’ici de référence (puisque le site a fait l’effort de recenser et de relier les différentes contributions au GI depuis 2005, pour en faire un véritable “feuilleton”), mais nous savons que l’aventure a commencé bien avant.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En 1997, Patrick Châtelier propose à ses compagnons du squat de la Grande aux Belles d’utiliser la photographie du vitrail ornant la tombe du Général (photo signée Juliette Soubrier), comme contrainte créative. Le Général fera dès lors une série d’apparitions ici et là, notamment dans la revue papier &lt;em&gt;Éponyme&lt;/em&gt;. Ces publications, ces travaux, devront sans aucun doute être référencés dans notre Timeline. Mais Patrick Châtelier &lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?article1521&quot;&gt;le reconnait lui-même&lt;/a&gt;, la littérature s’est emparée d’Hinstin bien avant que le projet GI ne prenne forme : la famille Hinstin est ainsi mentionnée chez Lautréamont, Jarry, Kessel…&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’insertion de &lt;em&gt;Climax&lt;/em&gt; dans notre archive nous conduit par ailleurs à reconnaître l’autonomie relative de certains objets/projets reliés au GI : si &lt;em&gt;Climax&lt;/em&gt; reste une fiction collective, le petit groupe d’écrivains impliqué dans l’écriture (“petit groupe” au regard des dizaines de contributeurs recensés sur Remue) semble avoir été animé par un projet littéraire bien précis. La nature monographique de &lt;em&gt;Climax&lt;/em&gt;, à cet égard, n’est probablement pas un hasard. Nous avons pour le moment décidé de qualifier de “spin-off” ces projets instiniens relativement autonomes - dont ferait partie aussi la traduction &lt;em&gt;Spoon River&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bref, notre timeline commence à prendre des proportions quelque peu monstrueuses… Probablement devrons-nous envisager de dessiner des modèles parallèles, pour éviter toute cacophonie. Cette absence relative de frontières est de toute façon l’une des spécifités du GI qui, comme tout objet éditorialisé, ne connaît pas de limite spatiale ni temporelle - ou comment le défi (l’échec ?) annoncé de notre tentative d’archivage, vient confirmer notre concept de départ…&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Communauté de savoir et réseau de fragments</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/03/21/communaute-de-savoir-et-reseau-de-fragments"/>
   <updated>2017-03-21T00:11:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/03/21/communaute-de-savoir-et-reseau-de-fragments</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Il est toujours réconfortant de voir qu’un travail passé retrouve une actualité, à fortiori quand l’actualité participe de l’avancée de la thèse. Ici, il s’agit de mon intervention &lt;a href=&quot;http://editorialisation.org/&quot;&gt;aux journées d’études « Editorialisation et nouvelles formes de publication »&lt;/a&gt;, organisées à l’Université de Montréal en avril 2015. Ces journées font d’autant plus écho aujourd’hui qu’elles ont motivé ma toute première venue à Montréal, et m’entraînaient avant l’heure dans le statut de doctorant.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’intervention s’intitulait &lt;em&gt;« Vers un framework pour la circulation des connaissances »&lt;/em&gt; et articulait deux parties :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;l’étude de cas de l’outil d’annotation &lt;a href=&quot;https://hypothes.is/&quot;&gt;Hypothes.is&lt;/a&gt;, qui faisait ses premiers pas à l’époque,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;et une exploration plus théorique sur les formes réticulaires que laissaient entrevoir les annotations web.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://nicolassauret.net/s_circulationFramework/&quot; style=&quot;width:100%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;http://nicolassauret.net/s_circulationFramework/&quot; title=&quot;Intervention «Vers un framework pour la circulation des connaissances»&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-eye&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir les slides
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’intervention revient au goût du jour pour trois raisons :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;d’une part le W3C a finalement publié le 23 février 2017 &lt;a href=&quot;https://www.w3.org/blog/news/archives/6156&quot;&gt;ses recommandations pour l’annotation sur le web&lt;/a&gt;, à partir des travaux de &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/community/openannotation/&quot;&gt;l’Open Annotation Community Group&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;d’autre part, l’outil Hypothes.is est préssenti pour implémenter l’annotation et la discussion dans le cadre de la refonte de la revue Sens Public,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;enfin, parmi &lt;a href=&quot;https://github.com/EcrituresNumeriques/sensPublicApp/blob/master/doc/cahiersDesCharges.md&quot;&gt;les 5 axes envisagés&lt;/a&gt; dans cette refonte, l’axe « Connecter » rappelle fortement les principes que j’identifiais dans la modélisation des réseaux de pairs.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Voici comment se posait la question :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Pour les lieux et les institutions de savoir, organiser la circulation de ses ressources ne consiste plus seulement à y donner accès, il s’agit désormais d’en organiser la réappropriation.
Cela nécessite de repenser la médiation des ressources dans le sens d’un élargissement de la communauté scientifique à d’autres communautés de savoir, ou autrement dit à organiser la porosité entre réseaux de pairs.
C’est certes une question de Knowledge Design, mais aussi une question de Design de communauté, ou encore de la visibilité des pairs, qui est un des aspects parmi d’autres.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;La question qui se pose alors : comment les dispositifs d’éditorialisation organisent ces réseaux, comment modélisent-ils et structurent-ils les interrelations entre ses acteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;En repartant de la modélisation d’une annotation Hypothes.is en quatre objets : des ressources web, des annotations, des tags et des contributeurs, on pouvait inférer plusieurs types de relations entre pairs, constitutives de réseaux de pairs :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/reseauDePairs.png&quot; alt=&quot;Réseaux de pairs&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

  &lt;ul&gt;
    &lt;li&gt;&lt;strong&gt;une relation forte entre des contributeurs&lt;/strong&gt; ayant annoté le même document. Il s’agit d’une relation spatiale, presque physique, où le document fait lieu, un lieu de rencontre, et de collaboration. Ses deux contributeurs ont en quelque sorte occupé temporairement le même espace, de manière synchrone ou asynchrone. Sans parler encore de communauté sur un même document, on peut identifier un groupe doué d’une motivation commune, celle de faire la lecture de ce document, dont les intentions sont diverses et peuvent potentiellement se croiser.&lt;br /&gt;
On retrouve l’intimité instrumentale du modèle de blackboard ou tableau auquel Michel Gensollen rattache la contribution sur Amazon ou les communautés P2P ou de logiciel libre. Le principe est de laisser une trace visible et partagée aux futurs lecteurs.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;&lt;strong&gt;une relation directe entre des contributeurs&lt;/strong&gt; se répondant les uns les autres, dont un sous-type serait &lt;strong&gt;le lien entre le contributeur et l’auteur&lt;/strong&gt; du document initial. Je n’ai pas représenté l’auteur du document sur la modélisation précédente, mais il est évidemment essentiel pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;une relation plus faible mais puissante, inférée à partir &lt;strong&gt;d’un même tag employé&lt;/strong&gt; par plusieurs contributeurs. Le lien est alors sémantique, le document s’efface au profit de la thématique, la rencontre est plus aléatoire, le lien est transversal, comme les chemins de navigation qu’il peut générer. il peut créer des accidents, des non-sens ou des associations heureuses.&lt;/li&gt;
    &lt;li&gt;d’autres relations peuvent encore exister, sur la base &lt;strong&gt;de collections d’annotations par exemple constituées éditorialement&lt;/strong&gt;.&lt;/li&gt;
  &lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;La modélisation des communautés de savoirs en réseaux de pairs peut paraître réductrice, tant ces communautés sont avant tout construites sur des dynamiques de partage, d’échange, de pratiques sociales qui vont au-delà des objets se référençant les uns les autres (textes, annotations, bibliographies).&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/img/reseauDeRessources.png&quot; alt=&quot;Réseaux de ressources&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Malgré tout, il y a dans cette modélisation une ouverture possible vers un modèle épistémologique renouvellé. Toujours basé sur l’écrit et la référence comme &lt;a href=&quot;/carnet/2017/03/08/entretien-avec-gerard-wormser-revue-et-modele-epistemologique&quot;&gt;condition du socle commun de connaissance&lt;/a&gt;, ce modèle reposerait sur une granularité plus fine des textes référencés et sur la fluidification de la circulation, tant des textes référencés que des annotations. En effet, avec l’acquisition d’une URI propre, l’annotation se libère du texte qu’elle adresse et accède à une indépendance propice à de nouvelles éditorialisations et donc à sa circulation et son appropriation. Dans ce nouveau paradigme de l’annotation, il n’est plus pertinent de distinguer le texte annoté et l’annotation dans un rapport hiérarchique classique où le texte discuté conserverait une supériorité de valeur, ou une autorité sur la discussion. Ils seraient plutôt à distinguer dans un seul rapport temporel, l’une venant nécessairement après l’autre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Parmi les différents types de relations citées, celle de collections d’annotations éditorialisées fait également écho à &lt;a href=&quot;https://github.com/EcrituresNumeriques/sensPublicApp/blob/master/doc/cahiersDesCharges.md#axe-4--collectionner&quot;&gt;l’axe « Collectionner »&lt;/a&gt; de la refonte de la revue Sens Public. Il s’agit en effet :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;de créer des collections d’élements qui pourront être soit des fragments d’articles, soit des annotations (propres ou appartenant à d’autres utilisateurs). Cet axe fait se croiser deux contributions théoriques, celle d’anthologie de Milad Doueihi et celle de cristal de connaissance, «crystal of knowledge» de JC. Guédon&lt;sup id=&quot;fnref:guedon&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:guedon&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Si la collection ne relève pas de la production d’un texte nouveau, elle relève bien malgré tout d’une démarche critique dans la mesure où le lecteur construit sa propre interprétation d’un champs ou d’un concept, en y agrégeant des éléments de connaissances glânés au fil de ses lectures. C’est l’association de ces éléments qui est herméneutique, au sens où il construit du sens. On pourrait envisager que ces collections puissent être soit publiques, soit privées, selon la volonté du collectionneur.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Le W3C accompagne ses recommandations pour l’annotation du web par un diagramme très proche de ce que j’imaginais à partir des interfaces proposées en 2015 par Hypothes.is. Cela n’est pas un hasard puisque &lt;a href=&quot;https://hypothes.is/blog/annotation-is-now-a-web-standard/&quot;&gt;l’équipe d’Hypothes.is a été très impliquée&lt;/a&gt; dans l’Open Annotation Community Group et qu’ils ont largement contribué à la mise en place du standard et à une première implémentation avec la librairie &lt;a href=&quot;http://annotatorjs.org/&quot;&gt;Annotator.js&lt;/a&gt; de Nick Stenning.&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://www.w3.org/annotation/diagrams/annotation-architecture.svg&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.w3.org/annotation/diagrams/annotation-architecture.svg&quot;&gt;Ouvrir en plein écran&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:guedon&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Stern, Niels, Jean-Claude Guédon et Thomas Wiben Jensen. « Crystals of Knowledge Production. An Intercontinental Conversation about Open Science and the Humanities ». Nordic Perspectives on Open Science 1, no 0 (23 octobre 2015), 1‑24. doi:10.7557/11.3619. &lt;a href=&quot;#fnref:guedon&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Chronologie GI (version alpha)</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/03/17/chronologie-gi-version-alpha"/>
   <updated>2017-03-17T22:18:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/03/17/chronologie-gi-version-alpha</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Notre archive n’est pas encore terminée que nous ne pouvons nous empêcher de produire quelques visualisations. Voici un tout premier test de chronologie à partir d’un simple extrait de l’archive, en utilisant &lt;a href=&quot;https://timeline.knightlab.com/&quot;&gt;la timeline JS du Knight Lab&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce petit exercice a plusieurs atouts :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;de produire un résulat visuel et esthétique tout à fait satisfaisant après des semaines à collecter des données et à générer une archive XML peu digeste,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;de procéder à un nettoyage des données et d’identifier certaines données manquantes,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;d’explorer un échantillon de l’archive sous une nouvelle perspective : celle de la distribution dans le temps et par rubrique.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Ce dernier point n’est pas anodin car il marque une première étape à partir de laquelle nous allons (enfin) pouvoir itérer notre problématique, nos objectifs, l’archive et sa modélisation, et finalement procéder à de nouvelles requêtes sur l’archive. La fouille de données consiste toujours en une démarche itérative, mettant en dialogue des hypothèses (requêtes) et un corpus (résultats).&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;chronologie-gi-sur-remuenet&quot;&gt;Chronologie GI sur Remue.net&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Échantillon&lt;/strong&gt; : toutes les entrées de remue.net dont la date de publication a été renseignée&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;https://cdn.knightlab.com/libs/timeline3/latest/embed/index.html?source=1Xn7o0mun9Z9qYM-g2XGyT-37uvrAHRqtw2KX3rvCzgM&amp;amp;font=Default&amp;amp;lang=fr&amp;amp;initial_zoom=2&amp;amp;height=650&quot; width=&quot;100%&quot; height=&quot;650&quot; webkitallowfullscreen=&quot;&quot; mozallowfullscreen=&quot;&quot; allowfullscreen=&quot;&quot; frameborder=&quot;0.5&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;h2 id=&quot;workflow&quot;&gt;Workflow&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Nous utilisons &lt;a href=&quot;http://basex.org/&quot;&gt;BaseX&lt;/a&gt; pour exploiter l’archive XML TEI. Dans cette phase exploratoire, cela nous permet de parcourir les contenus et les métadonnées très efficacement. Il suffit parfois d’une simple fonction Xquery, ou parfois d’un script minimal pour produire une liste de résultats que l’on peut ensuite exploiter plus finement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour le présent exercice, &lt;a href=&quot;#script-de-conversion-xml-to-csv&quot;&gt;ce script&lt;/a&gt; sélectionne les données pertinentes pour la chronologie, puis convertit le nouvel arbre xml en un fichier csv. Timeline JS permet de publier une chronologie &lt;a href=&quot;https://timeline.knightlab.com/index.html#make&quot;&gt;à partir d’un simple fichier csv&lt;/a&gt; sur Google Spreadsheet.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;h3 id=&quot;script-de-conversion-xml-to-csv&quot;&gt;Script de conversion XML to CSV&lt;/h3&gt;

&lt;div class=&quot;language-plaintext highlighter-rouge&quot;&gt;&lt;div class=&quot;highlight&quot;&gt;&lt;pre class=&quot;highlight&quot;&gt;&lt;code&gt;xquery version &quot;3.1&quot;;

declare default function namespace &apos;local&apos; ;
declare namespace csv = &quot;http://basex.org/modules/csv&quot;;


let $options := map { &apos;separator&apos;: &apos;;&apos;}

let $TEI := db:open(&quot;GITEI2&quot;)
(: declare function local:getItemList( $TEI as element() ) as element()* { :)

let $toBeCsv :=  &amp;lt;itemList&amp;gt;{
  for $item in $TEI/TEI
    let $title := $item//title
    let $author := $item//author
    let $date := fn:string($item//publicationStmt/date/@when)
    let $rubrique := $item//publicationStmt/category
  return
  &amp;lt;item&amp;gt;
    &amp;lt;year&amp;gt;{fn:substring($date,1,4)}&amp;lt;/year&amp;gt;
    &amp;lt;month&amp;gt;{fn:substring($date,6,2)}&amp;lt;/month&amp;gt;
    &amp;lt;day&amp;gt;{fn:substring($date,9,2)}&amp;lt;/day&amp;gt;
    &amp;lt;time&amp;gt;&amp;lt;/time&amp;gt;
    &amp;lt;endYear&amp;gt;&amp;lt;/endYear&amp;gt;
    &amp;lt;endMonth&amp;gt;&amp;lt;/endMonth&amp;gt;
    &amp;lt;endDay&amp;gt;&amp;lt;/endDay&amp;gt;
    &amp;lt;endTime&amp;gt;&amp;lt;/endTime&amp;gt;
    &amp;lt;displayDate&amp;gt;&amp;lt;/displayDate&amp;gt;
    {$title}
    {$author}
    &amp;lt;media&amp;gt;&amp;lt;/media&amp;gt;
    &amp;lt;mediaCredit&amp;gt;&amp;lt;/mediaCredit&amp;gt;
    &amp;lt;mediaCaption&amp;gt;&amp;lt;/mediaCaption&amp;gt;
    &amp;lt;type&amp;gt;&amp;lt;/type&amp;gt;
    &amp;lt;mediaThumbnail&amp;gt;&amp;lt;/mediaThumbnail&amp;gt;
    {$rubrique}
    &amp;lt;background&amp;gt;&amp;lt;/background&amp;gt;
  &amp;lt;/item&amp;gt;
  }&amp;lt;/itemList&amp;gt;

let $output := csv:serialize($toBeCsv, $options)
(: return $toBeCsv :)
(: return $output :)
return
    file:write-text(&quot;/path/teicsv.csv&quot;, $output)
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Support numérique et modèle épistémologique</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/03/15/support-numerique-et-modele-epistemologique"/>
   <updated>2017-03-15T17:40:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/03/15/support-numerique-et-modele-epistemologique</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Je publie ici le texte de ma communication présentant le “1er champ”, constitutif d’un futur dossier de synthèse. Le texte a été présenté le 14 mars devant les étudiants du forum doctoral. Il tente de tracer un fil conducteur entre support, dispositif, institutions du savoir et finalement modèle épistémologique. Il n’explore bien évidemment pas tous les aspects de chacun de ces concepts, et ne fait que lancer des pistes. Il tisse par contre un parcours logique à partir duquel je perçois bien les développements à faire.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;«&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Je voudrais aborder cette présentation de front en posant de suite la question qui me tiraille, question beaucoup trop vaste mais tout à fait essentielle. Nos supports de travail, c’est-à-dire notamment pour les humanités, nos supports de lecture et nos supports d’écriture sont devenus essentiellement numériques. Or l’histoire longue de l’écriture, qui est aussi celle des supports, nous montre que tout changement de propriétés des supports induisent un changement des modalités d’écriture, de lecture, et finalement une évolution des modes de penser. La question est donc la suivante, comment le support numérique vient modifier les modalités de la lecture, de l’écriture et finalement de la pensée ? Quelles sont les caractéristiques du support numérique, et comment rentrent-elles en contrainte, en dialogue avec l’esprit, comment s’articulent-elles avec l’interprétation ? Vous comprenez qu’au-delà de cette question épistémologique, anthropologique voire pour certain philosophique, se joue un nouvel humanisme.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Après avoir posé ainsi la question de manière frontale, je dois bien entendu prendre des chemins détournés pour sereinement l’aborder. D’une part parce qu’elle est trop vaste, trop importante, et d’autre part parce je peux m’appuyer sur une littérature déjà abondante sur le sujet. Ici, notons cet aspect inédit de l’Histoire, l’Homme,en tant qu’être pensant, assiste en direct à un tournant majeur de son histoire peut-être même de son essence. Sans le comprendre tout à fait, sans qu’il soit même achevé, le tournant numérique est déjà observé, critiqué, conceptualisé. Ce que j’entreprends ainsi est un projet critique partagé par de nombreux chercheurs, et pour ce faire, j’adopterai la position toute pragmatique de Bruno Bachimont pour qui :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;«Il ne convient pas de se lamenter d’une éventuelle régression, ni de se réjouir d’un hypothétique progrès, mais plutôt de se doter des concepts permettant de penser le numérique.»&lt;/p&gt;

&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Mon chemin détourné pour aujourd’hui empreinte un parcours relativement simple : je parlerai un peu du cadre théorique et historique, je développerai ensuite ma problématique, puis j’illustrerai la problématique à travers un projet pratique, dans l’idée aussi d’introduire cette démarche de recherche-action, ou création. J’entreprend en effet dans la thèse un volet expérimental consistant en la conception et réalisation d’un dispositif numérique. Cette mise en tension entre pratique et théorie, relève d’une approche récursive et réflexive, héritière des principes qui régissent Internet, le web, et ses applications.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;support&quot;&gt;Support&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, quel est le rapport entre le support et la pensée ?
C’est l’anthropologue Jack Goody qui a le plus contribué à définir ce lien étroit qui accompagne toute l’histoire de l’écriture. L’apparition de l’écriture marque la sortie de l’humanité de la pré-histoire, et son entrée dans l’Histoire. Cette histoire est aussi celle des supports d’écriture. De l’oralité à l’écriture, il s’agit toujours de l’extériorisation de la pensée, mais l’extériorisation change de nature. La parole, linéaire et sonore, laisse la place à une nouvelle médiation, l’inscription, spatiale et visible. L’air comme support éphémère de la parole laisse la place à diverses matières tangibles et pérennes : l’argile, la pierre, le papyrus, le parchemin, le papier.
La pensée passe du trio voix-parole-air au trio inscription-geste-support.
Bien sûr, on connait bien l’apport d’une mémoire pérenne, capable de traverser la vie d’un homme, de traverser les générations, et même les civilisations. Mais c’est davantage l’impact sur la raison qui nous intéresse.
Ce qu’a montré Goody, c’est que les cultures dotées de l’écriture raisonnent différemment des cultures orales. L’écriture donne à voir, là où la parole donne à écouter.
Le support d’écriture est bi-dimensionnel, il est spatial et permet une synthèse visuelle du contenu inscrit, permettant de repérer des rapports et des propriétés indécelables dans la temporalité linéaire de la parole.
Pour reprendre Goody : “ce qui est dispersé dans le temps devient contigu dans l’espace” Il s’agit de délinéariser le discours, de permettre son découpage en unités juxtaposables. L’écriture et le support d’inscription propose alors à l’esprit «des configurations synthétiques nouvelles permettant de constituer de nouveaux concepts» (Bachimont, 2000). Autrement dit, l’esprit ne trouve pas dans le support une simple mémoire, mais aussi une réflexion. Le support réfléchit, au sens où il apporte à l’esprit une capacité réflexive.
Goody identifie trois propriétés issue de l’écriture : la liste, le tableau et la formule. Il appelle le mode de penser qui en découle la raison graphique.
Sur les traces de Goody, livré ici très rapidement comme un teaser, Bachimont fait une analyse du numérique comme support d’écriture (et de lecture), qu’il met au regard des supports d’écriture pré-numérique. Il identifie pour sa part trois propriétés : le programme, le réseau, la couche.
Bachimont appelle le mode de penser qui en découle, la raison computationnelle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La question que j’aimerais poser, si le support pré-numérique &lt;em&gt;réfléchit&lt;/em&gt;, le support numérique pense-t-il ?&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;modèle-épistémologique&quot;&gt;Modèle épistémologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Outre la question anthropologique liée à l’écriture, un autre angle d’attaque permet d’appréhender ma problématique. La connaissance et la science moderne repose sur un certain modèle épistémologique bien rôdé, reposant dans l’ordre sur l’écriture, l’imprimerie, le papier, le livre, et plus spécifiquement pour la recherche, la revue. Ces artefacts sont eux-même étroitement liés à des institutions, spécialisées dans la sauvegarde, la digestion et la transmission des connaissances. Impossible ici de les prendre une à une dans l’ordre, et si j’ai démarré de manière très ambitieuse avec l’écriture, c’est que le point d’entrée était inévitable.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;culture-de-lécrit&quot;&gt;Culture de l’écrit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je tente une plongée plus spécifique, toujours dans l’idée d’éclairer ma problématique et peut-être de lui donner des points d’appui. Roger Chartier est historien du livre et spécialiste de l’antiquité. Il découvre que la culture de l’écrit qui est encore la notre naît au sein de la bibliothèque d’Alexandrie. D’autres bibliothèques plus anciennes existent, plus à l’Est, mais c’est à Alexandrie que l’on retrouve les premiers vestiges d’une véritable culture de l’écrit, c’est-à-dire du travail intellectuel basé sur l’écriture. Il s’agit alors à l’époque de l’accumulation systématiques des savoirs, leur traduction systématique dans une langue unique, le grec, la compilation de ces savoirs avec des pratiques naissantes d’indexation, de catalogage, de taxinomie, d’annotation, et finalement d’interprétation, et de créations de nouveaux savoirs. Ce sont les prémisces irréversibles d’une culture de l’écrit qui se transmettra ensuite à travers les siècles via la culture arabe, la culture latine, dont hérite la renaissance italienne.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;codex&quot;&gt;Codex&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A nouveau, l’histoire des connaissances humaines est étroitement liée aux dynasties qui les ordonnent et aux institutions qui les régissent. Un des jalons majeurs de cette histoire réside pour Roger Chartier dans l’adoption progressive du codex, le livre tel qu’on le connait aujourd’hui, évinçant le volumen. Avec le codex, le support achève sa délinéarisation de la pensée, amplifie ses propriétés spatiales, multiplie les repères dans le texte, fluidifie sa navigation. Chartier considère ainsi cette technique nouvelle comme beaucoup plus disruptive que l’apparition de l’imprimerie, qui est certes une transformation des modalités de production et ainsi une révolution de la diffusion et de la circulation du savoir, mais qui n’est pas une révolution de forme ou de support comme l’a été le passage du volumen au codex : c’est-à-dire une révolution des modes d’organisation et de structuration du support de l’écrit.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Chartier préfère donc comparer la révolution du support numérique avec le seul précédent historique : la substitution du codex au volumen et la conquête d’une nouvelle liberté : liberté de la main, du geste, liberté de lire et d’écrire en même temps, de passer facilement d’un livre à l’autre, d’une page à l’autre.
Chartier nous invite alors à identifier les nouvelles libertés offertes par le support numérique. A nouveau en guise de teaser, il entrevoit par exemple la manipulabilité du support et la fluidité de son inscription, au point de brouiller la distinction des rôles entre auteur et lecteur. Une piste à suivre parmi d’autre.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;support-numérique&quot;&gt;Support numérique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, il faudrait définir ce qu’on entend par numérique, et plus particulièrement ce qu’on entend par support numérique.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;calculabilité&quot;&gt;Calculabilité&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le support numérique de lecture et d’écriture n’est pas définit par le carré de l’écran à travers lequel un texte nous est donné à lire, ou par le clavier grâce auquel un texte s’écrit. Le support numérique suppose une inscription numérique dont la nature est avant tout informatique. Les écritures en deviennent ainsi calculable, c’est-à-dire manipulable ; calculée, c’est-à-dire interprêtée par la machine, et finalement programmative ou performative. Le support numérique introduit donc une médiation tout à fait réelle et matérielle, mobilisant une infrastrusture à la fois matérielle et logicielle, les deux s’imbriquant d’ailleurs mutuellement puisque même les composants électroniques intègrent des procédures précablées, soit des logiciels.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;réseau&quot;&gt;Réseau&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre caractéristique du support numérique : l’interconnexion permise par une série de protocoles de communication successifs. Cette succession de protocoles consiste en fait en une encapsulation des couches sémantiques “données à lire”, qui sont encodées dans des couches logicielles puis des couches matérielles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Alexander Galloway fait une analyse politique très fine de ces protocoles qui gouvernent l’ensemble de l’informatique et des communications en réseau. Son ouvrage “Protocols”  invoque Foucault et Deleuze, et avance que les différents protocoles à l’œuvre sont ce qui permet au contrôle d’exister dans un environnement distribué. Je ne développe ici sa pensée, mais je voudrais reprendre cette idée du protocole comme gouvernant l’architecture de l’architecture des objets qui composent le réseau. Toujours avec ce principe de récursivité qui va si bien au numérique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce qui est intéressant est la tension entre l’extrême standardisation, condition sine qua none d’une adoption universelle, et l’extrême diversité des dispositifs, permis par les protocoles et leurs mécanismes primitifs.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je m’intéresse à cette relation particulière entre support et dispositifs, avec l’hypothèse que le caractère déterministe du support, tel que le montre Galloway dans son analyse des protocoles, peut être compensé par les dispositifs, dans leur conception, leur design, c’est-à-dire en fait par la part de politique qu’ils véhiculent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce que le numérique fait au support, il le fait aussi au dispositif. La mise en réseau et la calculabilité du support rend le dispositif environnemental. C’est ce qui me fait penser que ce qu’on appelle communément “le numérique”, est la contraction et la substantivation de ce qu’on peut désigner plus précisément par “le support numérique”. Tout ce qui est numérique relève du même substantif, le numérique. La réciprocité de ce glissement sémantique fonctionne pour le dispositif, quand Louise Merzeau le pense comme adjectif pour marquer son caractère diffus et environnemental. S’il était féminin, le dispositif serait &lt;em&gt;dispositive&lt;/em&gt;. J’ai publié pour ma part dans un article récent l’application de cette approche dispositive sur un corpus littéraire collaboratif, approche particulièrement opérante pour mettre en évidence les dynamiques d’autorité à l’œuvre dans un dispositif transmédia d’écriture collaborative.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Avec la mutation du support d’écriture et de lecture, c’est la question de l’évolution du modèle épistémologique qui est posé. Comme on l’a vu, le modèle épistémologique est définit par les institutions de savoir, par les dispositifs et les techniques intellectuelles qu’elles mettent place, et par le supports d’inscription, définissant tout ensemble les modalités de la production et de la circulation du savoir.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;recherche-actioncréation&quot;&gt;Recherche action/création&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, j’aimerais illustrer ces réflexions très générales par les questions que pose le projet en cours de refonte de la revue Sens Public, une revue nativement numérique. Cette refonte articule plusieurs chantiers en dialogue : un chantier technique, un chantier éditorial, un chantier épistémologique, un chantier politique enfin, tant l’exploration de nouveaux modèles épistémologiques pour les revues savantes supposent un engagement politique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je m’arrêterai sur une seule des multiples questions que le projet soulève : la question du statut des textes dans le processus d’édition numérique. Le modèle épistémologique de la revue et de la science en général repose en effet sur une rupture radicale entre la production du texte (son processus d’écriture) et sa publication. Le modèle d’élaboration des connaissances est ainsi entièrement tourné vers la stabilisation du texte pour publication. Ce que permet la stabilité, c’est &lt;em&gt;la référence&lt;/em&gt; et tout le système bibliographique qui s’est mis en place pour l’institutionnaliser. En effet cette référence et son institutionnalisation sont les conditions du partage d’un socle commun de connaissances au sein d’une communauté de savoir. La possibilité de s’y référer procure au texte une autorité et une authenticité nécessaires à une réflexion commune.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Or la calculabilité du support numérique confère au texte une instabilité intrinsèque, une liquidité nouvelle tout à fait disruptive vis-à-vis du modèle épistémologique traditionnel. Dans ce modèle, le texte liquide est ingérable, la référence impossible, l’autorité diffuse. Pourtant les dispositifs de publication récents permettent justement de gérer à la fois le texte liquide, le traçage de ses différents états et statuts, c’est-à-dire leurs références, et même la collaboration multi-auteur sur un même texte.
Ils permettraient donc dans le principe d’envisager un modèle épistémologique fondé non pas sur la stabilité du texte mais sur sa liquidité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je ne me prononcerai pas ici sur cette question, mais j’espère avoir illustré par une question très précise en quoi le support numérique vient bouleverser notre manière de faire de la recherche, d’écrire, de lire et finalement de penser.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;»&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Entretien avec Gérard Wormser : revue et modèle épistémologique</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/03/08/entretien-avec-gerard-wormser-revue-et-modele-epistemologique"/>
   <updated>2017-03-08T22:31:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/03/08/entretien-avec-gerard-wormser-revue-et-modele-epistemologique</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Gérard Wormser participe à la réflexion sur la refonte du site de la revue à plusieurs titres : en tant que créateur de la revue et fin connaisseur de sa communauté. Mais aussi, en tant que savant ayant porté une attention toute particulière aux questions d’édition, d’édition scientifique, et de la chose publique en général. Il a notamment initié la piste conceptuelle de l’éditorialisation telle qu’elle s’est développée au sein du séminaire « Écritures numériques et éditorialisation », et s’inscrit toujours dans une dynamique communautaire et une éthique tout à fait unique dans le paysage de la recherche.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;épistémologie-du-support&quot;&gt;Épistémologie du support&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour cette seconde discussion, nous nous sommes concentrés sur la question du statut des textes dans l’édition numérique. Sous-jacente à cette question, se trouve celle du modèle épistémologique de la science tel qu’il s’est centré autour de la publication et de la stabilisation du texte.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cet état du texte acquiert un statut bien particulier de &lt;em&gt;référence&lt;/em&gt; et devient objet d’étude pour la communauté. Ce modèle classique est ainsi fondé sur une rupture radicale entre la production du texte et sa publication. À gros traits, la production comprend l’élaboration par un ou plusieurs auteurs, l’évaluation par les pairs, et la suite du processus d’édition jusqu’à la publication. Une fois publié, le texte entre dans une nouvelle phase de vie, au cours de laquelle il est lu, cité, étudié.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce modèle épistémologique, entièrement fondé sur le support papier et l’industrie de l’imprimerie, reste au cœur du fonctionnement de la science, et ce depuis que les revues scientifiques existent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, l’adoption native du support numérique comme mode de publication d’une revue soulève nécessairement la question d’un modèle épistémologique propre au support numérique.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;texte-liquide&quot;&gt;Texte liquide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une des propriétés du support numérique étant notamment l’instabilité intrinsèque du texte, peut-on envisager un modèle épistémologique embrassant pleinement la liquidité du texte, dont chaque version pourrait être stockée, tracée, publiée, discutée ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plusieurs initiatives existent et vont dans ce sens, à des stades plus ou moins expérimentaux et explorant différentes pistes, notamment celle de l’évaluation ouverte et continue, ou encore un &lt;a href=&quot;https://fr.wikiversity.org/wiki/Projet:Journal_scientifique_libre&quot;&gt;Journal scientifique libre&lt;/a&gt; sur plateforme wiki.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ces initiatives mettent en œuvre des technologies de publication permettant justement de gérer à la fois le texte liquide, son versionning (le traçage de ses différents états et statuts), et même sa discussion. C’est bien sûr le cas du wiki qui ouvre l’accès à toutes les versions antérieures du texte.
C’est aussi le cas de la blockchain, conçue pour assurer la comptabilité des écritures et de leurs auteurs (machines et humains). C’est encore le cas de Git ou de Github, avec un protocole de contribution encore différent et sur lesquels émergent plusieurs dispositifs d’écriture collaborative.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;socle-commun&quot;&gt;Socle commun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Gérard W., à l’état liquide ou solide, tout texte doit être considéré comme un état provisoire de sa recherche, elle-même en transformation permanente. Malgré la pertinence de cette remarque, la publication dans le modèle classique, c’est-à-dire la mise en public d’un écrit, engage véritablement son auteur dans un rapport à l’autre, dans un positionnement intellectuel et politique bien particulier. Le texte liquide, c’est-à-dire le texte agencé à un dispositif d’édition continue, perd en quelque sorte une part de cet engagement, ou plus exactement diminue la force de cet engagement. De déclaration, le texte liquide devient proposition. Proposition modifiable, remplaçable, jetable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce que le texte liquide vient ainsi disrupter, c’est la référence et tout le système bibliographique qui s’est mis en place pour l’institutionnaliser. Or cette référence et son institutionnalisation sont les conditions du partage d’un socle commun de connaissances au sein d’une communauté de savoir. La possibilité de s’y référer procure au texte stabilisé une autorité et une authenticité nécessaires à une réflexion commune.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est ainsi que notre entretien avec Gérard W. nous a malgré tout conforté dans la nécessité (encore) d’un modèle épistémologique fondé sur une version stabilisée du texte, notamment dans un paysage institutionnel encore réticent à prendre en compte « les états du texte », jusqu’à la disparition &lt;em&gt;du&lt;/em&gt; texte.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est urgent que l’institution académique s’empare de la question et pense de nouveaux modèles d’écriture et de lecture, pour regagner du terrain sur &lt;a href=&quot;https://theconversation.com/edition-gafam-et-edition-savante-une-bataille-en-cours-68754&quot;&gt;les modèles imposés par les GAFAM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;choix-technique-&quot;&gt;Choix technique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la refonte de la revue Sens Public fait un choix technique très structurant sur cette question. Le site est en effet généré sur une archive XML des articles cristallisés. Cette archive est l’aboutissement du processus de production d’une ressource destinée à faire référence. Cette ressource sera accessible en tant que telle, mais aussi dans différents formats générés à la volée, soit par le site lui-même dans une version HTML, soit dans des versions PDF, EPUB ou tout autre format pertinent pour sa circulation (on peut par exemple penser à une exposition du texte à travers un triple-store RDF).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette archive XML introduit une rupture importante dans la chaine éditoriale continue à l’origine du projet. Un tel format pivot entre la production et la publication inscrit la refonte de la revue dans le modèle épistémologique classique, dont il faudra malgré tout s’émanciper d’une autre manière.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est intéressant de noter que ce choix a été largement motivé par des enjeux institutionnels (et donc de financement de la revue), imposant une forme stabilisée de référence, mais imposant également le choix du schéma de descriptions des articles, sur lequel il faudra bien entendu revenir bientôt.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>1er mars - notes de travail</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/03/01/1er-mars-notes-de-travail"/>
   <updated>2017-03-01T13:40:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/03/01/1er-mars-notes-de-travail</id>
   <content type="html">&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Le Général Instin bouge encore. Notre session de travail coïncide avec sa toute dernière publication sur Remue.net : &lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?article8721&quot;&gt;Nig le chien [1 &amp;amp; 2]&lt;/a&gt; dans la récente rubrique &lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?rubrique997&quot;&gt;Spoon River&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Un mois que l’on s’emploie à collecter notre corpus Instin. Ne sachant pas encore trop dans quelle direction le tirer, nous l’avons initié avec un corpus test en aspirant une dizaine d’articles de Remue.net. Pour chacun de ces articles, nous avons maintenu un inventaire en l’enrichissant d’un certain nombre de métadonnées.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les métadonnées s’organisent pour le moment ainsi :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour chaque entrée :&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;language-plaintext highlighter-rouge&quot;&gt;&lt;div class=&quot;highlight&quot;&gt;&lt;pre class=&quot;highlight&quot;&gt;&lt;code&gt;* **Objet** : recense les données propres au document ou à l&apos;objet collecté
  * titre
  * auteur(s) identifié-e(s)
  * url ressource (qui identifie l&apos;objet sur le web)
  * url référence (en cas d&apos;objet orphelin ou &quot;déporté&quot;, le lien qui nous a guidé vers l&apos;objet)
  * date de création (dans le cas où la rédaction/production de l&apos;objet/évenement est spécifié)
  * date de publication (dans le cas où la ressource/objet a une date de publication)
* **Indexation** : décrit l&apos;objet selon notre propre taxonomie (en construction)
  * mots-clés
  * description
  * corpus : Instin, documentation,
  * date d&apos;archive
  * genre: écrit, article, poème, haiku,
  * matérialité : print, numérique, wall, performance, conférence
  * liens à d&apos;autres entrées
  * propagation
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;A titre d’exemple :&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;language-plaintext highlighter-rouge&quot;&gt;&lt;div class=&quot;highlight&quot;&gt;&lt;pre class=&quot;highlight&quot;&gt;&lt;code&gt;item-016
* **Objet**
  * titre: l’Électroencéphallusgramme
  * auteur: Delphine Bretesché
  * url ressource: http://remue.net/spip.php?article3108
  * geolocalisation:
  * url référence:
  * date de création:
  * date de publication: 2009-03-03
* **Indexation**
  * corpus : primaire. Rubrique rubrique RemueNet/dossiers/écrivains/Général Instin/les noms/
  * description: Performance Électroencéphallusgramme du Général Instin, encre, bâton, rotring et scotch sur rouleau de papier. Contient du matériel visuel + un texte
  * mots-clés:
  * date d&apos;archive: 2017-02-12 (servanne)
  * genre:
  * matérialité: numérique
  * site d&apos;origine: remue.net
  * liens:
    * http://remue.net/spip.php?article2813 [item-021]
    * http://delphinebretesche.hautetfort.com **étrange ce truc**
    * http://remue.net/spip.php?article2843#phase [item-020]
    * http://remue.net/spip.php?article1502#charte [item-019]
    * http://remue.net/spip.php?article2156#spasme [item-017]
  * propagation:
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;Pour ce corpus test d’une dizaine d’entrées, la collecte s’est fait par propagation hypertextuelle. A partir d’un premier article, nous avons simplement identifié les liens auxquels l’article fait référence (Remue.net présente un maillage interne particulièrement dense), et nous avons considéré ces nouveaux liens (interne à Remue.net) comme les prochaines entrées de notre corpus test. Nous aurions pu prendre une méthode d’échantillonage plus classique : par date, par auteur, par rubrique, mais cet échantillonage a le mérite d’explorer la base de Remue.net de manière relativement aléatoire, bien que par définition dans un sens anté-chronologique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Très rapidement, ce corpus test s’est enrichi d’une trentaine d’entrées.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;maîtriser-le-corpus&quot;&gt;Maîtriser le corpus&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Dans l’objectif de procéder à plusieurs traitements sur ce corpus, notamment cartographie et textométrie, nous passons maintenant l’archive HTML dans une version XML TEI. Cet effort de caractérisation plus précise du corpus nous ouvre de nouvelles pistes de réflexion pour le projet.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est en quelque sorte une première étape d’éditorialisation d’une archive et ce processus d’éditorialisation nous projette dans une double dynamique :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;dynamique d’ouverture : dans la continuité de l’esprit du Général Instin, cette éditorialisation pourrait avoir vocation à devenir publique, accessible, appropriable.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;dynamique réflexive sur notre projet : en faisant le pari que la conception du dispositif d’éditorialisation de l’archive nous éclairera sur le dispositif GI lui-même.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Ce pari est celui d’un dialogue entre le dispositif de publication littéraire du GI et le dispositif d’une archive scientifique. Un dialogue tout en tension, tout en contradiction peut-être, mais dont la démarche fait sens pour considérer l’archive non pas comme une tentative de totalisation de GI, mais plutôt de projection en miroir, elle-même excroissance du projet.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;dézoom&quot;&gt;Dézoom&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Notre corpus comprend maintenant une trentaine d’entrées. Ce premier test nous a permis de réfléchir à une structuration encore en mouvement de notre corpus. Première étape utile et rassurante, mais qui nous laisse tout à fait démunis (voir angoissés) au regard de l’ampleur de la tâche.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour entrer sereinement dans la deuxième étape de collecte, celle de l’exhaustivité (!), il nous faut dézoomer, prendre un peu de hauteur et examiner la structure générale du Général. Tentative de chronologie, cartographie des plateformes, arborescence des plateformes.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;ébauche-par-date&quot;&gt;Ébauche par date&lt;/h3&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;1997
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;«GI projet interdisciplinaire et collectif»&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;soirée de performances au squat de la Grange-aux-Belles (Paris)&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;1998
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;performance Mômô Basta (défiguré)&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;2005 : repris dans la revue papier d’art et littérature &lt;em&gt;Éponymes&lt;/em&gt; (2005-2007)&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;2007 : Démarrage du feuilleton sur Remue.net avec plusieurs rubriques :&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;h3 id=&quot;remuenet--arborescence-de-la-rubrique-général-instin&quot;&gt;Remue.net : arborescence de la rubrique “Général Instin”&lt;/h3&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;traits&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;em&gt;“aperçus du projet, pensées, aphorismes, essais critiques”&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;publications de mars 2006 à juin 2016&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;noms&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;em&gt;“grandes figures du projet”&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;publications de mars 2009 à mars 2016&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;réels&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;em&gt;“récits d’évenements autour du projet”&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;publications de mars 2006 à 8 mars 2016&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;19 contributions&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;générales&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;em&gt;“formes diverses d’Instin, fictions, traces, fusées,…“&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;2006 à 2016&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;portrait géomantique du GI&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;projet d’écriture à quatre mains&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;publications en bloc le 18 mai 2010&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;Instin textopoly&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;résidence de création&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;juin 2013&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;Conquête du pays Ugogo&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;Festival et performances&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;publications en mai-juin 2014&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;5 contributions + vidéos&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;rue Instin&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;festival à Belleville : 4-7 juin 2015&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;publications du 30 juin 2015 à septembre 2015&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;23 contributions&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;&lt;strong&gt;Spoon River&lt;/strong&gt;
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;projet de traduction du recueil de poésie «&lt;em&gt;Spoon River Anthology&lt;/em&gt;» d’Edgar Lee Masters (1915)
        &lt;ul&gt;
          &lt;li&gt;“traduit par la mouvance Général Instin”&lt;/li&gt;
          &lt;li&gt;publié chez Le Nouvel Attila - collection Othello (comme Climax)&lt;/li&gt;
        &lt;/ul&gt;
      &lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;de octobre 2016 au 1er mars 2017&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;h3 id=&quot;wwwgeneralinstinnet&quot;&gt;www.generalinstin.net&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;(à venir)&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;autres&quot;&gt;Autres&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Notamment sur facebook, on trouve une catégorie de photo INSTIN “non-officiel”, manifestations sur les murs (tags, graffs, etc.) du phénomène GI, avec la campagne “officielle” menée avec l’artiste SP38, et une campagne d’affichage “non officielle” &lt;em&gt;“à l’insu du général”&lt;/em&gt;, réalisée grâce à une série de contributions anonymes.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;arbres-et-rhizome&quot;&gt;Arbres et rhizome&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Elle n’est ni formelle, ni complète, mais cette ébauche nous rassure. Elle nous laisse penser que GI est un ensemble fini. Avec un nombre d’auteurs, de contributions, de plateformes maîtrisables. Elle nous montre par ailleurs que le rhizome est en fait tout à fait organisé et distribué dans des rubriques identifiées. Il y a là deux organisations qui se font face : celle arborescente des plateformes (voir les rubriques de Remue.net), et celle rhizomatique des textes hyperliées. La représentation/visualisation de cette dernière structuration constituera évidemment un excellent chantier pour étudier le corpus.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Malgré tout, elle nous rappelle à l’ordre sur le fait que la littérature brouhaha ne se laisse pas dompter aussi facilement, et qu’en tentant de l’appréhender, nous laisserons nécessairement de côté certains de ses recoins avec le risque de générer des angles morts.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Projet Instin. Notes préliminaires pour l&apos;étude d&apos;une « littérature-brouhaha »</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/02/22/projet-instin-notes-preliminaires-pour-l-etude-d-une-litterature-brouhaha"/>
   <updated>2017-02-22T16:33:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindinstin/2017/02/22/projet-instin-notes-preliminaires-pour-l-etude-d-une-litterature-brouhaha</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici quelques notes destinées à poser les bases de notre projet (le texte est issu d’une présentation réalisée dans le cadre du colloque Dispersion organisé à l’UdeM)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Depuis l’invention de l’écriture il y a plusieurs milliers d’années, l’évolution des formes éditoriales s’est opérée en fonction de la nécessité de transmettre toujours plus efficacement à travers les générations les récits, le savoir et la culture. Assurer la transmission et la pérennité de nos textes est en quelque sorte, depuis toujours, une question de survie : l’invention de l’imprimerie au XVIe siècle a joué un rôle décisif à cet égard, bientôt suivie au XVIIIe siècle par la création et l’institutionnalisation de notre modèle éditorial moderne, sous l’impulsion des premiers éditeurs au sens où nous l’entendons encore aujourd’hui. C’est d’ailleurs à partir du XVIIIe siècle – soit il n’y a pas si longtemps – qu’ont été écrites les premières lois sur le copyright et les droits d’auteurs, et que l’édition s’est forgée un modèle économique en passant d’une politique de la demande à une politique de l’offre, permettant du même coup la professionnalisation du métier d’écrivain. L’invention de l’édition moderne a cristallisé et institutionnalisé certains concepts essentiels de la littérature, que l’on a pris l’habitude de manipuler sans toujours les questionner : c’est en particulier le cas de l’auteur (cette entité un peu sacralisée que les post-structuralistes ont commencé à bousculer dès la seconde moitié du XXe siècle, avec Barthes par exemple), ou encore de l’œuvre (tout aussi sacralisée, considérée comme une entité fixe et immuable)…&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est donc ce modèle, plus récent qu’on ne veut bien souvent le croire, qui serait aujourd’hui en crise. Le développement des technologies numériques est en effet en train de rebattre les cartes de notre modèle éditorial. Les enjeux de transmission sont plus que jamais au cœur des débats soulevés par les nouvelles potentialités de production et de diffusion des contenus (comme ils l’ont été d’ailleurs à chaque grande transition technologique au cours de notre histoire) : politiques de libre accès, entreprises de numérisation massive, développement de formats informatiques pour traduire numériquement le livre… les communautés d’écrivains, de chercheurs, d’éditeurs se questionnent et parfois ce déchirent autour de questions pratiques et légales qui semblent bien éloignées de nos préoccupations littéraires, alors qu’elles sont pourtant la condition même de la Littérature. Le concept d’&lt;strong&gt;éditorialisation&lt;/strong&gt;, auquel une communauté de chercheur réfléchit depuis maintenant une bonne dizaine d’années, cherche à comprendre les nouvelles pratiques d’écriture, de circulation et de légitimation des textes, afin de répondre aux défis de notre culture numérique venue prendre le relais de l’édition moderne. Déjà très répandu dans le champ de l’édition savante, l’éditorialisation pose beaucoup plus de problème dans le champ de l’édition littéraire. Notre projet de recherche entend contribuer à évaluer l’intérêt et le caractère opératoire de ce concept, dans le champ spécifique de la littérature et des études littéraires.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;le-gi-à-lheure-de-la-littérature-brouhaha&quot;&gt;Le GI à l’heure de la littérature-brouhaha&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l’on peut plaider, dans le domaine de l’édition savante, que la circulation des idées et des savoirs prévaut désormais sur leur « protection », une telle affirmation semble plus complexe à défendre en ce qui concerne les contenus littéraires : nous sommes en effet habitués à étudier des auteurs, des œuvres, des textes, qui viennent à nous par l’intermédiaire de livres – des livres auxquels, en soi, nous n’accordons qu’une attention assez réduite. Ce manque d’attention est bien regrettable, car, pour reprendre les propos de Lionel Ruffel :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;S’il est un point commun à l’ensemble de ces transformations, c’est que l’on passe d’une représentation et donc d’un imaginaire du littéraire centré sur un objet-support : le livre, à un imaginaire du littéraire centré sur une action et une pratique : la publication. « Publier » retourne à son sens originel : rendre public, passer de l’expression privée destinée à des correspondants précis à l’expression pour des publics de plus en plus divers. La publication de la littérature ne s’est historiquement pas limitée à celle des livres. Les publics de la littérature ne se limitent pas aux lecteurs. Il existe autant de littératures que de possibilités de publication : livres, performances, lectures, salons, groupes, espaces numériques divers. Chacune de ces littératures crée un espace public spécifique. « (…) [C]ette multitude d’espaces publics caractérise le moment contemporain de la littérature, comme la sphère publique de la Littérature caractérisait sa représentation moderne. Si ces espaces publics ont toujours existé, même lorsqu’on les mettait sous silence, jamais ils n’ont été aussi nombreux et visibles. Non seulement ils se sont multipliés, mais ils se sont très largement diversifiés si bien que le littéraire aujourd’hui apparaît en très grande partie comme une arène conflictuelle composée d’une sphère publique hégémonique reposant sur l’imprimé et d’une multitude d’espaces publics contre-hégémoniques relevant plutôt d’une « littérature-brouhaha » (exposée, performée, in situ, multi-support) avec de très nombreuses circulations entre eux. (Lionel Ruffel, &lt;em&gt;Brouhaha. Les mondes du contemporain&lt;/em&gt;, Verdier, 2016)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Et dans ce brouhaha justement, là où l’on invoque souvent l’idée de crise de l’édition (entraînant dans sa chute la littérature), ou la crainte d’une disparition du livre (avec une prétendue dématérialisation des textes), nous pouvons dire qu’il y a surtout une opposition forte à notre modèle éditorial moderne, qui nous permet peut-être de renouer avec certaines pratiques et certaines conceptions du fait littéraire, tel qu’elles existaient avant le XVIIIe siècle – ce qui constitue une part essentielle de l’histoire littéraire. À cet égard, l’éditorialisation nous ramène du côté d’une réflexion sur le processus de création (mais un processus ouvert dans l’espace et dans le temps, toujours en progrès, soumis à la communauté des lecteurs et des écrivains), plutôt que du côté de l’œuvre (conçue comme une entité fixe, pour ne pas dire sclérosée) ou du côté de l’auteur, un brin sacralisé. Un brouhaha, certes, mais un brouhaha particulièrement fertile, qui ne saurait tomber dans la cacophonie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le cas du général Instin - projet assez insaisissable, même si nous allons nous y risquer - constitue le parfait exemple de cette littérature-brouhaha qui s’exporte en dehors du livre (sur le web, mais aussi dans nos rues) remettant en cause nos concepts littéraires les plus tenaces (à commencer par l’auteur). C’est donc ce projet que nous avons choisi afin de mener notre étude du concept d’éditorialisation appliqué à la littérature.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;ontologie-du-gi-un-mashup-réelimaginaire&quot;&gt;Ontologie du GI : un mashup réel/imaginaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;« What the fuck is Général Instinct ? », se demandait il y a quelques mois l’écrivain et éditeur chez publie.net Guillaume Vissac. C’est qu’on ne sait pas vraiment, en effet, par quel bout saisir Instin, sorte de créature rhizomatique qui défie toutes les catégories : tantôt personnage de fiction, tantôt figure auctoriale sous le pseudonyme de laquelle publient un groupe d’écrivain, d’autres fois encore contrainte de l’exercice d’écriture collective que se partagent des artistes pluridisciplinaires (Instin se manifeste en effet à travers du texte, de la photographie, de la vidéo, des performances sonores, du street art), et même enfin festival de littérature en pleine rue… Instin s’étend sur la toile à travers une multitude de plateformes (blogues, sites web, réseaux sociaux) comme il prolifère dans nos rues – et c’est aussi cela qui distingue l’édition de l’éditorialisation : un projet créatif qui ne se laisse plus contenir par des frontières spatiales ou temporelles. Si l’éditorialisation, dans une définition restreinte, est d’abord venue désigner cette faculté qui consiste à œuvrer sur plusieurs plateformes (par opposition au livre, le déploiement d’un espace hypertextuel et même hypermédiatique), Instin déborde ici le milieu numérique pour s’étendre dans notre espace urbain (lorsque GI devient un festival de rue où lorsqu’il orne les murs de nos villes). Se dessine ainsi une définition élargie de l’espace public, qui fait abstraction de la frontière entre l’espace numérique et non numérique. Instin, en d’autres termes, est le résultat d’un gigantesque mashup intermédial, mais d’un mashup empruntant à des éléments qui relèvent du « réel » et d’autres qui relève de l’« imaginaire », au point de brouiller quelque peu les frontières ontologiques – une autre conséquence de ce brouhaha littéraire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Prêtons-nous à un petit exercice généalogique : Instin, à l’origine, c’est Hinstin – le général Hinstin avec un H, comme dans Héros de guerre, quoique mort de vieillesse en 1905, enterré avec tous les honneurs au Cimetière Montparnasse, à Paris. Comme il est de coutume, la tombe d’Hinstin arbore photo du défunt gravée en l’occurrence sur un vitrail qui s’est laissé à moitié effacer et ronger par le temps. Instin, à l’origine, ce serait donc peut-être donc plutôt ce visage à demi-effacé que la photographe Juliette Soubrier va immortaliser dans son inexorable disparition en 1997. Une image d’une image, qui a quelque chose de spectral, d’intrigant, de poétique, au point que l’écrivain Patrick Chatelier, qui découvre quelques moins plus tard les clichés de Juliette Soubrier, y décèle une source d’inspiration plutôt prometteuse. À l’occasion d’une soirée de performances au squat artistique de la Grange-aux-Belles, à Paris, Patrick Chatelier décide de transformer le portrait en contrainte d’écriture : « J’ai montré les photos, j’ai un peu personnifié le général et je me suis aperçu que les artistes présents s’en emparaient pour en faire leur propre chose. C’est là que c’est devenu collectif. (Patrick Chatelier) ». Voilà, on aurait donc enfin trouvé, peut-être, l’origine de Général Instin dans ce geste de création collective initié en 1998 – au moment où Hinstin perdit son H pour opérer ce passage vers la fiction, vers la littérature, pour devenir personnage-entité. Là où est née cette idée un peu étrange de donner une seconde vie au général, d’en faire un « ancêtre universel », une créature que tout le monde peut s’approprier pour en faire un projet artistique et littéraire collectif.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sauf que les choses ne sont pas si simples, comme le découvre Patrick Chatelier lui-même en février 2005 lorsqu’il rencontre Lili H, descendante du général Hinstin – preuve vivante de la propre vie du Général :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Assis devant un café sur la banquette d’un ancien repaire Montparnos, j’attends Lili. Cela fait des années que l’on doit se voir, sans pouvoir s’approcher. Il y a quatre ans, elle a envoyé un message au squat de la Grange-aux-Belles, ayant découvert sur le web l’annonce de la soirée de 1998 consacrée au général […] C’est en novembre 2004, quand je décide de réactiver le général que l’idée s’impose de lui téléphoner. Après quelques mois supplémentaires et rendez-vous annulés je suis enfin, aujourd’hui, en train d’attendre Lili. J’attends une jeune femme plutôt grande, cheveux châtains mi-longs. Depuis tout à l’heure j’ai repéré une dizaine de jeunes femmes qui conviendraient. L’une d’elles s’avance, s’assoit, bonjour. Bonjour, je me repositionne sur la banquette. […] Elle m’explique alors que ce n’est pas la première fois que la famille Hinstin a partie liée avec des écrivains. Pendant qu’elle parle je vois des figures. Aux attablés qui nous environnent une multitude se surimprime. Les Hinstins s’additionnent et je comprends, j’admets que je ne pourrai leur échapper, une porte s’est ouverte Lili les appelle il se montrent, avec leurs gros lots de H hybrides homonymes hétérogènes. J’ai basculé dans une nouvelle infinité. Hinstin est un nom juif, dit-elle. Francisation de Heimstein. Ça veut dire « pierre de vie », je crois ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Chatelier devient un peu l’arroseur arrosé, pour son plus grand plaisir d’ailleurs : la famille Hinstin habite depuis le début du siècle dernier la littérature, et non la moindre : on trouve leur présence chez Joseph Kessel, Alfred Jarry ou Isidore Ducasse qui – on appréciera l’anecdote – fut l’élève, le maître et l’amant de Gustave, frère du général… Nous aurions beau crier au &lt;em&gt;plagiat par anticipation&lt;/em&gt;, entre la photographie de Juliette Soubrier, le projet d’écriture à contrainte dans la Grange-aux-Belles, les descendants bel et bien réels d’Hinstin, il est impossible d’établir l’origine du GI, créature rhizomatique qui nous saisit peut-être davantage qu’on ne la saisit.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;chacun-suit-son-instin--la-poétique-anthologique&quot;&gt;Chacun suit son #Instin : la poétique anthologique&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;La dispersion fait la force : le dispositif fragmentaire et éclaté du GI, avec ses hypertextes labyrinthiques, sa prolifération de plateformes, ses assemblages hypermédiatiques et ses incursions notre espace urbain, en est la preuve. Au passage, le concept d’autorité en prend pour son grade. Pas besoin de demander l’autorisation pour utiliser Instin – entité en &lt;em&gt;libre-service&lt;/em&gt; autant qu’en &lt;em&gt;libre-accès&lt;/em&gt;. N’importe qui peut se l’approprier – comme sujet de l’écriture, comme personnage à mettre en scène, comme signature aussi. Quelque 200 personnes se sont agrégées à ce projet au fil des vingt dernières années. De l’aveu même de Chatelier, « Il est donc impossible de vraiment répondre à la question : Qui – ou plutôt, qu’est-ce que le Général Instin ? ». « Il n’y a pas de chef, pas d’organisation, c’est un fonctionnement particulier. Il n’y a jamais eu non plus de comité de rédaction. Ni de réunion. Une tentative de séminaire a capoté. Il y a des opportunités et des gens qui vont s’investir, longtemps ou pas, dans cette entité. » On en revient à une conception originaire de &lt;em&gt;publier pour rendre public, investir et bâtir l’espace public&lt;/em&gt;. Ainsi Instin peut être considéré comme une sorte d’expérimentation sur ce qu’est le &lt;em&gt;commun&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans sa transformation en « personnage-entité », le Général Hinstin a d’ailleurs perdu son « H qui le faisait humain historique » – une manière de couper court à l’Histoire avec sa grande hache telle que la qualifiait George Perec, pour se retrancher dans les petites histoires, l’infraordinaire voire, pourquoi pas, l’anecdote. Une perspective fragmentaire plutôt que globalisante, une esthétique de la mosaïque plutôt que de la fresque historique. Ce n’est que de cette façon que les artistes et les écrivains peuvent s’approprier à leur guise cette figure : chacun suit son Instin. Aussi on ne sera pas surpris qu’Instin opère un retour fracassant dans l’univers du livre imprimé sous la forme d’une anthologie : mosaïque de texte, collection de fragments, collectif d’écrivains, l’anthologie GI est la forme par excellence de la littérature-brouhaha. L’anthologie, c’est aussi une forme éditoriale ancienne dans notre histoire littéraire et qui, pourtant, serait « la forme et le format par excellence de la civilisation numérique » selon Milad Doueihi. Elle rassemble en effet&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;des fragments conçus et formés pour la circulation et la transmission dans un environnement qui valorise une nouvelle manière de lire et d’écrire. Le fragment, ou toute pièce, tout document de n’importe quelle nature, est citable, mais surtout il se livre à des formes d’intégration dans des outils d’écriture qui sont presque toujours aujourd’hui des outils d’échange et de partage. Cette tournure anthologique, qui s’accentue avec les derniers outils et se confirme avec les nouvelles pratiques, implique une transformation déterminante de nos rapports avec les objets culturels de tous les genres et le savoir tout court. S’il est vrai que l’accès à l’information et au savoir a toujours été une forme du pouvoir, la culture anthologique, dans son déploiement numérique, met en place une nouvelle configuration épistémologique et formelle, capable de réorienter notre appréciation des liens entre savoir et pouvoir. » (Milad Doueihi, &lt;em&gt;Pour un humanisme numérique&lt;/em&gt;, Seuil, 2011)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Voici donc nos premières pistes de travail théoriques. Rapidemment, il nous faudra mettre en place une méthologie pour tenter de les vérifier et, dans la foulée, formuler nos premières véritables hypothèses de recherche.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Refonte de la revue Sens Public</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/02/17/refonte-de-la-revue-sens-public"/>
   <updated>2017-02-17T00:22:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/02/17/refonte-de-la-revue-sens-public</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;La Chaire de recherche dirige la revue Sens Public depuis deux ans et se lance dans une refonte majeure du site. Il faudra traiter de l’historique de la revue et du site lui-même, je ferai ça dans un prochain post. Mais il est toujours utile à ce stade de préciser que la revue est pratiquement un pure player du web. Je dis “pratiquement” car la revue sort une &lt;a href=&quot;http://edition.sens-public.org/&quot;&gt;édition papier&lt;/a&gt; annuelle, sur la base des articles et essais publiés en ligne.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sens Public est donc d’abord une revue en ligne, avec un projet éditorial bien particulier dans une démarche intellectuelle et culturelle où vient naturellement s’inscrire la recherche académique, mais pas seulement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le &lt;a href=&quot;http://asso.sens-public.org/spip.php?article1&quot;&gt;Qui sommes-nous ?&lt;/a&gt; de la revue avance ainsi &lt;em&gt;«trois mixités»&lt;/em&gt; au cœur du projet éditorial &lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;La mixité générationnelle et sociale, d’abord : elle est garante de la constitution d’un réseau riche en ressources, elle oblige à tenir une ligne éthique ;&lt;br /&gt;
La mixité technique et disciplinaire, ensuite : elle assure la variété des écritures, des formes, des modes d’accès, des références ; elle permet au collectif d’évoluer continûment avec les genres pratiqués ;&lt;br /&gt;
La mixité culturelle et linguistique, enfin : développer les traductions, faire appel aux passeurs de culture, c’est nous maintenir en éveil, stimulés par la circulation des idées&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Mais le projet de la revue est aussi et avant tout de former une communauté de savoirs, et ce projet demeure au cœur de la réflexion pour la refonte du site.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plusieurs chantiers sont menés en parallèle, élaborant ensemble une réflexion de grande ampleur sur l’édition scientifique et l’édition en général, sur la base théorique de l’éditorialisation, &lt;a href=&quot;http://editorialisation.org/ediwiki/index.php?title=%C3%89ditorialisation&quot;&gt;telle que définie&lt;/a&gt; par &lt;em&gt;la Chaire&lt;/em&gt;. Ces chantiers s’étalent sur plusieurs volets de la chaîne éditoriale :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;la production&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;la validation&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;la publication&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;la diffusion&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;la conversation&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Actuellement en phase de conception, et pour certains volets en phase de développements prototypales, nous menons une série d’entretiens individuels, d’ateliers de co-design avec des lecteurs/chercheurs, des discussions philosophiques avec les développeurs impliqués, etc. J’essaierai de revenir sur ces différentes tâches plus en détail, car certains aspects soulevés ces dernières semaines méritent que l’on s’y attarde quelques instants. Pour les garder en mémoire : la valeur des «ruptures» dans la chaine éditoriale, les décisions philosophico-techniques concernant la mise en forme du contenu, une réflexion sur les dispositifs critiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sans plus attendre, vous pouvez découvrir (et suivre) la partie &lt;em&gt;Diffusion&lt;/em&gt; du projet &lt;a href=&quot;https://github.com/EcrituresNumeriques/sensPublicApp&quot;&gt;sur le répertoire Github dédié&lt;/a&gt;. Cette partie qui concerne un premier volet du futur site de Sens Public sera développé sur le framework &lt;a href=&quot;http://ahn.ens-lyon.fr/synopsx&quot;&gt;Synopsx&lt;/a&gt; sur lequel je devrai également revenir. Un &lt;a href=&quot;https://github.com/EcrituresNumeriques/sensPublicApp/blob/master/doc/cahiersDesCharges.md&quot;&gt;cahiers des charges&lt;/a&gt; y est en cours de rédaction et consultable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les prochains posts éclaireront mieux les différentes dimensions du projet, dans toute son ambition tant sur le plan technique que théorique. En ce qui me concerne, le projet s’inscrit dans une démarche de recherche-action qui nourrira la thèse &lt;a href=&quot;/carnet/2017/02/06/projet-de-these-en-sept-phrases&quot; title=&quot;Formulation du projet en sept phrases descriptives&quot;&gt;telle qu’elle se profile&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Projet de thèse en sept phrases</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/02/06/projet-de-these-en-sept-phrases"/>
   <updated>2017-02-06T11:05:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/02/06/projet-de-these-en-sept-phrases</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Dans la série des reformulations multiples (&lt;a href=&quot;/carnet/2016/11/01/reformulation-du-projet-en-octobre-2016&quot; title=&quot;Projet octobre 2016&quot;&gt;1&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;/carnet/2017/01/31/reformulation-du-projet-janvier-2017&quot; title=&quot;Projet janvier 2017&quot;&gt;2&lt;/a&gt;), cet exercice a consisté à résumer le projet de thèse en 7 «phrases descriptives» selon la structure du futur «dossier de synthèse» présenté pour l’examen de synthèse.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;h2 id=&quot;dispositifs-déditorialisation-en-environnement-numérique--vers-un-renouvellement-des-pratiques-décriture-et-de-lecture-en-lettres-et-sciences-humaines-&quot;&gt;Dispositifs d’éditorialisation en environnement numérique : vers un renouvellement des pratiques d’écriture et de lecture en lettres et sciences humaines ?&lt;/h2&gt;

&lt;h3 id=&quot;0-contexte&quot;&gt;0. Contexte&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;En transformant radicalement le support d’inscription du savoir, le numérique transforme également les dispositifs d’écriture et de lecture, et dans le même temps suscitent de nouvelles pratiques au sein des communautés savantes.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;a-problématique&quot;&gt;a. Problématique&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Dans ce contexte, se pose la question de la discussion scientifique, alors que ses lieux, formes et dispositifs échappent de plus en plus à l’institution académique, suivant deux tendances paradoxalement liées : l’asphyxie de la publication traditionnelle et l’explosion des formes d’écriture.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;b-cadre-théorique&quot;&gt;b. Cadre théorique&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;La notion d’éditorialisation (Vitali-Rosati, 2015) est particulièrement opérante ici pour penser la conversation scientifique dans le cadre plus large de la production et de la circulation des connaissances, et demeure complémentaire d’une approche environnementale (Merzeau, 2014) du dispositif numérique.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;c-méthodologie&quot;&gt;c. Méthodologie&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;En effet, dans une perspective articulant institution, dispositif et support, je souhaite adopter une démarche expérimentale (recherche-action) avec la conception d’un prototype de revue savante mettant en œuvre les résultats d’une première phase d’étude basée sur le recueil et l’analyse des pratiques de lecture, d’écriture et de conversation des chercheurs en Lettres et Sciences Humaines.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;d-justification-du-corpus&quot;&gt;d. Justification du corpus&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Une telle démarche suppose plusieurs itérations et aller-retours entre les études de terrain et un dispositif prototypal, de manière à progressivement appliquer, confronter, affiner et valider les résulats théoriques et pratiques.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;e-état-de-la-question&quot;&gt;e. État de la question&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Plusieurs travaux pointent déjà les limites du système académique d’évaluation et de publication face à l’hybridation des pratiques dans l’environnement numérique, et plusieurs initiatives sont proposées pour améliorer la situation, tant sur l’accessibilité des publications (Open Access), sur les processus d’évaluation (revue par les pairs ouverte, semi-ouverte, publique), ou encore sur l’évaluation des chercheurs (métriques alternatives prenant en compte la &lt;em&gt;présence numérique&lt;/em&gt;). Cependant, peu d’institutions ont aujourd’hui pris la mesure d’une situation profitant majoritairement à des entreprises du secteur privé qui ont su capter sur leurs plateformes une large partie de la conversation.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;f-pertinence&quot;&gt;f. Pertinence&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Cette thèse présente un intérêt institutionnel immédiat avec l’identification (et leur réalisation dans un prototype de dispositif d’éditorialisation) des caractéristiques favorisant le retour au sein de l’institution académique de pratiques de publication et de conversation informelles. Par ailleurs, d’un point de vue théorique, elle permettra d’avancer dans la compréhension des pratiques de lecture et d’écriture dans l’environnement numérique, en pointant aussi bien les éléments de continuité que les éléments de rupture.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Reformulation du projet en janvier 2017</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2017/01/31/reformulation-du-projet-janvier-2017"/>
   <updated>2017-01-31T15:48:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2017/01/31/reformulation-du-projet-janvier-2017</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Les doctorants en cursus à l’Udem sont amenés à formuler et à reformuler leur projet de thèse. Voici donc une nouvelle formulation, rédigée dans le cadre du «forum doctoral», consacré à l’élaboration du «dossier de synthèse».&lt;br /&gt;
C’est une formulation plus courte quel &lt;a href=&quot;/carnet/2016/11/01/reformulation-du-projet-en-octobre-2016&quot; title=&quot;Projet octobre 2016&quot;&gt;la précédente&lt;/a&gt; mais dont la problématique est mieux construite. , même si probablement pas définitive. Au moins me permet-elle de penser.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je reste attaché, pour le moment, à l’intitulé travaillé avec Louise Merzeau en mars 2015. Il reste pertinent et me sert de point d’ancrage.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;h3 id=&quot;dispositifs-déditorialisation-en-environnement-numérique--vers-un-renouvellement-des-pratiques-décriture-et-de-lecture-en-lettres-et-sciences-humaines-&quot;&gt;Dispositifs d’éditorialisation en environnement numérique : vers un renouvellement des pratiques d’écriture et de lecture en lettres et sciences humaines ?&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;En transformant radicalement le support d’inscription du savoir, le numérique transforme également les dispositifs d’écriture et de lecture, et dans le même temps suscitent de nouvelles pratiques au sein des communautés savantes. Ce projet de thèse souhaite revisiter l’agencement classique entre institution, dispositif et support en partant de deux constats problématiques pour l’institution académique, à savoir 1) l’hybridation de pratiques savantes et non-savantes, générées par les nouveaux dispositifs numériques d’écriture et de lecture, et 2) la dérive de la publication, soumise à des contraintes et motivations de natures diverses de plus en plus éloignées de l’élévation des connaissances. C’est en fait la question de la discussion scientifique que nous souhaitons poser, à partir du constat que les lieux et les formes de la controverse et du consensus échappent de plus en plus à l’institution académique, suivant ces deux tendances paradoxalement liées : l’asphyxie de la publication traditionnelle et l’explosion des formes d’écriture.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous nous inscrirons dans le domaine théorique des humanités numériques à deux niveaux. Premièrement sur le plan disciplinaire et méthodologique en investissant les outils numériques et les protocoles associés, propres à la transformation des champs disciplinaires, et notamment les études littéraires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deuxièmement, sur le plan épistémologique, en adoptant la position des « Études numériques » (ou encore &lt;em&gt;Digital Studies&lt;/em&gt;) qui cherchent à appréhender le changement d’&lt;em&gt;épistémé&lt;/em&gt;, au sens de Foucault, en étudiant les transformations à l’œuvre sur le savoir, les formes de production et de circulation des connaissances, et notamment sur les objets paradigmatiques du savoir : le livre, l’archive, le corpus. Du point de vue de ces &lt;em&gt;études numériques&lt;/em&gt;, les études littéraires et les humanités en général, se révèlent autant de terrains de recherche.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous aborderons cette problématique en mobilisant la notion d’éditorialisation, qui peut notamment être comprise comme un processus d’édition numérique continu, c’est-à-dire ouvert dans le temps et dans l’espace, et qui permet de décrire les processus de production, de circulation et d’appropriation des connaissances dans l’environnement numérique. Dans la lignée des travaux de Bruno Bachimont et de Marcello Vitali Rosati sur la notion, il s’agira d’articuler la fonction institutionnalisante portée par l’éditorialisation pour penser cette tension entre pratique et norme dans le champ littéraire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous mobiliserons également la notion d’intermédialité afin de saisir les jeux de relations et d’intersections entre les idées, les supports qui les transportent, et les contextes institutionnels qui les sous-tendent.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Colloque étudiant « Zones de dispersion: errance et identité »</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindinstin/2016/12/14/colloque-etudiant-zones-de-dispersion-errance-et-identite"/>
   <updated>2016-12-14T22:50:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindinstin/2016/12/14/colloque-etudiant-zones-de-dispersion-errance-et-identite</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;&lt;img class=&quot;img-thumbnail&quot; src=&quot;/assets/img/zonesdedispersion.jpg&quot; width=&quot;50%&quot; title=&quot;Affiche Zones de dispersion&quot; style=&quot;margin-left:10px; float:right;&quot; /&gt; Dans le cadre du colloque étudiant du département de Littératures et Langues du Mondes &lt;a href=&quot;https://zonesdedispersion.wordpress.com/&quot;&gt;«Zones de dispersion: errance et identité»&lt;/a&gt;, nous sommes intervenus dans une présentation en deux parties : &lt;em&gt;Apologie de la dispersion&lt;/em&gt; présentée par Nicolas, et &lt;em&gt;Le collectif « GI », ou l’« Instin » de survie de la communauté littéraire à l’ère du numérique&lt;/em&gt; présentée par Servanne.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette présentation lance très concrètement cette étude que nous allons mener ces prochains moins en prévision du colloque «DES HUMANITÉS NUMÉRIQUES LITTÉRAIRES?» sous la direction de Didier Alexandre et de Milad Doueihi, qui se déroulera en juin 2017 au Centre culturel international de Cerisy.&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;figurelegende&quot;&gt;Figure : couverture du livre de Marion Guénard : &lt;em&gt;Anarchy. Ils ont écrit la France du chaos&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;https://zonesdedispersion.wordpress.com/appel-a-communication-call-for-papers/&quot;&gt;L’appel à communication&lt;/a&gt; prenait comme point de départ le contexte des migrations diasporiques et l’impact de ces dispersions humaines sur les identités. Nous avons choisi de prendre à contre-pied la notion de dispersion en la considérant également comme un trait contemporain, celui de la dispersion et de la circulation des idées.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La première intervention dresse ainsi le paysage culturel et intellectuel dans lequel s’inscrit la pratique du Mashup, comme fer de lance d’une culture numérique basée sur le libre partage et libre appropriation des contenus et des idées.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La seconde partie présente l’oeuvre collective Général Instin et ce qu’elle révèle de la libération du fait littéraire du modèle hégémonique de l’édition littéraire.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;apologie-de-la-dispersion&quot;&gt;Apologie de la dispersion&lt;/h3&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://nicolassauret.net/LCO6000/&quot; style=&quot;width:100%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;http://nicolassauret.net/LCO6000/&quot; title=&quot;Intervention «Apologie de la dispersion»&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-eye&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir les slides
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;le-collectif-gi-ou-l-instin-de-survie-de-la-communauté-littéraire-à-lère-du-numérique&quot;&gt;Le collectif « GI », ou l’« Instin » de survie de la communauté littéraire à l’ère du numérique&lt;/h3&gt;

&lt;object data=&quot;/assets/pdf/slidesInstin-dec2016.pdf&quot; type=&quot;application/pdf&quot; style=&quot;width:100%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;
  &lt;p&gt;Ouvrir les slides : &lt;a href=&quot;/assets/pdf/slidesInstin-dec2016.pdf&quot;&gt;slidesInstin-dec2016.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/object&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;/assets/pdf/slidesInstin-dec2016.pdf&quot; title=&quot;Intervention «Le collectif GI ou l&apos;Instin de survie de la communauté littéraire à l&apos;ère du numérique»&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-eye&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir les slides
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Reformulation du projet en octobre 2016</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2016/11/01/reformulation-du-projet-en-octobre-2016"/>
   <updated>2016-11-01T20:11:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2016/11/01/reformulation-du-projet-en-octobre-2016</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Dans le cadre d’un cours obligatoire du département de Littérature comparée (LCO6000), il était demander de formuler en quelques pages notre projet de thèse en respectant le formalisme propre au « dossier de synthèse » (j’en reparlerai), à savoir :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Problématique&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Cadre théorique&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Méthodologie&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Justification du corpus&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;État de la question&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Pertinence&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Bibliographie&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Cet exercice a été l’occasion de revisiter le projet initial proposé à l’école doctorale de Nanterre puis au département de Littérature Comparée de l’Université de Montréal. Dans cette nouvelle formulation, je tente d’introduire un peu plus de littéraire, de manière assez maladroite encore, mais aussi d’avancer dans la formulation d’une problématique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est la première fois qu’intervient aussi clairement dans mon projet la question de l’institution, qui sera plus clairement formulée dans &lt;a href=&quot;/carnet/2017/01/31/reformulation-du-projet-janvier-2017&quot; title=&quot;Projet janvier 2017&quot;&gt;cet autre exercice&lt;/a&gt;. C’est une problématique qui m’est venue lors du &lt;a href=&quot;http://seminaire.sens-public.org/spip.php?article48&quot; title=&quot;Séance Edito15 #5&quot;&gt;séminaire d’avril 2015&lt;/a&gt;, et que je re-formulais ainsi : &lt;em&gt;« est-ce que le web et ses normes d’édition/publication ne sont pas en train de court-circuiter celles des institutions dans leurs dispositifs d’édition, c’est-à-dire le dispositif au cœur de l’institutionnalisation du savoir. »&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://polemictweet.com/edito-1415-05-faire-oeuvre-epoque-numerique/polemicaltimeline.php#id=281a91eb-0ab6-4120-a6b3-73dbcaed8b02-591290805081485313&amp;amp;t=6511&quot;&gt;Voir l’extrait vidéo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans le texte ci-dessous, je me focalise sur les institutions littéraires, avec le peu de maîtrise que j’en ai. Il s’agit donc d’un ballon d’essai pour réfléchir notamment la relation entre problématique et corpus, davantage que d’une volonté d’acter un corpus.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je me pose réellement la question du corpus pour la première fois. Pour les doctorants en littérature (mon environnement immédiat), le corpus est le point de départ de la thèse. Je suis souvent dans l’embarras lorsque j’annonce ne pas avoir de corpus, et je m’en sors en suggérant que les étudiants inscrits en thèse de littérature sont potentiellement des “terrains d’étude” pour ma recherche. Ce qui est exact jusqu’à un certain point. Ce point, c’est la littérature, le fait littéraire, que je touche du doigt depuis mon arrivée au(x) département(s) de littérature de l’Udem, mais que je ne maîtrise pas suffisamment.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je dois malgré tout que identifier un corpus, j’y reviendrai sans doute très bientôt.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il faut donc lire ce texte comme un exercice et non comme “mon projet de thèse”, un exercice qui m’a fait progresser et m’a aiguillé vers &lt;a href=&quot;/carnet/2017/01/31/reformulation-du-projet-janvier-2017&quot; title=&quot;Projet janvier 2017&quot;&gt;cette autre formulation&lt;/a&gt;, plus courte, mais plus satisfaisante.&lt;/p&gt;

&lt;hr /&gt;

&lt;h1 id=&quot;projet-de-thèse---11-octobre-2017&quot;&gt;Projet de thèse - 11 octobre 2017&lt;/h1&gt;

&lt;h2 id=&quot;problématique&quot;&gt;Problématique&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Mon projet de thèse s’intéresse aux relations qui se tissent entre l’institution et ses dispositifs de production de contenus à l’ère numérique. Plus spécifiquement, la littérature et la recherche littéraire se constituent en tant qu’institutions sur la base de pratiques et de dispositifs porteurs de valeurs, telles que l’auteur, l’autorité, le texte, ou encore l’évaluation et la critique. Le tournant épistémologique du numérique vient questionner ces valeurs et met en crise les institutions littéraires (tant l’académie que la littérature elle-même). Ces institutions sont en effet confrontées, en leur sein, à une hybridation de pratiques savantes et non-savantes, générées par les nouveaux dispositifs numériques d’écriture et de lecture. Face à ce nouveau paradigme épistémologique, les institutions peuvent-elles encore exister, et quelles stratégies d’institutionnalisation peuvent-elles adopter vis-à-vis de ces pratiques et dispositifs qui les court-circuitent ?&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;cadre-théorique&quot;&gt;Cadre théorique&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Nous nous inscrirons dans le domaine théorique des humanités numériques à deux niveaux. Premièrement sur le plan disciplinaire et méthodologique en investissant les outils numériques et les protocoles associés, propres à la transformation des champs disciplinaires, et notamment les études littéraires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deuxièmement, sur le plan épistémologique, en adoptant la position des « Études numériques » (ou encore &lt;em&gt;Digital Studies&lt;/em&gt;) qui cherchent à appréhender le changement d’&lt;em&gt;épistémé&lt;/em&gt;, au sens de Foucault, en étudiant les transformations à l’œuvre sur le savoir, les formes de production et de circulation des connaissances, et notamment sur les objets paradigmatiques du savoir : le livre, l’archive, le corpus. Du point de vue de ces &lt;em&gt;études numériques&lt;/em&gt;, les études littéraires et les humanités en général, se révèlent autant de terrains de recherche.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous aborderons cette problématique en mobilisant la notion d’éditorialisation, qui peut notamment être comprise comme un processus d’édition numérique continu, c’est-à-dire ouvert dans le temps et dans l’espace, et qui permet de décrire les processus de production, de circulation et d’appropriation des connaissances dans l’environnement numérique. Dans la lignée des travaux de Bruno Bachimont et de Marcello Vitali Rosati sur la notion, il s’agira d’articuler la fonction institutionnalisante portée par l’éditorialisation pour penser cette tension entre pratique et norme dans le champs littéraire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous mobiliserons également la notion d’intermédialité afin de saisir les jeux de relations et d’intersections entre les idées, les supports qui les transportent, et les contextes institutionnels qui les sous-tendent.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;pertinence-et-justification-du-corpus&quot;&gt;Pertinence et justification du corpus&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Un premier objectif de recherche de la thèse consistera à évaluer le renouvellement des pratiques d’écriture et de lecture dans le champ littéraire pour en établir les rapports de continuité ou de substitution. Le second objectif sera de spécifier de manière théorique et pratique les dispositifs d’éditorialisation et leur fonction institutionnalisante constitutive d’une nouvelle épistémologie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous considérerons pour cette recherche trois types d’objets interdépendants : une communauté d’écriture, les dispositifs d’écriture et de lecture qu’elle emploie, et les écrits qu’elle génère. Notre corpus d’étude sera ainsi composé par les écrits de deux communautés distinctes :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;dans le domaine littéraire, le collectif informel constitué autour de la figure fictive du &lt;em&gt;général Instin&lt;/em&gt; et le corpus littéraire de cette œuvre collective entre 2007 et 2015,&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;dans le domaine académique, l’équipe de recherche en lettres modernes &lt;em&gt;« Hubert de Phalèse »&lt;/em&gt; au sein de l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, et le corpus académique produit sous le pseudonyme &lt;em&gt;« de Phalèse »&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;L’intérêt de ces deux corpus réside dans la variété des pratiques et des dispositifs d’écriture des deux communautés, mêlant à différents degrés recherche et fiction, ou création et expérimentation. Ces corpus sont disjoints d’un point de vue formel mais ils possèdent l’avantage d’éclairer d’une part la porosité des communautés du champs littéraire, et d’autre part l’hybridation des pratiques dans chacun de leur domaine.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;approche-méthodologique&quot;&gt;Approche méthodologique&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Cette double analyse de corpus et de dispositif procédera d’une approche mixte qualitative, quantitative et dispositive, en mobilisant les outils de textométrie, d’analyse de réseaux et études critiques. Cette triple approche a pu être testée en première année de thèse sur un autre corpus de littérature numérique, issue d’une expérience transmédia d’écriture fictionnelle collaborative, &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:1&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Un des résultat de cette étude a été de tester l’intérêt de la démarche, tout en questionnant la faisabilité d’une généricisation de la méthode pour les humanités numériques en général&lt;sup id=&quot;fnref:2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:2&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En parallèle et pour nourrir la réflexion théorique, j’envisage un volet expérimental avec la conception d’un dispositif prototypal d’écriture et d’édition qui s’appuiera sur résultats et les conclusions des travaux d’analyse. Ce volet prend corps au sein de la collaboration entre la CRC sur les écritures numériques&lt;sup id=&quot;fnref:3&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:3&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et l’éditeur scientifique Érudit.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;état-de-la-question&quot;&gt;État de la question&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Notre question se situe à l’intersection de plusieurs champs d’étude, mobilisant de nombreuses notions témoignant de processus complexes. Chacun de ces éléments sont à étudier à la fois dans l’ouverture sémantique des notions, et dans le contexte des situations particulières, que ce soit la notion de dispositif, les processus d’institutionnalisation, l’institution littéraire, les pratiques de lecture et d’écriture et le renouveau des &lt;em&gt;lieux de savoir&lt;/em&gt; &lt;sup id=&quot;fnref:4&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:4&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, le tournant épistémologique&lt;sup id=&quot;fnref:5&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:5&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; du numérique, ou encore l’écriture numérique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sur l’éditorialisation et sa fonction institutionnalisante toutefois, nous pouvons mettre en avant les travaux de Louise Merzeau qui s’efforcent de penser les pratiques d’écriture dans leurs effets constructifs (construction de collectif, construction d’un espace public, institutionnalisation), contrebalançant les effets de désintermédiation que peuvent générer les grands acteurs du numérique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette thèse participe à l’avancement des connaissances à deux niveaux : d’une part sur la compréhension des pratiques de lecture et d’écriture dans l’environnement numérique, en pointant aussi bien les éléments de continuité que les éléments de rupture. Cette meilleure compréhension a pour premier effet de mieux saisir comment sont affectés les processus de circulation, de transmission et d’appropriation des écrits, et ainsi d’identifier des caractéristiques favorables pour les dispositifs d’éditorialisation qui prédisposent ces pratiques et favorisent les dynamiques de circulation.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Plus largement, en mobilisant la notion d’éditorialisation dans une approche pratique et théorique, la thèse participera à la stabilisation d’un concept clé pour l’appréhension du fait numérique. En effet, le concept d’éditorialisation a l’ambition d’expliciter le tournant épistémologique de la culture numérique, avec une portée à la fois théorique et pratique, notamment auprès des praticiens de l’édition numérique qui restent un pilier fondamental des institutions de savoirs.&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:ajout&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:ajout&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:1&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir notamment (Sauret et Mayer, 2016), ainsi que le carnet de recherche &lt;a href=&quot;http://nicolassauret.net/behindanarchy&quot;&gt;http://nicolassauret.net/behindanarchy&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;#fnref:1&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:2&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir le billet &lt;em&gt;Vers une méthode générique&lt;/em&gt; sur &lt;a href=&quot;http://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/08/26/vers-une-methode-generique.html&quot;&gt;http://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/08/26/vers-une-methode-generique.html&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;#fnref:2&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:3&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques de l’Université de Montréal (&lt;a href=&quot;http://ecrituresnumeriques.ca&quot;&gt;http://ecrituresnumeriques.ca&lt;/a&gt;) &lt;a href=&quot;#fnref:3&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:4&quot;&gt;
      &lt;p&gt;en s’appuyant sur les travaux de Christian Jacob : Les lieux de savoir, tome 1 et 2 chez Albin Michel &lt;a href=&quot;#fnref:4&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:5&quot;&gt;
      &lt;p&gt;tel que l’envisage l’ouvrage collectif : Franc Morandi et Valérie Carayol, &lt;em&gt;Le tournant numérique des sciences humaines et sociales&lt;/em&gt;, Publications de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, 2016. &lt;a href=&quot;#fnref:5&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:ajout&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Ces deux derniers paragraphes ne figurent pas au rendu pour des raisons de format imposé, mais auraient pu s’insérer ici comme éléments de contribution scientifique. &lt;a href=&quot;#fnref:ajout&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Note bibliographique sur l&apos;espace</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/carnet/2016/10/19/note-bibliographique-sur-l-espace"/>
   <updated>2016-10-19T14:08:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/carnet/2016/10/19/note-bibliographique-sur-l-espace</id>
   <content type="html">&lt;h2 id=&quot;source-liste-air-l&quot;&gt;Source liste AIR-L&lt;/h2&gt;
&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Avertissement: ces références ont été collectées à partir des suggestions données sur &lt;a href=&quot;http://listserv.aoir.org/listinfo.cgi/air-l-aoir.org&quot;&gt;la liste AIR-L&lt;/a&gt; (Association of Internet Researcher) sur un fil de discussion d’avril 2015, intitulé : &lt;a href=&quot;http://listserv.aoir.org/pipermail/air-l-aoir.org/2015-April/thread.html#20&quot;&gt;Article/literature on “conceptions of space/place” for teaching&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Le numérique y est largement pris en compte mais je n’ai pas vérifié la pertinence de toute ces références. Je vous renvoie à la source (AIR-L) pour les appréciations des participants.&lt;br /&gt;
Merci d’annoter les références lorsque vous le pouvez. Pour ouvrir l’annotateur, surlignez un entrée et laissez vous guider par le menu, ou cliquez en haut à droite pour ouvrir le volet d’annotation.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;Kitchin and Dodge’s work on code/space&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Graham, M. 2013. Geography/Internet: Ethereal Alternate Dimensions of Cyberspace or Grounded Augmented Realities? &lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2166874&quot;&gt;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2166874&lt;/a&gt; The Geographical Journal &lt;em&gt;179(2) 177-182&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Graham, M., M. Zook., and A. Boulton. 2013. Augmented Reality in the Urban Environment: contested content and the duplicity of code. &lt;a href=&quot;http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1475-5661.2012.00539.x/abstract&quot;&gt;http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1475-5661.2012.00539.x/abstract&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Transactions of the Institute of British Geographers.&lt;/em&gt; 38(3), 464-479. (pre-publication version here &lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2427629&quot;&gt;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2427629&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Payal Arora’s The Leisure Commons: A spacial history of Web 2.0 http://www.routledge.com/books/details/9780415887113/&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Janet Sternberg, PhD
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://about.me/JanetPhD&quot;&gt;http://about.me/JanetPhD&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;Misbehavior in Cyber Places: The Regulation of Online Conduct in Virtual Communities on the Internet (particularly in Chapter 2, section entitled “Space and Place”) &lt;a href=&quot;http://misbehaviorincyberplaces.tumblr.com&quot;&gt;http://misbehaviorincyberplaces.tumblr.com&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Two classic’s from CSCW (both by Dourish)
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;Replacing Space: &lt;a href=&quot;http://www.eecs.ucf.edu/~cwingrav/teaching/ids6713_sprg2010/assets/10.1.1.94.6332.pdf&quot;&gt;http://www.eecs.ucf.edu/~cwingrav/teaching/ids6713_sprg2010/assets/10.1.1.94.6332.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;Re-space-ing Place: &lt;a href=&quot;http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.88.1408&amp;amp;rep=rep1&amp;amp;type=pdf&quot;&gt;http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.88.1408&amp;amp;rep=rep1&amp;amp;type=pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Conceptualizing Space: Mapping Schemas as Meaningful Representations &lt;a href=&quot;http://www.djsaab.info/pubs/Saab_2003_masters_thesis_conceptualizing_space.pdf&quot;&gt;http://www.djsaab.info/pubs/Saab_2003_masters_thesis_conceptualizing_space.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Meyrowitz, Joshua, No Sense of Place: The impact of electronic media on social behavior.  in 1986: &lt;a href=&quot;https://global.oup.com/academic/product/no-sense-of-place-9780195042313?cc=us&amp;amp;lang=en&amp;amp;&quot;&gt;https://global.oup.com/academic/product/no-sense-of-place-9780195042313?cc=us&amp;amp;lang=en&amp;amp;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Soja, Edward, Postmodern Geographies &lt;a href=&quot;http://www.versobooks.com/books/542-postmodern-geographies&quot;&gt;http://www.versobooks.com/books/542-postmodern-geographies&lt;/a&gt; (1989)&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Yi-Fu Tuan, Space and Place: perspectives of experience &lt;a href=&quot;https://www.upress.umn.edu/book-division/books/space-and-place&quot;&gt;https://www.upress.umn.edu/book-division/books/space-and-place&lt;/a&gt; (2001…i
think?)&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;annette markham, i articulate a heuristic/framework for thinking about internet-mediated lived experience: as a tool, as a place, and as a way of being.  (conference presentation, 2003).  &lt;a href=&quot;http://markham.internetinquiry.org/writing/MarkhamTPW.pdf&quot;&gt;http://markham.internetinquiry.org/writing/MarkhamTPW.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Conceptualizing Space: Mapping Schemas as Meaningful Representations &lt;a href=&quot;http://www.djsaab.info/pubs/Saab_2003_masters_thesis_conceptualizing_space.pdf&quot;&gt;http://www.djsaab.info/pubs/Saab_2003_masters_thesis_conceptualizing_space.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Edward Relph’s “Place and Placelessness,” an early 70s phenomenological geography approach to the issues.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Hillis, Ken “Digital Sensations: Space, Identity and Embodiment in Virtual Reality,” &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/Digital-Sensations-Identity-Embodiment-Virtual/dp/0816632510/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;amp;qid=1428189096&amp;amp;sr=8-1&amp;amp;keywords=digital+sensations&quot;&gt;http://www.amazon.com/Digital-Sensations-Identity-Embodiment-Virtual/dp/0816632510/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;amp;qid=1428189096&amp;amp;sr=8-1&amp;amp;keywords=digital+sensations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Estrid Sørensen’s “The Materiality of Learning”
    &lt;ul&gt;
      &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;https://books.google.com/books?hl=en&amp;amp;lr=&amp;amp;id=qM_uDV59uPEC&amp;amp;oi=fnd&amp;amp;pg=PR7&amp;amp;dq=estrid+sorensen+materiality+of+learning&amp;amp;ots=CZzUjsuSxv&amp;amp;sig=LFxW9WJQ9m7IH577iAiHIbZ5Mgk#v=onepage&amp;amp;q=estrid%20sorensen%20materiality%20of%20learning&amp;amp;f=false&quot;&gt;https://books.google.com/books?hl=en&amp;amp;lr=&amp;amp;id=qM_uDV59uPEC&amp;amp;oi=fnd&amp;amp;pg=PR7&amp;amp;dq=estrid+sorensen+materiality+of+learning&amp;amp;ots=CZzUjsuSxv&amp;amp;sig=LFxW9WJQ9m7IH577iAiHIbZ5Mgk#v=onepage&amp;amp;q=estrid%20sorensen%20materiality%20of%20learning&amp;amp;f=false&lt;/a&gt; (2009).&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;She draws on Lefebvre’s “The Production of Space” &lt;a href=&quot;https://books.google.com/books?id=SIXcnIoa4MwC&amp;amp;dq=the+production+of+space&amp;amp;hl=en&amp;amp;sa=X&amp;amp;ei=s3UgVY_7O9DhsAT67oDQAw&amp;amp;ved=0CB4Q6AEwAA&quot;&gt;https://books.google.com/books?id=SIXcnIoa4MwC&amp;amp;dq=the+production+of+space&amp;amp;hl=en&amp;amp;sa=X&amp;amp;ei=s3UgVY_7O9DhsAT67oDQAw&amp;amp;ved=0CB4Q6AEwAA&lt;/a&gt; (1991)&lt;/li&gt;
      &lt;li&gt;(among a number of other social theorists) to examine spatial arrangements in educational settings and their effects on learning in both physical and digital environments.&lt;/li&gt;
    &lt;/ul&gt;
  &lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Wright, S. (2012). From ‘third place’ to ‘Third Space’: everyday political talk in non-political online spaces. Javnost. 19 (3). Pp. 5-20.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Pearson, E., 2009. All the World Wide Web’s a stage: The performance of identity in online social networks. First Monday, Volume 14, Number 3, March 2009 &lt;a href=&quot;http://firstmonday.org/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2162/2127&quot;&gt;http://firstmonday.org/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2162/2127&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Arora, P. (2014). The Leisure Commons: A spatial History of Web 2.0. London: Routledge &lt;a href=&quot;http://www.payalarora.com/FINAL%20MANUSCRIPT-Arora-2013.pdf&quot;&gt;http://www.payalarora.com/FINAL%20MANUSCRIPT-Arora-2013.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Spatial metaphors of the internet: Resources &lt;a href=&quot;http://socialmediacollective.org/2014/08/13/spatial-metaphors-of-the-internet-resources&quot;&gt;http://socialmediacollective.org/2014/08/13/spatial-metaphors-of-the-internet-resources&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Rogers, Richard. “Mapping and the Politics of Web Space.” Theory, Culture &amp;amp; Society 29.4-5 (2012): 193–219. &lt;a href=&quot;http://tcs.sagepub.com/content/29/4-5/193.full.pdf+html&quot;&gt;http://tcs.sagepub.com/content/29/4-5/193.full.pdf+html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Thielmann, Tristan et al. Dwelling in the Web: Towards a Googlization of Space. Rochester, NY: Social Science Research Network, 2012. &lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com&quot;&gt;papers.ssrn.com&lt;/a&gt;. Web. 3 Mar. 2015.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Thrift, Nigel, and Shaun French. “The Automatic Production of Space.” Transactions of the Institute of British Geographers 27.3 (2002): 309–335. Wiley Online Library. Web. 4 Mar. 2015.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Burrows, Roger, and Nicholas Gane. “Geodemographics, Software and Class.” Sociology 40.5 (2006): 793–812. soc.sagepub.com. Web. 4 Mar. 2015.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Wilken, Rowan, and Gerard Goggin. &lt;em&gt;Mobile Technology and Place&lt;/em&gt;. Routledge, 2013.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Lin, Y.-W. (2011). ‘A qualitative enquiry into OpenStreetMap making’. New Review of Hypermedia and Multimedia, 17(1), 53-71. (DOI:10.1080/13614568.2011.552647) &lt;a href=&quot;http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13614568.2011.552647#abstract&quot;&gt;http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13614568.2011.552647#abstract&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Graham, S. (1998). The end of geography or the explosion of place? Conceptualizing space, place and information technology. Human Geography, 22(2), 165­185&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Benedikt, M. (1991). Cyberspace: First Steps.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Nunes, M. (2006). Cyberspaces of Everyday Life.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Stuart Elden, “There is a Politics of Space because Space is Political: Henri Lefebvre and the Production of Space” &lt;a href=&quot;https://progressivegeographies.files.wordpress.com/2012/08/there-is-a-politics-of-space.pdf&quot;&gt;https://progressivegeographies.files.wordpress.com/2012/08/there-is-a-politics-of-space.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Certeau’s &lt;em&gt;“The Practice of Everyday Life”&lt;/em&gt; has a chapter called “Walking in the City”, which was later incorporated by Nigel Thrify into his “Driving in the City” (also as a chapter in Non-representational Theory book). Both make IMO a great reading and class discussion material, especially on the transition to digitalized spaces.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Syllabus about “Space, Place, and Identity in the Digital Age” &lt;a href=&quot;http://jasonfarman.com/amst628n/course-syllabus/&quot;&gt;http://jasonfarman.com/amst628n/course-syllabus/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;the Space and Place Project &lt;a href=&quot;http://www.inter-disciplinary.net/critical-issues/ethos/space-and-place/call-for-papers/&quot;&gt;http://www.inter-disciplinary.net/critical-issues/ethos/space-and-place/call-for-papers/&lt;/a&gt; Global Conference, organized by &lt;a href=&quot;http://inter-disciplinary.net&quot;&gt;inter-disciplinary.net&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Doreen Massey’s &lt;em&gt;For Space&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Setha Low&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;The People, Place, and Space Reader &lt;a href=&quot;http://peopleplacespace.org/&quot;&gt;http://peopleplacespace.org/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Tom Boellstorff, 2008 Coming of Age in Second Life (argues for the constitution of the digital or virtual as a real space in its own right)&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Daniel Miller and Don Slater, 2000 The Internet: An Ethnographic Approach (2000) (discusses the embeddedness of the Internet in particular places)&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Paul Dourish, Ken Anderson, and Dawn Nafus’ 2007 “Cultural Mobilities: Diversity and Agency in Urban Computing”  (Lecture Notes in Computer Science Volume 4663, 2007, pp 100-113; &lt;a href=&quot;http://link.springer.com/chapter/10.1007%2F978-3-540-74800-7_8&quot;&gt;http://link.springer.com/chapter/10.1007%2F978-3-540-74800-7_8&lt;/a&gt;). It’s about mobilities and technology but deals with urban space as well.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;pointers on the geography of text and sensor-based vs textual conceptions of space: &lt;a href=&quot;http://blogs.loc.gov/digitalpreservation/2015/04/mapping-words-lessons-learned-from-a-decade-of-exploring-the-geography-of-text/&quot;&gt;http://blogs.loc.gov/digitalpreservation/2015/04/mapping-words-lessons-learned-from-a-decade-of-exploring-the-geography-of-text/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;on the geography of Twitter may also be of interest re some of the surprises both in the impact of location on communication in broadcast media and how location is expressed in mixed-modality environments: &lt;a href=&quot;http://journals.uic.edu/ojs/index.php/fm/article/view/4366/3654&quot;&gt;http://journals.uic.edu/ojs/index.php/fm/article/view/4366/3654&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Sian Bayne, Smoothness and Striation in Digital Learning Spaces &lt;a href=&quot;http://ldm.sagepub.com/content/1/2/302.full.pdf+html&quot;&gt;http://ldm.sagepub.com/content/1/2/302.full.pdf+html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Diana Mok and Barry Wellman with Ranu Basu. 2007. “How Much Did Distance Matter Before the Internet?” Social Networks 29, 3 (July): 430-61&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Diana Mok, Barry Wellman and Juan-Antonio Carrasco, 2010. “Does Distance  Matter in the Age of the Internet?” Urban Studies 47 (13): 2747-83. doi:10.1177/0042098010377363&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Vers une méthode générique ?</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/08/26/vers-une-methode-generique"/>
   <updated>2016-08-26T14:59:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/08/26/vers-une-methode-generique</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;L’article et la communication au colloque Miau 2016 sont le résultat d’une triple analyse du corpus Anarchy. Nous détaillons ici la méthodologie utilisée à des fins de discussion, tel que nous l’avons proposé pour l’appel à communication &lt;a href=&quot;http://calenda.org/351910&quot;&gt;Écrire-éditer-lire à l’ère numérique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;une-triple-approche-méthodologique&quot;&gt;Une triple approche méthodologique&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;La nature du corpus nous a conduit à mener dans un premier temps une double approche quantitative et qualitative, pour tenter de dégager les modalités de construction et de manifestation de l’autorité dans un tel dispositif de production littéraire collaborative.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;approche-quantitative&quot;&gt;Approche quantitative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L’approche quantitative s’est principalement portée sur l’analyse du réseau de personnages, généré par les mentions&lt;sup id=&quot;fnref:1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:1&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; entre personnages. Cette approche quantitative relève donc d’une &lt;em&gt;analyse topologique&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:2&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; du réseau de personnages, mettant en évidence les proximités et les distances entre personnages, les communautés de personnages, les collaborations proches, ainsi que les stratégies de jeu de certains joueurs.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;approche-qualitative&quot;&gt;Approche qualitative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L’approche qualitative a consisté à étudier le corpus d’un point de vue littéraire. Cette &lt;em&gt;analyse littéraire&lt;/em&gt; s’est donc basée sur la lecture des contributions de l’échantillon et sur une compréhension fine des éléments narratifs et des interactions entre personnages&lt;sup id=&quot;fnref:3&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:3&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; dans le but d’identifier les jeux d’influence et d’autorité entre auteurs.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ces deux approches combinées nous ont permis de mettre en évidence ce qu’on a appelé une autorité topologique, et une autorité narrative.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;approche-dispositive&quot;&gt;Approche dispositive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais au cours de notre recherche, nous nous sommes rendu compte qu’une troisième approche était nécessaire pour valider l’hypothèse émergente d’une troisième composante de l’autorité, matérialisée par le dispositif transmédia régissant l’univers Anarchy. Nous avons alors complété les deux premières approches qualitative et quantitative par une approche dispositive, ou &lt;em&gt;organisationnelle&lt;/em&gt;, consistant à décrire puis à critiquer le dispositif transmédia Anarchy. Le résultat de cette troisème analyse est ce qu’on a appelé l’&lt;em&gt;autorité dispositive&lt;/em&gt;, étant comprise comme &lt;em&gt;“la série de contraintes générées par le dispositif”&lt;/em&gt; et qui &lt;em&gt;prédispose&lt;/em&gt; son usage.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le tableau suivant permet de résumer notre triple approche.&lt;/p&gt;

&lt;table class=&quot;tg8&quot;&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;1&lt;/th&gt;
&lt;th class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;2&lt;/th&gt;
&lt;th class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;3&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;Approche quantitative&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l09&quot;&gt;Approche qualitative&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;Approche organisationelle&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;analyse topologique&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l09&quot;&gt;analyse littéraire&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;analyse dispositive&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;autorité topologique&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l09&quot;&gt;autorité narrative&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;autorité dispositive&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;

&lt;p&gt;Les résultats de ces trois analyses sont à retrouver dans les publications à venir, ainsi que dans les communications au &lt;a href=&quot;/2016/03/16/intervention-au-colloque-mediations-informatisees-de-l-autorite.html&quot;&gt;colloque Miau&lt;/a&gt; et au &lt;a href=&quot;/2016/05/24/intervention-au-colloque-editorialisation-de-l-auteur.html&quot;&gt;colloque Editorialisation de l’auteur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;une-méthode-générique-&quot;&gt;Une méthode générique ?&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Outre les conclusions de notre étude sur les constructions de l’autorité dans les dispositifs d’écriture collaborative, nous nous interrogeons sur la méthodologie elle-même, sur sa validité ou sa reproductibilité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La spécificité de la méthode est de compléter une double approche quanti-qualitative par une troisième analyse systématique des modalités de production et des conditions-mêmes de possibilités du corpus. Notre intuition, qui reste à vérifier sur d’autres corpus, est que cette triple approche pourrait être formalisée afin de proposer une méthode générique pour une analyse critique des écrits d’écran et plus largement de toute ressources nativement numériques, propre aux corpus des humanités numériques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon la nature du corpus, l’analyse qualitative pourrait ainsi relever de l’analyse statistique, dans la mesure où tous les éléments d’un corpus ne sont pas nécessairement représentable dans un graphe relationnel. De même, l’analyse dispositive dépendrait d’une part de la nature du dispositif de production du corpus, et d’autre part des hypothèses de départ, mais resterait pertinente dès que l’on considèrerait des corpus nativement numériques. Et enfin, l’approche qualitative dépendrait de la discipline académique mobilisée, et pourrait donc relever de l’analyse littéraire, historique, anthropologique, etc.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Finalement, la méthode généricisée pourrait être résumée dans ce tableau :&lt;/p&gt;

&lt;table class=&quot;tg8&quot;&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;1&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;2&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;3&lt;/th&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;Approche quantitative&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-6l09&quot;&gt;Approche qualitative&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;Approche organisationelle&lt;br /&gt;&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-down&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;analyse statistique,&lt;br /&gt;topologique, etc.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-6l09&quot;&gt;analyse disciplinaire:&lt;br /&gt;historique, littéraire, etc.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-6l08&quot;&gt;analyse dispositive&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;

&lt;p&gt;Comme je l’écrivais dans ma proposition au colloque, cette triple analyse réintroduit la matérialité du dispositif&lt;sup id=&quot;fnref:4&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:4&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; dans l’étude des corpus et ouvre ainsi la voie à une approche par le design pour la conception de nouveaux dispositifs d’éditorialisation, dans la perspective de ce que Jeffrey Schnapps a appelé le &lt;em&gt;Knowledge Design&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;le design de la connaissance&lt;/em&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:5&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:5&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Il s’agit bien là d’appréhender par le design cette nouvelle &lt;em&gt;episteme&lt;/em&gt; dont témoigne la mutation des objets paradigmatiques de la connaissance&lt;sup id=&quot;fnref:6&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:6&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, à savoir pour ne citer qu’eux : l’archive, le corpus de recherche, ou encore, le livre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette proposition de généricisation de notre méthodologie reste encore entièrement à valider. Ce billet est une invitation à l’expérimentation et à la discussion. Pour démarrer cette dernière, ouvrez l’outil d’annotation en haut à droite de la page.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:1&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Pour rappel, ces mentions étaient directement intégrées à l’intérieur des contributions littéraires, sur le modèle des mentions dans un tweet par exemple. Les règles du jeu de l’univers Anarchy précisent qu’une mention entre personnages est possible (ou effective) que si les auteurs sont préalablement “associés”. Mentionner d’autres personnages dans sa contribution a plusieurs effets : 1) envoi d’une notification à l’auteur dont le personnage est mentionné, 2) points supplémentaires attribués à l’auteur de la contribution si le personnage mentionné accepte/valide la contribution ou s’il ne rejette pas la contribution avant minuit, et enfin 3) double publication de la contribution sur les murs du personnage-auteur et du personnage mentionné. &lt;a href=&quot;#fnref:1&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:2&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Nous avons pour cela construit une matrice comptabilisant pour chaque personnage le nombre de fois qu’il mentionne un autre personnage. Cette matrice a ensuite été le point de départ de l’analyse topologique proprement dite à l’aide du logiciel d’analyse de graphe Gephi. &lt;a href=&quot;#fnref:2&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:3&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir notamment la &lt;a href=&quot;/2016/03/16/chronologie-de-la-crete.html#typologie-des-mentions&quot;&gt;typologie des mentions&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:3&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:4&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir le billet de Marc Jahjah dans ce sens : &lt;em&gt;Digital et Book Studies (1/3) : le pari de la matérialité&lt;/em&gt;. &lt;a href=&quot;http://marginalia.hypotheses.org/25252&quot;&gt;http://marginalia.hypotheses.org/25252&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;#fnref:4&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:5&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir Schnapp, J. (2013, May). &lt;em&gt;Knowledge Design Incubating new knowledge forms / genres / spaces in the laboratory of the digital humanities.&lt;/em&gt; Lecture presented at the Herrenhausen Conference “(Digital) Humanities Revisited – Challenges and Opportunities in the Digital Age”. &lt;a href=&quot;#fnref:5&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:6&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Voir Gras, S.-E. (2016). &lt;em&gt;Les déplacements numériques des sciences humaines : un moment épistémologique ?&lt;/em&gt; In Le Tournant numérique des sciences humaines et sociales. Publications de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine. &lt;a href=&quot;#fnref:6&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Colloque Editorialisation de l&apos;auteur</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/05/24/intervention-au-colloque-editorialisation-de-l-auteur"/>
   <updated>2016-05-24T11:08:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/05/24/intervention-au-colloque-editorialisation-de-l-auteur</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Nous intervenons au colloque &lt;a href=&quot;http://colloque2016.ecrituresnumeriques.ca/&quot;&gt;Ecrivains, personnages, profils : l’éditorialisation de l’auteur&lt;/a&gt;, qui se tient le 24 et 25 mai à l’Université de Montréal.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;http://colloque2016.ecrituresnumeriques.ca/infos/&quot; title=&quot;Programme colloque Editorialisation de l&apos;auteur&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-right&quot;&gt;&lt;/i&gt; Programme et informations
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;LES OUTILS DE PRODUCTION DE L’AUTEUR à l’ère numérique&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;Depuis les années 1990, les écrivains ont progressivement envahi la toile, investissant les blogues et les réseaux sociaux, expérimentant des formes hypermédiatiques inédites. Des communautés en ligne se sont formées, de même que des coopératives d’écrivains, opérant une reconfiguration évidente des rapports entre les instances auctoriale, lectrice et éditoriale. Ces nouvelles pratiques ont un impact certain, mais encore mal défini, sur l’ensemble de l’institution littéraire et en particulier sur le modèle économique éditorial traditionnel. Face à ces mutations, que l’on peut désigner comme des formes d’éditorialisation, la tentation est grande de constater un affaiblissement de la figure auctoriale au profit de la multiplication des œuvres collectives, lesquelles ont par ailleurs remis en question le rôle institutionnel des maisons d’édition. Il est cependant possible d’observer, simultanément, l’émergence de pratiques d’écriture en ligne inédites où la figure auctoriale se met en scène, jouant des tensions entre l’auteur, l’écrivain, le personnage d’écrivain et la personne elle-même. À partir de ce paradoxe, le colloque « Écrivains, personnages, profils : l’éditorialisation de l’auteur » propose d’étudier le statut de l’auteur à l’ère du numérique afin de mesurer l’impact effectif des nouvelles technologies sur le concept d’auctorialité.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;h2 id=&quot;notre-intervention&quot;&gt;Notre intervention&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous intervenons dans la seconde session &lt;em&gt;L’autopublication et ses nouvelles formes de validation&lt;/em&gt;, en interrogeant cette fois-çi la figure de l’auteur dans Anarchy, et sa dispersion dans les figures du personnage, du lecteur et de l’éditeur.&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://www.iri.centrepompidou.fr/dev/~sauretn/anarchy/colloque_edito_auteur/#/&quot; style=&quot;width:100%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Colloque Médiations informatisées de l&apos;autorité</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/16/intervention-au-colloque-mediations-informatisees-de-l-autorite"/>
   <updated>2016-03-16T18:24:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/16/intervention-au-colloque-mediations-informatisees-de-l-autorite</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Le 17 et 18 mars 2016 se tient le colloque &lt;em&gt;« Médiations informatisées de l’autorité : nouvelles écritures, nouvelles pratiques de la reconnaissance ? »&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;http://www.iscc.cnrs.fr/IMG/pdf/20160317-mediations.pdf?1383/224efeba8d92e0b9b58d0d334ae6439a3204c61d&quot; title=&quot;Programme colloque MIAu&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-arrow-right&quot;&gt;&lt;/i&gt; Consulter le programme (pdf)
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argumentaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/miau.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; title=&quot;Colloque MIAu&quot; style=&quot;float:right;margin-left:20px&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote style=&quot;font-size:0.9em&quot;&gt;
  &lt;p&gt;L’intrusion des technologies numériques dans tous les domaines de l’activité humaine et les transformations des rapports de l’homme avec ses univers professionnel, culturel et social semblent ouvrir une nouvelle ère. L’émergence de nouveaux dispositifs d’une part transforme les formes d’écriture précédentes, et d’autre part textualise des pratiques de communication et d’échange qui jusqu’alors restaient extra-textuelles. Dans ce nouveau contexte médiatique, les processus de la diffusion, de la reconnaissance, de la légitimation, de l’autorisation à la parole, à l’expression se transforment. Les réseaux numériques (lieux d’auto-publication, plate-formes collaboratives, archives ouvertes et sites Web de « réseautage social »…) forment des appareils définissant les conditions tant de la diffusion de travaux et d’œuvres que de la mise en valeur de soi. Des techniques d’audience, relatives au numérique, comme le « buzz » ou les connexions des « profils » et CV entre professionnels, chercheurs, amateurs ou artistes suscitent une remise en question des pratiques concernant la réputation et la visibilité professionnelle ou sociale.&lt;/p&gt;

  &lt;p&gt;On propose de travailler, dans le cadre de ce colloque, sur les médiations de l’autorité dans le cadre des mutations médiatiques engagées par le numérique : comment la « présence » dans l’espace médiatique numérique impacte-t-elle l’autorité ? Quelles définitions faut-il retenir aujourd’hui de ce terme, sachant la complexité de son histoire et la multiplicité de ses formes ? Quelles différences et quelles complémentarités penser avec des notions connexes aujourd’hui comme « popularité », « visibilité », « réputation », etc. ? Assiste-t-on à l’émergence de nouvelles normes de la légitimation ? Quelles articulations s’établissent-elles entre les pratiques d’auto-publication, d’auto-édition, d’autopromotion des textes et la valeur d’autorité ? Quel est le point de vue des participants dans les espaces numériques voués à la publication d’échanges ? Les espaces numériques peuvent-ils contribuer à la formation de nouvelles « autorités » ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;small&gt;Ce colloque est organisé par le Gripic (Celsa, Paris-Sorbonne), l’Institut des sciences de la communication et le laboratoire Communication et solidarité (université Blaise Pascal Clermont-Ferrand), avec le soutien de l’École doctorale V Concepts et langages de l’université Paris-Sorbonne et de la ville de Clermont-Ferrand.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;notre-intervention&quot;&gt;Notre intervention&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Nous intervenons au colloque dans la troisième session intitulée &lt;em&gt;Transformation et continuité des « métiers d’écriture » (ou : comment se recompose l’écriture)&lt;/em&gt; pour présenter les premiers résultats de notre travail de recherche sur le corpus Anarchy.&lt;/p&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://www.iri.centrepompidou.fr/dev/~sauretn/anarchy/colloque_autorite/&quot; style=&quot;width:100%;height:30vw;border:none;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;http://www.iri.centrepompidou.fr/dev/~sauretn/anarchy/colloque_autorite/&quot; title=&quot;Intervention colloque MIAu&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-eye&quot;&gt;&lt;/i&gt; Ouvrir les slides
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Chronologie de La Crête</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/16/chronologie-de-la-crete"/>
   <updated>2016-03-16T14:29:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/16/chronologie-de-la-crete</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Une première analyse qualitative sur le corpus Anarchy nous a amené à nous intéresser plus particulièrement &lt;a href=&quot;&quot;&gt;au cas La Crête&lt;/a&gt; et à dresser une chronologie des contributions de La Crête.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour cela, nous avons isolé du corpus complet toutes les contributions écrites &lt;em&gt;par&lt;/em&gt; La Crête ou &lt;em&gt;à&lt;/em&gt; La Crête, c’est-à-dire le mentionnant : &lt;em&gt;@La Crête&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le tableau suivant résume cet échantillon (104 contributions sur 11280), ainsi qu’une brève analyse du registre de discours mobilisé par les auteurs. En effet les types de contributions varient d’un personnage à l’autre et parfois pour un même personnage d’une contribution à l’autre. Les posts sont le plus souvent narratifs, mais peuvent parfois aussi relever de l’injonction, de la proposition, voir sortir de la fiction.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;/assets/data/tableau_chronologie_lacrete.csv&quot; title=&quot;Download csv table&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;fa fa-download&quot;&gt;&lt;/i&gt; Sauvegarder le tableau (csv)&lt;/a&gt; |
&lt;a class=&quot;btn btn-default btn-sm&quot; href=&quot;#typologie-des-mentions&quot; title=&quot;Typologie des mentions&quot;&gt;
  Sauter le tableau&lt;i class=&quot;fa fa-fast-forward&quot;&gt;&lt;/i&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;style type=&quot;text/css&quot;&gt;
  .tg  {border-collapse:collapse;border-spacing:0;border-color:#ccc;}
  .tg td{font-size:0.6em;padding:5px 2px;border-style:solid;border-width:0px;overflow:hidden;word-break:normal;border-color:#ccc;color:#333;background-color:#fff;border-top-width:1px;border-bottom-width:1px;}
  .tg th{font-size:0.6em;font-weight:normal;padding:5px 2px;border-style:solid;border-width:0px;overflow:hidden;word-break:normal;border-color:#ccc;color:#333;background-color:#f0f0f0;border-top-width:1px;border-bottom-width:1px;}
  .tg .tg-yw4l{vertical-align:top}
  .tg .tg-yw3l{background-color:bisque}
&lt;/style&gt;

&lt;table class=&quot;tg&quot;&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ID&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Date complète&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Personnage&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Auteur&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Titre&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Evénements&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Mentions&lt;/th&gt;
    &lt;th class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Remarques&lt;/th&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;498&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-10-30 23:54:04&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;L&apos;éveil&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Discute au troquet sur la difficulté de la crise;Tags sur la nécessité de l&apos;entraide&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;0&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Sur le mode du journal intime, sans adresse&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;811&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-10-31 15:35:05&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La tête dans le cul mais toujours au soleil !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Se réveille dans un squat,Rencontre une punk à chien et discute d&apos;anarchisme et d&apos;entraide&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;0&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Sur le mode du journal intime, sans adresse&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;1658&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-01 17:16:10&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ed-stotzenberg&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Belial&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le réseau ...&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ed essaie de constitue son réseau pour changer la situation: appelle Raoul Perez. Cite La Crête comme exemple de SDF.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Raoul Perez&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2118&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-02 20:21:33&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;capucine-cher&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Belial&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;LOIC&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Capucine décrit le plan LOIC pour changer la situation, qui implique un large réseau de rebelles dont La Crête.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2174&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-03 09:03:00&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;ça s&apos;accélère....&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Voit Isa, sa pseudo petite-amie;il apprend qu&apos;Ed Stötzenberg veut le joindre par téléphone, pour &quot;tout péter&quot;&quot;&quot;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ed Stötzenberg&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2230&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-03 14:55:12&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Dynamite&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;C&apos;est en effet Ed Stötzenberg qui veut le joindre, qui lui envoie un poème révolutionnaire de René Binamé&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ed Stötzenberg&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2484&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-04 08:15:26&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ed-stotzenberg&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Belial&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Putain d&apos;adrénaliiiiine !!&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ed réexplique son plan d&apos;action et sa philosophie; indique aussi qu&apos;il compte beaucoup sur La Crête.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Premiers contacts sociaux&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2892&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-05 22:36:06&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Remember, remember, the 5th of november&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Fait avec Isis le tour de ses amis SDF;prépare attentat sur la sous-préfecture de Briançon (&quot;opération vendetta des 66&quot;); Espère qu&apos;Ed s&apos;y joindra&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ed Stötzenberg&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Se pose en force de proposition et preneur d&apos;initiatives, d&apos;autres le suivent&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;3476&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-07 14:37:42&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;gilles-froid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Froid Family&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Nour ou Isis ?&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gilles Froid raconte que trois blessés (de l&apos;attentat du 5 novembre) sont chez Juan. L&apos;un d&apos;eux, James, est hostile et menace les autres: il envoie La Crête et Gilles Froid en mission pour récupérer son argent.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Juan; La Crête; Isis; James&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;4657&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-11 03:59:25&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;juan&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;The Peacemaker&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;James&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Juan demande des nouvelles à Gilles Froid et La Crête partis en expédition sous la menace de James; il raconte comment ça se passe chez lui avec Isis et Nicolas pour gérer et mater James&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gilles Froid; La Crête; James; Nicolas&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;4676&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-11 12:52:20&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;gilles-froid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Froid Family&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Anarchie, fric et botanique&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gilles Froid raconte son expédition avec La Crête pour trouver l&apos;argent de James et ainsi libérer Isis, Juan et Nicolas de son joug&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Isis; Juan, Nicolas; James&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;4767&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-12 04:32:53&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Putain de merde !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Part à Lyon avec Isis;bagarre avec un caïd;rencontre Juan et Gilles Froid (amis d&apos;Isis),Puis Nour dans un squat&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Juan; Gritusse; Gilles Froid; Jérôme Mariva&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;4798&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-12 12:29:43&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Le silence de mon attentat&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Chez Juan, s&apos;étonne du fait que son attentat du 5 novembre à Briançon n&apos;ait pas été relayé par les médias;Demande à des amis de diffuser l&apos;info&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Boitro; Gritusse; FranceIndé; Liza Papanov; Victor; Tous Ensemble; EveillésManifeste; Charlito; Baratribord; Anonymous; France BN; Jérôme Mariva&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Une sorte de méta-message qui permet à la Crête de faire davantage entendre sa voix et connaître ses actions : il est en train de construire lui-même sa visibilité en demandant aux autres de relayer les événements qu&apos;il a provoqués&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;4801&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-12 13:30:11&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Mon attentat passé sous silence&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Même chose;demande à d&apos;autres personnes de diffuser la nouvelle de son attentat du 5 novembre&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Gilles Froid; Annie Botul; Alistair&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Même chose, construit sa visibilité médiatique&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;4813&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-12 14:51:49&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;france-bn&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Terrorisme sur le Territoire&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;France BN relaye l&apos;info de l&apos;attentat du 5 novembre par La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La construction de la visibilité fonctionne par sa diffusion dans la presse&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;4946&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-12 20:39:05&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;france-bn&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Et si Philae avait détécté une vie extraterrestre ?&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;France BN évoque l&apos;info de l&apos;atterrissage de Philae; s&apos;adresse à sa liste d&apos;abonnés dont fait partie La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ed le Banquier; Ivan Papanov; La Crête; Johanna Mercier; FranceIndé; Gilles de Salm; Le Prophète; Camille Singedoigt; Kevin; Natalie; Marianne Guérin; Mathilde Pevensie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;5041&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-13 15:32:52&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Le Black Bloc&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Toujours chez Juan;arrive à Paris bientôt;Veut contacter ses amis là-bas pour faire&quot; tout péter&quot;&quot;&quot;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Juan; Ingrid; Gritusse&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Fait appel aux autres pour qu&apos;il se joigne à lui; accroît son influence&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;5101&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-13 22:01:57&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Le Testament de mon sentiment moral&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Annonçant qu&apos;il veut lutter de toutes ses forces contre le pouvoir, il adresse à ses amis un testament de ses idées morales et politiques&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Baratribord; Gritusse; Erin; Jean Boitro; Sandrine; Victor; Liza Papanov; FranceIndé; LEON; EveillésManifeste; Ingrid; Charlito; Tous Ensemble; France BN; Anonymous; Capucine Cher; Alistair ou &apos;Ali&apos;; Noé; Jerôme Mariva; Deadlock; Natalie; Tiphanie; Marianne Guérin&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Le personnage fait connaître ses idées auprès d&apos;un certain nombre d&apos;interlocuteurs: continue à construire sa visibilité&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;5151&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-13 19:05:41&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;deadlock&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Mordem Frost&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eveillons-nous&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Deadlock cherche à relayer encore plus l&apos;info de l&apos;attentat du 5 novembre qui a été censurée; s&apos;adresse à une centaine de personnages&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Anonymous; La Crête; @Renée-Guillemette @Jo @Costard rose @Pépette @Jacques @Tim @Michel Caravage @Chouquette @Chilon de Sparte @Bias de Priène @Baratribord @Gritusse @David @geva @Thomas  @Tiphanie @Daniel Noyez + plusieurs dizaines&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Attestation et amplification de la visibilité du personnage de la Crête, témoigne de sa notoriété et de son influence grâce à une diffusion à grande ampleur de ses activités narratives&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;5212&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-13 21:43:03&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eveillesmanifeste&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le grève continue&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Manifeste des Eveillés, groupe de solidarité et de grève: fait appel à plusieurs dizaines de personnages pour faire circuler ce message, dont La Crête.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête appelé comme porte-voix à même de diffuser un message&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;5224&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-14 00:39:26&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;le Testament de mon sentiment moral&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Même chose que plus haut: testament de ses idées morales avec adresses à d&apos;autres pour le relayer / communiquer&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Gritusse  @Erin @Jean Boitro @Sandrine @Victor @Liza Papanov @FranceIndé @LEON @EveillésManifeste @Ingrid @Charlito @Tous Ensemble @France BN @Anonymous @Capucine Cher @Alistair ou &apos;Ali&apos; @Noé @Jerôme Mariva @Deadlock @Natalie @Tiphanie @ Marianne Guérin&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Même chose que plus haut (testament), adressé à davantage de personnages: La Crête se fait connaître par la citation d&apos;interlocuteurs qui vont lire ses plans et ses pensées&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;5436&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-14 13:06:05&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;gilles-froid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Froid Family&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;horreur&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gilles Froid met à distance ses soucis par rapport à James: un message de sa sœur lui indique que Clarisse est morte.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête, Juan, Isis, Nicolas, James&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;5442&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-14 14:41:14&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;juan&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;The Peacemaker&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;N&apos;est pas Don Juan qui veut...&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Juan se pose des questions sur son amitié ambigüe avec Isis; mais &quot;rate&quot; son moment avec elle. Ils sortent de l&apos;appartement et voient Gilles Froid et La Crête.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;James, Isis, Gilles Froid, La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;5471&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-14 19:07:07&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;franceinde&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Dépêche&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Diffuse infos sur les blessés recueillis par la Croix-Rouge au Camp des éveillés. Demande à certains personnages dans les manifs (dont la Crête) de transmettre des infos.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Lilou; Fantasio; Youri Gagarine; Renée-Guillemette; Tiphaine; Stelise; Jeremy; Ivan Papanov; La Crête; Charlito; Marie Dujardin&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Visibilité, influence (par sa capacité à relayer l&apos;information)&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;5812&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-15 22:31:16&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;robert-mortimer&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Franc fort? Comme la saucisse&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;The queen needs you&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La reine d&apos;Angleterre veut collaborer avec un certain nombre de personnes élites du pays, dont la Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Jean de Severac @Dr Lavigne Mathieu @DeparDieU Gérard @La Crête @Timothée @Robert BRASILLAC @Léon Perjols @LEON @Marilou @Ratatouille @TANGUY CRS 4587 @le Petit Nicolas @Conseiller bac+15@Camille Singedoigt @Olivier Dubois @Johanna Mercier  @Conseiller bac+15 @Paul Rigal @Marie Dujardin @Thierry Lun @Louisette Le Coz @Charles Dugalois&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Atteste de visibilité et reconnaissance: considéré comme l&apos;une des élites du pays, un élément dont les actions sont susceptibles d&apos;influencer le cours des événements&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;6133&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-17 00:20:34&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Les gens sont cons&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Informe ses amis qu&apos;il ne peut pas recevoir les mails, lettres, colis, appels qu&apos;ils lui envoient car n&apos;a pas d&apos;adresse ni téléphone&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Juan&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Méta-message de l&apos;auteur au sujet des moyens de le joindre&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;6408&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-16 16:27:15&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;jerome-mariva&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Mordem Frost&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Action!&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;S&apos;inquiète de la volonté de la Crête de &quot;faire tout sauter&quot;. Espère qu&apos;il s&apos;engager auprès des volontaires suite à l&apos;appel de Lilou.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Noé; EveillésManifeste; Charlito; Lilou&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;D&apos;autres personnages parlent de lui sans interagir avec lui de manière narrative ==&amp;gt; commentaires sur le personnage lui-même, attestant de son influence&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;6428&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-16 17:54:27&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;les Eveillés à la tête de Paris&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Demande entre autres à la Crête de &quot;faire passer le mot&quot;: les éveillés ont un plan pour prendre la tête de la mairie de Paris&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Tiphanie; Stelise; Un Petit Rien; Jeremy; Victor; Auguste Baboeuf; Alex V.; Charlito; Capucine Cher; La Crête; Marianne Guérin; Conseiller bac + 15; justin tresor; Liza Papanov&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête appelé encore une fois comme relais d&apos;information: visibilité et influence&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;6476&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-17 16:18:38&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;jeanne-juanita&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Franc fort? Comme la saucisse&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Radio Monte Carlo&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ernesto rebaptise la chaîne de TV &quot;Télé Révolution&quot; et engage des &quot;personnalités engagées&quot; comme La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Antoll MA @Johanna Mercier  @Jacques Bismute @EveillésManifeste @La Crête @BPC @le Petit Nicolas @Ratatouille&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Reconnaissance sociale du personnage comme engagé et influent&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;6789&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-18 23:48:56&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Paname !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Se procure des armes auprès d&apos;un irlandais; constitue son armée; espère rencontrer et y intégrer Eric Sawal; l&apos;assaut commence demain&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Juan; Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;6791&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-17 16:51:51&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;gilles-froid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Froid Family&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La douleur&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gilles Froid après ses aventures dit au revoir à tout le monde et remonte sur Paris&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Nicolas; Juan; Isis&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;6795&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-17 17:47:10&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ingrid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;charlito&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Les potos rapliquent !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Indique que La Crête devrait bientôt arriver à Paris avec Isis&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Isis; Thierry Lun; Cathy Opex&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;6872&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-17 23:21:53&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ingrid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Hey hey !!&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête est arrivé au squat, s&apos;apprêtent ce soir à faire la fête et tout casser&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Thierry Lun; Cathy Opex; Maurice Upian&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;6986&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-19 16:04:05&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ça va chauffer !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Dit à Ingrid: &quot;On parle de nous!&quot;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ingrid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7027&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-19 16:04:24&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ingrid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;charlito&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Casse de jour&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ingrid parle des plans de La Crête comme de faire un casse de jour pour renverser la police; se pose des questions à ce sujet&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Maurice Upian&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La crête leader de mouvement, preneur d&apos;initiatives&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7137&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-18 13:49:18&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;lilou&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;The Peacemaker&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Virage&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Lilou lance un grand appel aux éveillés dont La Crête: continuer à se battre avec moins de violence.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal;  @Victor , @Liza Papanov , @Amandine , @Guy, @EveillésManifeste  , @David Durel , @Cathy Opex, @La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7230&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-19 09:54:04&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eric-sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;19 Nov - Rencontre avec Isis et La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal rencontre Isis et La Crête et réfléchit sur leur volonté d&apos;organiser une lutte armée et une révolution, au lieu du sitting pacifiste des &quot;bobos&quot; que sont les éveillés&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Isis; La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Force de proposition, nourrit commentaires et discussions&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;7236&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-20 01:33:02&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ça va le faire... On y crois&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Les Oubliés vont prendre physiquement le contrôle de Paris: La Crête explique son plan pour bloquer la ville&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ingrid; Victor; Guy; Jérôme Mariva; Un Petit Rien; Eric Sawal; Liza Papanov; Juan; Ellie; Gilles Froid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7555&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-19 10:16:10&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;franceinde&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;la vérité sur le meurtre de Jérémie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Informe de l&apos;assassinat de l&apos;adolescent Jérémie par les forces de l&apos;ordre et défend le programme pacifiste des Eveillés. S&apos;adresse à ses abonnés dont La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Marianne Guérin; Charlito; Lilou; Tiphaine; Un Petit Rien; Victor; Alex V.; justin tresor; Walter; Bias de Priène; Gritusse; Matt; Auguste Baboeuf; La Crête; Capucine Cher&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7559&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-19 14:38:03&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eric-sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;19 Nov - Convergences impossibles.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal manifeste son désaccord envers La Crête et Isis qui s&apos;éloignent des éveillés pour se dédier à la violence sans proposer avantage de solutions pour autant&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Stella; Isis; La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête est critiqué pour ses positions politiques&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;7735&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-21 14:45:15&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;A l&apos;attaaaaaaaaaaaque !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Apprend qu&apos;Isis est en prison;critique les Eveillés;Rencontre Eric Sawal qu&apos;il intègre à son armée&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Victor; Charlito; Guy; Lilou; Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête étend son réseau&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7867&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-21 13:56:56&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eric-sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;21 Nov - Isis en taule&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;S&apos;adresse à La Crête: vient d&apos;apprendre que les amis de la Crête Ellie, Isis et Juan sont en prison; Eric est prêt à se joindre à lui pour les libérer&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Juan; Isis; Ellie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7878&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-21 15:09:33&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eric-sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;21 Nov - En route avec La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Rejoint La Crête dans son plan de sauvetage d&apos;Isis, Juan et Ellie; est prêt à mourir&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Juan; Isis; Ellie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7898&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-21 18:28:18&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;la constituante&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Affirme au nom des éveillés des réflexions sur le programme politique qui permettra de sortir de la crise et les moyens de l&apos;atteindre. Critique ceux qui posent des bombes comme La Crête.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Un Petit Rien; Bias de Priène; Gritusse; Tiphaine; Victor; Charlito; Auguste Baboeuf; Stelise; Alex V.; Capucine Cher; Marianne Guérin; Parti européiste; justin tresor; Liza Papanov; Lilou; Tous Ensemble; Walter&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête critiqué pour ses actions violentes&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;7900&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-21 18:50:01&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;victor&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;climo&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crète&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Evoque la même scène que Gally au post précédent: La Crête en punk-à-chien qui demande qui est le taulier ici, Victor répond qu&apos;il n&apos;y a pas de chef&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Guy; La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;7975&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-22 12:08:05&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;SVP&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;S&apos;adresse à Eric Sawal sur la stratégie pour leur assaut du commissariat de Boulogne Billancourt visant à libérer leurs copains&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête force de proposition: soumet directement au personnage d&apos;Eric Sawal un plan pour qu&apos;il le suive avec lui&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8031&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-22 14:52:28&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eric-sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le plan de La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric se dit d&apos;accord avec le plan de La Crête mais il faut éviter au maximum la violence&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Atteste de l&apos;influence de La Crête au niveau narratif: plan accepté et Eric suit son initiative&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;8069&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-22 19:22:16&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Sur un air de Wagner&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Attaque du commissariat de B. Billancourt;La Crête se prend deux balles;Isis est libérée mais blessée aussi&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Eric Sawal; Juan; Ellie; Amandine&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Narration d&apos;une attaque dont La Crête est le meneur&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8400&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 11:26:15&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eric-sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Se coordonner dans la lutte&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric reproche un manque de coordination dans la lutte de la part de La Crête et Isis; il leur demande où ils ont placé des bombes et refuse pour sa part d&apos;en faire sauter&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Isis&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8403&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 11:50:50&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;victor&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;climo&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Terreur&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Apprend et condamne les attentats de La Crête et autres Oubliés. Discute avec Guy parmi les éveillés dans l&apos;objectif de créer une nouvelle constitution d&apos;ici 15 jours&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Guy; Tiphaine; Lilou&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête reconnu dans son pouvoir d&apos;influence: &quot;maintenant c&apos;est lui qui mène la danse&quot;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8414&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 12:26:11&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;erick-foax&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;JeremieCED&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Message à la république déchue&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le leader des Constetacio armés déclare son soutien à plusieurs révolutionnaires dont La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eveillés Manifeste; Charlito; La Crête; Anonymous; justin tresor; Jeanne (Juanita)&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Visibilité, notoriété : cité et soutenu&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8417&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 15:32:30&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eric-sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;22 Nov - A l&apos;assaut du commissariat de Bobigny&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric raconte l&apos;assaut du commissariat de Bobigny où il suivait le plan de La Crête; il finit par tuer un jeune policier et s&apos;en trouve terriblement choqué, même si la cause est juste…&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Isis; Ellie; Juan&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8431&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-24 01:14:16&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ellie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Qu le spectacle commence&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Pour entrer au zoo, avec Juan, Isis et La Crête, Ellie entreprend de séduire le vigile qui garde de l&apos;entrée avant de l&apos;assommer&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Juan; La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8482&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-24 11:25:04&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;erick-foax&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;JeremieCED&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ANNONCE (2)&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Annonce un tir de missiles sur le palais bourbon; déclare son soutien à La Crête et autres révolutionnaires&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;justin tresor; La Crête; Lilou&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Marque de soutien envers La Crête&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8606&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 19:13:44&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;gilles-froid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Froid Family&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Semaine d&apos;isolement&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Suite à l&apos;enterrement de Clarisse, s&apos;isole une semaine chez ses parents; entend parler des &quot;méfaits&quot; de La Crête et ses amis&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Juan; Isis; James; Nicolas; La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8611&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 19:51:17&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;victor&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;climo&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Chère Isis&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Long message à Isis pour exprimer les idées des Eveillés, la constituante, et lui proposer de rejoindre le mouvement. Explique sa vision d&apos;une action non violente et critique les attentats de la Crête, un &quot;meurtrier&quot;.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Isis; Eric Sawal; La Crête; Tiphaine; Un Petit Rien; Guy; EveillésManifeste; Lilou; Marianne Guérin; Charlito&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête critiqué pour ses actions violentes&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8636&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 21:58:58&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;amandine&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Est-ce que je suis aussi une hors-la-loi?&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Amandine aide l&apos;infirmière Lilou à soigner les gens; elle soigne un jour quelqu&apos;un dont elle apprend ensuite par la presse que c&apos;est la Crête, terroriste et ennemi n°1. Ne sais plus vers qui se tourner, veut parler à Guy.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Lilou; Stella; Eric Sawal; La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête consacré comme leader: son visage fait la une des journaux, il est considéré comme l&apos;un des chefs des Oubliés et ennemi public n°1 suite à ses attentats - au point que le seul fait de l&apos;avoir soigné risque de mettre Amandine en danger&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8651&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-23 22:56:18&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;amandine&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le complot&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Alors qu&apos;Amandine va voir Guy pour lui parler de son problème avec La Crête, ils discutent finalement de tout autre chose: l&apos;assassinat de Jeremie et son meurtrier&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête; Charlito; Victor; Anonymous; Un Petit Rien; France BN; Sabrina; Lilou&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;8676&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-24 15:00:16&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;laura&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Rejoindre les Eveillés&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Laura rejoint les Eveillés pour les aider, et rencontre un &quot;dingue&quot;, La Crête, qui part avec Eric et dit qu&apos;il veut libérer Isis.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Eric Sawal; Charlito; Victor; Lilou; Stella; La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;8732&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-25 03:51:16&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;On fait comme dans la cavalerie et on se tire ailleurs&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Au Sénat, en plein assaut des forces de l&apos;ordre, réflexion sur ses amis et alliés ;Reste en arrière pour retarder les flics ;Se fait attraper et menotter&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Eric_Sawal ; @Juan ; @Ellie ; @Victor ; @Guy ;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Égo-centrisme du personnage : «  c&apos;est moi le patron, le grand PDG ! »Prise de pouvoir dans la fiction participe de l&apos;influence de l&apos;auteurÉcrit ce scénario à 4h du matin pour « mener la danse » des contributions des autres&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;8753&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-25 09:59:48&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;REFUSE CE TEXTE&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Détournement du post pour faire une adresse directe à l&apos;auteure (Gally) du personnage de Guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;L&apos;auteur se positionne en organisateur&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;8798&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-25 13:33:34&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Voir avec @JeanSé&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Etant en prison, LaCrete demande aux personnages de plutôt s&apos;adresser à son second JeanSé ;Annonce la prochaine action de JeanSé (opération kamikaze)&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Erick Foax ; @Ellie ; @Victor ; @Guy ; @Juan ; @Gilles Froid ; @Anonymous ; @Liza Papanov ; @Eric Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;L&apos;auteur fait un appel à contribution « si vous voulez me suivre, faite le savoir »&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9040&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-25 02:09:05&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ingrid&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ça craint pour moi !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9060&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-25 11:46:01&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;erick-foax&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Appel à la révolution&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9102&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-25 17:53:12&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;france-bn&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Message de FRANCE BreakingNews&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9143&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-25 22:51:38&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;victor&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Pas de répit ?&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9154&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-25 23:31:34&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;france-bn&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Paris plongé dans l&apos;obscurité&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;9211&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-26 02:32:23&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Soirée Portes ouvertes&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Séjour en prison, LaCrête ne lâche rien ;Le soir, une panne générale permet aux prisonniers de s&apos;évader ;LaCrête se rend chez Al et JeanSé&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Al;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;JeanSé est cité, mais pas adressé.. car c&apos;est également son personnage&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;9306&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-26 15:23:43&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Le Procès&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Adresse direct aux auteurs pour « jouer » un personnage de procureur&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Charles Vennec ; @Liza Papanov ; @Deadlock ; @Erick Foax&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;l&apos;auteur se positionne en organisateurLe texte sort de la narration&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9317&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-26 16:04:51&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;maitre-benayoun&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Cette affaire est pour moi.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;avocate se déclare prête et déterminée à défendre LaCrête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Déclaration d&apos;un auteur (heyMamzelleBook) pour s&apos;introduire dans le scénario de LaCrête&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9411&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-26 19:18:11&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;al&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;The Peacemaker&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Jeux d&apos;enfants&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Al chasse du fachos dans Paris ;Annonce qu&apos;il contactera Erick_Foax et rencontrera Eric_Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;En certaine contradiction avec le texte « Soirée Portes ouvertes »&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9623&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-27 12:09:45&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;jean-legal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;quel procès de La Crête?&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le juge découvre que LaCrête est en prison&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally joue le jeu de Ndish en introduisant un personnage juge&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;9939&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-28 11:35:59&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;maitre-benayoun&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;A lui de décider&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;avocat s&apos;étonne qu&apos;elle n&apos;ait pas été choisie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Insistance de heyMamzelleBook pour interagir avec LaCrête&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;9946&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-11-28 12:20:59&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Une bavarde pour me défendre&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;L&apos;avocat commis d&apos;office annonce à LaCrête qu&apos;il sera représenté par une avocate très compétente&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Maitre benayoun&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish annonce par là qu&apos;il accepte la proposition de heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;10272&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-28 23:17:09&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;mathilde-pevensie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Première Allocution de la Reine de Bretagne&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;surenchère d&apos;adresse&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;10750&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-11-30 14:20:56&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;jean-legal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;affaire Jérémie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le juge découvre qu&apos;il est en charge de l&apos;affaire LaCrête et de l&apos;affaire Jérémie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;11775&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-01 23:30:47&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;maitre-benayoun&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Premier rendez-vous&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;avocate rencontre LaCrête ;Ell lui explique ce qu&apos;il va se passer : transfert à l&apos;hopital.&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête ; @jean-legal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook semble vouloir mener la danse à travers un entretien où son personnage « prend la main ».&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;11778&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-01 23:33:22&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;maitre-benayoun&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Petite requête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;avocate écrit au juge pour demander le transfert&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête ; @jean-legal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Un post pour confirmer le scénario décrit dans « Premier Rendez-vous »&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;11909&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-02 13:46:15&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;jean-legal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;transfert de M. La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le juge répond à l&apos;avocate et confirme le transfert de LaCrête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête ; @Maitre benayoun&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Collaboration à 3, le juge, l&apos;avocate et le prisionnier se sont coordonnés.&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;11928&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-02 14:57:42&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;matt&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Lost in translation&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Matt raconte les efforts de son équipe pour hacker les mails du juge et obtenir des infos ;Ils apprennent que LaCrête sera transféré à l&apos;hopital&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Jean Légal ; @La_Crête ; @Juan&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook prépare la suite du scénario&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;12325&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-12-03 00:08:37&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;domage&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Interaction suite à une tentative d&apos;assassinat de LaCrête en prison&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Dr Bamoul&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Interaction entre auteurs : Ndish s&apos;en prend à un autre auteur suite à une tentative d&apos;assassinat de son personnage&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;12338&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-03 00:11:42&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;dr-bamoul&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Kate&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Encore...&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Evoque une prochaine tentative d&apos;empoisonnement de LaCrête par un compliceEvoque aussi un « appel » au personnel du commissariat&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Kate répond à Ndish en restant dans la fiction&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;12339&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-03 00:58:13&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Jouer n&apos;est pas tuer !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Hors-fiction&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Adresse directe à l&apos;auteur « Kate », Ndish indique que son personnage est « important »Indication du mode de jeu « etre connecté tous les soir » pour éviter les killsÉvoque une ancienne collaboration : regretJustifie son mode de participation&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;12363&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-03 02:18:03&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;maitre-benayoun&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Revirement&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;l&apos;avocate raconte l&apos;évasion de LaCrête avec l&apos;attaque du fourgon de transfert&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête ; @Juan&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;D&apos;autres personnages sont présents dans la scène, mais ne sont pas adressés : est ce que leurs auteurs sont moins dans le coup, est ce qu&apos;il est question de distribuer des points à ses alliés ?&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;12399&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-03 09:43:17&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;dr-bamoul&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Kate&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;la violence appelle la violence&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Hors-fiction&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Interaction entre auteurs : Réponse à NdishKate annonce qu&apos;elle laissera tranquille le personnage de Ndish&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;12407&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-12-03 10:48:44&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Libre de nouveau&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Evoque son évasion ;Se plaint de sa blessure ;Annonce la suite avec la collaboration avec Eric_Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Al, @Eric_Sawal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;12412&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-12-03 11:48:06&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;T&apos;es content !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Hors-fiction&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@France_BN&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Interaction entre auteurs : Ndish s&apos;en prend à un auteur à cause de sa stratégie de point (profiter de l&apos;écriture et des scénarios de Ndish notamment)&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;12468&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-12-03 15:46:02&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Communiqué de presse de La Crête depuis l&apos;Élysée&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Depuis l&apos;Elysée ;Manifeste pour l&apos;action des Oubliés : position anarchiste&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Erick Foax ; @Maitre benayoun ; @Dr Bamoul ; @Charles Vennec ; @Victor  ; @EveillésManifeste ; @France BN ; @Tous Ensemble ; @Colonel Atlas ; @Devi Sweetie  ; @Jerôme Mariva ; @Gilles Froid ; @Eric Sawal; @Charlito&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;l&apos;auteur justifie l&apos;action de son personnage&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;12485&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-03 15:43:04&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;lilou&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;The Peacemaker&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Disparition des frontières&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Lilou soigne LaCrête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La_Crête ; @Ellie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Un auteur complice (The Peacemaker) raconte les coulisses du personnage LaCrête&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;12671&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-03 08:56:33&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;jean-legal&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;What the Fuck?&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Le juge prend acte de l&apos;évasion de LaCrête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@La Crête ; @France BN ; @Maurice Upian ; @justin tresor ; @Camélia Narchie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Clôture narrative de l&apos;arche « prison et procès de LaCrête »&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;12823&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-04 01:13:37&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;ellie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;heyMamzelleBook&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Qu&apos;ils aillent au diable !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La bande LaCrête, Juan, Ellie, Isis veulent quitter l&apos;Elysée avec le président Larcher en otage.Ils sont excédés par les discussions politiques des Eveillés&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Juan ; @LaCrête ;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;On sent la collaboration entre The Peacemaker, heyMamzelleBook et Ndish&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;13148&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-04 04:27:49&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;juan&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;The Peacemaker&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;LARCHER LES AMARRES!&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Juan raconte l&apos;évasion de l&apos;Elysée ;Braquage d&apos;une voiture et ordonne au conducteur de raconter que LaCrête a enlevé le Président Larcher ;Affolement ;Retour au van abandonné au Jardin du Luxembourg pour récupérer du matériel ;Arrivés à la péniche&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Isis ; @LaCrête ; @Ellie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;« Il éclata de rire en me frottant la tête de façon paternel. » l&apos;auteur est sous le charme du paternalisme du personnage de LaCrête (et en fait de son auteur Ndish)Vrai effort littéraire, sans doute pour obliger la rédaction à suivre le scénario des trois complices (à vérifier)&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;13177&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-04 12:42:36&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;aller, c&apos;est parti pour les débats et les votes!&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;13221&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-04 16:02:04&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;occitania-info&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Premiers pas d&apos;info !&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Nouveau personnage, intègre LaCrête et d&apos;autres personnage centraux dans sa communication pour augmenter sa visibilité&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;13249&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-04 21:44:51&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;victor&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gagner du temps&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Victor résume la situation ;Il rejoint le Colonel Atlas&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Guy ; @Colonel Atlas ; @Juan ; @Isis ; @La Crête ; @Charlito&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;auteur Climo prend acte des actions de la journée, en faisant un résumé de la situationA travers son personnage impatient, Climo semble envoyer un message codé aux autres auteurs pour qu&apos;ils réagissent à la situation et avancent dans la narration. Il laisse la main aux personnages importants (Charlito, Guy)&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;13858&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-12-06 02:10:51&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Vivre à L’air libre&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;LaCrête raconte ce moment de liberté et l&apos;union du petit groupe ;Annonce un plan à venir avec 3 attaques successives&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Juan ; @Ellie&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;« On avait largué Larcher, ce type ne sert vraiment à rien, » potentiellement un signal à la Rédaction pour dire de laisser tomber le personnage&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;14302&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-06 20:54:51&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Valois à Paris dans 72H?&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Guy reprend l&apos;Actualité de la rédaction et semble faire un appel à résister à Valois&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Gritusse ; @Victor ; @Charlito ; @La Crête ; @Capucine Cher ; @Marie Dujardin  ; @TANGUY CRS 4587 ; @justin tresor ; @Eric Sawal ; @Erick Foax  ; @France BN ; @Christophe Flavier ; @Walter  ; @Stella&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Ici le personnage s&apos;inscrit dans l&apos;actualité rédigée par la Rédaction : à savoir la marche de l&apos;armée de Valois sur Paris&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;14896&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-07 17:49:15&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;adrien&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;SweeeN&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Deux bras, deux jambes&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;adrien demande aux personnages influents s&apos;il peut les rejoindre&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@EveillésManifeste ; @La Crête; @Isis  ; @Al ; @Guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;L&apos;auteur fait ici un appel aux auteurs qui comptentSemble ne pas avoir lu les contributions des auteurs, il est hors-fiction&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;14909&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-07 18:24:21&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;bienvenue&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;réponse à adrienRésume la situation, notamment vis-à-vis des Oubliés&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;l&apos;auteur accepte l&apos;aide proposée et indique même au nouveau venu une action de résistance à mener&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;15571&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-08 10:00:56&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;laura&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;on est prêt&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Raconte le plan de résistance à Vallois&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Victor ; @Eric Sawal ; @Erick Foax ; @Adrien ; @Charlito ; @Xavier ; @Lilou ; @Stella ; @Général Atlas ; @général crelcel ; @Hervé Le Bras ; @Laurent Lerouge ; @George Decointe ; @La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;l&apos;auteur organise la suite, suggère un scénario à la Rédaction (qui mène Vallois), laisse entendre que si ca ne se passe pas comme elle a prévu, elle est prête à un scénario alternatifElle met dans le coup tous les personnages importants, notamment les généraux qui font l&apos;Actu, ainsi que les Oubliés qui restent influents et qui peuvent changer la donne narrative« @LaCrete et ses amis » : comme si LaCrête restait le personnage central&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;15620&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-08 14:29:34&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;eveillesmanifeste&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;La France restera libre!&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;annonce du discours de Guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Fantasio ; @Jacques ; @Gritusse ; @Stelise ; @Kayla aka Midas ; @Matt ; @Bias de Priène ; @Victor ; @Charles Vennec ; @Charlito ; @La Crête ; @Isis ; @Capucine Cher ; @Treizh ; @TANGUY CRS 4587 ; @justin tresor ; @Eric Sawal ; @Erick Foax ; @General Alcatraz  ; @France BN ; @Lilou ; @Aziz ; @Hervé Le Bras ; @Jesus routier ; @La source ; @Walter ; @Adrien&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;16804&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-10 22:52:35&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Discours de Guy -Leader des Eveillés&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Discours&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;@Général Atlas ; @général crelcel ; @Colonel du Peyroux ; @Fantasio ; @Jacques ; @Monique ; @Bias de Priène ; @Gritusse ; @Stelise ; + plusieurs dizaines&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Appel à toutes les personnages&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;16862&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;2014-12-10 22:52:35&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;guy&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Gally&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;Discours de Guy -Leader des Eveillés&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw4l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
  &lt;tr&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;16886&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;2014-12-11 05:30:31&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;La Crête&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Ndish&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Lundi 8 décembre 2014&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;Attaque de la Banque de France tourne mal ;LaCrête couvre la sortie des autres ;Il se fait abattre par les forces de l&apos;ordre&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;@Ellie ; @Juan ; @Erick Foax ; @Guy; @Gilles Froid ; @Eric Sawal ; @Jesus routier&lt;/td&gt;
    &lt;td class=&quot;tg-yw3l&quot;&gt;&lt;/td&gt;
  &lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;

&lt;p&gt; &lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;typologie-des-mentions&quot;&gt;Typologie des mentions&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;On peut identifier ainsi différents usages de la mention, présentés dans cette rapide typologie :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;une adresse directe de personnage à personnage&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;l’inclusion d’un personnage dans son propre scénario&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;l’utilisation de la mention pour valoriser son posts, y agréger les personnages qui comptent.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Cette typologie suggère &lt;strong&gt;des stratégies&lt;/strong&gt; de mention différentes pour des objectifs différents, par exemple :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;des objectifs de narration : cohérence narrative entre personnages&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;des objectifs de jeu : gagner des points&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;des objectifs d’organisation de la collaboration : se mettre d’accord&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Ces premiers éléments d’analyse sur les stratégies d’utilisation de la mention sont les premiers indices d’une autorité narrative que nous développerons dans un post à venir.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Le cas La Crête</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/14/le-cas-la-crete"/>
   <updated>2016-03-14T00:00:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/14/le-cas-la-crete</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;La Crête a été un personnage emblématique de l’univers Anarchy. C’est assez naturellement sur ce personnage et sur son auteur que nous avons concentré notre étude qualitative.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;portrait-robot&quot;&gt;Portrait robot&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;&lt;img class=&quot;img-thumbnail&quot; src=&quot;/assets/img/profil_Lacrete.png&quot; width=&quot;50%&quot; style=&quot;margin-left:10px; float:right;&quot; /&gt; Qui est La Crête ? Un « punk dans l’âme », nous indique son auteur NDish, sorti en 7ème position du jeu &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt;. Ce jeune homme de 37 ans, sans domicile fixe et sans travail, « écoute du rock alternatif français en boucle, il fréquente les clochards avec qui il boit des bières à longueur de temps », c’est « quelqu’un de simple qui aime lire, il vit de la manche et de petits coups de main qu’il donne de gauche à droite en échange d’une douche, d’une couverture ». C’est un débrouillard. Lors des deux mois qu’a duré &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt;, il est sorti de son anonymat pour devenir le leader des Oubliés, avec son acolyte féminine Isis, sœur spirituelle puisqu’elle a aussi pour auteur NDish. Or les Oubliés se sont vite fait connaître. Groupuscule révolutionnaire opposé aux intentions plus pacifistes des Eveillés face à une France sortie de l’euro qui plonge dans le chaos, ils se sont signalés par des actions coup de poing, souvent menées par un La Crête qui multiplie les tentatives d’attentats jusqu’à finir par en perdre précocement la vie, que certains vont même qualifier de terroristes. De notre côté, on a voulu y voir un peu plus clair sur cette figure étrange. Comment peut-on être un anarchiste, qui se moque éperdument des questions d’autorité, d’argent et de pouvoir, tout en finissant par mener le jeu par le bout du nez au point que certains ont dit : « c’est lui qui mène la danse » ? Qui est-il vraiment au final, entre ombre et lumière ? Et surtout, comment a-t-il réussi, innocemment ou par stratégie, à devenir un des piliers cruciaux de l’histoire d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; ?&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;analyse-qualitative&quot;&gt;Analyse qualitative&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;L’analyse des processus de constitution de l’influence narrative chez La Crête – et à travers lui bien sûr, chez son auteur NDish – a fait l’objet d’un volet particulier de nos recherches : l’analyse narrative et qualitative, qui se conjuguait à une analyse quantitative (autorité topologique) et une analyse dite organisationnelle (autorité dispositive). Dans celle-ci, nous avons tenté de mettre en évidence les dynamiques par lesquelles le personnage La Crête a progressivement accru sa visibilité, sa notoriété et sa légitimité dans le dispositif (pour plus de précisions sur ces notions, se reporter au billet « Cadre conceptuel : l’autorité dans un environnement littéraire »). Il s’agissait donc de mesurer à la fois son influence narrative 1) sur la communauté de ses &lt;strong&gt;pairs&lt;/strong&gt; et 2) sur le cadre institutionnel représenté par la &lt;strong&gt;Rédaction&lt;/strong&gt;. Seulement : comment faire ? De quelles ressources disposons-nous pour mesurer ces caractéristiques apparemment abstraites ?&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;les-ressources&quot;&gt;Les ressources&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;A partir de l’ensemble des billets de La Crête présents sur le site Anarchy.fr, ainsi que du récit-cadre alimenté par la rédaction, le fil d’actualité, nous avons produit deux outils qui forment le support de nos investigations :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;A) La chronologie reconstituée des actions de La crête, qui prend la forme d’un tableau où par date sont recensés les résumés de ses billets et de ses interactions ;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;B) Un tableau comparatif qui met les actions du personnage en regard du fil d’actualité de la Rédaction, permettant de donner une visibilité aux actions narratives La Crête qui ont été (ou non) relayées par cette dernière ;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;C) A ces deux outils, s’est ajouté le livre de Marion Guérard (journaliste de la Rédaction) &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt;, aux éditions Les Petits Matins (2015), qui témoigne des rapports de force entre la Rédaction et les joueurs tout au long de l’expérience.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/anarchy_guenard.jpg&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;figurelegende&quot;&gt;Figure : couverture du livre de Marion Guénard : &lt;em&gt;Anarchy. Ils ont écrit la France du chaos&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;les-stratégies&quot;&gt;Les stratégies&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Quels résultats avons-nous trouvés ? D’abord, la lecture de l’ensemble des billets de La Crête (outil A) permet de dégager trois &lt;strong&gt;stratégies&lt;/strong&gt; de construction d’une influence sur ses pairs.&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;La première est le travail littéraire que fait NDish sur le caractère de son personnage, qu’il dote d’une autorité charismatique (cf. le « Testament de mon sentiment moral », 13/11, où il expose ses idées politiques et philosophiques, qui pose ainsi les contours psychologiques et moraux du personnage), et d’une force d’initiative (cf. le plan qu’il soumet à Eric Sawal pour attaquer un commissariat, 22/11 : La Crête entraîne ses camarades à le suivre, ce qui dans ce cas en l’occurrence s’est révélé efficace). Cela lui a permis de se donner dès les premières du jeu une &lt;strong&gt;visibilité&lt;/strong&gt; d’où résulte son &lt;strong&gt;influence narrative&lt;/strong&gt;.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;La seconde stratégie est le travail de NDish sur l’impact citationnel de son personnage, à travers sa capacité à relayer de l’information, mais aussi à demander aux autres de relayer ses propres actions (cf. le post du 12/11, où il s’adresse à ses associés pour qu’ils diffusent la nouvelle de son attentat du 5 novembre, s’étonnant que celui-ci soit passé sous silence ; ce que l’organe de presse FranceBN ne tardera pas à faire effectivement). En se constituant en tant que nœud informationnel, il établit sa &lt;strong&gt;notoriété&lt;/strong&gt; qui lui confère peu à peu une &lt;strong&gt;influence médiatique&lt;/strong&gt;, analogue aux « retweet influence » et « mention influence » qui constituent des métriques de la notoriété des utilisateurs de Twitter (cf Cha &lt;em&gt;et al.&lt;/em&gt;, 2013).&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Enfin, sa troisième stratégie est un travail sur la représentation de l’auteur lui-même, à travers une justification de son positionnement (cf. son altercation « hors-fiction » avec l’auteur Kate, où il parle en son propre nom – celui de NDish – pour expliquer sa démarche auctoriale), et la constitution d’un réseau de collaborations (particulièrement fructueuse par exemple avec le grand gagnant PeaceMaker, auteur de Juan, cf. post du 04/12). Ce travail sur la figure auctoriale qui intervient directement au sein de son récit (métalepses) lui permet d’instaurer sa &lt;strong&gt;légitimité&lt;/strong&gt; sur laquelle il peut bâtir une &lt;strong&gt;influence organisationnelle&lt;/strong&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/jouernestpastuer1.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;figurelegende&quot;&gt;Figure : Altercation hors-fiction avec Dr Bamoul, alias Kate&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;succès-rencontré&quot;&gt;Succès rencontré&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Mais quel est alors le &lt;strong&gt;succès&lt;/strong&gt; rencontré par ces stratégies ? On peut mesurer celui-ci à l’aide de son effet sur deux types d’acteurs, mentionnés plus haut : ses pairs, et la Rédaction.&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Vis-à-vis de ses pairs, les autres &lt;strong&gt;joueurs&lt;/strong&gt;, la réussite des stratégies d’influence déployées par l’auteur de La Crête est attestée par plusieurs indices. C’est 1) d’abord le suivi effectif de ses initiatives narratives (Eric Sawal le 22/11 accepte le plan d’attaque que lui soumet La Crête), puis 2) son aptitude à faire effectivement relayer les informations qu’il diffuse (France BN notamment qui diffuse son attentat le 12/11 en s’adressant à une liste de très nombreux personnages qui pourront lire le message), ainsi que 3) les soutiens, discussions et critiques à son sujet alimentés par d’autres personnages qui parlent de lui entre eux (ce qu’on voit tout particulièrement entre le 16/11 et le 21/11), et enfin 4) la reconnaissance directe de son statut de leader narratif (« maintenant, c’est lui qui mène la danse », écrit Victor le 23/11).&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Qu’en est-il du côté de la &lt;strong&gt;Rédaction&lt;/strong&gt; ? On remarque que cette dernière ne relaie que plutôt tardivement les actions de La Crête dans le fil d’actualité, mais que celui-ci est toutefois l’un des premiers personnages à en influencer directement le cours. Deux grands événements qui le concernent sont ainsi intégrés à l’arche générale d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; : 1) le récit des méfaits des Oubliés, ennemis publics n°1, et en particulier l’arrestation de La Crête (du 23 au 25/11), et 2) l’annonce du procès de La Crête et de son évasion (02 et 03/11). Mais, outre cet impact sur l’arche narrative, il faut aussi prendre en compte son influence sur le dispositif lui-même. Aux alentours du 20 novembre 2014, relate Marion Guénard de la Rédaction, se produit en effet ce qu’elle appelle le « grand virage » : on « lâche la bride » et laisse carte blanche au récit des joueurs, ce qui se traduit par un réajustement des rythmes de production (les marges d’anticipation sont revues à la baisse, afin de suivre aux mieux les initiatives des personnages). Ce virage a été notamment induit par un rapport de force entre NDish et la Rédaction. Celle-ci a d’abord dû brimer cet « auteur caractériel » qui « s’échine à écrire des histoires qui passent à l’as parce qu’elles ne sont pas sur le tempo de nos flashs télévisés préenregistrés », avant de reconnaître qu’elle risquait de frustrer et de perdre cet élément de talent. C’est suite à ce bras de fer avec NDish que la Rédaction a cédé une partie de son autorité pour offrir plus de place aux joueurs dans le pilotage du récit.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p style=&quot;text-align:center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/victor1.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;figurelegende&quot;&gt;Figure : Reconnaissance de La Crête par Victor, alias Climo&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;résultats-et-conclusions&quot;&gt;Résultats et conclusions&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Que peut-on en conclure ? Les stratégies de NDish ont donc été efficientes à un double niveau. Celui des autres joueurs, à travers l’attestation d’une influence narrative, médiatique et organisationnelle, mais aussi à celui de la Rédaction, par l’intégration de ses actions dans le récit-cadre ainsi que par le réaménagement du dispositif lui-même. Mais que pouvons-nous en déduire, du point de vue des modes de constitution de l’autorité et de l’influence narrative sur un dispositif collaboratif spécifique à l’espace numérique ? Sont-ils analogues à ceux de l’imprimé ou les reconfigurent-ils ?&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;entre-autorité-et-autoritativité&quot;&gt;Entre autorité et autoritativité&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Il semble qu’on observe, dans le cas de ce personnage, une construction de l’autorité qui obéit à une double dynamique ambivalente.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D’un côté, en effet, les stratégies grâce auxquelles La Crête augmente progressivement sa visibilité, sa notoriété et sa légitimité semblent se situe à l’écart et en amont des médiations éditoriales traditionnelles, qui passent par le respect de critères de publication fixés a priori par une institution. De ce point de vue, elles s’inscriraient plutôt dans ce qu’on pourrait appeler avec Evelyne Broudoux une pratique &lt;strong&gt;autoritative&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;« Nous avons qualifié de pratique autoritative […] la propension pour les auteurs à s’affirmer auteurs en dehors des autorités établies, ce qui nous a permis de distinguer l’auteur traditionnel, s’inscrivant dans un dispositif éditorial classique pratiquant un filtrage de la chose publiée en aval de sa production, de l’auteur autoritatif s’autopubliant et construisant lui-même les conditions de sa reconnaissance dans l’univers électronique ». (Broudoux &lt;em&gt;et al.&lt;/em&gt;, 2005).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est ce dont témoigne le bras de fer entre NDish et la Rédaction, qui est allée jusqu’à réorganiser les règles du jeu pour les rendre plus adéquates aux modes d’écriture de personnages qui, comme La Crête, associent une forte influence narrative auprès des autres joueurs à un faible relayage au niveau du fil d’actualité et du récit officiel. Héritant des pratiques autoritatives émergentes dans l’environnement numérique, dans le contexte d’une création collaborative innovante dont la nature expérimentale laisse aux règles une certaine souplesse, NDish ne fait pas que construire son autorité, il en construit également les critères et les métriques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D’un autre côté cependant, les méthodes auxquelles recourt NDish pour accroître son influence narrative et médiatique font ressurgir des formes bien plus traditionnelles de formation de l’autorité. Comme on l’a vu, l’auteur qui se trouve derrière le personnage La Crête, à travers son avatar NDish, s’expose à plusieurs reprises dans ses billets lors de métadicours qui visent à justifier sa démarche et son positionnement. Ces moments « hors-fiction », combinés au prises de contact et sollicitations directes de la Rédaction par NDish, laissent penser que celui-ci utilise une forme de charisme personnel pour parvenir à ses fins. La personne biographique de l’auteur, loin de s’effacer dans l’ombre d’un personnage ou de céder le pas à une textualité pure et anonyme, revient au contraire s’affirmer au sein même de l’écriture pour en orienter les rapports de force.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;lordre-sans-le-pouvoir&quot;&gt;L’ordre sans le pouvoir ?&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Il semble ainsi que l’influence de NDish repose autant sur une pratique autoritative spécifique à un dispositif évolutif et contributif que sur une autorité charismatique (Weber), qui aboutit peu à peu à la consécration légitime d’une autorité institutionnelle. Une fiction numérique collaborative comme &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; est donc loin de vérifier l’hypothèse d’une disparition de l’auteur ou d’un retrait numérique de l’autorité qui lui est rattachée, qui feraient le propre de l’univers décentralisé et horizontalisé du web. Des relations de pouvoir aboutissant à l’exercice d’influences sont bien visibles dans ce projet, même si elles apparaissent sous des traits renouvelés par rapport aux dynamiques régissant la publication imprimée : le fait même que La Crête ait à construire les expressions et critères de son autorité, à s’« autoriser » lui-même, en confirme précisément la pertinence.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les différentes ressources qui ont permis d’établir ces analyses (chronologie des actions de La Crête et tableau comparatif avec le fil d’actualité) sont disponibles sur ce site.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Même si &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; est &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt;, et si La Crête est le premier des anarchistes, les mécanismes qui en régissent le fonctionnement ne sont pas si anarchiques qu’ils en ont l’air.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Cadre conceptuel, l&apos;autorité dans un environnement anarchyque</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/11/cadre-conceptuel-autorite"/>
   <updated>2016-03-11T15:47:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/11/cadre-conceptuel-autorite</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Quelques réflexions sur la notion d’autorité, fréquemment utilisée dans les champs politique et informationnel, et que nous avons appliquée à un corpus littéraire.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;un-peu-dordre-dans-lautorité&quot;&gt;Un peu d’ordre dans l’autorité&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;S’il s’agit d’étudier « l’autorité dans &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; », une première difficulté se présente aussitôt. Comment peut-on appliquer la notion complexe d’autorité, fréquemment utilisée dans les champs politique et informationnel, à un corpus littéraire ? Y a-t-il une pertinence à « sortir » ce concept de son cadre habituel pour lui permettre d’investir la sphère de la production artistique ? Cette question exige d’abord de clarifier l’idée d’autorité ainsi que ses distinctions avec des termes connexes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On sait que la notion d’autorité a fait l’objet de très nombreux travaux, depuis les réflexions de Max Weber jusqu’à la littérature actuelle qui s’intéresse à son évolution dans l’espace numérique (Merzeau, 2015, Vitali-Rosati, 2016). Quelques jalons historiques (qui ne visent aucunement l’exhaustivité) nous aideront à tracer quelques points de repères .&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;weber-et-les-sources-de-la-domination-légitime&quot;&gt;Weber et les sources de la domination légitime&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;On connaît la distinction, chez Weber, entre trois formes d’autorité (&lt;em&gt;Economie et société&lt;/em&gt;, 1921). Pour le sociologue allemand ce qu’il nomme la « = domination légitime » se subdivise en trois types de sources ou de caractères :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;« Un caractère &lt;strong&gt;rationnel&lt;/strong&gt;, reposant sur la croyance en la légalité des règlements arrêtés et du droit de donner des directives qu’ont ceux qui sont appelés à exercer la domination par ces moyens (domination légale) ;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Un caractère &lt;strong&gt;traditionnel&lt;/strong&gt;, reposant sur la croyance quotidienne en la sainteté des traditions verbales de tout temps et en la légitimité de ceux qui sont appelés à exercer l’autorité par ces moyens (domination traditionnelle) ;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Un caractère &lt;strong&gt;charismatique&lt;/strong&gt;, [reposant] sur la soumission extraordinaire au caractère sacré d’une personne, ou encore [émanant] d’ordres révélés ou émis par celle-ci (domination charismatique) ».&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Cette distinction interne permet de mettre en relief la complexité de la notion d’autorité, liée à la pluralité de ses origines ou facteurs de légitimation. Ainsi la domination légale repose-t-elle sur une assise statutaire (une fonction octroyée et reconnue par une institution) ; la domination traditionnelle sur une croyance (dans la légitimité des traditions héritées du passé) ; et la domination charismatique sur une assise personnelle (l’aura, le caractère).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans le cas d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt;, l’autorité rationnelle ou légale pourrait s’incarner dans l’institution qu’est la Rédaction ; et l’autorité charismatique dans la personne des auteurs (à l’instar de N’Dish, on le verra plus tard). L’applicabilité de l’autorité traditionnelle à notre objet d’étude paraît plus problématique. Elle pourrait être constituée, soit par les règles du jeu explicitées par le mode d’emploi d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; présent sur le site, soit par les règles implicites qui régissent le comportement des différents joueurs habitués à interagir en groupe, que ce soit ou non dans le cadre d’un dispositif spécifiquement numérique.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;hannah-arendt-et-la-crise-de-lautorité&quot;&gt;Hannah Arendt et la crise de l’autorité&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Hannah Arendt mène une grande analyse de l’autorité dans &lt;em&gt;La Crise de la culture&lt;/em&gt;, paru en 1961 (traduction française 1972). Pour elle, si la notion d’autorité implique toujours une forme d’obéissance, il ne faut pas pour autant la confondre avec la violence et la force. Pour la définir, Arendt commence par indiquer ce qu’elle n’est pas, c’est-à-dire ni la contrainte ni l’argument : « l’autorité exclut l’usage de moyens extérieurs de coercition ; là où la force est employée, l’autorité proprement dite a échoué. L’autorité, d’autre part, est incompatible avec la persuasion qui présuppose l’égalité et opère par un processus d’argumentation ». Autrement dit, précise-t-elle plus loin :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;« S’il faut vraiment définir l’autorité, alors ce doit être en l’opposant à la fois à la contrainte par force et à la persuasion par arguments. (La relation autoritaire entre celui qui commande et celui qui obéit ne repose ni sur une raison commune, ni sur le pouvoir de celui qui commande ; ce qu’ils ont en commun, c’est la hiérarchie elle-même, dont chacun reconnaît la justesse et la légitimité, et où tous deux ont d’avance leur place fixée) ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que pouvons-nous en déduire ?&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;D’abord, Arendt rejoint Max Weber dans l’idée que l’autorité est une domination légitime, ou du moins, reconnue comme légitime par les membres qu’elle implique. Elle suppose donc, sinon une confiance, du moins une forme de consentement.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Cette domination légitime n’en suppose par moins une inégalité structurelle, une verticalité qui se traduit par des rôles différentiés au sein d’une hiérarchie. C’est bien du fait de cette inégalité que l’autorité ne repose pas sur l’argumentation ou sur la voie de la persuasion rationnelle : car celle-ci mettrait finalement les deux acteurs sur un pied d’égalité.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Ce qu’il y a de commun dans toute forme d’autorité, c’est donc la structure verticale et hiérarchique elle-même, en ce qu’elle détermine les places respectives des acteurs en jeu, en se gardant à la fois d’opérer leur nivellement (persuasion) et l’annihilation forcée de l’un des deux (violence).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;h4 id=&quot;foucault-et-la-critique-du-pouvoir&quot;&gt;Foucault et la critique du pouvoir&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Michel Foucault a consacré un texte intéressant à une notion proche de celle d’autorité : le pouvoir (&lt;em&gt;Le sujet et le pouvoir&lt;/em&gt;, 1972). De cet essai, où il cherche à décrire « comment s’exerce le pouvoir », nous pouvons retenir plusieurs choses :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;1 - Le pouvoir se définit comme « une action sur des actions ». En effet, « ce qui définit une relation de pouvoir, c’est un mode d’action qui n’agit pas directement et immédiatement sur les autres, mais qui agit sur leur action propre ». C’est ce qui la différentie notamment de la violence, qui, elle, agit sur des corps et sur des choses : « elle force, elle plie, elle brise, elle détruit ; […] elle n’a donc auprès d’elle d’autre pôle que celui de la passivité » ; là où la « relation de pouvoir, en revanche, s’articule sur deux éléments qui lui sont indispensables pour être justement une relation de pouvoir : que l’autre (celui sur lequel elle s’exerce) soit bien reconnu et maintenu jusqu’au bout comme sujet d’action ; et que s’ouvre, devant la relation de pouvoir, tout un champ de réponses, réactions, effets, inventions possibles ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;2 - Le pouvoir foucaldien, donc, comme l’autorité chez Hannah Arendt, tient ensemble l’obéissance et le maintien d’une certaine forme de liberté. Comme pour Arendt, cette liberté ne signifie pas pour autant que les acteurs en jeu soient sur un pied d’égalité et que l’un convainque l’autre par des arguments du bien-fondé de ce qu’il lui demande. Foucault distingue le pouvoir aussi bien de la contrainte externe que du consentement : « il n’est pas en lui-même renonciation à une liberté » ; mais il n’est pas non plus « dans sa nature propre la manifestation d’un consensus ». Ainsi le pouvoir, sans niveler les deux partenaires qu’il implique, présuppose cependant toujours la liberté : il « ne s’exerce que sur des sujets libres, et en tant qu’ils sont libres », et « l’esclavage n’est pas un rapport de pouvoir lorsque l’homme est aux fers (il s’agit alors d’un rapport physique de contrainte) ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;3 - Cependant, là où l’autorité telle que l’analyse Arendt s’exerce principalement sur des personnes, en revanche le pouvoir s’applique à un champ plus large d’objets. Il peut en effet, selon la distinction de Foucault, s’exercer sur :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Des &lt;strong&gt;choses&lt;/strong&gt; : il donne alors « la capacité de les modifier, de les utiliser, de les consommer ou de les détruire – un pouvoir qui renvoie à des aptitudes directement inscrites dans le corps ou médiatisées par des relais instrumentaux » : il s’agit alors de « capacité » ;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Des &lt;strong&gt;signes&lt;/strong&gt; : ce sont alors « les relations de pouvoir des rapports de communication qui transmettent une information à travers une langue, un système de signe ou tout autre médium symbolique. Sans doute communiquer, c’est toujours une certaine manière d’agir sur l’autre ou les autres » ;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Et des &lt;strong&gt;individus&lt;/strong&gt; (ou des groupes) : « si on parle du pouvoir des lois, des institutions ou des idéologies, si on parle de structures ou de mécanismes de pouvoir, c’est dans le mesure seulement où on suppose que certains exercent un pouvoir sur d’autres » ; le terme de pouvoir désigne alors « des relations entre partenaires ».&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Il est intéressant de noter que, si Foucault distingue ces différents types de pouvoirs, il montre cependant que tous sont étroitement reliés : « relations de pouvoir, rapport de communication, capacité objectives ne doivent donc pas être confondus. Ce qui ne veut pas dire qu’il s’agisse de trois domaines séparés[…]. Il s’agit de trois types de relations qui, de fait, sont toujours imbriquées les unes dans les autres, se donnant un appui réciproque et se servant mutuellement d’instrument ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;4 - Enfin, Foucault émet tout comme Hannah Arendt une réflexion sur le devenir de cette notion dans le monde qui lui est contemporain. Seulement, là où Arendt parle de la « crise » et de la « disparition » de l’autorité dans le monde moderne, Foucault évoque plutôt les luttes contemporaines contre les différentes formes de domination, d’exploitation et d’assujettissement – luttes qui présupposent justement que les relations de pouvoir, pour leur part, n’ont pas « disparu ». Ainsi prend-il pour exemple et pour point de départ de sa réflexion « une série d’oppositions qui se sont développées ces quelques dernières années : l’opposition au pouvoir des hommes sur les femmes, des parents sur leurs enfants, de la psychiatrie sur les malades mentaux, de la médecine sur la population, de l’administration sur la manière dont les gens vivent ».&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;les-réseaux-numériques-et-les-mesures-de-linfluence&quot;&gt;Les réseaux numériques et les mesures de l’influence&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Outre la domination légitime (Weber), l’autorité (Arendt) et le pouvoir (Foucault), un autre concept proche est celui d’influence, tel qu’il a été particulièrement développé à propos des dynamiques et des structurations de l’espace numérique, en particulier avec le web social. C’est le cas par exemple de travaux comme « Everyone’s an Influencer : Quantifying influence on Twitter » (Eytan Bakshy, Jake M. Hofman, Winter A. Mason et Duncan J. Watts) ou « Measuring User Influence on Twitter : the Million Follower Fallacy » (Meeyoung Cha, Hamed Haddadi, Fabricio Benevenuto, Krishna P. Gummadi) au sujet de Twitter. Nous pouvons retenir de ces recherches (notamment celle de Cha &lt;em&gt;et al.&lt;/em&gt;) :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;1 - Leur définition de l’influence comme « pouvoir ou capacité de provoquer un effet de manière indirecte ou intangible », que les auteurs reformulent ainsi par la suite : l’influence est le « potentiel qu’a un individu de conduire les autres à faire certaines actions ». De manière ainsi indéfinie (on ignore plus précisément quel sens donner à ces adjectifs « indirect » et « intangible », la notion d’influence semble entretenir un certain lien avec celle de pouvoir chez Foucault, défini comme « un ensemble d’actions sur des actions possibles : il opère sur le champ de possibilité où vient s’inscrire le comportement de sujets agissants : il incite, il induit, il détourne, il limite, il rend plus ou moins probable ; à la limite, il contraint ou empêche absolument ; mais il est bien toujours une manière d’agir sur un ou sur des sujets agissants, et ce en tant qu’ils agissent ou qu’ils sont susceptibles d’agir. Une action sur des actions ». Peut-être seulement que là où le pouvoir foucaldien consiste à « conduire des conduites », l’influence ainsi caractérisée consisterait pour sa part à induire des conduites.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;2 - L’influence telle qu’elle est étudiée sur des plateformes de micro-blogging comme Twitter présente souvent un aspect quantitatif : il ne s’agit pas, comme le fait Foucault, de décrire comment cela se passe ou comment elle s’exerce ; mais plutôt d’envisager des métriques qui permettent de l’identifier. Chez Cha &lt;em&gt;et alii&lt;/em&gt; par exemple, on distingue trois métriques de l’influence d’un utilisateur :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;son nombre de followers (qui indique la taille de son audience),&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;le nombre de posts qu’il relaie (la « retweet influence ») et&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;le nombre d’autres utilisateurs qui mentionnent son nom dans leurs propres posts (la « mention influence »).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Qu’est-ce que les notions de domination légitime chez Weber, d’autorité chez Arendt, de pouvoir chez Foucault et d’influence à l’ère numérique ont de commun ? Elles supposent toutes une relation verticale et hiérarchisée entre deux ou plusieurs personnes, dont l’efficacité coercitive ne repose ni sur des moyens externes (la force) ni sur ce que les personnes en jeu ont de commun (la raison), mais sur la hiérarchie elle-même quelle qu’en soit la provenance (institutionnelle, personnelle, traditionnelle, sociale ou encore liée à un degré d’action et de participation sur un réseau). La seule chose qui semble unifier ces différents concepts, c’est en effet l’existence d’une relation dissymétrique, où l’un des membres agit sur les actions du second, que ce soit de façon directive ou indirecte.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;lautorité-en-toutes-lettres&quot;&gt;L’autorité en toutes lettres&lt;/h2&gt;

&lt;h4 id=&quot;quelles-luttes-de-pouvoir&quot;&gt;Quelles luttes de pouvoir ?&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Comment, pour notre part, appliquer ce champ lexical diffus de l’autorité à la spécificité d’un corpus littéraire ? Il se trouve qu’on est en présence de deux relations dissymétriques :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Celle, statutaire et &lt;em&gt;de droit&lt;/em&gt;, qui sépare la Rédaction (incarnation d’une autorité institutionnelle) des auteurs-joueurs (sur lesquels s’exerce cette autorité, en tant qu’ils doivent se plier aux règles du jeu). Les rapports de force entre la Rédaction et les auteurs semble pouvoir être mesurés par le fil d’actualité tenu par la Rédaction, qui intègre ou relaie plus ou moins les actions narratives des auteurs ; ainsi que par le pouvoir de distorsion et de détournement que les joueurs peuvent exercer sur les règles du jeu et le dispositif lui-même.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Celle, &lt;em&gt;de fait&lt;/em&gt;, qui sépare les auteurs-joueurs entre eux, puisque ceux-ci se caractérisent par différents pouvoirs d’infléchissement des actions des autres joueurs (à travers la mention du personnage d’un autre joueur, on peut l’inciter à une action narrative ou à suivre une action de sa propre initiative). Ces rapports de force entre les joueurs, où chacun vise pour sortir « gagnant » à accroître sa propre influence sur le récit, peuvent être mesurés par divers indicateurs qu’il s’agira d’éclaircir.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;En somme, on se trouve avec &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; face à deux types de luttes : une lutte de pouvoir qui oppose les joueurs et la Rédaction ; et une lutte d’influence qui met en compétition les joueurs entre eux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;Circulation de l&apos;influence&quot; src=&quot;/assets/img/circulation_influence.jpg&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; style=&quot;max-width:60%;margin-left:20%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;figurelegende&quot;&gt;Figure : &lt;em&gt;Circulation de l’influence dans Anarchy&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;lautorité-comme-circulation&quot;&gt;L’autorité comme circulation&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Pour mesurer l’une et l’autre dans le cadre d’une fiction littéraire collaborative, il faut donc adapter notre objet d’étude, l’autorité, aux spécificités de notre corpus. C’est-à-dire surtout à deux de ses particularités :&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Son caractère &lt;strong&gt;dynamique&lt;/strong&gt; (l’autorité de chaque joueur, ainsi que son influence sur les autres et sur le récit, est une construction qui n’est pas stable mais peut varier au cours du temps : il convient donc d’envisager le caractère processuel de l’autorité) ;&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Son caractère &lt;strong&gt;stratégique&lt;/strong&gt; (dans le cadre d’un jeu, où le but est de « gagner » en augmentant au maximum son nombre de points, chaque joueur déploie un certain nombre de tactiques qui lui permet d’influencer le plus possible le cours du récit des autres et celui de l’arche narrative dessinée par la Rédaction).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;On a choisi d’envisager ces stratégies comme une &lt;strong&gt;circulation&lt;/strong&gt; de l’autorité qui repose sur un travail par lequel chaque joueur tente d’accroître sa visibilité, sa notoriété et sa légitimité. On entendra ainsi la distinction entre ces termes proches : la &lt;strong&gt;visibilité&lt;/strong&gt; d’un joueur consiste dans le fait d’être connu du public en occupant fortement l’espace médiatique ; sa &lt;strong&gt;notoriété&lt;/strong&gt; dans le fait d’être un nœud génératif de contenu reconnu par ses pairs, et sa &lt;strong&gt;légitimité&lt;/strong&gt; dans le crédit que lui accorde la Rédaction. La différence entre ces notions peut ainsi se lire du point de vue à la fois de leur &lt;strong&gt;relation&lt;/strong&gt; (la visibilité est une condition de possibilité de la notoriété, qui en est une pour la légitimité, qui en est une pour l’influence), de leur &lt;strong&gt;statut&lt;/strong&gt; (visibilité, notoriété et légitimité sont des états de fait là où l’influence est une capacité), et de leur &lt;strong&gt;cible&lt;/strong&gt; (le public, les pairs, la Rédaction).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La circulation de l’influence telle que la véhiculent ces trois stratégies peut être modélisée de la façon suivante :&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img title=&quot;Relations conceptuelles de l&apos;influence&quot; src=&quot;/assets/img/relations_influence.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; style=&quot;max-width:80%;margin-left:10%&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;figurelegende&quot;&gt;Figure : &lt;em&gt;Circulation de l’autorité&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est ce cadre conceptuel, permettant d’envisager les modes de construction de l’autorité dans le cas particulier d’un corpus littéraire, qu’on retiendra pour mesurer l’influence narrative du personnage de La Crête.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Qui est derrière Anarchy&amp;nbsp;?</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/08/qui-est-derriere-anarchy"/>
   <updated>2016-03-08T11:15:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/03/08/qui-est-derriere-anarchy</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Derrière la « France du chaos » il y a beaucoup de monde. Certains sont de « vraies personnes », d’autres non.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D’un côté, il y a toute l’équipe de rédaction et de production qui a rendu l’expérience possible et l’a accompagnée (et guidée) d’un bout à l’autre. Ce sont ceux qui ont essayé de mettre de l’ordre dans le chaos. Le site d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; recense les nombreux acteurs de cette collaboration :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;« Ce projet est le fruit d’un développement de quatre ans financé par France Télévisions, France 4, le service Nouvelles Écritures de France TV, la société de production TelFrance Série et l’Ina sont les quatre producteurs du projet. &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; mobilise une dizaine d’auteurs, une rédaction de douze personnes, des développeurs et toute une équipe de tournage. En tout, ce sont 80 personnes qui sont mobilisées durant les deux mois que dure le projet ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;h2 id=&quot;la-rédaction&quot;&gt;La Rédaction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Antonin Lhôte est chargé de projet aux Nouvelles Écritures de France Télévision. Il a mené le développement du site web d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; et a assuré la fonction de Rédacteur en chef pendant l’expérience. Celui qui a ainsi &lt;em&gt;« piloté le projet de A à Z »&lt;/em&gt; nous en dit un peu plus sur le fonctionnement de cette mystérieuse Rédaction dans une interview dans le livre &lt;a href=&quot;http://www.lespetitsmatins.fr/collections/anarchy/&quot; title=&quot;Anarchy. Ils ont écrit la France du chaos&quot;&gt;&lt;em&gt;Anarchy. Ils ont écrit la France du chaos&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; de Marion Guénard&lt;sup id=&quot;fnref:1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:1&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;organisation-horizontale&quot;&gt;Organisation horizontale&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;D’abord, la Rédaction était organisée de façon horizontale : non pas anarchique, mais collaborative.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;« &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; est un outil collaboratif, donc la rédaction devait être collaborative ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Cette structure était notamment rendue possible par la durée courte de l’expérience : Anthony Lhôte précise qu’elle aurait fonctionné de façon plus « verticale » si le projet avait duré un an au lieu de deux mois.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;animer-et-coordonner&quot;&gt;Animer et coordonner&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Ses deux fonctions principales étaient d’animer le projet et d’en coordonner les différents acteurs. L’animer d’abord, car il fallait inciter les internautes à s’engager dans le dispositif ; coordonner aussi, car il fallait gérer les multiples acteurs qui y prennent part.&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;« La Rédaction fait le pont entre les joueurs, la série, les scénaristes, les partenaires pour harmoniser le tout. La rédaction est à la fois l’interface du dispositif et son carburant ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;h4 id=&quot;choc-des-cultures&quot;&gt;Choc des cultures&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette harmonisation entre tous les acteurs d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; et tous les médiums qu’elle implique ne s’est pas faite sans heurts. Comme l’indique Anthony Lhôte, la culture des producteurs et des scénaristes qui ont « l’habitude de raconter les histoires en commençant par la fin » s’est heurtée à la « culture journalistique » : celle de ceux qui au contraire « n’ont pas peur de la page blanche, il y en a une nouvelle chaque jour ».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce « choc des cultures », comme il l’appelle, s’est manifesté notamment au travers des rythmes de production à travers la divergence entre les temporalités du site, mis à jour en temps réel, et du tournage de la série, sur un cycle hebdomadaire.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;et-du-côté-des-joueurs-&quot;&gt;Et du côté des joueurs ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L’autre facette d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt;, celle qui apparaît dans la lumière là où la Rédaction travaille dans l’ombre des coulisses, est très complexe à son tour. Quelques chiffres d’abord : on compte 11280 contributions originales, qui ont été produites par 398 auteurs actifs (sur 2633 inscrits), et racontant les histoires de 1212 personnages.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais qui sont au juste ces « auteurs » et ces « personnages » ? On a affaire à un méli-mélo de statuts enchevêtrés qu’il convient de débroussailler.&lt;img src=&quot;/assets/img/anarchy_ndish.png&quot; width=&quot;50%&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; style=&quot;float:right;margin-left: 20px;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
  &lt;li&gt;Les &lt;strong&gt;auteurs&lt;/strong&gt; (qu’on appelle ici « auteurs », « auteurs-joueurs » ou « joueurs » tout court), ce sont ici simplement, au sens le plus neutre, l’ensemble des internautes qui écrivent ou participent à l’écriture d’une histoire.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Ces auteurs se distinguent des &lt;strong&gt;personnes réelles&lt;/strong&gt; qui se trouvent « derrière » eux en ce qu’ils apparaissent sous une forme pseudonymique : ils incarnent ainsi ce que Foucault appelle un « nom d’auteur », dans sa fonction d’attribution ou d’étiquetage d’un énoncé. On entendra donc le mot « auteur » dans cette seule acception de rédacteur et de référence attributive, en négligeant les autres sens que Foucault donne à la « fonction-auteur » (valeur d’autorité au sein d’un canon littéraire ; codification juridique), tout en gardant à l’esprit la forte proximité sémantique et culturelle qui les lie.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;Enfin, &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; est composé de &lt;strong&gt;personnages&lt;/strong&gt;, qui eux-mêmes ont un statut ambigu : à la fois protagonistes et narrateurs, ce sont eux qui mènent l’action, l’auteur et son nom s’effacent derrière eux. Leur statut oscille entre celui de personnages fictifs pris dans l’illusion narrative et celui d’avatars de l’auteur réel qui exerce son influence à travers eux, et délègue simplement leur action narrative à ces alter ego numériques.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, pour prendre un exemple, le &lt;strong&gt;personnage&lt;/strong&gt; de La Crête, ce révolutionnaire anarchiste qui étend progressivement sa visibilité et son influence tout au long du jeu, est en fait l’œuvre d’un &lt;strong&gt;auteur&lt;/strong&gt; dénommé &lt;a href=&quot;http://anarchy.nouvelles-ecritures.francetv.fr/auteur/ndish&quot;&gt;Ndish&lt;/a&gt;&lt;sup id=&quot;fnref:2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:2&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, auteur qui est à son tour l’œuvre ou l’&lt;em&gt;alter-ego&lt;/em&gt; d’un illustre inconnu : la &lt;strong&gt;personne réelle&lt;/strong&gt; qui en tient les ficelles.&lt;br /&gt;
Il y a donc dans &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; un jeu, un écart entre les dimensions référentielle et biographique de l’auteur, qui autorise sa fictionnalisation et son éditorialisation. Par exemple, lorsque NDish, à plusieurs reprises, intervient directement dans les billets de La Crête pour commenter les actions de son personnage ou s’exprimer en son nom afin de justifier sa démarche, on n’est jamais tout à fait sûr de savoir si c’est la « vraie » personne de l’auteur qui parle, ou une entité fictive qu’il construit et qui n’a d’existence que dans l’univers fermé du jeu.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voilà donc que les cartes sont brouillées : l’auteur devient indissociablement personnage et origine des personnages.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:1&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Marion Guénard est membre de la Rédaction. Son livre publié aux éditions &lt;a href=&quot;http://www.lespetitsmatins.fr/&quot;&gt;&lt;em&gt;Les Petits Matins&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; retrace les six semaines d’&lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; vécues depuis la Rédaction. &lt;a href=&quot;#fnref:1&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:2&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Ndish est l’auteur de huit personnages, dont le personnage emblématique La Crête &lt;a href=&quot;http://anarchy.nouvelles-ecritures.francetv.fr/personnage-freestyle/la-crete&quot;&gt;est décédé&lt;/a&gt; au cours de l’histoire. &lt;a href=&quot;#fnref:2&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>What is Anarchy&amp;nbsp;?</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/02/10/what-is-anarchy"/>
   <updated>2016-02-10T12:33:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/02/10/what-is-anarchy</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;De quoi on parle au fait ? Les différentes facettes de &lt;em&gt;l’expérience&lt;/em&gt; Anarchy.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;une-histoire&quot;&gt;Une histoire&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Anarchy est une fiction, celle d’une France parallèle dont le chemin s’écarte définitivement de la réalité le 30 octobre 2014, lorsque François Hollande annonce la sortie de la France de l’euro. C’est cette &lt;em&gt;situation initiale&lt;/em&gt; qui définit le cadre fictionnel dans lequel &lt;strong&gt;l’univers&lt;/strong&gt; d’Anarchy va se dérouler pendant 6 semaines, jusqu’au 18 décembre 2014.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;une-expérience-transmédia&quot;&gt;Une expérience transmédia&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Anarchy est une &lt;strong&gt;expérience transmédia&lt;/strong&gt; dans la mesure où plusieurs médias et supports sont mobilisés de manière &lt;strong&gt;complémentaires&lt;/strong&gt; pour produire et rendre compte de l’univers. Transmédia également par l’aspect fortement &lt;strong&gt;participatif&lt;/strong&gt; de l’expérience, avec le pari réussi que les internautes prennent en main la fiction (l’arche narrative) et la narration (la production des contenus). Les participants, qui sont à la fois joueurs et auteurs de l’histoire, sont placés au centre de l’expérience.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Produite par TelFrance Serie et par Les Nouvelles Écritures de France Télévisions, Anarchy est une expérience transmédia à plus d’un titre. Elle invoque tout d’abord plusieurs médias de diffusion : série télévisée, site web et application smartphone dédiés, radio, presse, mobilisés pour enrichir l’univers narratif d’Anarchy de manière complémentaire (Bourdaa, 2014 ; Jenkins, 2006). Le cœur de l’expérience est par ailleurs conçu pour être entièrement participatif et contributif, la fiction et les contenus étant co-produits par les internautes au travers du site web. Selon la définition que donne Eric Viennot au transmédia (Aïm , 2013), le participant est ici placé au centre de l’expérience, puisque celle-ci évolue au fil des actions des participants.&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;les-acteurs&quot;&gt;Les acteurs&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Les acteurs du monde d’Anarchy sont nombreux et de &lt;a href=&quot;/2016/03/08/qui-est-derriere-anarchy.html&quot;&gt;différentes natures&lt;/a&gt;. Certains font partie intégrante de la fiction, d’autres produisent la fiction en tant qu’auteurs.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;la-rédaction&quot;&gt;La Rédaction&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L’équipe de la Rédaction est composée d’une douzaine de journalistes, scénaristes et community manager. Elle a pris ses quartiers au 6ème étage d’un batiment de l’école ESPCI, dans une newsroom improvisée et à l’agencement pour le moins étrange pour un projet de cette nature.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La Rédaction est le cœur d’Anarchy, c’est elle qui produit l’Actualité, qui agence le monde parallèle d’Anarchy, qui prend certaines décisions narratives, etc. C’est également la Rédaction qui sélectionne certains contenus produits par les joueurs, avec des conséquences certaines pour l’orientation de la fiction. La Rédaction a eu un mois pour établir des protocoles, des chartes, une boite-à-outils, etc.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;les-auteurs&quot;&gt;Les &lt;em&gt;« auteurs »&lt;/em&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs, aussi appelés &lt;em&gt;« joueurs »&lt;/em&gt; ou encore &lt;em&gt;« auteurs-joueurs »&lt;/em&gt;, sont ces internautes qui ont &lt;em&gt;joué le jeu&lt;/em&gt; d’Anarchy, à savoir participé à l’élaboration de l’univers en contribuant de différentes manières (ci-dessous).&lt;/p&gt;

&lt;h2 id=&quot;un-jeu&quot;&gt;Un jeu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Anarchy est un jeu. Les différents éléments du site, &lt;em&gt;l’Actu&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;les Héros&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Vos personnages&lt;/em&gt; sont autant de &lt;a href=&quot;http://anarchy.nouvelles-ecritures.francetv.fr/what-the-faq#GagnerPoints&quot;&gt;points d’entrée&lt;/a&gt; dans le jeu. Les joueurs doivent alimenter la fiction par des contributions de contenus originaux, participant ainsi à l’enrichissement de l’univers &lt;em&gt;Anarchy&lt;/em&gt; et à l’orientation de sa narration.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;appels-à-témoignage&quot;&gt;Appels à témoignage&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/fioul.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; style=&quot;float:right;margin-left: 20px;&quot; /&gt;La Rédaction lance plusieurs fois par jour des appels à témoignage relatifs à l’Actu en cours. Ces appels sont lancés à la fois &lt;a href=&quot;http://anarchy.nouvelles-ecritures.francetv.fr/2014/11/20/hollande-et-sarkozy-lancent-l-appel-de-bregancon.html&quot;&gt;au cœur des articles&lt;/a&gt; ou dans le flux live (figure ci-contre). Les joueurs sont invités à rédiger des courtes contributions ou encore à envoyer images, vidéos ou toute ressource en ligne, modérées puis et publiées dans le flux Live.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/wanted.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; style=&quot;width:45%; &quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette modération &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; effectuée par la Rédaction consiste à sélectionner les contributions les plus pertinentes pour les publier dans le flux. Certaines contributions sont également recyclées et intégrées dans les articles de la Rédaction, participant ainsi pleinement à la production fictionnelle de l’univers.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Toute contribution sélectionnée et publiée dans le flux fait l’objet d’une rétribution en points, ainsi que les utilisations dans les articles de la Rédaction.&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;cadavre-exquis&quot;&gt;Cadavre exquis&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/heros.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; width=&quot;50%&quot; style=&quot;float:right;margin-left: 20px;&quot; /&gt;Six &lt;em&gt;Héros&lt;/em&gt; créés par la Rédaction sont à la Une du site Anarchy. Un nouveau défi est lancé quotidiennement pour écrire la suite de l’histoire de chacun des personnages selon des contraintes narratives ou littéraires précises.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les contributions sont soumis aux votes des internautes, et la Rédaction sélectionne et publie la meilleure contribution de chaque personnage.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une sorte de cadavre exquis qui a inspiré plus d’un joueur, certains &lt;a href=&quot;http://anarchy.nouvelles-ecritures.francetv.fr/auteur/larose&quot;&gt;se spécialisant&lt;/a&gt; dans l’exercice. La qualité des contributions &lt;a href=&quot;http://anarchy.nouvelles-ecritures.francetv.fr/2014/12/14/l-hermione-nucleaire.html#sweetCadaverSlider&quot;&gt;a parfois  surpassé&lt;/a&gt; toutes les attentes de la Rédaction.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;/assets/img/cadavre.png&quot; class=&quot;img-thumbnail&quot; /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p class=&quot;figurelegende&quot;&gt;Défi de cadavre exquis lancé sur le personnage Nour&lt;/p&gt;

&lt;h4 id=&quot;vos-personnages&quot;&gt;Vos personnages&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Tout internaute inscrit peut devenir l’auteur de un jusqu’à huit personnages qu’il peut faire évoluer de manière extrêment libre dans l’univers d’Anarchy. Au final, ce sont plus de 1 200 personnages qui ont ainsi été créés, générant 11 280 contributions littéraires, soit l’équivalent d’un roman de 200 pages par jour.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A vrai dire, les histoires croisées de ces personnages ont fini par constituer la partie la plus interactive et la plus créative de l’expérience, jusqu’à représenter le cœur de l’univers Anarchy. L’Actualité qui régit la trame narrative globale s’est fait de plus en plus l’écho de l’histoire des personnages, inversant ainsi progressivement l’ascendance d’une trame sur l’autre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les contributions de personnages consistent en des textes littéraires narrant les événements d’un personnage. Un texte de personnage peut mentionner un autre personnage, à condition que les auteurs soient préalablement &lt;em&gt;associés&lt;/em&gt; ensemble. L’association permet donc potentiellement d’échanger et de collaborer à l’histoire des autres personnages.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’est ce corpus de contributions de personnages qui nous a particulièrement intéressé, et qui constitue la majeure partie de notre étude, tant sur le plan statistique que sur le plan qualitatif.&lt;/p&gt;
</content>
 </entry>
 
 <entry>
   <title>Tout a démarré là</title>
   <link href="https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/02/07/tout-a-demarre-la"/>
   <updated>2016-02-07T22:23:00+00:00</updated>
   <id>https://nicolassauret.net/behindanarchy/2016/02/07/tout-a-demarre-la</id>
   <content type="html">&lt;p&gt;Un peu de contexte pour entamer ce carnet, avant de rentrer dans l’étude elle-même.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette recherche a une triple motivation :&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;
  &lt;li&gt;le partenariat IRI-France Télévisions, dans le cadre duquel a été décidé début 2015 le principe d’une étude sur l’expérience et le corpus Anarchy.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;mon sujet de thèse qui, en interrogeant les dispositifs d’écriture et de lecture, coïncide avec l’étude du corpus.&lt;/li&gt;
  &lt;li&gt;plusieurs publications et communications à venir, en collaboration avec Ariane Mayer&lt;sup id=&quot;fnref:ariane&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:ariane&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, et pour lesquels ce site servira d’annexe en présentant l’ensemble de la méthodologie, des résultats et éventuellement les données elles-mêmes.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;h3 id=&quot;origines&quot;&gt;Origines&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que le projet Anarchy &lt;a href=&quot;http://www.iri.centrepompidou.fr/experimentations/anarchy-fr/?lang=fr_fr&quot;&gt;n’était pas inconnu&lt;/a&gt; de l’IRI fin 2014 lorsque l’expérience a démarré, bien au contraire. De 2010 à 2012, TelFrance Series a été partenaire du projet ANR Eulalie2, dont l’objet était la conception et l’implémentation d’une chaine de production transmédia. Anarchy, en phase de développement à l’époque, a servi de projet cobaye pour ancrer nos réflexions dans du concret. Je ne reviens pas sur les résultats du projet Eulalie, si ce n’est pour mentionner la journée test de l’été 2012 en salle Triangle du Centre Pompidou, où une vingtaine d’étudiants de Science-Po Paris ont été mobilisés pour constituer la première et éphémère Rédaction Anarchy et écrire les premiers jours de l’expérience. Le dispositif mis en place était alors un tout premier prototype de rédaction/publication en temps-réel, dont le seul module rescapé sera &lt;a href=&quot;http://anarchy.nouvelles-ecritures.francetv.fr/timeline&quot;&gt;la timeline&lt;/a&gt; développée par l’IRI et recyclée dans la version finale du site Anarchy (avec un succès mitigé d’ailleurs, pour des raisons que je tenterai d’expliquer un jour).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les collaborations passées entre l’IRI et les Nouvelles Écritures de France Télévisions, dirigées jusque fin 2015 par Boris Razon, ont permis de développer des réflexions riches et diverses sur les formats émergents, que ce soit l’exploitation fine des métadonnées&lt;sup id=&quot;fnref:theend&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:theend&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, la social TV&lt;sup id=&quot;fnref:bubbleTV&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:bubbleTV&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ou l’introduction d’algorithmes de recommandation&lt;sup id=&quot;fnref:1livre1jour&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#fn:1livre1jour&quot; class=&quot;footnote&quot; rel=&quot;footnote&quot; role=&quot;doc-noteref&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; au coeur des projets de production.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les particularités du projet, tant sur le plan de l’écriture transmédia que du dispositif participatif d’écriture, font d’Anarchy un objet à part dans le paysage récent des productions nouveaux médias/transmédia. Ayant suivi toute la phase de développement du projet, et connaissant sur le bout des doigts les enjeux en terme d’innovation, l’IRI était donc toute désignée pour mener une étude sur l’expérience. Par ailleurs, la connaissance des tenants et aboutissants de la production s’avère tout à fait utile aujourd’hui, notamment dans l’étude du &lt;em&gt;dispositif de médiation transmédia&lt;/em&gt;. Mais nous reviendrons là-dessus plus tard.&lt;/p&gt;

&lt;h3 id=&quot;terrain&quot;&gt;Terrain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au fil de l’élaboration de mon projet de thèse, et dans la perspective de rejoindre prochainement &lt;a href=&quot;http://ecrituresnumeriques.ca/fr/&quot;&gt;la chaire&lt;/a&gt; de Marcello Vitali Rosati à l’Université de Montréal, l’étude Anarchy s’est avérée un terrain particulièrement motivant pour ce début de thèse. Tout une partie de l’étude alimentera mes travaux de doctorant ces prochains mois, notamment les articles et communications en cours de préparation avec Ariane Mayer, avec laquelle nous explorons des problématiques comme l’autorité ou le statut de l’auteur.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;footnotes&quot; role=&quot;doc-endnotes&quot;&gt;
  &lt;ol&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:ariane&quot;&gt;
      &lt;p&gt;Ariane Mayer est doctorante en philosophie au Costech de l’UTC. Sa thèse porte sur la lecture numérique. &lt;a href=&quot;#fnref:ariane&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:theend&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir http://www.iri.centrepompidou.fr/experimentations/the-end-etc/ &lt;a href=&quot;#fnref:theend&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:bubbleTV&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir http://www.iri.centrepompidou.fr/experimentations/bubble-tv/ &lt;a href=&quot;#fnref:bubbleTV&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
    &lt;li id=&quot;fn:1livre1jour&quot;&gt;
      &lt;p&gt;voir l’application &lt;a href=&quot;http://unlivreunjour.fr/&quot;&gt;Un Livre un jour&lt;/a&gt;, conçu en collaboration avec l’IRI, et développée par &lt;a href=&quot;http://wedodata.fr/&quot;&gt;We do data&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;#fnref:1livre1jour&quot; class=&quot;reversefootnote&quot; role=&quot;doc-backlink&quot;&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
    &lt;/li&gt;
  &lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;
</content>
 </entry>
 

</feed>
